Pourquoi l’Ukraine préfère les centrales nucléaires américaines de Westinghouse à celles d’EDF
La compagnie nucléaire nationale d’Ukraine Energoatom a signé avec l’Américain Westinghouse Electric Compagny un accord pour l’installation de plusieurs réacteurs AP1000 dans le pays.
Ce marché-là ne sera pas pour EDF et ses réacteurs EPR de 1650 MW. C’est l’Américain Westinghouse Electric Compagny qui fournira le nouveau nucléaire ukrainien. Mercredi 1er septembre, la compagnie nucléaire nationale du pays, Energoatom, a signé un accord avec le groupe américain pour l’installation de plusieurs réacteurs AP1000 dans le pays. Un choix plus politique, que technologique, même si le type de réacteur proposé par Westinghouse a dû peser.
Les AP1000 sont des réacteurs de troisième génération (GENIII+) post Tchernobyl, comme l’EPR. D’une puissance d’environ 1 100 MW, ils disposent « de systèmes de sécurité passive et de caractéristiques uniques, telles que la standardisation qui réduira le temps et le coût de construction », explique Westinghouse dans son communiqué. Ils ont été certifiés aux États-Unis et dans plusieurs pays d’Europe et d’Asie. Quatre unités sont en service en Chine.
Westinghouse et EDF s’associent pour EnCore
Westinghouse et EDF ont annoncé un partenariat. Celui-ci va permettre d’explorer les fonctionnalités d’EnCore.
Westinghouse annonce un partenariat avec le géant de l’électricité français, EDF. Le but de ce partenariat est l’exploration des fonctionnalités de la technologie EnCore, posséder par Westinghouse. C’est le programme EnCore Fuel.
Tarik Choho, président de Westinghouse, se réjouit :
“Westinghouse est un pionnier de l’initiative ATF à l’échelle du secteur, avec des programmes livrés à des clients américains et européens en 2019 et 2020. Nous sommes ravis de collaborer avec EDF dans ce programme de développement et apprécions hautement la productivité et l’engagement de EDF dans cet effort critique à long terme”.
Ainsi, l’objectif de Westinghouse est d’étudier son combustible EnCore dans un réacteur EDF. Si les résultats sont concluants, ce combustible sera potentiellement déployé sur l’ensemble du parc nucléaire EDF, après 2030. En outre, le combustible EnCore est un Accident Tolerant Fuel (ATF) amélioré.
Le plus grand programme de R&D de Westinghouse en Europe
Westinghouse commente :
“Il s’agira du plus grand programme de R&D sur le combustible amélioré que Westinghouse ait mené en Europe à ce jour.”
Le programme va de l’autorisation, la qualification, la fabrication, la livraison à l’exploitation des assemblages avec des Lead Test Rods (LTR). Ainsi, Westinghouse devrait livrer ces LTR à EDF d’ici 2023. En outre, tout le programme se passera dans un réacteur EDF de 1.300 MWe.
Westinghouse a également prévu de faire un examen post-irradiation. Cet examen permettra à Westinghouse de vérifier les caractéristiques de tolérance accrue aux accidents dans les réacteurs EDF. Le tout en conditions d’exploitation.
Un programme en plusieurs phases
Le programme mené par Westinghouse Eletric Company et EDF va se dérouler une plusieurs phases. Premièrement, la première phase sera la livraison d’une gaine en zirconium chromé. Elle va permettre une meilleure résistance à l’oxydation et la corrosion.
De plus, afin d’augmenter la rentabilité du combustible, Westinghouse va livrer des pastilles de densité supérieure.
Ensuite, deuxième et dernière phase du programme de Westinghouse et EDF, va permettre d’introduire une gaine composite en carbure de silicium. En parallèle, la société va introduire des pastilles de silicium d’uranium à haute densité. Elles permettront d’offrir une sécurité accrue et possèdent également des avantages économiques non négligeables.
Ce n’est pas la première fois que ces deux sociétés collaborent. Le 1er décembre 2021, elles avaient signé à la World Nuclear Exhibition, un Mémorandum of Understanding. Celui-ci visait à produire des sources de Cobalt-60 dans des réacteurs EDF.