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SRAS-CoV-2… La galère ivre  !

jeudi 26 mars 2020

Nous sommes en guerre ? Oui, mais contre qui, contre quoi exactement  ? Contre l’imprévoyance d’une classe politique incapable de prendre les bonnes décisions au moment opportun, c’est-à-dire “à temps”, parce que gouverner c’est prévoir  ? N’oublions pas que la crise n’est pas tant celle d’une attaque virale dévastatrice que celle d’un système général de santé déficient, c’est-à-dire non préparé à encaisser l’actuel choc septique… insuffisamment équipé, en état chronique de quasi abandon par les pouvoirs publics (bronca des services d’urgence, des personnels paramédicaux, des internes…) et aujourd’hui menacé de saturation avec pour conséquence de délivrer les soins en proportion du potentiel vital réel ou supposé des patients… Dans ce cas la préférence ethnique jouera à plein, le jeune fumeur et dealer de shit passera, c’est inéluctable, avant le vieil homme blanc voué à connaître les affres solitaires d’une agonie par asphyxie. Là se situe le vrai problème et nulle part ailleurs  ! Or si une loi d’Urgence sanitaire a pu être votée et des mesures de quarantaine absolue réclamée par le Conseil d’État, cela n’est dû qu’à l’impréparation criminelle dont les gens qui prétendent nous gouverner ce sont rendus responsables… et coupables  !

Ajoutons qu’en outre de nombres zones d’ombre opacifient le tableau.

  • Pourquoi l’Italie est-elle si durement touchée et pas la Turquie  ?
  • Comment le SRAS-Cov-2 est-il parvenu en Iran en sautant par-dessus la barrière de l’Hindou Koush  ?
  • Pourquoi l’Afrique est-elle – pour le moment – indemne  ?

La transparence affichée masque-t-elle autre chose  ? Faut-il supposer qu’il existerait des souches virales plus létales que d’autres ou que les capacités de mutation de l’agent pathogène aient été minimisées  ?
Parce qu’on sait désormais que toutes les classes d’âges sont susceptibles de contracter la maladie (à l’exception des très jeunes), les taux de mortalité allant de 1 à 3 selon l’âge et la vulnérabilité. Voir à ce propos ce qu’en dit le prof Didier Raoult, Directeur de l’IHU “Méditerranée Infection”, expert en la matière et plutôt rassurant, pour lequel ce Coronavirus ne provoquerait «  pas d’amplification [significative] de la mortalité générale en France  »1. De ce point de vue les mesures draconiennes de confinement mises en place ne seraient pas destinées à empêcher une contamination générale (apparemment inéluctable pour une grande partie de la population), mais simplement à la ralentir afin de ménager autant que possible les capacités d’absorption de nos services de soins intensifs.

Or, alors que le président et le gouvernement bondissent vers le haut dans les sondages, l’opinion ne voit pas que les dispositions de quarantaine si dommageable au plan économique ne font que pallier des carences récentes et anciennes, en un mot, l’impéritie crasse de nos dirigeants en matière de sécurité sanitaire, ceci depuis au moins une bonne décennie. Et puis surtout cessons de parler à leur endroit de légèreté voire d’incompétence  : l’absence de planification stratégique en ce domaine n’est nullement dû à de simples défaillances humaines – insuffisance intellectuelle ou défaut d’information – mais à des politiques délibérées, pensées, préméditées.

Paru en France en février 2009, un rapport de la CIA relatif à l’état du monde en 2025 comporte un encadré relatif au «  Déclenchement possible d’une pandémie mondiale [soit] l’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse  », suivant un déroulé similaire à celui de la crise actuelle… «  Si une maladie pandémique se déclare, ce sera sans doute dans une zone à forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux, comme il en existe en Chine et dans le Sud-Est asiatique où les populations vivent au contact du bétail  ». Hypothèse qui en soi n’a rien de très visionnaire, la Chine ayant été de tout temps historique la source des pandémies qui ravagèrent l’Occident à intervalles réguliers. Une prédiction – mais ce ne fut pas la seule2 – qui se réalise sous nos yeux en ce moment même. Un risque tangible (concret, bien identifié) qui eut dû depuis des années alerter et mobiliser les autorités compétentes surtout au regard des précédents et des antécédents récents. Un risque d’autant plus grand que l’intrication des systèmes étatiques dans le contexte de la mondialisation, la multiplication des échanges et la dépendance économique induite, rendait cette possibilité chaque jour moins improbable.

