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Syrie : vers la guerre mondiale

mercredi 12 octobre 2016


Le mandat du président afro-américain Barack Obama s’achève sur un regain d’extrême tension Est-Ouest, l’épicentre du séisme se trouvant en Syrie possible détonateur d’une crise internationale majeure. Le chef d’état-major général des forces armées américaines, Mark Milley, ne vient-il pas de déclarer qu’un « conflit extrêmement meurtrier » avec la Fédération de Russie est aujourd’hui « quasi assuré ». Propos que le Secrétaire à la Défense, Ashton Carter, s’est plu à préciser en rappelant que les États-Unis se réservent le droit d’effectuer une « première frappe nucléaire » contre tout ennemi potentiel.

James Dean et la « course à l’abîme » dans la “Rage de vivre” : la théorie des jeux, le plus fou (ou le plus déterminé) est destiné à l’emporter !

Alep, deuxième ville de Syrie, est actuellement le principal enjeu du conflit

qui ravage la Syrie depuis cinq ans

• Samedi 10 octobre le Conseil de sécurité n’est pas parvenu à s’entendre sur deux projets de résolution pour sauver Alep. Les deux textes concurrents ont été présentés respectivement par la France et l’Espagne et par la Fédération de Russie.

• Le premier de ces deux projets de résolution, défendu par le Ministre français des affaires, M. Jean-Marc Ayrault, demandait à toutes les parties au conflit syrien de « mettre immédiatement fin à tous les bombardements aériens sur Alep et à tous les survols militaires de cette ville ».

Le second projet de résolution proposait quant à lui que la Fédération de Russie et les États-Unis prennent des mesures pour que cessent les hostilités en Syrie mais sans demander spécifiquement un arrêt des bombardements actuels sur la ville d’Alep. Neuf des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont rejeté le texte, dont la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui avaient voté peu avant en faveur d’un texte concurrent présenté par la France.

• Plus tôt dans la journée, le chef d’Etat français, François Hollande, qui fait toujours dans la dentelle a estimé qu’un pays qui mettrait son veto à la résolution de la France sur la Syrie à l’ONU « serait discrédité aux yeux du monde Il serait responsable de la poursuite des exactions » a-t-il déclaré lors d’un déplacement en Corrèze.

• « Face à l’horreur insoutenable du martyre d’Alep », M. Ayrault avait, avant la mise aux voix du texte franco-espagnol, placé les membres du Conseil devant leurs responsabilités, jugeant que « ce qui se déroule sous nos yeux à Alep est la sinistre répétition des tragédies à Guernica, Srebrenica, Grozny ».

• Répétant avec emphase que, « face à l’horreur », le Conseil de sécurité devait exiger une action immédiate pour sauver Alep ; exiger la fin de tous les bombardements par le régime et ses alliés ; exiger que l’aide humanitaire arrive, sans entrave ni condition, à une population qui en a désespérément besoin. • Si nous n’agissons pas déclara le ministre français avec un pathos de mauvais aloi, reprenant le message de l’Envoyé spécial des Nations Unies, M. Staffan de Mistura, hier au Conseil de sécurité, cette ville ne sera bientôt plus qu’un champ de ruines et restera dans l’histoire comme une ville et ses habitants abandonnés à leurs bourreaux.

• Le représentant de la Fédération de Russie M. Vitaly Churkin a dénoncé l’inanité de l’idée d’interdire de vols au-dessus d’Alep-Est, « une zone tenue par les militants ». « Cette interdiction frapperait-elle aussi le vol de drones de renseignement qui suivent les combattants ? Le texte ne le dit pas »

• « Pourquoi en outre cibler la partie occidentale de la ville, contrôlée par le Gouvernement syrien ? C’est plus pratique, dit-on ! ». « Cette résolution est une tentative de détruire l’architecture de négociation existante ». Et d’instaurer une zone d’interdiction de vol qui ne dit pas son nom sur l’un des principaux champs de bataille du conflit.

