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L’égyptien Heykal a raison

P. Dortiguier

mardi 14 décembre 2010

Le site internet Wikileaks, suspecté d’être une machine de guerre cybernétique, avec de fausses indiscrétions bien dosées dans les laboratoires du lavage de cerveaux, a soulevé quelques remous à cause de sa révélation de l’intérêt porté par la diplomatie américaine aux communautés dont se compose la cité française ; cité de l’homme, comme eût dit « saint Augustin » , plus que cité de Dieu, la différence étant dans l’intelligence du bien et du mal [1].

Il y a des refus de voir les choses telles qu’elle sont, et cela produit souvent des fantômes, une sorte d’hallucination hypnagogique ou rêve éveillé, que l’enseignement de l’Histoire a grand peine à maintenir dans notre pays, car la base en est instable, sinon infondée, comme en particulier qui touche au prétendu fonds gaulois et au refus, autrefois bien dénoncé dans les livres de l’Esprit des Lois de Montesquieu, de l’origine franque organisatrice de peuples disparates, dans toute l’Europe.

L’unité nationale se fonde sur une composition reconnue et acceptée du corps politique, - une sorte de « connais-toi toi-même » - ce qui n’est pas encore le cas, et fait quasi l’exception de notre pays en Europe. Ainsi Émile de Girardin, pouvait-il écrire au XIXe siècle que l’Alsace conquise sous Louis XIV est politiquement française et moralement allemande. Le Pape Benoît XV ne dira pas autre chose, dans sa proposition de paix au terme du premier conflit mondial quand il se fera l’avocat des Alsaciens désireux de conserver leur statu quo ante bellum, ou statut d’avant-guerre.

Ce théorème alsacien a d’autres conséquences, la première étant l’extension, libérale dans les mots et autoritaire de fait, de la notion de France à un type d’Empire qui fait coexister des peuples dont l’individualité est non pas niée, mais méconnue, dans leur autonomie, comme un X de l’équation française. Que l’on ne dise pas qu’il s’agisse d’une vue républicaine, car la monarchie, sous deux dynasties, de 1830 à 1848, a conquis et absorbé l’Algérie, rencontrant une seule opposition organisée et efficace dans la garnison turque de Constantine animant la population (1er au 10 octobre 1837). En réalité nous avons affaire à une occupation des lieux dont les locataires portent désormais le nom du propriétaire venu sans titre, mais lesquels occupent des lieux bien déterminés de la vaste demeure, unis parfois par la mobilisation guerrière ou industrielle et retournant à leurs meubles ou à leurs roulottes, dans des « quartiers » dits « sensibles », une fois le besoin diminué.

L’historien méticuleux remarque, à user d’une métaphore, que ce sont des morceaux de bois morts de l’Europe, de l’Allemagne rhénane, de la Hollande, de l’Alsace qui, sans omettre l’import italien, puis récemment espagnol « rouge », ont allumé le feu de la colonisation algérienne et élargi l’incendie aux protectorats tunisiens et marocains.

Absurdité de l’intégration pour De Gaulle.

C’est alors qu’un mot bien senti vient à point nommé, celui d’intégration, dont De Gaulle s’est bien moqué dans l’entretien suivant avec son ministre Alain Peyrefitte. Chacun a aujourd’hui ce mot à la bouche dans les banquets électoraux, et il est obligé partout de souligner combien le spectre du communautarisme nous fait peur, et de prôner l’intégration, non pas l’intégrisme bien sûr, mais de magnifier un 9-3 où chacun aurait l’équilibre apollinien d’Obama, loin des enthousiasmes titanesques qui courent le monde.

De Gaulle dit : « L’intégration, c’est une entourloupe pour permettre que les Musulmans qui sont majoritaires en Algérie à dix contre un, se retrouvent minoritaires dans la République française à un contre cinq. C’est un tour de passe-passe puéril ! On s’imagine qu’on pourra prendre les Algériens avec cet attrape-couillons ? ». L’intégration serait donc un outil de colonisation durable. Ce sont les partisans de cette intégration, qui est « un étau » qui fait craquer l’ensemble du corps social, en substituant un patriotisme prosaïque matériel et superficiel, à un patriotisme idéaliste enraciné et poétique, qui ont fait démissionner en octobre 2010 sur intervention de bonzes, Thilo Sarrazin de son poste de banquier et du parti socialiste, pour avoir annoncé selon le titre de son livre : « L’ Allemagne se supprime » (Deutschland schafft sich ab).
Nous ne discutons pas du personnage, mais de la chose. Est-ce conforme au dessein de Dieu ou de son Adversaire, celui que les Carmélites nomment si bien « l’Autre » ?. Est-ce par ailleurs le signal d’une campagne contre une Allemagne redevenue elle-même et qui pourtant traite réellement, avec l’Autriche et la Suisse, le mieux les allogènes, car elles en ont les moyens et le cœur.

