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Après les Subprimes et le Micro-crédit, voici le prêt étudiant

mercredi 3 juillet 2013

L’ensemble des prêts étudiants (aux Etats Unis) a représenté l’an dernier plus de 1 000 milliards de dollars, soit une moyenne de 25 000 dollars par étudiant. Ici, la remise des diplômes à l’université de Columbia, à New York.

Soulagement pour les étudiants de la rentrée prochaine aux Etats-Unis : le Congrès s’est finalement prononcé contre le doublement des taux d’intérêt appliqués aux prêts destinés à financer les études, renouvelant un statu quo qui coûte annuellement 5,8 milliards de dollars au pays. Le taux d’intérêt de ces prêts, subventionnés par l’Etat et accordés à des millions de jeunes, ne passera donc pas de l’actuel 3,4 % à 6,8 %, comme ce devait être le cas à partir du 1er juillet.

Prêts étudiants aux Etats-Unis : les nouveaux « subprimes » ?

Le Monde.fr | 10.07.2012 | Par Mathilde Damgé

Cette question, qui peut paraître technique et mineure en France, est cruciale aux Etats-Unis, où les étudiants quittent l’université avec, en moyenne, 25 000 dollars de dettes. Un encours auprès des banques qui ne cesse d’augmenter, suivant une trajectoire inverse à celle de l’endettement des ménages, selon une étude de la Banque centrale américaine (FED) de New York publiée fin mai.

DEUXIÈME POSTE D’ENDETTEMENT DES MÉNAGES

Problème : fraîchement émoulus de leurs universités, les Américains ne parviennent pas à rembourser ces prêts. Au 31 mars, le total des sommes empruntées et encore en souffrance s’élevait à 904 milliards de dollars. Les prêts étudiants sont ainsi devenus le deuxième poste d’endettement des ménages américains en 2010, derrière les emprunts immobiliers, mais devant les emprunts contractés par carte de crédit.

L’endettement atteint un tel point que certains n’hésitent plus à encourager les jeunes à... ne pas faire d’études. « Il faut arrêter de faire des études par automatisme, s’interroger sur leur but. Les études sont devenues une façon d’éviter de se demander ce qu’on veut faire », estime ainsi l’un de ces nouveaux apôtres de l’école de la vie, Peter Thiel, créateur du site de paiement en ligne PayPal. Il n’hésite pas à parler de « bulle » et à comparer cet investissement au secteur immobilier, anéanti par la déflagration des « subprimes » en 2007.

Lire : « Sans diplômes et fiers de l’être »

Car avec la crise qui continue de gronder, nombre de jeunes diplômés peinent à trouver un travail à la hauteur de leurs espérances, quand ils n’ont pas tout simplement du mal à trouver un emploi. Le cercle vicieux s’enclenche quand certains décident de prolonger ou de reprendre leurs études en raison de cette même difficulté d’accès à l’emploi.

Selon une étude du cabinet d’offre de crédit Equifax, les arriérés de plus de trois mois ont augmenté de plus de 14 % en 2011 par rapport à l’année précédente. Sur son blog, Equifax va jusqu’à conseiller aux anciens étudiants en état de surendettement de réunir la totalité de leurs dettes, scolaires y compris, via un rachat de crédits et d’attendre une procédure de mise en faillite. « Ce n’est pas l’option la plus morale, mais elle est légale », commente l’auteur du blog. Autre possibilité proposée par le spécialiste, aller travailler dans les Etats où leurs talents seront requis pour diminuer ou effacer leur dette.

« EXAGÉRÉ DE PARLER DE BULLE »


Mais pour Amine Ouazad, maître de conférence à l’Insead, il est « exagéré de parler de bulle : une bulle se caractèrise par des prix qui ne reflètent pas les fondamentaux ».
Or, pour lui, l’évolution des prêts (avec leur lot d’impayés) va de pair avec l’évolution des frais des universités, lesquels évoluent de concert avec les salaires.

Le calcul est le suivant : entre 1980 et 2010, les universités d’Etat, ou régionales, qui coûtaient aux alentours de 6 000 dollars l’année (sans les frais de logement) sont passées à 14 000 dollars, tandis que les universités privées sont passées de 13 000 à 32 000 dollars. Sur ces même trente ans, le « rendement » des études (la différence entre une paie avec ou sans diplôme) a lui aussi plus que doublé en passant de 15 à 40 %.

Selon les chiffres d’une étude de l’institut Pew Research, le « rendement » d"une vie diplômée aux Etats-Unis est environ de 650 000 dollars (gagnés en plus par rapport à la même carrière sans diplôme sur quarante ans). Or, en prenant l’université la plus onéreuse, Harvard (30 000 dollars par an), il y a encore un différentiel de 530 000 dollars (sans les intérêts, certes) pour un parcours de quatre ans. De quoi inciter quelques étudiants à user leurs culottes sur les bancs de la fac.

