Geopolintel

La malédiction française du FMI

vendredi 19 avril 2013

Après les scandales sexuels de DSK, Christine Lagarde, l’une des femmes les plus influentes de la planète, va être convoquée par la Cour de justice de la République sur des chefs de complicité de faux et de complicité de détournement de fonds publics dans le cadre de l’Affaire Tapie.
Jamais élue mais souvent promue, elle va se retrouver face à la justice, et encore une fois c’est l’image des élites de la France qui se dégrade.
L’affaire Tapie ne doit pas faire oublier celle de la Société Générale avec Jérôme Kerviel. Christine Lagarde connaissait l’illustre Robert Day [1] coupable de délit d’initié sans jamais avoir été inquiété de la revente de ses actions avant que le scandale n’éclate. Autre fait troublant, c’est elle qui succède au ministère de l’économie et des finances le 18 juin 2007 en remplacement de Jean-Louis Borlo, ancien avocat d’affaire de Bernard Tapie.

La Rédaction Geopolintel

Christine Lagarde (2007-2011)

Recalée deux fois à l’ENA, elle a finalement obtenu un DEA de droit social, avant de gravir brillement tous les échelons du grand cabinet d’avocats Baker & McKenzie.

D’abord nommée ministre de l’Agriculture en mai 2007, elle accède au convoité ministère de l’économie et des finances le 18 juin 2007 en remplacement de Jean-Louis Borloo.

Ses compétences d’ancienne compétitrice de natation l’auront bien aidée à surnager dans la crise financière. Crise où elle su gérer les priorités en restant conseillère municipale d’opposition dans le 12e arrondissement de Paris.

Mais surtout, elle aura accumulé les records, à commencer par celui de la dette, qui était fin juin 2007 de 955 Md€ alors qu’elle est fin juin 2011 de 1 315 Md€.

Christine, ton record de 360 Md€ de dette en plus en 4 ans, soit + 38 % n’est pas prêt d’être égalé. Tu auras ainsi fortement contribué à la future réforme du capitalisme par cette belle action, contribuant à son affaiblissement.

Bien entendu, des jaloux se sont attaqués à toi, à commencer par cet infâme procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal qui a demandé l’ouverture d’une enquête contre toi dans l’affaire Tapie :

“Il apparaît, comme en témoignent le nombre et les nuances des notes répétées faites à son intention, tant au moment de la décision de recourir à un tribunal arbitral, qu’à celui où le Crédit Lyonnais est écarté du débat sur le processus arbitral, qu’à celui où une récusation des arbitres proposés est envisagée ou à celui où le CDR est appelé à connaître de la sentence arbitrale et enfin à celui où un recours en annulation est envisagé, que Madame la ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie a constamment exercé ses pouvoirs ministériels pour aboutir à la solution favorable à Bernard Tapie que l’Assemblée plénière de la Cour de cassation paraissait pourtant avoir compromise. Dans la mesure où existent bien des indices qu’un abus d’autorité ait été commis par la ministre [...]

Compte tenu de la gravité et de l’importance des faits dénoncés qui peuvent être reprochés à la ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, il convient de saisir la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, qui est compétente pour apprécier la suite à donner à la plainte ci jointe.”

Tout ceci pour avoir abandonné la justice publique au moment où l’État allait gagner pour s’en remettre à un tribunal arbitral qui a donné à Bernard Tapie de la bagatelle de 403 millions d’euros – 240 à titre de dommages, 45 pour le préjudice moral et 118 pour les intérêts depuis 1994… alors que 403 millions d’euros ne représentent même pas 2 jours de déficit que tu as créé pour le pays, tssssss, quelle ingratitude pour ton talent….

Mais, maintenant que tu t’en es allée vers d’autres horizons, tes analyses si justes, si percutantes, tellement pleines de flair et de prescience vont terriblement nous manquer. Puisses-tu au moins apporter au monde ce que tu as apporté à la France…

Je termine donc avec ce petit florilège de tes déclarations les plus perspicaces.