Rapport présenté par Alexandre Adler, un émule de Jacques Attali

Un peu plus tard, le 3 mai la même année, Jacques Attali, conseiller écouté de tous nos présidents de Mitterrand à Macron (dont il fut l’un des parrains en politique), nous faisait part de ses fantasmes et de ses espoirs morbides dans le magazine L’Express quant à l’avenir de l’Humanité alors confrontée à la pandémie de grippe A (2009/ 2010), le même virus H1N1 qui causa une centaine de millions de morts entre 1918 et 1919 (la contamination s’effectuant, comme pour le Covid-19 par voie aérienne, toux et éternuements)… Écoutons le triste sire Attali  : « L’Histoire nous apprend que l’humanité n’évolue significativement que lorsqu’elle a vraiment peur… La pandémie qui commence pourrait déclencher une de ces peurs structurantes [car elle pourrait], mieux qu’aucun discours humanitaire ou écologique, [permettre] la prise de conscience de la nécessité d’un altruisme, au moins intéressé… Et il ne faudra pas oublier, comme pour la crise économique, d’en tirer les leçons, afin qu’avant la prochaine - inévitable - on mette en place des mécanismes de prévention et de contrôle, ainsi que des processus logistiques de distribution équitable des médicaments et de vaccins. On devra, pour cela, mettre en place une police mondiale, un stockage mondial et donc une fiscalité mondiale. On en viendra alors, beaucoup plus vite que ne l’aurait permis la seule raison économique, à mettre en place les bases d’un véritable gouvernement mondial   ».

Dans le malheur des hommes, l’idéocrate messianiste découvrait du pain béni, sauf que rien de ce qu’il préconisait en 2009 ne fut ni entrepris ni accompli et que la super crise annoncée ne semble pas devoir précipiter maintenant - pas plus qu’hier - l’arrivée de cette gouvernance mondiale tant attendue par nos prophètes de malheur. Bien au contraire puis que le reflux et la moindre dépendance économique seraient plutôt à l’ordre du jour. Et en ce qui concerne les structures de santé, dans notre pays, elles ne cessèrent d’être mises à mal et dans certains cas, démantelées. Ainsi les hôpitaux des zones périphériques (rurales), parce que non rentables, qui furent rayés de la carte sanitaire hexagonale (pendant que les Directions régionales de la santé laissaient proliférer les cliniques privées, établissements à but éminemment lucratif  !).

Masques et Bergamasques

Si la Macronie a préféré de ne pas tester les personnes possiblement atteintes, ce choix a uniquement résulté de l’incapacité matérielle de procéder à ces dépistages prophylactiques… parce que les moyens n’ont pas été prévus en temps utile malgré un délai d’alerte d’au moins deux mois (décembre et janvier, le premier cas recensé à Wuhan remontant à novembre 2019)… À la même époque, sur avis émis par le Directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, le 12 novembre 2019, la désormais molécule miracle (un antipaludéen, la chloroquine), allait être classée comme substance hautement toxique. Il aura fallu toute la pertinence et la persévérance du Pr. Didier Raoult, hier encore dénigré par les “mandarins” (les grands patrons du corps médical hospitaliers), pour que l’omerta soit brisée et que les laboratoires pharmaceutiques qu’il venait insolemment concurrencer - la chloroquine ne vaut rien, par conséquent ne rapporte rien au contraire d’un juteux vaccin dûment breveté surtout si c’est le Laboratoire Gilead qui le met au point les premiers comme claironné- et que l’industriel Sanofi s’emploie maintenant à produire même si des essais cliniques sont toujours en cours3.

En outre, la disparition des réserves de 600 millions de masques FFP2 (Filtering Facepiece 2, ou “masque faciale filtrant de niveau 2”) et d’un milliard de masques chirurgicaux, constituées en 2010 interpelle violemment. Depuis cette date – la guerre contre la Jamahiriya libyenne était l’année suivante d’une toute autre urgence4 – que les guerres à venir (et hautement prévisibles) contre les coronavirus… lesquels venaient pourtant d’amplement montrer leur potentiel pouvoir de nuisance. Car au sein de l’État-major général de nos armées les pandémies étaient inscrites en rouge comme faisant partie des scénarii envisageable, de vieux spectres toujours présents, jamais oubliés depuis 1918 et que le H1N1 venait de réveiller. À l’heure présente, les masques chirurgicaux (que devraient théoriquement porter les malades) fait l’objet de la part du ministère de la Santé, de multiples spéculations dissonantes  : « 80 millions », et à entendre le Premier ministre « 110 millions » révélant ici le flou divagatoire de la politique poursuivie et l’absence de fiabilité des données sur lesquelles sont basées les décisions prises au sommet de l’État. Bref la cacophonie se poursuit et s’amplifie… reste heureusement l’arme du confinement qui fera passer l’amère pilule du désastre économique à venir. Bref, pour ce qui est des masques FFP2, le ministre Véran avouera en réponse à une question orale le 3 mars dernier : l’État ne possède « aucun approvisionnement en masques FFP2 ». Carence absolue  !