La hausse spectaculaire des frais universitaires aux Etats-Unis ne justifie pas d’abandonner l’idée de faire des études, abonde Philip Oreopoulos de l’université de Toronto. « Si l’on regarde les chiffres, c’est toujours mieux de faire des études que de ne pas en faire », affirme M. Oreopoulos. « Le taux de chômage reste toujours plus bas parmi les diplômés universitaires. » Environ moitié moindre, selon le Bureau of Labor Statistics.

DES AVANTAGES PLUS DIFFICILEMENT QUANTIFIABLES

Et puis c’est sans compter les avantages plus difficilement quantifiables que sont un réseau relationnel étoffé, une santé mieux protégée par une bonne mutuelle offerte par l’employeur, celle de la retraite... « Ou celle du marché du mariage, si l’on peut utiliser le terme, avec un conjoint qui aura un aussi bon niveau de vie », ajoute Amine Ouazad.

« Il y a effectivement un problème avec le crédit aux Etats-Unis, mais on peut considérer qu’emprunter pour ses études reste un bon investissement pour l’avenir », résume Philip Oreopoulos, qui conseille aux parents d’éviter les universités où la grande majorité des élèves doit contracter des emprunts et où ces mêmes élèves sont en revanche trop peu nombreux à finir leurs études. « Au final, c’est cela qui coûte cher : les études abandonnées. »

Signe des temps, les « community colleges », des instituts de formation pratique en deux ans pour lesquels on peut débourser moins de 3 000 dollars, feraient désormais le plein d’après ce long reportage que leur consacre le site de la chaîne CNN. Selon une enquête de l’institut Pew publiée en mai, 57 % des Américains pensent désormais que « les étudiants n’en ont pas pour leur argent » et 75 % trouvent que le système universitaire est trop cher.

Un défi, à cinq mois de la présidentielle, pour le démocrate Obama, candidat à sa propre succession, et qui a fait campagne sur le sujet avec force discours, chiffres, cartes interactives et appels sur Twitter, où le mot-clef #DontDoubleMyRate a fait florès. « En Amérique, l’éducation supérieure ne peux pas être un luxe », a déclaré le président sortant, réaffirmant sans hésitation : « C’est un impératif économique que chaque famille doit pouvoir se permettre. »

Mathilde Damgé


Prêt étudiant garanti par l’État

Mise à jour le 20.12.2012 - Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

Principe

Le prêt étudiant Oséo est un crédit à la consommation accordé à un étudiant pour financer ses études. Il s’agit d’un prêt garanti par l’État, qui ne nécessite pas d’autre caution. Il permet un remboursement différé qui permet à l’étudiant de ne rembourser son prêt qu’une fois ses études terminées.

Objet du prêt

Le prêt étudiant garanti par l’État permet à l’étudiant d’obtenir un prêt pour financer ses études sans qu’il ait besoin de la caution d’un proche.

Bénéficiaires

Le prêt étudiant est accordé à l’étudiant :
inscrit dans un établissement en vue de la préparation d’un concours ou d’un diplôme de l’enseignement supérieur français, âgé de moins de 28 ans, français ou citoyens d’un autre pays de l’Espace économique européen (EEE), (sous certaines conditions de résidence en France).
Le prêt est accordé, quels que soient les revenus de l’étudiant, ceux de ses parents et la filière suivie.

Banques partenaires

Les banques offrant ces prêts sont :

la Société générale,

le Crédit Mutuel,

le CIC,

ou certaines Caisses d’épargne.

Caractéristiques du crédit

Le prêt étudiant est un crédit à la consommation et doit donc en respecter les procédures, notamment en ce qui concerne l’information préalable de l’emprunteur , la mise en place du contrat et le droit de rétractation.
Le prêteur peut proposer à l’étudiant une assurance pour son prêt, qui peut choisir librement l’organisme qui l’assurera.
Aucune caution n’est demandée.

L’État se porte partie garant, à hauteur de 70% du montant du prêt, auprès des banques partenaires par le biais d’Oséo, un fonds de garantie de l’État.

Montant et taux d’intérêt
Montant du prêt

Le montant du prêt dépend de la banque qui l’accorde et peut atteindre 15 000 € .

Taux d’intérêt
Le taux d’intérêt est fixé librement par la banque partenaire.

Durée du prêt
La durée du prêt est déterminée par la banque qui l’accorde et peut varier de 2 à 10 ans.

À noter : le contrat de prêt doit prévoir la possibilité de rembourser par anticipation et les conditions dans lesquelles ce remboursement peut s’effectuer.

Remboursement différé
L’étudiant peut choisir de différer le remboursement du prêt, soit en partie, soit en totalité.

Franchise partielle.
L’étudiant ne rembourse que les intérêts et les éventuelles primes d’assurances du prêt. Il rembourse le capital après une période prévue à la signature du contrat, en général une fois ses études terminées.

Franchise totale
L’étudiant ne rembourse que les éventuelles primes d’assurances du prêt.
Le remboursement du crédit (intérêts et capital) n’intervient alors que plus tard, en principe quand l’étudiant a terminé ses études.

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