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Des robots dans les hôtels japonais

dimanche 15 septembre 2019

Les robots rêvent-ils de lettres de licenciement électroniques ? L’hôtel japonais Henn na Hotel, entré dans le livre des records pour son personnel entièrement robotique, a décidé de se séparer d’une grande partie de ses machines devant leurs performances peu satisfaisantes, rapporte le Wall Street Journal. L’établissement au sein du parc à thème Huis Ten Bosch à Sasebo, près de Nagasaki (sud-ouest du Japon), aurait déjà remercié plus de la moitié de ses 243 robots, accusés de donner plus de travail à leurs collègues humains qu’ils n’en épargnaient.

20 MINUTES

Les robots rêvent-ils de lettres de licenciement électroniques ? L’hôtel japonais Henn na Hotel, entré dans le livre des records pour son personnel entièrement robotique, a décidé de se séparer d’une grande partie de ses machines devant leurs performances peu satisfaisantes, rapporte le Wall Street Journal. L’établissement au sein du parc à thème Huis Ten Bosch à Sasebo, près de Nagasaki (sud-ouest du Japon), aurait déjà remercié plus de la moitié de ses 243 robots, accusés de donner plus de travail à leurs collègues humains qu’ils n’en épargnaient.

L’assistant vocal robotique présent dans les chambres pour contrôler la lumière, donner l’heure ou annoncer la météo a fait partie des premières victimes, incapable de répondre aux questions des clients concernant par exemple les heures d’ouverture du parc. Pire, il était parfois activé en pleine nuit de manière intempestive par les ronflements des clients.

Un robot préposé à l’accueil a aussi fait les frais du plan de dérobotisation, au motif qu’il peinait à renseigner les clients. A côté, un dinosaure chargé de l’enregistrement doit être constamment assisté par ses collègues humains pour photocopier les passeports. Recruté principalement pour « plaire aux enfants », comme l’expliquait en 2015 à 20 Minutes Hideo Sawada, le président de Huis Ten Bosch, il a failli par fatiguer les adultes.
Des porteurs de bagages trop sensibles aux intempéries

La longue liste des robots « à problèmes » inclut aussi les porteurs de bagages, lents et bruyants, qui par ailleurs ne peuvent atteindre qu’une petite partie des chambres, trop sensibles aux intempéries pour rouler à l’extérieur entre les bâtiments.

A force de contredire la devise de l’hôtel selon laquelle « les humains devraient se concentrer sur des tâches que seuls les humains peuvent accomplir », un large éventail de robots a donc bénéficié d’une retraite anticipée. Alors qu’à l’apogée du règne mécanique l’hôtel employait 27 types de robots différents, seuls 15 « espèces » y travaillent encore aujourd’hui, précise le journal Nikkan Kogyo. Au plus grand soulagement de l’espèce humaine, qui devait faire des heures supplémentaires à cause des machines : un employé de chair et d’os cité par WSJ dit sa satisfaction de n’être plus constamment appelé par les clients à cause de problèmes posés par les robots de l’hôtel.
Coup de vieux

Mis en service en juillet 2015 à l’ouverture de l’hôtel, certains robots ont tout simplement été dépassés par l’évolution de la technologie. « Beaucoup de gens changent de smartphone tous les deux ans, alors quatre ans, ça semble vraiment long », constate Takeyoshi Oe, gérant de l’hôtel. A l’heure de Siri et d’Alexa, plutôt très à l’aise dans la conversation avec l’humain, les assistants rudimentaires du Henn na Hotel ont pris un coup de vieux.

La direction privilégie désormais l’utilité des robots sur leur dimension récréative : dans le troisième bâtiment de l’hôtel, ouvert en décembre 2018, les seuls robots recrutés sont ceux dédiés au ménage des lieux. Le Henn na Hotel, qui a bâti sa notoriété sur son personnel entièrement robotique, espère maintenant relever d’autres défis technologiques, comme la transition vers le paiement électronique ou l’auto-suffisance énergétique. Et repenser la place des robots : « A force de les utiliser, constate Hideo Sawada, on s’est aperçus qu’il y a des endroits où ils ne sont pas nécessaires, ou ne font qu’ennuyer les gens ».

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