En 2006, le ministre de la Santé Xavier Bertrand avait accordé toute son importance à la question des masques, une filière nationale de fabrication était créée pour échapper à la dépendance vis-à-vis des industries étrangères. En mai 2012, Mme Marisol Touraine, à son tour ministre en charge de la Santé, va revenir sur cette politique prudentielle… Il s’agit dès ce moment d’oublier la constitution de réserves en faisant appel en cas de besoin, aux usines asiatiques. Chaque hôpital est censé pourvoir de sa seule initiative à ses propres besoins. Notons qu’entre 2013 et 2015, Jérôme Salomon, l’actuel Directeur général de la Santé, fut le conseiller chargé de la Sécurité sanitaire de Mme Touraine  ! Au jour d’aujourd’hui, le ministre de la Santé, Olivier Véran5, vient d’annoncer la commande de plus de 250 millions de masques, les disponibilités actuelles, selon les chiffre de son cabinet, n’étant que de 86 millions pour une consommation hebdomadaire estimée à 24 millions d’unités… La marge de manœuvre semble cependant encore bien faible au vu de la situation ! De toutes les façons, c’est l’ébouriffée secrétaire d’État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, qui imperturbable aura eu le dernier mot : «  Les Français ne pourront pas acheter de masque dans les pharmacies car ce n’est pas nécessaire si l’on n’est pas malade ». Ah mais  !

D’autant que les contours de l’épidémie restent assez flous  : le 21 mars, les chiffres en progrès constant, étaient de 562 morts en ne comptabilisant que les décès en milieu hospitalier à l’exclusion des morts survenues à domicile et dans les Ehpad  ; 6172 malades dont 1525 en réanimation (pour la moitié âgés de moins de 60 ans). Quoique le nombre de personnes contaminées soit officiellement évalué à 14485, les chiffres se monteraient en réalité à quelque 90.000 cas, la plupart des personnes atteintes restant asymptomatiques. Maintenant combien de temps la crise sanitaire qui nous meurtrit et paralyse la vie du pays, parviendra-t-elle à occulter le scandale majeur (peut-être sur le fond supérieur à la crise elle-même), relatif à l’impréparation et aux retards à l’allumage dans la gestion de la pandémie… Autrement dit, en ce qui regarde l’incapacité de prendre les bonnes décisions en temps voulu et au vice initial consistant en un pilotage à vue, essentiellement politique, d’une situation urgence.

Pauvre petite Mme Buzyn

Toujours à propos de l’imprévision gouvernementale (l’incapacité criminelle à prendre les bonnes décisions au bon moment), il faut voir un début de rébellion citoyenne (en attendant les règlements de comptes qui ne manqueront pas d’intervenir à l’issue de la crise) dans la plainte déposée par un “Collectif de médecins et soignants” contre le Premier ministre et la ministresse de la Santé démissionnaire (pour cause de course à la Mairie de Paris en remplacement du petit branleur Benjamin Grivaux). Une plainte loin d’être anecdotique ou folklorique pour « mensonge d’État  » appuyée sur un fait plus qu’édifiant : le Directeur général de la Santé, Jérôme Salomon médecin infectiologue, aurait formellement averti M. Macron, alors candidat à la présidence de la République, que la France n’était pas «  prête  » en cas d’épidémie.

Sur les messageries piratées de plusieurs dirigeants du Parti présidentiel «  En Marche  », des esprits aussi curieux qu’indiscrets ont eu la surprise de découvrir que, dès 2016, divers messages du Dr. Salomon (membre de l’équipe d’experts du candidat Macron et postulant au poste de ministre de la Santé) avertissaient le futur Président de l’impréparation de la France devant les « risques majeurs de catastrophe, d’acte terroriste avec tuerie de masse, d’afflux de victimes et/ou d’usage d’armes NRBC [nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques] ». Cette note insistait particulièrement sur la nécessité d’une «  anticipation stratégique  » et s’achevait sur le constat sans appel qu’« un dysfonctionnement grave aurait des conséquences délétères considérables  »… Ce que nous déplorons aujourd’hui  !