Mais il est très incomplet, et, manquant de temps pour farfouiller Internet via Google, je lance ici un petit concours auprès des lecteurs de ce blog afin de trouver la “meilleure” analyse de Christine Lagarde non publiée dans cette liste. (“meilleure” au sens ironique, bien entendu)

Laissez-les en commentaire (avec la date et la source), j’indiquerai ici le nom du vainqueur (enfin, si quelques lecteurs jouent le jeu…). A vos claviers ! :)
BEST OF Christine Lagarde
La Crise

17 août 2007, conférence de presse

« L’économie française repose sur des fondamentaux qui sont solides [...] Je ne conçois pas aujourd’hui de contamination à l’économie mondiale. »

17 août 2007, dans « Le Parisien »
« Ce n’est pas un krach [...] Nous assistons aujourd’hui à un ajustement [...] une correction financière, certes brutale mais prévisible. »

© Le Parisien / Aujourd’hui en France

5 novembre 2007 sur « Europe 1 »

« La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d’effet sur l’économie réelle américaine. Il n’y a pas de raisons de penser qu’on aura un effet sur l’économie réelle française. »

18 décembre 2007, sur « France-Inter »
« Nous aurons certainement des effets collatéraux, à mon sens mesurés. [Il est] largement excessif de conclure que nous sommes à la veille d’une grande crise économique. »

22 janvier 2008, sur « Europe 1 »
« [Un krach ?] Il faut éviter les mots spectres, les mots angoisse comme ça [...] Je crois qu’on a observé une correction brutale sur les marchés asiatiques, européens dans la foulée. »

10 février 2008, au G7 au Japon
« Nous ne prévoyons pas de récession dans le cas de l’Europe. »

11 février 2008, dans « Le Figaro »
« Si les États-Unis devaient éviter la récession, leur croissance sera toutefois très faible. L’Europe sera elle aussi touchée. »

26 mars 2008, conférence de presse
« L’environnement international est difficile […] La volatilité actuelle des taux de change et le niveau du dollar sont un risque pour notre croissance. »

15 mai 2008 sur « Europe 1 »
« Vous accueillez ce matin un ministre de l’Economie qui se réjouit et qui jubile, pour tout dire. Je suis surtout très contente pour notre pays en raison de la révision à la hausse de la croissance pour 2007 [...] En revanche, les prévisions européennes des déficits de la France sont outrageusement pessimistes. »

1er juillet 2008, dans « Le Figaro »
A l’orée de la présidence française de l’UE, Lagarde veut rester comme le ministre français ayant permis à l’Europe « d’éviter la crise financière d’après. »

15 septembre 2008, sur « Europe 1 »
« L’ensemble des autorités bancaires, le Trésor, les banques centrales se sont concertées pendant plusieurs jours, les mécanismes sont en place, il n’y a pas panique à bord. »

16 septembre 2008, conférence de presse
« [La crise aura] des effets sur l’emploi et sur le chômage [pour l’heure] ni avérés ni chiffrables. »

20 septembre 2008, conférence de presse
« Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous. »

21 septembre 2008 sur « Europe 1 »
« Je ne suis pas euphorique, pas plus que je n’étais catastrophiste […] La crise est loin d’être finie. »

3 octobre 2008, conférence de presse
« Le risque d’une croissance négative [sic.] à l’automne est désormais réel. »

10 mai 2010 sur « Europe 1 »
« Nous avons décidé d’envoyer un signal extrêmement fort aux marchés pour protéger l’euro. Je suis convaincue que le mécanisme va fonctionner. »

25 juin 2010
« La notation de la France est triple A stable, il y a d’autres triples A qui sont moins stables, je regarde de l’autre côté de la Manche par exemple. Elle n’est pas menaçée. »

8 juillet 2010, rencontres économiques d’Aix-en-Provence
« À la question « Est-ce qu’on est ou non sorti de la crise ? », j’ai répondu en anglais au Forum de Saint-Pétersbourg « We are in the middle of the beginning of the end » ; et je pense qu’on en est probablement là. [...] Pour moi, le couple « relance-rigueur » n’est pas un choix, ce n’est pas un nœud gordien. En effet, la politique économique que nous pratiquons en France actuellement est une politique de « rilance », la « rilance » étant un subtil dosage entre des mesures de responsabilité dans une situation exceptionnellement difficile, qui visent à réduire la dépense publique là où cela sera le moins douloureux ; et, en même temps, on met en œuvre le solde du plan de relance, tout en montant en régime sur le financement des grandes stratégies de croissance. »