• Après avoir annoncé que, contre le projet de résolution franco-espagnol, son pays userait pour la cinquième fois de son droit de veto depuis le début de la crise syrienne en 2011, M. Churkin a présenté la résolution concurrente rédigée par la Fédération de Russie. Il a indiqué que celle-ci tablait sur des efforts conjoints et l’entente de la Russie et les États-Unis, qu’elle confirmait la pertinence du régime de contrôle prévu par le Groupe international de soutien pour la Syrie, et, enfin, qu’elle tenait compte de l’initiative de M. de Mistura d’exfiltrer les terroristes opposés au régime présents à Alep-Est.

• « Notre résolution sera rejetée pour des motifs antirusses et par manque de courage » assurant qu’en dépit de ce rejet, la Russie continuera à agir dans l’intérêt de tous les acteurs régionaux.

• Après le rejet attendu par neuf délégations, les représentants du Royaume-Uni et les États-Unis ont eu les mots les plus durs contre la Fédération de Russie. S’adressant directement à M. Churkin, M. Matthew Rycroft a parlé, au sujet de l’initiative russe, de « tentative cynique pour détourner l’attention internationale de votre propre veto ». De son côté, M. David Pressman a fustigé un projet de résolution « visant à faire avaliser par le Conseil de sécurité ce que la Russie et le régime syrien font en Syrie ».

• Plusieurs délégations ont quitté la salle au moment où le représentant de la Syrie prenait la parole. Ironique M. Ja’afari a remercié ces ambassadeurs de laisser temporairement à son pays un siège de membre du Conseil de sécurité.

• Après avoir longuement défendu l’action politique et militaire du Gouvernement syrien, il a exhorté les États Membres à lire les quelques 500 lettres adressées par celui-ci depuis le début de la crise, en particulier, a-t-il dit, « celles sur l’utilisation d’armes chimiques par des terroristes ».

• Le représentant des États-Unis David Pressman, a rappelé qu’hier l’Envoyé spécial des Nations Unies, M. Staffan Di Mistura, avait procédé à une description terrible du désastre à Alep. Il avait imploré le Conseil à faire cesser le carnage. Le projet de résolution qui a fait l’objet d’un veto de la Fédération de Russie n’avait qu’un objectif : celui de faire cesser les bombardements aériens.

• Ces attaques russes et syriennes ont systématiquement détruit toutes les infrastructures qui tenaient encore : hôpitaux, ambulances, des familles entières sous les ruines et un déluge de bombes. L’Envoyé spécial a prévenu qu’Alep risquait d’être entièrement détruite d’ici à la fin de l’année.

• Le veto de la Russie cherche à renforcer Bashar Al-Assad au détriment de 75 000 civils [la presse évoque régulièrement 250 000 personnes prises au piège des ruines d’Alep Est].

• Il a regretté que le Conseil n’ait pas tiré des enseignements du passé à cause d’un seul de ses membres qui participe à la destruction. « C’est grotesque », a-t-il commenté. « Ils vont tout faire pour déformer la vérité, mais, en fait, la Russie aide tout bonnement le régime Al-Assad à reprendre la ville d’Alep, et ce, à n’importe quel prix ».

Il a demandé pourquoi les principales cibles étaient les hôpitaux, ajoutant qu’il s’agissait tout simplement de « crimes de guerre ». La Russie ne peut utiliser comme prétexte la présence de quelques centaines de membres d’El-Nosra pour effacer toute une ville.

En réalité, par ses tactiques de voyous, la Russie ne fait qu’encourager le régime syrien. Les États-Unis restent pour leur part engagés et tentent depuis des mois, avec la Russie, de lancer une campagne visant des cibles terroristes comme El-Nosra, tout en permettant l’acheminement de l’assistance humanitaire. Hélas, a-t-il poursuivi, la Russie a fait la sourde oreille.

Avec le régime syrien, la Russie a lancé des bombes incendiaires qui ne font qu’aggraver les souffrances, en visant des médecins qui cherchent à sauver des vies dans des structures souterraines, a-t-il affirmé, en appelant à mettre fin aux souffrances épouvantables du peuple syrien.