Par un autre message daté du 11 janvier 2017, Jérôme Salomon avertissait le proche entourage de M. Macron : « [en raison de] l’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver… l’hôpital déjà en crise [est] désormais “en tension” car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité ». C’est le même homme qui, fin janvier dernier, recommandait «  le port du masque pour les personnes malades… et des équipements de protection pour les professionnels du transport et du soin   » ajoutant judicieusement qu’il faut «  tester systématiquement  » toute personne présentant des symptômes d’infection alors qu’au même instant la porte-parole du gouvernement affirmait (voir supra) que les masques ne sont utiles que pour les soignants et que les tests n’apportent rien  ! Une cacophonie qui ne ressort pas seulement de dysfonctionnements structurels, mais aussi et surtout de l’incapacité pour un commercial (spécialisé dans les fusions-acquisitions d’entreprises) comme Macron de diriger un État plongé dans une cruelle tourmente sanitaire.  

De cette façon, le clairvoyant Jérôme Salomon – qui avait néanmoins tenu la main de Mme Touraine lorsqu’il s’était agi de liquider des réserves vitales de masques médicaux et de rendre nos services de santé dépendants d’un approvisionnement extra-européen - avait très en amont, prévenu M. Macron, avant même la prise de fonctions de ce dernier à la tête de l’État… Celui-ci, de toute évidence, avait eu une fois dans la place, d’autres chats à fouetter que de penser aux défis que l’Hexagone serait vraisemblablement amener à relever compte tenu ou en dépit des multiples alertes pandémiques qui avaient précédé6… Au demeurant, la priorité des priorités en matière de santé de nos gouvernants n’était-elle pas l’octroi de la Procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes et intégralement remboursée par la collectivité nationale  ? Comme dit l’adage populaire  : «  on ne peut être à la fois au four et au moulin  »  !

Ça ne sert à rien… Frontières, tests  !

C’est bien connu, les frontières ne servent à rien. Les virus ne présentent pas leur passeport pour s’inviter ici et là (et apparemment pas en Turquie - pour le moment – trop occupée à exercer sur les oligophrènes bruxellois son pénible chantage à la libre migration de masse !). Ce pourquoi la France hexagonale est bien l’un des seuls pays au monde à n’avoir pas fermé les siennes. Le 12 mars 2020, le président Macron décidait (ordonnait) au cours d’une verbeuse intervention télévisuelle, de fermer «  jusqu’à nouvel ordre  », les crèches, écoles, collèges, lycées et universités sur l’ensemble du territoire… demandant aux Français de limiter leurs déplacements tout en annonçant le maintien des élections municipales prévues trois jours plus tard… Insistant pour que la nation sache «  éviter le repli nationaliste  » parce que «  le virus n’a pas de frontières, pas de passeport   », rassurant toutefois en précisant que la fermeture des frontières – «  quand elles seront pertinentes   » -  le serait «  à l’échelle européenne  ». 

« Le coronavirus n’a pas de passeport  »  ? Grandeur et misère de la dogmatique politiquement correcte qui rend impotents et stupides des ersatz d’élites qui pour dissimuler leurs carences prévisionnelles et leur inertie dans l’action usent d’une sophistique de caniveau… Or çà la décision de maintenir les élections municipales constitue une preuve accablante d’une incapacité génétique à agir ou à réagir en temps réel  ! De même, aux dires de nos Sachants les tests de dépistage (qui permettraient d’isoler les porteurs sains mais contaminateurs avérés) ne servent à rien. Ben voyons  ! Ceci en dépit des objurgations de l’OMS et de leur généralisation dans nombre de pays, notamment aux États-Unis où le très décrié président Trump, contempteur affiché de l’Obama Care (un système de couverture sociale pour les plus démunis mais écrasant pour les classes moyennes), vient de les rendre accessibles à tous, pauvres ou riches, et sans bourse délier.

C’est pour cela également que l’Intersyndicale des internes en médecine (INSI) lançait le 17 mars un appel au président de la République pour… «  un dépistage massif de la population   »  ! Et comme le twitte le commissaire européen Michel Barnier, préposé au Brexit et séropositif, la gueule enfarinée, « qu’il va bien, le moral est bon  ». Mais lui comme beaucoup d’autres personnalités politico-médiatiques ont été testées, tandis que nombre de petites gens, de Français de base, fiévreux et au souffle court, sont renvoyés dans leurs pénates, avec pour unique viatique la possibilité d’appeler le «  15  »… sans savoir à quoi ils se trouvent exposés, c’est-à-dire s’ils sont infectés ou pas, avec le risque bien réel d’une brusque aggravation de leur état et d’une mort brutale par asphyxie  : nous avons tous dans les yeux les images de cet acteur italien avec en arrière-plan le corps inanimé de sa sœur morte sans secours médical…  !

