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L’armée canadienne anticipe une invasion des États-Unis

mercredi 21 janvier 2026

Les médias dominants nous ont habitué à craindre le pire lorsque des évènements imprévus dictent l’actualité internationale.
Parmis les mensonges répétés, ont ne cesse de dire que le Canada va devenir un nouvel Etat américain. Les Etats Unis n’ont jamais projeté d’annexer son proche voisin avec qui il partage une alliance militaire regroupée sous l’égide du NORAD (North American Aerospace Defense Command).

« Des avions du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) arriveront bientôt à la base spatiale de Pituffik, au Groenland » a ainsi averti le Norad. « Avec les avions opérant à partir de bases situées sur le continent américain et au Canada, ils soutiendront diverses activités prévues de longue date par le NORAD, s’appuyant sur la coopération durable en matière de défense entre les États-Unis et le Canada, ainsi que le Royaume du Danemark », ont précisé les militaires.

Ce déploiement survient au moment où Donald Trump menace de prendre le contrôle de ce vaste territoire.

Donald Trump a affirmé que le Groenland était essentiel au programme du projet de défense anti-missile des États-Unis appelé Dôme d’or. Le Pentagone va investir 25 millions de dollars pour aménager cette base au sein de la base militaire de Fort Drum, qui jouxte la frontière avec le Canada.
La base militaire de Pituffik, situé au Groenland, est une composante du NORAD et ne peut en aucun cas placer le Canada comme possible ennemi des Etats Unis en raison de leur alliance stratégique de la surveillance de l’espace aérien nord américain.

Cette base sert déjà à la détection précoce de missiles et « un accord de 1951, révisé en 2004, entre les États-Unis et le Danemark permet à Washington de l’aménager à sa guise pour des raisons de sécurité, à condition d’avoir l’accord du Danemark et du Groenland », Andrew Gawthorpe expert politique.

Le NORAD a expliqué sur le réseau X que l’exercice du NORAD est une activité de routine dans le cadre de l’accord de « coopération défensive durable » entre les États-Unis, le Canada et le Danemark, qui inclut le Groenland en tant que territoire autonome.
« Cette activité a été coordonnée avec le Royaume du Danemark, et toutes les forces de soutien opèrent avec les autorisations diplomatiques requises », indique le communiqué. « Le gouvernement du Groenland est également informé des activités prévues. »

Les États-Unis bénéficient déjà d’un accord de coopération étendu en matière de sécurité avec le Groenland. Le personnel militaire américain mène depuis « des décennies » deux missions stratégiques à la base du Groenland, qui était la base aérienne de Thulé avant de devenir la base spatiale de Pituffik en 2023.

Avant l’été 2025, la mission de Pituffik relevait de l’autorité du Commandement européen des États-Unis. Mais en juin, le Pentagone a placé les opérations militaires au Groenland sous l’autorité du Commandement nord-américain après que Trump ait manifesté son intérêt pour l’acquisition du territoire danois.
Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de retirer les forces américaines de l’Europe. Le magazine Atlantic avait rapporté que le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, avait exprimé son « dégoût pour les profiteurs européens » membres de l’OTAN qui dépensent trop peu pour la défense.

L’Union européenne et le Canada ont annoncé en décembre 2025, un accord sur la participation des Canadiens à un programme européen d’aide à l’industrie de la défense, nommé SAFE et doté de 150 milliards d’euros.

Le Canada et l’Europe vont réaliser que sans les Eats Unis, ils ne rerésentent rien sur la scène internationale.

Francis Ros

Ces préparatifs soulignent à quel point les relations entre ces deux alliés historiques se sont détériorées au cours du second mandat de Donald Trump.

OTTAWA AFP – L’armée canadienne a modélisé une riposte à une invasion américaine après que le président américain Donald Trump ait publiquement évoqué le Canada comme un 51e État potentiel, d’après un article publié dans le journal The Globe and Mail.

