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La décroissance : un concept pour contrôler la population.

lundi 3 mai 2021

  • "Je mentionne, en passant, une troisième école de pensée qui existe toujours depuis le Club de Rome :
    celle de la décroissance pour qui la notion de “développement
    durable” est un oxymore, un concept vide puisque, selon ses tenants, on ne
    saurait faire de la croissance de manière soutenable."
    Discours de Pascal Lamy, Directeur Général de l’OMC au Collège Universitaire de Sciences Po le 31 août 2012.
  • L’évolution démographique telle que je vous l’ai décrite plus haut se traduira par un accroissement de 30% de la consommation d’énergie, de 50% de la consommation d’eau et une difficulté accrue à fournir en alimentation la population de 2030 à 2040. Non pas que les humains sortant de la pauvreté mangent plus, mais ils s’alimentent différemment.
    Avec 1 $ par jour, un homme mangera du riz. Avec 10 $ par jour, il mangera du
    poulet. Or le rendement énergétique du riz est 10 fois supérieur à celui du poulet. Manger du poulet équivaut à manger le riz consommé par le poulet. Cette évolution nutritionnelle dont le rendement protéinique est mauvais est pourtant considérée par la plupart, à juste titre, comme un progrès.
  • Le chemin est encore long pour atteindre une convergence sur ce que des civilisations et des cultures différentes perçoivent comme le bien et le mal. Nous sommes encore loin d’un système, d’une échelle de valeurs commun à l’humanité.
  • Autre scénario possible : le système dit ” chimericain”, de type non plus G-20 mais G2 dans lequel Chine et Etats Unis s’imbriqueraient sur le plan économique, technologique, financier au point de devenir inséparables.
  • je vous livre quelques éléments qui, de mon point de vue, s’imposent : dans le monde tel qu’il est devenu, je ne vois pas d’avenir à l’Europe en tant que
    civilisation.

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« Le Grand Basculement », de Jean-Michel Severino et Olivier Ray : une « remondialisation » vertueuse ?

Ce livre commence par faire froid dans le dos quand il rappelle les grands déséquilibres qu’a engendrés notre humanité depuis la révolution industrielle.

Par Alain Faujas

Dans ces temps où les populismes se font bruyants, Le Grand Basculement, de Jean-Michel Severino, ex-directeur général de l’Agence française de développement, et d’Olivier Ray, économiste, tranche par son humanisme. Leur livre commence par faire froid dans le dos quand il rappelle les grands déséquilibres qu’a engendrés notre humanité depuis la révolution industrielle. Basculement démographique : d’un milliard en 1800, nous serons neuf milliards en 2050, dont la majorité au Sud. Basculement économique : les bas salaires de la Chine et de l’Inde et leur « tout- export » leur ont valu une croissance qui a ravagé les industries occidentales et fait glisser le centre de gravité de la planète. Basculement environnemental : l’eau, l’air et la terre s’épuisent sous notre fringale insatiable.

L’homme était rare et précieux ; il est devenu innombrable et jetable. La nature était inépuisable ; elle est devenue chiche et hors de prix. Mais ces basculements ne poussent pas les auteurs à l’emporte-pièce. « Notre monde est d’une telle complexité que les meilleures grilles d’analyse ne sont guère que les moins mauvaises », écrivent-ils. Qui dit complexité dit ambivalence. Plus d’hommes sont sortis de la pauvreté depuis cinquante ans qu’entre l’ère de notre cousin de Neandertal et le milieu du XXe siècle, ce qui n’empêchera pas le nombre des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour d’enfler d’un à deux milliards durant ce siècle.

Il est légitime de s’interroger sur la croissance, tout comme sur la capacité des peuples à supporter les « trente soucieuses » auxquelles nous sommes promis jusqu’à ce que les salaires asiatiques aient rejoint les nôtres. Pas question pour les auteurs de succomber au repli ou au protectionnisme. Si nous voulons « cohabiter de manière heureuse », il nous faut bâtir une « remondialisation vertueuse », c’est-à-dire que le Nord et le Sud, les riches et les pauvres, doivent faire converger leurs politiques. Le local ne doit plus s’opposer au global.

Il faut taxer la nature et détaxer l’homme, autrement dit imposer les émissions de carbone pour alléger les cotisations sociales. Le social doit être réhabilité dans nos économies et enfin respecté dans les pays émergents. Il conviendrait de créer un filet mondial de sécurité pour assurer une dignité minimale, afin d’aller plus loin que les Objectifs du millénaire de l’ONU contre la pauvreté. « Les sommes qui ne seront pas investies en préventif, prédisent les auteurs, seront dépensées sur un mode curatif au centuple », pour contrer les dégâts des terrorismes, de l’immigration sauvage et des fascismes.

Même si cela est aride, « il faut apprendre à aimer la gouvernance globale (...) pour la convergence progressive des visions qu’elle permettra d’obtenir ».
Utopie ? Peut-être la seule pour résoudre l’un des nombreux dilemmes de notre temps, celui qui a donné aux auteurs l’envie d’écrire leur livre : dans une grande banque, les administrateurs n’arrivent pas à se décider sur le financement d’un investissement dans un pays du Maghreb, car il risque de détruire des emplois en France. Jusqu’à ce que l’un d’eux demande : « Les Arabes, vous les voulez où ? Chez eux ou à Marseille ? » Réponse impossible, sauf si l’écoute précède le partage pour corriger nos « basculements ».

LE GRAND BASCULEMENT de Jean-Michel Severino et Olivier Ray. Ed. Odile Jacob

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