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Coronavirus : révélateur de l’incompétence stratégique française

lundi 16 mars 2020

C’est historique !
Jamais en temps de paix le peuple français n’avait été confiné à résidence.
Vu la propagation de l’épidémie de Coronavirus, Emmanuel et Brigitte Macron sont allés au théâtre pour inciter les Français à sortir et finalement les prier d’aller voter ce dimanche. Comme si les élections étaient un enjeu prioritaire pour conjurer la menace de défaite du parti LREM. 
La vrai menace est bel et bien le manque de vision stratégique qui règne dans ce pays depuis plusieurs années.
Ce dimanche, on a pu constater que les règles de sécurité n’étaient pas respectées dans les mairies. Le personnel des conseils municipaux n’avait pas été ravitaillé en masque de protection, et les distances de sécurité ignorées. Tous étaient étonnés de la décision du premier ministre de fermer tous les lieux publics « non indispensables ». C’était comme si la France était intouchable.
Ce laxisme est imputable aux experts médiatiques qui chaque jour distillent leur propre vision tout en ignorant la dangerosité d’un tel virus.
Notre ministre de la santé Madame Buzin tout comme notre docteur national Michel Cymes et la porte parole du gouvernement ont menti aux français :

« Non, je ne suis absolument pas inquiet, c’est un virus de plus, c’est une forme de grippe... M Cymes »
Michel Cymes déplore des comportements « irresponsables » : « Le virus est un ennemi invisible donc les Français n’ont pas conscience du danger qu’il représente. »

Coronavirus : pour @jmaphatie, en minimisant l’épidémie, les médecins « nous ont amenés dans le mur. »

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances : « C’est le moment de faire des bonnes affaires en bourse » #LaMatinale

Agnès Buzyn le 24 janvier :
« Le risque d’importation depuis Wuhan est quasi nul, le risque de propagation du coronavirus dans la population est très faible »

A force de subir la corruption et le copinage et de récompenser les idiots utiles et les fainéants, ce pays est tout simplement en train d’abandonner les français.
De plus, le modèle de la mondialisation et de la Chine comme usine du monde a montré ses limites et si cela doit coûter des vies que cela serve d’exemple pour changer et revenir à la vraie fonction d’un Etat : assurer et garantir la protection du peuple.

Si un virus planétaire sert de révélateur sur la solidité de nos institutions et de la stratégie de nos gouvernants il est crucial de reconsidérer les actions de l’exécutif et du législatif.

Le problème des masques de protection.

La pénurie de masque pour combattre le coronavirus est le premier exemple.
Macron n’a pas anticipé de commander à l’avance malgré le risque d’épidémie. Il n’avait pas l’argent magique pour l’hôpital, et avait entériné plus de 20 000 suppressions de postes dans la fonction publique. Nous exportions nos masques en chine sans avoir pris le soin d’aider les entreprises à recruter du personnel et réaliser des stocks d’avance pour notre pays qui serait malgré tout victime du virus.
« Cette crise aura un impact fort sur les décideurs, confie N. Brillat. Ils devront changer de stratégie et diversifier leurs sources d’approvisionnement. » Nicolas Brillat directeur d’exploitation de Valmy, fabricant d’équipements de protection individuelle
L’entreprise Valmy-Deltalyo a été en redressement judiciaire en 2005 avec une décision assortie d’une période d’observation de six mois.

La Chine et Taïwan fournissent actuellement « plus de 80% du marché mondial » en masque de protection à usage médical. Quand le virus est apparu en Chine les fabricants ont arrêté leurs exportations et dédié la production de masques pour leur pays. Si la Chine fabrique tous nos produits de première nécessité médicale il est sur que nous ne sommes pas en mesure de protéger les français. Pour cela il fallait temporiser et créer l’illusion que le virus, comme le nuage toxique de Tchernobyl s’arrêterait à la frontière.
Pendant ce temps c’est la communication qui a géré la crise et exposé les français à un risque mortel. « Le port de ce type de masques par la population non malade ne se justifie pas », a ainsi rappelé, à de nombreuses reprises, la ministre de la Santé M Buzin.
Nous réquisitionnons tous les stocks et la production de masques de protection. Nous les distribuerons aux professionnels de santé et aux Français atteints par le Coronavirus.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 3, 2020

Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Jean-Paul Ortiz explique pourquoi il est préférable de fournir des masques filtrants FFP2 aux médecins généralistes : “le masque chirurgical arrête seulement les gouttelettes lorsqu’un patient tousse. Mais il est loin de nous protéger totalement et d’éviter la dispersion”. Le fait de réserver les FFP2 uniquement aux centres hospitaliers pose d’autant plus question que ces masques ont équipé les médecins généralistes pendant l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. “Leur avantage, c’est qu’ils ont une forme en bec de canard qui couvre mieux le visage. Ils sont aussi filtrants et protègent donc mieux les praticiens face aux projections qu’ils reçoivent”.
Les masques filtrants FFP2 sont importés de Chine et les usines chinoises sont à l’arrêt.
Ce n’est pas en phase épidémique qu’il faut réagir mais avant, mais quand l’appareil industriel de ce pays est fichu, seule une crise peut révéler l’incompétence du pouvoir.

