Il a ensuite évoqué les forces du Canada en tant que partenaire économique, rappelant notamment que son pays achetait plus de biens aux États-Unis que la Chine, le Japon et l’Allemagne réunis, et qu’il fournissait aux États-Unis « l’énergie fiable et les minéraux essentiels qui contribuent à alimenter la croissance américaine : 99 % des importations américaines de gaz naturel, 85 % des importations d’électricité et 60 % des importants de pétrole brut ».
« C’est ça, la force mutuelle », a déclaré Mark Carney avant d’ajouter : « Un Canada fort contribuera à rendre à l’Amérique sa grandeur. »
Il a donné d’autres exemples de la force du Canada, y compris ses secteurs de l’aluminium et de l’automobile.
L’ACEUM en voie d’être révisé
Reste à voir ce que Donald Trump pensera de son appropriation, si tant est qu’il reçoive un écho du discours de Mark Carney.
La visite du premier ministre canadien à New York intervenait au moment où les relations entre le Canada et les États-Unis demeurent tendues, et ce, alors qu’approche la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
Pour le moment, les États-Unis n’ont pas encore officiellement lancé les négociations avec le Canada à ce sujet.
En plus de s’adresser à l’Economic Club, Mark Carney a rencontré à New York des PDG, des entrepreneurs, des chefs d’entreprise et des gestionnaires de portefeuille afin de promouvoir le Canada comme une destination pour les nouveaux investissements. Il est rentré à Ottawa en soirée.
Lors d’un discours d’environ 15 minutes suivi d’une période de questions de 30 minutes, Mark Carney a repris le thème qu’il avait présenté à Davos selon lequel les changements imposés par les États-Unis forcent les pays comme le Canada à consolider leurs forces sur leur territoire et à diversifier leurs partenaires à l’étranger.
Mais cette volonté d’être moins dépendant à l’égard des États-Unis ne signifie pas que le Canada doive se détourner du potentiel que recèle son voisin du Sud.
« Il existe plusieurs occasions que le Canada et les États-Unis devraient saisir pour collaborer et concurrencer ensemble le reste du monde », a-t-il déclaré lors d’une brève partie de son discours prononcée en français.
« Le moment est venu d’établir un nouveau partenariat qui redéfinira la relation économique entre nos deux pays », a-t-il ajouté.
En terrain connu
Il s’agissait du premier discours de Mark Carney devant l’Economic Club de New York depuis celui qu’il avait prononcé en 2018, à l’époque où il était gouverneur de la Banque d’Angleterre. Il est revenu sur cette allocution afin d’illustrer les changements intervenus depuis.
« La dernière fois que je me suis exprimé ici, j’ai évoqué la crise financière mondiale qui venait de s’achever et le Brexit qui était sur le point de débuter. Avec le recul, c’était une époque relativement insouciante », a-t-il déclaré.
« Aujourd’hui, le monde est en pleine mutation. Sous l’impulsion des États-Unis, les changements technologiques s’accélèrent. Les États-Unis sont en train de transformer l’ensemble de leurs relations commerciales. Le monde devient plus divisé et plus dangereux. »
Le Canada a pris conscience de ces évolutions plus tôt que la plupart des autres pays, et notre réponse reflète la leçon fondamentale que nous avons tirée de ces bouleversements tectoniques : nous devons prendre soin de nous-mêmes et rester fidèles à nous-mêmes.
M. Carney a enchaîné en évoquant les investissements à hauteur de 1000 milliards de dollars qu’entend consentir son gouvernement au cours des cinq prochaines années dans l’énergie, les transports, les données et la défense.
Dans la partie de son discours consacrée aux « progrès » réalisés par le Canada sous sa gouverne, Mark Carney a salué le fait que son pays faisait désormais « sa part à l’étranger » sur le plan de la défense.
« Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, nous atteignons nos objectifs au sein de l’OTAN », a-t-il déclaré.
Il a également vanté l’aide humanitaire et militaire du Canada à l’Ukraine dans la guerre qui l’oppose à la Russie.
« L’issue de cette guerre ne fait aucun doute. La seule question qui se pose est celle de l’ampleur des souffrances humaines absurdes qui seront infligées avant que la Russie et ceux qui la soutiennent n’acceptent l’inévitable », a-t-il dit.













