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Le Nigeria réclame 7 milliards de dollars à Pfizer pour des tests « illégaux » sur des enfants

mardi 3 août 2021

Cet article date de plus de 14 ans

Le gouvernement poursuit le plus grand fabricant de médicaments au monde pour avoir prétendument mené des essais illégaux d’un médicament contre la méningite qui a tué ou handicapé des enfants.

Le gouvernement nigérian poursuit le plus grand fabricant de médicaments du monde, Pfizer, pour avoir prétendument mené des essais illégaux d’un médicament contre la méningite qui a tué ou handicapé des enfants.

Le Nigeria réclame 7 milliards de dollars de dommages et intérêts à la société américaine pour les familles des enfants qui, selon lui, sont morts ou ont souffert d’effets secondaires graves lorsque l’antibiotique Trovan a été administré dans l’État de Kano, dans le nord du pays, lors d’une épidémie de méningite en 1996. Le gouvernement de l’État de Kano a également engagé des poursuites civiles et pénales contre Pfizer.

Les autorités nigérianes affirment que 200 enfants ont participé à l’expérience Trovan sans l’approbation des autorités réglementaires locales. Elles affirment que 11 enfants sont morts des suites du traitement et que d’autres ont développé des pathologies telles que des lésions cérébrales et des paralysies.

Le Trovan a été approuvé aux États-Unis en 1997 pour les adultes, mais pas pour les enfants. Deux ans plus tard, la Food and Drug Administration a averti que le médicament pouvait provoquer des lésions hépatiques et son utilisation a depuis été abandonnée.

Dans les documents judiciaires déposés hier à Abuja, le gouvernement accuse Pfizer de mener des tests illégaux sur des enfants.

« Le plaignant affirme que le défendeur n’a jamais obtenu l’approbation des organismes de réglementation compétents... et qu’il n’a jamais demandé ou reçu l’autorisation de mener un quelconque essai clinique avant sa conduite illégale », peut-on lire.

Un porte-parole de Pfizer à New York, Bryant Haskins, a déclaré dans un communiqué que le médicament avait été administré conformément à la loi nigériane.

« Ces accusations contre Pfizer, qui ne sont pas nouvelles, sont très incendiaires et ne reposent pas sur tous les faits. Nous continuons à affirmer, avec la plus grande fermeté, que le gouvernement nigérian a été pleinement informé à l’avance de l’essai clinique ; que l’essai a été mené de manière appropriée, éthique et dans l’intérêt des patients ; et qu’il a contribué à sauver des vies », a-t-il ajouté.

Pfizer a déjà déclaré qu’il avait obtenu le « consentement verbal » des parents des enfants concernés et que les médicaments avaient été administrés d’une manière « saine d’un point de vue médical, scientifique, réglementaire et éthique ».

Il y a deux ans, un tribunal américain a rejeté un procès intenté par plusieurs familles nigérianes qui affirmaient ne pas avoir été suffisamment averties que leurs enfants pouvaient être affectés par l’antibiotique.

Un procès civil et pénal intenté par le gouvernement de l’État de Kano contre Pfizer a été reporté hier au mois prochain. Il réclame 2 milliards de dollars de dommages et intérêts.

Le gouvernement nigérian cherche à obtenir une compensation pour le coût du traitement des victimes du test de dépistage et de leurs familles. Il demande également 450 millions de dollars pour ce qu’il considère comme la suspicion à l’égard des médicaments occidentaux suscitée par cette affaire.

Le gouvernement nigérian cherche à obtenir une compensation pour le coût du traitement des victimes du test de dépistage et de leurs familles. Il demande également 450 millions de dollars pour ce qu’il considère comme la suspicion à l’égard des médicaments occidentaux suscitée par cette affaire.

