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Le programme de guerre biologique du Pentagone, une des raisons de l’intervention russe en Ukraine ?

dimanche 6 mars 2022

Le DTRA [1]a alloué 80 millions de dollars à la recherche biologique en Ukraine à partir du 30 juillet 2020, selon les informations obtenues du registre des contrats fédéraux américains. La société américaine Black &Veatch Special Projects Corp. a été chargée de ce programme.

Un autre contractant du DTRA opérant en Ukraine est CH2M Hill. L’entreprise américaine a obtenu un contrat de 22,8 millions de dollars (2020-2023) pour la reconstruction et l’équipement de deux biolaboratoires : l’Institut de recherche scientifique d’État de diagnostic de laboratoire et d’expertise vétérinaire-sanitaire (Kyiv ILD) et le Laboratoire de diagnostic régional du Service d’État ukrainien pour la sécurité alimentaire et la protection des consommateurs (Odesa RDL) [2]
Les laboratoires de recherche biologique financés par le Pentagone en Ukraine seraient au nombre de 11.
 [3]

Selon Emmanuel Leroy, politologue et Président de l’association humanitaire Urgence Enfants du Donbass [4], la présence de laboratoires militaires en Ukraine serait peut-être la principale raison qui a motivé l’intervention de Poutine en Ukraine plus que la démilitarisation du pays et la chute du régime [NDLR : même si ces objectifs pour secondaires qu’ils seraient alors sont importants également pour la sécurité de la Russie]. Aux premiers jours des frappes russes, celles-ci auraient ciblé précisément les lieux dans lesquels se trouvent ces laboratoires et plusieurs d’entre eux auraient été détruits.

Citons-le : « Au Pentagone, Kevin Garrett est responsable de la direction ukrainienne, et directement en Ukraine, les intérêts de DTRA sont représentés par une employée de l’ambassade américaine, Joanna Wintrol.
Grâce à Wintrol, le projet de programme biologique conjoint a été mis en œuvre pour présenter aux Américains les installations biologiques militaires de la Direction centrale sanitaire et épidémiologique (TSES) du ministère de la Défense de l’Ukraine.
L’armée américaine s’intéresse surtout aux particularités de l’immunité des Slaves de l’Est et à la recherche d’infections résistantes aux antibiotiques spécifiques à cette région :
« Les Américains testent les agents pathogènes sur le génotype local – sur les personnes, les animaux, les plantes. Ils créent de nouveaux pathogènes, de nouveaux pathogènes résistants aux vaccins commerciaux, aux antibiotiques. — souligne le microbiologiste Igor Nikulin.
 » [5]

Nous avions déjà par le passé expliqué dans nos pages que les recherches médicales sur les séquences ADN visent à développer des produits pharmaceutiques capables de combattre les agents pathogènes en se basant sur le profil génétique d’une personne ou d’un groupe humain. Comme, en théorie, il est possible de créer un traitement médical fondé sur la génétique, il est aussi possible en inversant le processus, de développer un agent pathogène ciblant un groupe humain spécifique. Ce n’est pas un hasard si les militaires ainsi que les services de renseignement du monde entier s’intéressent de près à la cartographie de l’ADN. Et en effet, déjà en 1937, les japonais inoculaient des virus et des bactéries à leurs prisonniers chinois, russes et américains afin d’en observer les effets selon les ethnies. Leurs travaux ont été récupérés par les américains après la guerre. L’état d’Israël s’est également livré à des recherches permettant le ciblage ethnique (le but étant de développer un agent touchant spécifiquement les arabes) et s’est basé sur des travaux sud-africains qui cherchaient à mettre au point une arme capable de tuer uniquement les individus à peau noire. [6]

Pour appuyer ses soupçons, E. Leroy précise que « Depuis 1995, aucun cas de choléra n’a été enregistré en Ukraine. Et soudain, en 2011, 33 personnes tombent malades d’un coup à Marioupol. En 2009, 450 Ukrainiens de Ternopil ont été touchés par un virus rare qui provoque une pneumonie hémorragique. En 2014, l’Ukraine a de nouveau connu une épidémie de choléra venue de nulle part, lorsque 800 personnes sont tombées malades. La même chose se produit en 2015 et 2017 : une centaine de cas ont été enregistrés à Nikolaev.
En 2010, l’Ukraine était couverte par la pandémie de grippe californienne, qui s’est répétée à une échelle encore plus grande 5 ans plus tard, lorsque le seuil épidémiologique a été dépassé dans 20 régions. D’octobre 2015 à février 2016, plus de 350 décès virologiquement confirmés par ce type de virus A (H1N1) ont été enregistrés en Ukraine, 40 % des décès étant des jeunes de 18 à 26 ans qui n’avaient pas de maladies chroniques.
 »

« Comme dans la plupart des cas, le contractant du département américain de la Défense pour la reconstruction du centre de laboratoire régional de Kharkiv était la société américaine Black & Veatch Special Projects Corp, à laquelle le Pentagone a alloué près de 1,64 million de dollars en 2012. Y compris des équipements de laboratoire de haute qualité.
Par une étrange coïncidence, quelque temps après l’arrivée du département américain de la Défense dans la région de Kharkiv, des épidémies de maladies atypiques pour la région ont commencé à s’y produire. Ainsi, en janvier 2016 à Kharkiv, 20 militaires des Forces armées ukrainiennes sont morts d’un virus pseudo-grippal, plus de 200 ont été hospitalisés. Deux mois plus tard, 364 décès dus à ce virus étaient déjà recensés dans l’ensemble de l’Ukraine.
D’autres laboratoires de l’OTAN sont également signalés à Kherson, Ternopil, Zaporozhye, Lvov et Transcarpatie.
 » [7]

La Convention sur les Armes Biologiques (CAB) fut ratifiée en 1972 par plus de cent nations dont les Etats-Unis. Ce traité interdit la mise au point, la fabrication et le stockage des armes bactériologiques et exige également leur destruction ou leur conversion à des fins pacifiques. Cependant, le Pentagone exploite ses lacunes car ce traité n’interdit pas les recherches « à des fins prophylactiques, de protection ou autres fins pacifiques ». En effet, la Convention autorise le développement, la production et peut-être même le stockage d’agents biologiques pathogènes en quantités limitées si ces derniers sont liés à la production de moyens de défense tels que les vaccins, les thérapies ou des vêtements de protection spéciaux. De même, la recherche est admise de facto, puisque la Convention n’y fait pas référence. De plus, la CAB a été rédigée avant que l’ingénierie génétique ne soit parvenue au rang de science de la vie, elle n’a donc pas pris en compte cette connaissance qui permet de mettre au point un outil de guerre offensive.

Ce n’est pas la première fois que l’armée américaine est soupçonnée d’externaliser hors de son sol une grande partie du travail dans le cadre du programme militaire à des entreprises privées afin de contourner les traités.

Si les soupçons de travaux de guerre bactériologique en Ukraine se confirment, les services de renseignement russes ne pouvaient ignorer le risque qu’ils représentent et il devenait urgent pour la Russie de se prémunir des visées agressives de l’Otan à son encontre qu’elles soient conventionnelles, nucléaires ou bactériologiques...

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