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Guerre de l’information et soumission des cerveaux

samedi 21 mars 2026

L’information est un enjeu de guerre depuis les attentats du 11 Septembre avec la création de l’Office Strategic d’influence du tandem Rumsfeld/William Schneider, deux néoconservateurs impliqués dans la stratégie nucléaire américaine, du plan de guerre au terrorisme et du remodelage du moyen Orient.

Si l’opinion est en faveur d’un gouvernement, celui-ci pourra imposer un totalitarisme comme en France, sans susciter de réaction de la majorité de la population.

L’information est devenue la nouvelle religion, une vérité révélée que nous ne devons pas remettre en question si elle provient des agences de presse aux ordres.

La polémique sur la mort de Nétanyahou et des vidéos réalisées par l’IA pour pallier ses absences prolongées ne servent qu’à semer la confusion et à prioriser les suppositions afin d’être en incapacité de démêler le vrai du faux.

Personne ne sait ce qui se passe en Iran et quels sont les buts de guerre. C’est pareil pour l’affaire Epstein où le ministère de la Justice n’a procédé à aucune arrestation. La stratégie nous force à penser qu’une présence sur la liste d’Epstein ne représente pas une forme de culpabilité.

La suspicion diverge selon nos informations et face au vide informationnel, nous tirons des conclusions pour relier des faits et s’extirper de la confusion.

Le nudge est utilisé dans cette guerre de l’information. Cette technique nous influence dans nos choix informationnels. C’est pour cette raison que la population et notamment les jeunes se tournent vers les réseaux sociaux afin de se forger une opinion. Dans cette manne d’information directement publiée par les internautes, il y a du bon et du mauvais. Mais le bon est extrêmement dangereux. Le gouvernement a décidé de réglementer l’âge pour accéder à ces réseaux pour protéger les mineurs, alors que l’accès à la pornographie est totalement libre.

La sensibilisation et la résilience sont les meilleures armes contre la guerre cognitive.
Une campagne menée sur les réseaux sociaux, qui déchaîne les passions, peux très rapidement donner une dimension virale et effrayer les gouvernements. Un démenti officiel ou une réponse ambiguë des pouvoirs publics peut ajouter de la confusion ou un doute ou faire émerger des discours divergents chez certaines catégories de population.

Si les jeunes empruntent cette voie, les mensonges officiels tomberont.

Pour contrer cette perte de confiance de la jeunesse, Macron a mandaté son équipe pour utiliser l’influenceur le plus populaire de France.
Emmanuel Macron a partagé une séance de sport avec l’influenceur Tibo In Shape à Abu Dhabi en décembre 2025 pour vendre sa guerre.
Lors de sa visite, Emmanuel Macron a rencontré Mohammed ben Zayed, le président des Émirats, et abordé les accords de défense et les conflits régionaux, a ainsi pris une tournure plus décontractée grâce à la présence du youtubeur.

Mais confier son image à un influenceur peut parfois être négatif comme cela s’est produit avec la polémique des influenceurs de Dubai.
Alors que Dubaï est visée par des missiles iraniens, Tibo In Shape s’en est pris aux influenceurs expatriés aux Emirats arabes unis qui ne sont que des promoteurs de produits bas de gamme et des menteurs sur le montant de leurs revenus.
« Les influenceurs de Dubaï finalement, on est bien en France n’est-ce pas »

L’influenceuse Nabilla, expatriée à Dubaï avec sa famille a tenu à répondre à l’attaque. « Pauvre homme », a-t-elle d’abord écrit, avant de supprimer son post. « Nous prions pour la protection, la paix et la sécurité dans tous les pays qui traversent des moments difficiles en ce moment. J’ai du mal à comprendre comment certaines personnes peuvent se réjouir ou faire de l’humour face à des situations aussi tragiques. Choisissons la paix »

L’Élysée n’a pas eu le temps de corriger son chouchou musclé qui a confirmé ses propos :

« La situation reste bien sûr tragique et une pensée pour toutes les personnes présentes ou bloquées sur place. Je voulais simplement pointer du doigt l’hypocrisie de certains influenceurs qui font de l’arnaque leur business sur le dos d’honnêtes gens et se cachent là-bas. »

Mais comme la jeunesse est imprévisible, il a remis les choses en place en assumant ses propos sur les influenceurs bloqués à Dubaï : « Le but, c’était de dénoncer l’hypocrisie des influenceurs qui sont à Dubaï, qui fuient les impôts, qui fuient parfois même la justice française. Je ne parle pas de tous les influenceurs, mais de certains, de ceux qu’on appelle les ’influvoleurs’ qui arnaquent les Français, et qui quand il y a la guerre, veulent que la France les protège. […] »

« Oui, la France va les protéger. […] Mais ils passent leur temps à, excusez-moi du terme, chier sur la France, et là, ça y est, ils ont besoin de la France. Ce n’est pas aussi simple. Alors, oui, la France va les aider, parce qu’elle est généreuse, mais dans ce cas qu’ils essaient d’avoir un discours un peu plus politiquement correct. Parce que leurs business sont basés sur le fait de vendre des arnaques à des Français, avec des produits qui ne sont pas bien et qui ne servent à rien ».

Toutes le vérités ne sont pas bonnes à dire.

Un jeune sur cinq cherche à s’informer via les réseaux sociaux : un nouveau défi démocratique à relever

Les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’accès à l’information pour les jeunes de 11 à 18 ans. C’est ce que montre une étude de l’Association e-Enfance/3018, qui alerte sur le fait que « les électeurs de demain » s’informent désormais « dans un environnement informationnel fragilisé ».