Ce que dit le journaliste égyptien Heykal

Il faut présenter ce confident du président germanophile de toujours que fut Nasser, qui racontait naguère les circonstances de son assassinat, le journaliste Mohamed Hassanein Heykal qui connaît le vrai état de la nation française, car il situe au cœur de la politique et des débats de l’Europe la question des rapports franco-allemands et européo-allemands comme le courant emportant notre radeau ! Rappelons avec lui quelques vérités oubliées, qu’aucun journaliste australien, tel celui auquel des femmes habituées aux hommes réclament leur part d’honneur, le directeur de Wikileaks, certainement agent patenté et pièce d’une mise en scène un peu grotesque, ne saurait produire. Heykal l’ose, et en cela il est aussi grand que Dieu peut l’admettre d’un homme !

Chacun en France superficielle, car il n’y a plus bientôt de profonde que dans les quartiers « sensibles » des dites banlieues, au train où l’agrégat français se recompose et son passé se décompose, est occupé à pester contre l’Euro, mais personne ne s’avise de dire que cet Euro fut la pièce du vêtement arrachée au Jésus teutonique, pendant que les Romains de l’Est se faisaient payer largement, tous deux pour donner leur aval à l’unité allemande. L’article du Spiegel sur les conditions de naissance de l’Euro imposé par Mitterrand, qui est un piratage de Deutschmark, devrait être placardé sur nos bâtiments officiels, à côté des plaques évoquant l’ennemi héréditaire. Que craignait le Président français, que l’Allemagne ne fût trop forte, que son Deutschmark lui appartînt trop ? [2]. Et ce fut le sens de l’opération Euro où nous étions supposés, comme le comte Dracula qui décapitait Turcs et Saxons, nous ragaillardir du sang des vierges sages, et patatras, ce fut la Vierge qui affaiblit le compère, et toute la bande de ce château de Carpates. Heykel a le mot juste, et en ce sens, il est non pas l’échantillon de cet esprit de finesse que nos Don Juan affichent, mais de cette délicatesse qui ne fleurit que chez les âmes sensibles : ce n’est pas la Chine ou le « péril jaune » qui inquiète l’Europe, assure-t-il sur la chaîne arabe où les Tunisiennes sont sélectionnées pour le charme naturel, ce n’est pas cette Chine, dit-il, qui ronge d’inquiétude les banquiers de la rive du Potomak, non c’est l’Allemagne !

Romain Rolland (1866-1944), a bien vu ce mal de jalousie qui ronge la France et l’Europe et qui fut le moteur du premier conflit mondial non encore terminé ! Le premier conflit mondial, établissait Romain Rolland, et c’est, précisait-il, ma conviction absolue, est la guerre des nations qui travaillaient moins bien contre celle qui travaillait le mieux. L’ Angleterre, précisait-il, a commis ce crime contre l’humanité, elle le paiera. Nous le paierons longtemps encore. le confident de Nasser et l’ami de l’Europe réelle, l’honneur de l’intelligence arabe, est un excellent professeur !

Notes

[1« Et avec un ingénieux laconisme », écrit le 20 avril 1884 le Pape Léon XIII «  il (saint Augustin) a mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d’elles : Deux amours ont donné naissance à deux cités, la cité terrestre procède de l’amour de soi porté jusqu’au mépris de Dieu, la cité céleste procède de l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi. Dans tous les siècles qui nous ont précédé ces deux amours n’ont pas cessé de lutter l’un contre l’autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses. » Lettre-encyclique Humanum Genus condamnant le relativisme philosophique et moral de la Franc-maçonnerie.
http://www.vatican.va/holy_father/l...

[2« La zone Euro, ce n’est pas vraiment la zone Euro, mais la zone Mark, lequel Mark a été rebaptisé Euro. Il faut se souvenir d’où on vient : on sort d’une histoire économique de l’Europe où la monnaie dominante était le Mark. Le Franc était constamment, surévalué par rapport au Mark. Il payait sa parité d’un excès de taux d’intérêt sur les emprunts émis en Francs, exactement comme la Grèce paye aujourd’hui son manque de crédibilité d’un excès de taux d’intérêts. Comme le Franc était surévalué, la croissance était plus faible et le chômage plus fort. Et comme le Mark était sous évalué, les exportations allemandes étaient déjà très fortes. La BCE a été symboliquement installée à Francfort. Les statuts de la BCE ont impliqué une lutte systématique contre l’inflation, mot haï des Allemands. En échange de quoi, adhérant à l’Euro, l’Allemagne lui a apporté sa crédibilité » (Marianne « Et si le problème était l’Allemagne ? » jeudi 11 février 2010. http://www.marianne2.fr/Euro-et-si-...

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