9 juillet 2010 dans « Handelsblatt »
« Si les recettes ne sont pas suffisantes, nous devrons prendre davantage de mesures pour réduire les dépenses. Je suis convaincue que la France va conserver sa note AAA. »

17 décembre 2010, dans le « Wall Street Journal »
« Les sauvetages de l’Irlande et de la Grèce ainsi que la création du FESF sont des transgressions majeures du Traité de Lisbonne. […] Nous avons enfreint toutes les règles car nous voulions resserrer les rangs et vraiment sauver la zone euro. »

19 décembre 2010, dans « De Tijd »
« Une restructuration de dette n’est pas à l’ordre du jour au sein de la zone euro »

25 janvier 2011, au Forum de Davos
« L’euro a franchi le cap, et la zone euro a désormais le pire de la crise de la dette derrière elle. »

13 février 2011, dans « Der Spiegle »
« Vous faites fausse route. Tant que je serai dans ce poste [sic.], la France n’abandonnera pas ce statut [...] Nous faisons beaucoup pour cela. Notre budget est en ordre et nous sommes en train de réduire le montant net des emprunts. Nous menons des politiques de réforme difficiles pour augmenter la croissance. »

© Rodho – http://blorg.canalblog.com/
L’affaire Tapie

10 mai 2011, dans « Le Figaro »
« On essaye de me salir, sans doute pour faire oublier que tout cela c’est l’héritage des petits arrangements de l’époque Mitterrand, où ceux qui donnent aujourd’hui des leçons de vertu étaient aux commandes. Pour ma part, j’ai toujours agi avec rigueur et transparence, dans un seul sens : celui de l’intérêt général. »

© Alex – http://alex-dessinpresse.over-blog.com
Autres perles

8 juillet 2007, rencontres économiques d’Aix-en-Provence
« J’entends souvent dire que la France refuse le capitalisme. Moi, je n’y crois pas. Je ne crois pas en particulier que notre jeunesse refuse le capitalisme. Il suffit d’écouter et de disséquer les paroles des rappeurs français, qui expriment bien souvent un goût prononcé pour un certain nombre des éléments de notre économie capitaliste. [...] Nous voulons désinhiber une France encore bien trop pudique sur la réussite individuelle ; nous voulons réhabiliter le succès et son corollaire, l’argent, la rémunération qui en résulte. »

10 juillet 2007, Assemblée Nationale
« Voilà ce que nous ont dit les Français : ils ne veulent pas plus de loisirs, mais plus de travail. Ils ne veulent pas de rentes aléatoires, mais un salaire mérité. Ils ne veulent pas du pain et des jeux, mais les fruits de leur labeur. [...] Le contrat social, aujourd’hui, il se décline en contrats de travail. Cessons d’opposer les riches et les pauvres comme si la société était irrémédiablement divisée en deux clans. [...] Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches. »

4 novembre 2007, dans « Le Parisien
« Il faut de temps en temps oublier son véhicule au profit de ses deux jambes et de ses deux-roues. Sur des petits trajets, quand on n’est pas très chargé, pourquoi ne pas laisser la voiture au garage ? Dans les grandes agglomérations ou dans les petites villes de province, utilisons les bicyclettes. C’est parfois presque aussi rapide et plus économique. Les transports en commun sont considérés en France comme de grande qualité. Je suis prête à donner l’exemple. »

3 juin 2009
« Je persiste à dire que nous avons deux catégories de déficit, le bon et le mauvais, comme le cholestérol […] Le bon déficit c’est celui auquel nous sommes encouragés [sic !] par la Commission européenne, le FMI, par tous les économistes pour relancer nos économies. […] C’est le plan de relance […] Le mauvais déficit, c’est celui qu’on traîne depuis 30 ans. […] Celui-là clairement il faut qu’on le traite à la racine, qu’on ait une meilleure gestion des finances publiques. »

17 février 2011
« Nous ne disons pas que la spéculation nourrit la hausse des prix. Peut-être que ça l’anticipe un peu, peut-être que ça l’accélère un peu, il y aura débat à ce sujet. Peut-être que ça n’a aucun effet, c’est aussi une éventualité. »

13 mai 2011
« Tous les clignotants sont au vert. »

4 juin 2011, dans « Télérama
« Protéger les faibles contre les forts, c’est l’essence du libéralisme. »

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