• Guernica ! Quand l’Armée gouvernementale lutte pour la libération de son territoire, elle commet des “crimes de guerre”, quand les É-U écrasent un pays sous des tapis de bombes, c’est la démocratie en marche.

Le Monde : les mêmes groupes terroristes, qui égorgent Chrétiens, Alaouites, Kurdes, Druzes, Sunnites loyalistes et autres en Syrie depuis plus de quatre ans, « défendent » Alep. C’est une nouvelle ! Remarquons au passage, que si chasseurs et drones de la Coalition américaine mènent des « frappes », le plus souvent « chirurgicales » et « ciblées » comme ce fût le cas dernièrement sur l’aéroport de Deir ez-Zor, tuant plus de 82 soldats syriens quelques heures seulement après la signature du cessez-le-feu, les avions russes et syriens – quant à eux – bombardent avec une cruauté sadique de façon indifférenciée et sans limites… comme l’aviation alliée le fît sur les villes et villages de Normandie en 1944, puis sur Dresde et d’autres villes allemandes dénuées de tout intérêt stratégique !

Le Monde « Alep-Est, le fief des insurgés (…) peuplé de 250 000 habitants ». Les experts militaires occidentaux les plus sérieux estiment le nombre des « insurgés » des quartiers Est de la ville à environ… 15 000 [900 selon d’autres sources crédibles]. Les mêmes sources confirment que les civils sur place n’excèdent pas le nombre de 20 000 et se composent de deux catégories : ceux qui se sont ralliés aux jihadistes et ceux qui sont retenus contre leur volonté afin de servir de boucliers humains aux vaillants « insurgés ». Lorsque 49 d’entre eux ont voulu dernièrement emprunter les couloirs humanitaires ouverts par l’armée syrienne, ces

derniers ont été froidement exécutés par les mêmes « insurgés ». Pour nombre de ces « civils », affirme un officier supérieur d’un service européen de renseignement, « il serait plus juste de parler d’otages… ».

• Vladimir Poutine est attendu à Paris le 19 octobre pour l’inauguration d’une cathédrale orthodoxe quai Branly, le grotesque M. Hollande ne sait pas encore s’il rencontrera son homologue russe.

• Diplomatie du caniveau - Si le président français François Hollande se décide à recevoir reçoit son homologue russe le 19 octobre à Paris, ce sera pour dire des « vérités » a déclaré ce lundi 10 oct16 le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

• « Si le président de la République décide que le président russe vient, ça ne sera pas pour des mondanités, ce sera pour dire des vérités, pour sortir de ce qui est en train de se passer là-bas (en Syrie) et pour faire prendre conscience à la Russie qu’elle est en train de s’engager sur une route dangereuse » sur France Inter. On tremble, c’est pitoyable !

• Ce 10 oct 2016, le président russe est arrivé lundi à Istamboul pour y rencontrer son homologue turc Recep Tayyip Erdogan en marge du Congrès mondial de l’Energie et sceller leur rapprochement en dépit de désaccords persistants sur la Syrie.

• Leur entretien lundi sera le troisième depuis que Moscou et Ankara ont décidé fin juin de normaliser leurs relations, mais le premier en Turquie.

• L’armée russe va transformer ses installations portuaires à Tartous, dans le nord-ouest de la Syrie, « base navale russe permanente », a annoncé lundi le vice-ministre russe de la Défense Nikolaï Pankov. « Nous aurons de manière permanente une base navale militaire à Tartous ». La Russie disposait déjà depuis fin aout 2015 d’une base aérienne à Hmeimim, près de Lattaquié.

• 10 oct 2016 Régime syrien et rebelles s’affrontent violemment à Alep après l’échec d’une nouvelle tentative diplomatique pour apaiser les souffrances de la population, Moscou ayant bloqué à l’ONU un texte français sur l’arrêt des bombardements.

• Au cours du deuxième débat présidentiel américain, la candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, a dénoncé dimanche soir le rôle de la Russie en Syrie. L’ex secrétaire d’Etat du président Barack Obama a affirmé qu’elle « soutient les efforts » pour mener l’enquête pour crimes de guerre commis par les Syriens et les Russes et « leur faire rendre des comptes ».

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