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Le FMI bientôt en faillite ?

samedi 27 avril 2013

Créé à l’origine pour défendre les taux de change fixes entre grands pays à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) a su se trouver une nouvelle vie après le passage aux changes flottants au début des années 70 : coordonner les actions des grands pays pour régler les crises de financement des pays du Sud, pauvres et émergents.
Mais depuis quelques années, l’institution se porte mal.
Elle affiche cette année un déficit d’exploitation de près de 115 millions de dollars et les perspectives laissent augurer un creusement de ce déficit jusqu’à plus de 400 millions de dollars en 2010.

La crise de la dette pourrait entraîner le FMI dans de graves difficultés financières très prochainement. De plus en plus d’États ont besoin d’argent : selon des estimations récentes, le FMI ne peut attribuer que 390 milliards de dollars de prêts sans mettre en péril son bilan. Le personnel du Fonds monétaire international (FMI) estime désormais que les ressources du FMI pourraient se révéler insuffisantes si les conditions financières mondiales continuaient de se détériorer et si un nombre croissant de pays faisait appel à l’établissement en vue d’obtenir des prêts d’urgence.

Un mémo interne au FMI précise que le Fonds dispose à l’heure actuelle de 390 milliards de dollars (286 milliards d’euros) qu’il pourrait prêter sans mettre en péril son bilan. Le personnel du FMI estime toutefois que si le scénario pessimiste venait à se concrétiser, l’institution pourrait être amenée à devoir prêter 840 milliards de dollars. En juin dernier, cette somme avait été évaluée à 640 milliards de dollars.

La nouvelle estimation tient compte des inquiétudes accrues concernant l’économie mondiale, les pays membres de l’Union européenne étant chaque jour plus nombreux à éprouver des difficultés à maîtriser leur niveau d’endettement. Les prochains rapports du FMI devraient par ailleurs évoquer une « augmentation sensible des risques pesant sur la stabilité financière ».

Jusqu’à juillet 2011, le Fonds avait d’ores et déjà accepté de débloquer près d’un tiers des 270 milliards d’euros (391 milliards de dollars) destinés aux plans de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Mais la situation financière de la Grèce pourrait nécessiter un nouveau plan de sauvetage, alors que la dette du pays s’élève à 136,3 milliards de dollars, l’Espagne pouvant rapidement appeler à la rescousse alors que 20 % de la population active est au chômage et que la dette y atteint les 640 milliards d’euros (927,4 milliards de dollars).

En décembre 2010, le Fonds monétaire international avait indiqué avoir achevé la vente d’un huitième de son stock d’or, soit 403,3 tonnes. Le processus avait été lancé par les Etats membres en avril 2008, période durant laquelle les finances de l’organisation paraissaient fragiles, son activité de prêts étant alors déclinante.

Source 11 Septembre 2011

Ainsi tout le monde à l’air d’accord, le FMI a des dettes, il faudra vendre une partie de l’or de l’institution.

D. Strauss-Kahn avait suggéré de vendre partiellement l’or du FMI afin de rembourser les dettes du FMI. La réunion du G7 financier qui a eu lieu le week-end dernier a avalisé cette suggestion.
Le FMI vendra 400 tonnes d’or (ou 12,9 millions d’onces) des 3.217 tonnes en sa possession. Soit à un cours moyen de 900$, une vente de 11,5 milliards de $.

Ces 400 tonnes sont à mettre en perspective par rapport aux 128.000 tonnes privées, aux 28.500 tonnes dans les banques centales et à la production annuelle de 2.300 tonnes.
Compte tenu de l’état de la demande actuelle et surtout de l’offre en baisse (cf Afrique du Sud) le marché mondial devrait absorber ce volume sans connaitre une faiblesse prolongée des cours de l’or. Le cours du métal précieux flèchira peut-être bièvement si le « castel » des banques centrales parvient à faire croire que cette vente sonne l’arrêt de la hausse de l’or.
En fait, il n’y a pas lieu de craindre quoi que ce soit de cette vente ; surtout que cet or du FMI, vous pouvez en être quasi certain, ne viendra pas sur le marché libre.

C’est précisément ici que débutera la foire d’empoigne ; qui seront les acheteurs ?

Compte tenu du volume proposé (400 tonnes) des banques centrales bien pourvues en dollar devraient être très désireuses de se diversifier. En d’autres mots, des BCs voudront échanger de vulgaires bouts de papier (des dollars) contre des splendides lingots d’or.
En premier lieu, la Chine avec plus de 1.000 milliards de réserves monétaires, ne pourrait faire qu’une bouchée des 400 tonnes. Les pays du golf persique seront aussi sur la liste des gros acheteurs ; les autres pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ... et toutes une serie de « petits », comme par exemple l’Argentine.
Fort bien, mais ceci ne fera pas le bonheur des déposants d’origine de cet or ; à savoir les pays occidentaux (USA, France, ...) ; ils pourraient exiger d’être prioritaire pour le rachat de l’or qui à l’origine provenait des BCs de ces pays occidentaux.

Quel sera le prix d’achat ou de rachat de cet or ?

Là aussi, vous risquez de bien rire !
Les pays occidentaux pourraient exiger des rachats au prix ancien comptabilisé lors de la livraison. Par contre, les « nouveaux » acheteurs pourraient ne pas être trop regardant et proposer un prix élevé car ce n’est pas tous les jours que 400 tonnes d’or sont sur le marché.

Cette vente, vous montrera clairement qui sont les amis et les détracteurs de l’or. Plus encore, elle montrera qui sont les vrais maîtres du jeu de la finance internationale. La Chine à beaucoup de cartes en mains ... la partie de poker sera passionnante.

Un chose est certaine, le grand vainqueur du jeu sera l’or car cette foire d’empoigne pour la possession des 400 tonnes d’or du FMI montrera à la face du monde que l’or est convoité par les (nouvelles) puissances économiques.

Argentum Aurum Europa

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