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Covid-19 : l’essai Discovery est un fiasco

lundi 11 mai 2020

L’essai clinique Discovery englué faute de coopération européenne

Auditionnée par le Sénat mercredi, la responsable de cette étude, visant à comparer l’efficacité de plusieurs traitements contre le Covid-19 sur 3 200 patients européens, a confirmé qu’un seul cas (un patient luxembourgeois a été ajouté aux 740 malades français enrôlés) hors de France avait, à ce stade, été inclus.
Florence Ader confirme que l’essai s’est enlisé même si « aucun pays ne s’est formellement retiré des discussions ».
Le professeur Raoult attend de pied ferme les futurs résultats de SOLIDARITY pilotés par l’OMS et DISCOVERY par l’INSERM.
La vidéo de Florence Ader, assez difficile à comprendre, illustre la méthodologie de l’OMS et de l’Europe, deux mastodontes incapables de réagir comme le fit Didier Raoult. Cette lenteur est inappropriée pour éradiquer une pandémie, et si les autres pays ne veulent pas participer c’est que cet essai n’apportera rien. Toutes les études confirment que la chloroquine est bien le meilleur traitement à ce jour pour lutter contre le Covid-19.

Coronavirus : l’essai Discovery est un fiasco européen, ses résultats sont incertains

Lenteurs pour enrôler des patients, coopération européenne qui patine... L’essai Discovery, qui impliquent des hôpitaux nordistes, destiné à trouver un traitement efficace contre le Covid-19 ne livrera probablement pas de conclusions avant plusieurs semaines, en dépit du calendrier plus optimiste évoqué lundi par le président français Emmanuel Macron.

Cet essai clinique coordonné par l’Inserm (l’organisme public français de recherche médicale) pour tester quatre traitements, dont la controversée hydroxychloroquine, suscite de fortes attentes. Quand l’essai démarre, le 22 mars, les premières réponses sont espérées en quelques semaines. Puis la Pr Florence Ader, qui pilote l’étude, prévient qu’il faudra attendre « au moins la fin » avril pour les « premières tendances ». Mais rien ne sort. Et lundi, le président Macron annonce « des résultats le 14 mai » pour Discovery, évoquant « une étape importante » même s’il reconnaît que pour l’heure « on n’a rien de concluant ».

Un comité indépendant doit se réunir lundi pour analyser les données recueillies et dire si un « signal d’efficacité » se dégage pour l’un des traitements testés. Mais « la probabilité » que rien n’émerge encore et qu’il recommande simplement de poursuivre les inclusions de nouveaux patients « est la plus importante », estime le Pr Yazdan Yazdanpanah, patron du consortium de recherche REACTing qui chapeaute Discovery. En cause, le trop faible nombre de patients enrôlés actuellement pour conclure : 740, alors que ses organisateurs tablaient sur 3 200.

« Au moins 600 patients par » traitement testé

Les méthodologistes de l’essai Discovery ont ainsi calculé qu’« il faudrait au moins 600 patients par bras », c’est-à-dire par traitement testé : l’antiviral remdesivir, l’association lopinavir/ritonavir (Kaletra), ces anti-rétroviraux combinés avec l’interferon beta, l’hydroxychloroquine, dérivé de l’antipaludéen chloroquine. Plus un cinquième groupe de patients recevant des « soins standards », référence pour évaluer le bénéfice des autres traitements.

Un « échec » de l’Europe de la recherche

Pour atteindre cette taille critique, il devient urgent que d’autres pays européens incluent des patients. Initialement, au moins sept pays dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique avaient annoncé leur participation. Mais pour l’instant, seul un patient a été inclus hors de France, au Luxembourg. « Aucun pays ne s’en est retiré mais les échanges avec les partenaires européens sont longs notamment pour des questions d’harmonisation réglementaire qui sont incontournables », a indiqué l’Inserm.

« Ça ne veut pas dire que ça n’avance pas, mais ça avance lentement », a pour sa part indiqué le Pr Yazdanpanah, qui avait déploré la semaine dernière ces blocages dans Le Monde en y voyant un « échec » de l’Europe de la recherche.

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