Comment s’informent aujourd’hui les jeunes générations ? Alors que la campagne pour les municipales est encore en cours dans environ 2 000 communes et que la future élection présidentielle approche, il est important de comprendre dans quel environnement informationnel évoluent ceux qui sont « les électeurs de demain ».

L’Association e-Enfance/3018 a ainsi mené une étude auprès de 1 049 jeunes âgés de 11 à 18 ans. Les résultats montrent, sans grande surprise, que « les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale dans l’accès à l’actualité » pour les jeunes mais que, contrairement à certaines idées reçues, cette génération reste « attentive à l’actualité et consciente des risques de manipulation ».

Des réseaux sociaux incontournables

L’étude montre que dès 11 ans, un jeune sur cinq cherche déjà directement de l’information sur les réseaux sociaux. Pour les plus jeunes (11-13 ans), 20 % déclarent rechercher directement des informations sur les réseaux sociaux et ce chiffre monte à 69 % chez les 16-18 ans, qui déclarent même « que les réseaux sociaux constituent leur premier canal d’exposition à l’information. »

L’association précise que « ce constat interroge d’autant plus que l’accès aux réseaux sociaux est en principe interdit aux moins de 13 ans. »

Un réseau social semble remporter la préférence des jeunes : 70 % des adolescents se tournent vers TikTok, dont plus d’un sur deux (55 %) chez les 11-13 ans. « La plateforme s’impose ainsi très largement comme la principale porte d’entrée vers l’actualité, loin devant les autres réseaux sociaux » , précise l’Association e-Enfance/3018.

Intelligence artificielle, algorithmes, fake news : l’environnement informationnel des réseaux sociaux est complexe, parfois hostile. « Les adolescents expriment une perte de repères croissante face à la fiabilité de l’information, peut-on lire dans l’étude. 81 % des jeunes déclarent ne plus savoir à qui faire confiance face aux fausses informations qui se multiplient. » De même, 55 % des jeunes estiment qu’il devient « difficile de distinguer le vrai du faux » et « 53 % déclarent que la désinformation finit par réduire leur envie de s’informer ».

Sur l’intelligence artificielle, 40 % des jeunes interrogés « reconnaissent remettre rarement, voire jamais, en cause une information provenant d’une IA, ce qui souligne l’importance croissante de ces technologies dans l’écosystème informationnel des jeunes ».

Cependant, « les adolescents ne se déclarent pas naïfs face à la désinformation » , précisent l’association et « 73 % des jeunes disent repérer régulièrement des fausses informations, toutes sources confondues, et 60 % déclarent « vérifier » les contenus qu’ils consultent. »

Ces résultats témoignent d’un changement profond dans les façons de s’informer mais les médias dits « traditionnels » (journal télévisé, radio, presse d’information en ligne, etc.) ne sont pas totalement boudés par les jeunes. Pour rechercher de l’information, les 16-18 ans se tournent à 40 % vers des médias classiques mais via les réseaux sociaux. Si le canal prioritaire ne change pas drastiquement, le support change.

Se pose alors la question de savoir comment atteindre ces jeunes générations, que cela soit en tant qu’élu ou en tant que média d’information. Pendant cette campagne pour les élections municipales, de nombreux maires ont posté des vidéos sur le réseau TikTok, et pas uniquement les maires des grandes villes. De l’autre côté, il existe des médias spécialement conçus pour les réseaux sociaux comme « HugoDécrypte », « Brut » ou « Vakita » par exemple. Une démarche « d’aller vers » se développe ainsi sur les réseaux.

Une étude publiée hier par la Fondation Jean-Jaurès sur la protection des mineurs en ligne met aussi en lumière l’importance des « créateurs de contenus » (ou influenceurs) dans les usages des jeunes générations. Pour les auteurs, il apparaît aujourd’hui « nécessaire de reconnaître le rôle qu’ils jouent déjà dans l’expérience des réseaux sociaux des jeunes et de leur proposer un programme d’engagement clair, volontaire et structuré » : « Ces créateurs engagés pourraient contribuer à la diffusion de campagnes de sensibilisation, à la cocréation de contenus pédagogiques adaptés aux codes des jeunes générations et à la mise en visibilité de dispositifs encore trop méconnus, tels que les outils de signalement, les paramétrages de confidentialité ou le 3018, proposent les auteurs. Ils pourraient également être associés à des échanges réguliers avec les pouvoirs publics, afin que l’expérience de terrain nourrisse les politiques publiques. »
Un texte pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Dans une vidéo publiée au début de l’année 2026 (sur les réseaux sociaux), le président de la République a annoncé qu’il engageait une procédure accélérée au Parlement sur un texte porté par la députée macroniste Laure Miller visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Objectif fixé par le chef de l’État : voir cette interdiction entrer en vigueur dès la rentrée scolaire de septembre 2026. Ce texte, présenté en novembre dernier par la députée de la Marne, a été adopté en début d’année à l’Assemblée nationale en séance publique et devra désormais être discuté en séance publique au Sénat.

Reste à savoir comment les parlementaires vont relever le défi de faire faire voter un texte conforme au droit européen, notamment au règlement sur les services numériques (DSA) (lire Maire info du 26 janvier) et, in fine, de veiller à la bonne application de cette loi.

Franck Lemarc

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