Les médicaments

l’Académie de pharmacie est en colère, la France est dépendante de l’industrie pharmaceutique chinoise et indienne. Ces deux pays produisent 60 à 80% des principes actifs pour les traitements des antibiotiques des anticancéreux et des vaccins. La France a perdu sa souveraineté en matière de médicaments et subit régulièrement des pénuries de médicaments. En Europe 86% des hôpitaux sont concernés par cette pénurie d’anti-infectieux, anticancéreux et des médicaments d’urgence-réanimation.
La Chine avec 1,4 milliard d’habitants, est devenu le deuxième marché le plus important de la planète et compte régner sur le marché pharmaceutique. Avec un chiffre d’affaire de 1000 milliards de dollars et le plan « Made in China 2025 », Pekin veut exporter les médicaments pour le monde entier.
Cette incroyable situation pose la question de savoir comment nos leaders internationaux se sont fait dépasser à savoir que l’occident dispose des principaux laboratoires : Novartis (Suisse), Pfizer (États-Unis), Johnson & Johnson (États-Unis), Sanofi (France), Roche (Suisse), Merck & Co (États-Unis), GlaxoSmithKline (Royaume-Uni), Abbvie (États-Unis), Gilead Sciences (États-Unis) et Lilly (États-Unis).
Le constat est cruel et montre que nous n’investissons plus dans nos secteurs stratégiques. Les groupes pharmaceutiques ignorent le potentiel chinois. Nos stratèges ferment les yeux sur la croissance accélérée de la Chine depuis maintenant plus de vingt ans et son appartenance à l’OMC Organisation Mondiale du Commerce.

Olivier Charmeil, vice-président exécutif de Sanofi, explique : « la Chine est ainsi devenue notre deuxième marché mondial le plus important après la France. À titre comparatif, dans les années 90, nous enregistrions un chiffre d’affaires de 13 millions de dollars sur ce marché, en 2017, il s’élevait à 2,3 milliards (…) Nous avions 169 personnes sur place et, en 2018, nous en avions 9 000. »
« Ce que nous perdons sur le prix, nous le récupérons sur le volume car nous touchons beaucoup plus de patients »

Le marché pharmaceutique « low-cost »

La Chine a tout d’abord commencé son essor dans le marché pharmaceutique par la sous traitance pour devenir fabricant de médicaments génériques.
Au commencement les chinois sont venus se former dans les pays occidentaux et créer des entreprises avec un gain estimé à plus de 5% que la croissance du pays. L’enjeu est la démocratisation du marché chinois et de l’accroissement de l’âge de sa population. L’État chinois accorde des subventions et des allègements fiscaux aux nouvelles entreprises du secteur pharmaceutique avec moins de contraintes administratives et moins de restrictions budgétaires.

La promotion des médicaments génériques par les pouvoirs publics depuis la fin des années 1990 avait pour but de réduire le déficit de la Sécurité sociale.
Ces fameuses coupes budgétaires considèrent le malade comme une valeur action.
La rentabilité imposée implique que ce ne soit pas la médecine qui gère la sécu mais bel et bien Berçy.
Combien de morts faudra-t-il pour repenser notre couverture sociale ?
La simplification du médicament avec une économie du low cost dans un marché très régulé et historiquement protégé ne peut plus tenir.
Pour exemple Sanofi a requalifié les CDI des salarié en CDD, les contrats précaires représentent presque 20% des effectifs.
La relation entre la précarité des salariés et la qualité de production est révélatrice de la tendance du marché. La politique de santé publique n’y échappe pas, elle aussi doit précariser ses services. Si l’on regarde les chiffres des engagements de paiement du gouvernement ils sont de l’ordre de 4500 milliards pour un budget de l’etat de 550 milliards. Ces coupes budgétaires sont faites pour « coller » aux objectifs de Bruxelles.
La promotion des médicaments génériques avec la substitution aux produits brevetés passe par un déremboursement des médicaments habituellement prescrits par les médecins. Sans l’aide des pouvoirs publics les industriels n’auraient jamais pu optimiser la production de médicaments. On parle d’efficacité thérapeutique au détriment de la qualité avec une simplification des couts sans avoir à payer des brevets. La santé vient de passer un cap où le malade est un profit et non une obligation de santé. La fameuse phrase de Macron et son argent magique qu’il n’a pas cache son incompétence stratégique et n’est rien d’autre qu’un bonimenteur.

Le malade opposé à cette politique a sa vie entre les mains des industriels et non des médecins. Cette low costisation Macronienne Hollandaise Sarkozyste et Chiraquienne impose la financiarisation de la santé comme un produit vulgaire et rentable. L’optimisation économique coute bien plus cher en cas de crise. Et c’est à coup de milliards que nous allons payer la note et à combien de morts nous allons moraliser ce pays qui n’en est plus un.

La Rédaction Geopolintel.

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