Guerre et état d’urgence sanitaire

Le lundi 16 mars, l’exact lendemain d’élections municipales qui consacraient le fiasco de la République en Marche (arrière), le président Macron, dans un discours (que des thuriféraires de basse-cour, ont osé qualifier de « quasi churchillien  »), nous a annoncé une série de mesures de confinement (mais le mot n’a pas été prononcé, remplacé qu’il a été par celui de restriction). Dispositions justifiées par un état de «  guerre sanitaire  ». Un mot qui est revenu à six reprises dans le discours du chef de l’État, de manière hypnotique, pour le cas où le sens de ce mot nous échapperait, donnant de facto un zeste de consistance au pire des pronostics vitaux de la nation vouée - dit-on - à voir disparaître le cas échéant 300 000 des siens. La Guerre, une formule rhétorique (de la pure com’) destinée à frapper les esprits – M. Macron se grandit en s’érigeant en chef de guerre… chacun de nos petits monarques républicains veulent ou adorent se parer de la panoplie de Mars  ! – sans pour autant avoir donné un contenu véritablement concret (au-delà des restrictions de mouvement) puisque, si les frontières ne seront pas fermées en dehors celles de l’espace Schengen de l’Union européenne.

Grâce au ciel, Italiens et Espagnols moins imbus d’idéologie européiste et cosmopolitiste (en la circonstance devenue indéfendable, mais chut  ! taisons la chose), ont eux, fermé leurs frontières  ! Ce pourquoi M. Macron, sauveur de la patrie, s’est hissé en un éclair sur le pavois des sondages… Et les Céfrans naïfs autant que dociles (la Nation se situe à présent dans une zone crépusculaire, entre chien au cou pelé et loup rebelle, où soumission et discipline se distinguent difficilement) n’ont pas vraiment compris que le confinement n’est que le masque de l’impréparation, du manque de réactivité devant la menace, le produit des mortelles inhibitions inhérentes au servage idéologique (ne pas oublier que les hommes choisis pour nous diriger ne sont promus et élus que proportionnellement à un bagage culturel et des aptitudes mentales forcément limitées  : le rôle de l’École nationale d’Administration dans cette sélection sociale à rebours, est à ce titre écrasant). Que la quarantaine (qui n’ose pas dire son nom) relève en grande partie d’une forme d’improvisation… prenant une forme presque vexatoire ou pour le moins infantilisante  : les restrictions de déplacement sont une chose, mais quand un ausweis est requis si l’on veut mettre le nez dehors, il n’est plus question de «  restrictions  » mais d’assignation à résidence.

Ce qu’il faut faire

Nos concitoyens devraient y réfléchir en ayant à l’esprit que plus de 90% des individus qui seront touchés par le virus n’en sauront rien ou n’en n’auront que de très faibles désagréments. En marge de la réhabilitation spectaculaire du Pr. Raoult et de son traitement par la chloroquine, sachons nous inspirer des expériences réussies outremer et parce que, n’ayant pas la science infuse, il convient de se reporter avec modestie (si ce n’est avec humilité) par exemple au modèle sud-coréen de lutte contre la pandémie coronale… Les Coréens du Sud ont en effet fait le choix judicieux de tester massivement leur population et de mettre à l’isolement uniquement les personnes porteuses du virus. Ce qui leur a permis de maîtriser la progression de la maladie sans confiner l’ensemble de leur pays. Et certes il en coûtera à l’économie coréenne infiniment moins qu’à la France mise en panne totale. Resterait à savoir - si nous en avions la volonté politique, mais pour cela encore faudrait-il que l’État français ne soit pas en cours de démantèlement, ce qu’a entrepris avec un zèle assidu le sieur Macron7 - si le pays possède encore la capacité de mettre en œuvre une campagne de dépistage général, parce qu’au stade où nous sommes rendus, il ne s’agit pas vraiment d’un problème technique ou médical, mais de choix d’organisation du combat dans l’urgence sanitaire que nous traversons. Un non choix qui nous renseigne crûment, une fois de plus, sur la nature profonde du pouvoir en France et des hommes qui le composent. Espérons donc et attendons que le fleuve Alphée daigne déborder salutairement afin de nettoyer à grands coups de karcher les Écuries du roi Augias. Il serait plus que temps  !

23 mars 2020

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