Des responsables gouvernementaux ont décrit que la stratégie de défense du Canada inclurait des tactiques similaires à celles utilisées en Afghanistan contre les forces russes, puis américaines. Ces derniers ont souligné qu’ils considéraient une invasion américaine comme hautement improbable.
The Economist, citant également des sources anonymes, a rapporté plus tôt en janvier que l’armée canadienne discutait des pires scénarios qui, bien qu’improbables, « incluent désormais des incursions américaines ». Ces préparatifs soulignent à quel point les relations entre ces deux alliés se sont détériorées au cours du second mandat de M. Trump.

Les deux pays ne se sont pas engagés dans un conflit armé depuis la guerre de 1812, lorsque le Canada, alors colonie britannique, a repoussé avec succès les avancées américaines. Depuis, l’armée américaine est devenue la plus puissante au monde.

Des responsables ont déclaré au Globe que le modèle prévoit une attaque depuis le sud, dans laquelle les forces américaines vaincraient les positions canadiennes terrestres et maritimes en une semaine, voire en seulement deux jours.
Dans un tel scénario, l’armée canadienne envisage que de petits groupes de mercenaires ou de civils armés mènent des embuscades, des sabotages ou des attaques à l’aide de drones, rapporte le Globe.
Ces tactiques pourraient inclure des attaques dites « coup de poing » impliquant des engins explosifs improvisés, similaires à ceux utilisés par les talibans en Afghanistan contre les forces américaines et alliées, y compris le Canada.

Ces informations interviennent alors que M. Trump adopte une posture de plus en plus agressive envers le Groenland qui jouxte le Canada. Dans un message publié tôt le matin du 20 janvier sur Truth Social, Trump a publié une image montrant une carte où le Canada et le Groenland sont recouverts du drapeau américain.

Le professeur Wesley Wark, chercheur principal au Centre for International Governance Innovation, a déclaré qu’une invasion militaire directe du Canada par les États-Unis était « extrêmement improbable », bien qu’il ait entendu dire par des contacts dans le secteur de la défense que des plans d’urgence étaient en cours d’élaboration pour parer au pire scénario. Ces plans ont été élaborés sous la deuxième administration Trump et n’étaient pas en place sous la présidence Biden, a déclaré l’expert en matière de sécurité nationale et de renseignement. Ils sont tenus secrets et il ne les a pas examinés directement, a ajouté le professeur Wark.

« La planification est nécessaire. La perspective est inimaginable », a-t-il déclaré. « Je pense que les véritables préoccupations du gouvernement canadien sont moins l’irréalité d’une attaque militaire américaine contre le Canada que les réalités croissantes de la coercition économique et de la pression politique. »
Selon lui, les pressions politiques potentielles des États-Unis pourraient notamment consister à exploiter et à amplifier les mouvements séparatistes en Alberta et au Québec par des tactiques telles que des campagnes de désinformation, tandis que la coercition économique pourrait se manifester par des demandes d’accès libre aux ressources énergétiques, aux minéraux essentiels et à l’eau du Canada.
Des pressions en matière de sécurité pourraient surgir dans l’Arctique canadien, les États-Unis pouvant exiger un accès et un contrôle accrus et raviver le conflit sur la souveraineté du passage du Nord-Ouest, a déclaré le professeur Wark.

Dans le cas improbable d’une attaque à grande échelle, la stratégie de défense canadienne impliquerait probablement une guerre civile et un repli vers des « forteresses nordiques » afin de préserver les capacités militaires et gouvernementales.
Le Canada est un pays vaste, a-t-il souligné, « dont l’occupation serait extrêmement difficile pour l’armée américaine ».

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré à Bloomberg dans une interview en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, que le Canada renforçait sa présence dans l’Arctique. Le pays prévoit de consacrer 2 % de son produit intérieur brut à la défense au cours de cet exercice financier et vise à atteindre l’objectif de 5 % fixé par l’OTAN d’ici 2035.

Le Premier ministre canadien Mark Carney envisage d’envoyer un petit contingent de soldats au Groenland pour rejoindre les forces britanniques, danoises, françaises et d’autres nations dans le cadre d’exercices de l’OTAN, mais il n’a pas encore annoncé sa décision finale.
« Le Canada ne deviendra jamais le 51e État », a déclaré Mme Anand. « Nous veillerons toujours à soutenir sans réserve nos alliés de l’OTAN. » BLOOMBERG

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