Selon les autorités sanitaires du pays, la polémique concernant Pfizer est en partie responsable du refus de nombreuses familles du nord du Nigeria de faire vacciner leurs enfants contre la polio. Ce refus est à son tour à l’origine d’une épidémie qui s’est propagée dans plusieurs régions d’Afrique. Les autorités de Kano ont également refusé de distribuer le vaccin contre la polio.
Source

Le Nigeria porte plainte contre le géant pharmaceutique américain Pfizer

La firme américaine Pfizer est accusée d’avoir réalisé en 1996 des essais thérapeutiques dans l’Etat de Kano, sans avoir obtenu les accords nécessaires des autorités régulatrices du Nigeria. Plusieurs enfants seraient décédés. Le Nigeria demande plusieurs milliards de dollars de réparation.
Publié le 05 juin 2007

Le gouvernement nigérian a porté plainte, lundi 4 juin, contre le groupe pharmaceutique américain Pfizer et réclame 7 milliards de dollars (5,2 milliards d’euros) de dommages pour des essais d’un médicament responsable de la mort de nombreux enfants, a-t-on appris de sources judiciaires.

Le groupe pharmaceutique américain Pfizer est accusé d’avoir réalisé en 1996, sous le couvert d’une action humanitaire dans le cadre d’une épidémie de méningite et de rougeole, des essais d’un médicament, le Trovan Floxacin, dans l’Etat de Kano, le plus grand de la fédération nigériane, et ce sans avoir obtenu les accords nécessaires des autorités régulatrices du pays.

LA MORT DE 11 ENFANTS

Dans la plainte déposée auprès de la Cour suprême fédérale du Nigeria, le gouvernement indique que 200 enfants qui ont pris les médicaments de Pfizer ont ensuite souffert de diverses affections, notamment de surdité, de paralysie, de troubles de la parole, de lésions cérébrales ou de cécité. Onze enfants seraient décédés, selon le procureur.

Selon la plainte, « aux environs du mois d’avril 1996, une épidémie de méningite bactérienne, de rougeole et de choléra avait sévi dans le nord du Nigeria, particulièrement dans l’Etat de Kano, et certains patients recevaient des soins à l’Hôpital des maladies infectieuses (IDH) grâce aux efforts conjoints du gouvernement fédéral du Nigeria et du gouvernement de l’Etat de Kano ».

« Au milieu de l’épidémie, Pfizer a imaginé un arrangement lui permettant de déformer et de cacher ses intentions premières sous couvert de participer aux soins des victimes de l’épidémie. (...) Pfizer n’a jamais révélé qu’il avait eu l’intention de faire des expérimentations sur des victimes vulnérables ou de mener de quelconques essais cliniques, sans les approbations nécessaires des agences régulatrices du Nigeria, mais il a prétendu venir apporter une aide humanitaire. »

DOUBLE ACTION JUDICIAIRE

Les autorités de Kano ont intenté, en mai, un procès semblable à Pfizer devant la Haute Cour de l’Etat, réclamant 2,75 milliards de dollars (2,03 milliards d’euros) d’indemnités à la société pharmaceutique pour avoir « secrètement utilisé des enfants comme cobayes dans les tests d’un médicament sous le prétexte d’apporter une aide humanitaire ». Le procureur général de l’Etat de Kano, Aliyu Umar, a demandé au tribunal de retenir contre le laboratoire 29 chefs d’accusation dont « comportement antiéthique, comportement délictueux, complot, dissimulation et mort de victimes innocentes ».
Un tribunal fédéral de Manhattan a rejeté en 2001 une poursuite engagée contre Pfizer par des Nigérians handicapés qui disaient avoir participé à l’étude, mais les plaignants ont fait appel. Les autorités de l’Etat de Kano estiment que l’affaire Pfizer attise la méfiance d’une bonne partie de l’opinion publique à l’encontre des programmes de santé du gouvernement, notamment la campagne de vaccination des enfants contre la poliomyélite, qui rencontre une forte résistance dans le nord du pays.

Les dirigeants musulmans de l’Etat de Kano à grande majorité musulmane ont présenté l’affaire Pfizer comme la preuve d’une conspiration menée par les Etats-Unis. Des rumeurs selon lesquelles le vaccin contre la poliomyélite sert à inoculer le virus du sida ou rendre infertile accompagnent le boycott de la campagne publique dans le Kano et un autre Etat à majorité musulmane, celui de Zamfara. Les programmes de vaccination ont repris au Nigeria en 2004 après un boycott de onze mois, mais l’éradication de la poliomyélite en a été retardée et une épidémie a gagné toute l’Afrique et le Moyen-Orient.

Le Monde avec AFP et AP

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