« La civilisation européenne ne s’effacera pas », a-t-il néanmoins assuré, tout en soulignant que l’Union européenne était confrontée à la fois des menaces extérieures et « de l’intérieur par la lassitude démocratique ».
« Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel et les voix présomptueuses qui le prétendent feraient mieux de prendre garde à leur propre effacement », a dit M. Barrot.
Dans leur stratégie de sécurité nationale publiée en décembre 2025, les Etats-Unis ont averti que l’Europe faisait face à la perspective d’un « effacement civilisationnel ».
Evoquant les relations transatlantiques, le ministre a rappelé que les Etats-Unis sont « des alliés », mais « avec lesquels nous ne sommes pas toujours alignés ».
Le chef de la diplomatie française a indiqué que, en quelques mois, l’administration américaine avait décidé de repenser les liens avec l’Europe, « ce qui est son droit ». Il a toutefois souligné que l’Europe avait également « le droit de dire non à un allié historique lorsque sa proposition n’est pas acceptable ».
Depuis son entrée en fonction en 2025, le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises affirmé vouloir obtenir le Groenland, n’excluant pas le recours à la force. Le 6 janvier, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont publié une déclaration conjointe soulignant que le Groenland appartenait à son peuple et qu’il revenait au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland.
Le ministre Barrot veut mieux armer les diplomates face aux attaques sur les réseaux sociaux
Acteurs Publics
Lors de sa prise de parole devant les ambassadeurs, le 9 janvier, le ministre des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a annoncé son intention d’“amplifier et défendre la voix de la France” face aux “deep fakes” et autres vidéos générées par l’IA. Ce qui se traduira par le lancement, cette année, de formations spécifiques pour les diplomates et, plus globalement, par la mise en place d’un accompagnement personnalisé face à ces attaques.
C’est un discours musclé qu’a prononcé le ministre des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, en clôture de la 31e Conférence des ambassadeurs, qui s’est achevée le 9 janvier dernier. Prenant la parole devant le gratin de la diplomatie hexagonale, dans un contexte international instable marqué par les saillies de Donald Trump et la poursuite de la guerre en Ukraine, le locataire du Quai d’Orsay s’est notamment arrêté plusieurs minutes sur un sujet au cœur de l’actualité ces derniers mois, à la mesure des progrès exponentiels des outils de génération IA : l’émergence des deep fakes.
Car ces vidéos générées par l’intelligence artificielle, qui recueillent parfois des millions de vues sur les réseaux sociaux, s’immiscent de plus en plus souvent dans la politique nationale et internationale, à l’image de celle qui a mis en scène, sur Facebook, un coup d’État à Paris, en décembre dernier, et qui a poussé Emmanuel Macron à prendre la parole. Le président de la République s’en était alors pris à Meta, maison mère du réseau social américain.













