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Le groupe mauricien BAI British American Investment s’effondre

lundi 4 mai 2015

L’île Maurice est secouée depuis plusieurs jours par la faillite d’une banque et d’une compagnie d’assurance-vie du groupe BAI. Cette déroute financière « a mis en évidence une escroquerie portant sur plus de 500 millions d’euros », écrit le site économique challenges.fr. Ce groupe a été fondé par Dawood Rawat que certains surnomment le Bernard Madoff mauricien

Il y a encore quelques semaines, Dawood Rawat, à qui le gouvernement français a remis la Légion d’honneur en 2014, « était l’un des hommes les plus riches de l’île Maurice. Son empire de quelque 150 sociétés (banque, assurance, immobilier, grande distribution, concession automobile, clinique privée, média...), la British American Investment (BAI) pesait 37 milliards de roupies (925 millions d’euros) » note challenges.fr.

Mais tout s’est effondré, le 31 mars dernier quand a expiré l’ultimatum de la Banque de Maurice, qui réclamait à la Bramer Bank (la banque du gorupe BAI) , une injection de liquidités de 8,75 millions d’euros. « L’incapacité de Dawood Rawat à la renflouer a entraîné la suspension de la licence de la Bramer Bank par la banque centrale ce qui a provoqué la panique de ses 30.000 clients qui se sont rués sur les distributeurs de billets » relate challenges.fr.

La suspension de la Bramer Bank a entraîné dans son sillage la chute du reste du groupe et notamment de sa branche assurance mettant en péril les avoirs de 160.000 détenteurs de contrats d’assurance-vie, écrit le site économique.

« Car, à l’image de Bernard Madoff, le financier escroc américain, Dawood Rawat a monté une pyramide portant, selon le gouvernement mauricien, sur un montant compris entre 500 et 625 millions d’euros » explique la publication en ligne.

Challenges.fr. explique ensuite le montage financier : « les investisseurs étaient attirés par la promesse de rendements élevés. Ces gains étaient financés par l’argent des nouveaux arrivants et, une fois la confiance établie, les retraits devenaient inférieurs aux arrivées de fonds ce qui a permis à la BAI de poursuivre son activité pendant des années ».

À noter que le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale avaient tiré la sonnette d’alarme dès 2007. « Dans un rapport sur le blanchiement d’argent à Maurice, ces institutions avaient répertorié des achats immobiliers douteux du clan Rawat à Malte et à Rome et des transferts de fonds importants à une société basée aux Bahamas. En outre, elles avaient pointé du doigt des investissements importants des contrats d’assurance-vie de la BAI dans les autres filiales du groupe souvent déficitaires » souligne le site économique.

Autre fait troublant : en 2010, la famille Rawat a retiré la BAI de la cote de la Bourse de Maurice en payant une prime conséquente aux actionnaires pour la faire entrer quelques mois plus tard à la Bourse de Nairobi au Kenya, poursuit la publication en ligne

L’effondrement de la BAI n’est sans doute pas étranger au récent changement de gouvernement à Maurice. Dawood Rawat, qui est actuellement en Europe, avait des relations très étroites avec l’ancien Premier Ministre Navin Ramgoolam aujourd’hui accusé de détournement de fonds et de fraude fiscale après la découverte de l’équivalent de 5,5 millions d’euros en roupies et diverses devises dans des coffres-forts à son domicile, écrit challenges.fr.

Afin d’éviter la crise sociale, le gouvernement mauricien a repris la Bramer Bank en créant une nouvelle banque publique et a promis de garantir 135.283 polices d’assurance sur les 160.000 enregistrées à la BAI, termine le site d’informations économiques.

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