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Le pétrodollar, l’OTAN et Bielderberg en grand danger

vendredi 17 avril 2026

Le groupe Bilderberg s’est réuni à Washington ce mois d’avril sans la présence du président Donald Trump.
Le secrétaire général de l’OTAN, M. Mark Rutte, était à Washington du 7 au 12 avril 2026 pour rencontrer Donald Trump et assister à la réunion du groupe Bilderberg.

Au cours des semaines qui ont précédé la réunion, Donald Trump a une nouvelle fois menacé de retirer les États-Unis de l’OTAN, invoquant le fait que plusieurs alliés européens avaient refusé de participer à la guerre contre l’Iran.

Mark Rutte a donné une interview à CNN qui lui a demandé si des pays de l’OTAN avaient effectivement failli : « Quelques-uns, oui, mais une large majorité de pays européens, et c’est ce dont nous avons discuté aujourd’hui, ont fait ce qu’ils avaient promis ».

OTAN Bilderberg

Questionné pour savoir si le monde était plus sûr aujourd’hui qu’avant le début de la guerre, Mark Rutte a répondu : « Absolument, parce que – et cela grâce au leadership du président Trump – il est très, très important de dégrader [les] capacités » militaires de l’Iran.

Si le groupe Bilderberg déteste Trump, ce n’est pas la première fois que cela arrive. En 2017, Trump a été accusé d’avoir manipulé les élections de 2016 avec l’aide de la Russie. Bilderberg et l’OTAN étaient les acteurs de cette manipulation avec l’aide d’un agent du MI6 de Londres aux ordres des Rothschild, qui n’ont pas pu intervenir pour faire élire leur amie Hillary Clinton.

Au cœur du conflit se trouve la question de ce qu’est réellement l’OTAN.

Trump attend un soutien politique et militaire — même pour les conflits dans lesquels les États-Unis choisissent eux-mêmes de s’engager. Mais lorsque plusieurs pays européens ont refusé de soutenir une initiative américaine dans le détroit d’Ormuz, l’une des artères pétrolières les plus importantes au monde, Trump y a vu un manque de loyauté.

Pour Donald Trump, l’hostilité envers l’OTAN n’est ni nouvelle ni passagère : elle trouve ses racines dans ses critiques des alliances américaines dès les années 1980 et s’est concrétisée au cours de son premier mandat présidentiel.

Le Groupe Bilderberg a tenu sa réunion annuelle du 9 au 12 avril, sans compte-rendu, sans communiqué de presse ni interview accordée aux médias et sans la présence de Donald Trump.

Cette rencontre a porté sur les enjeux de l’intelligence artificielle, la guerre moderne et les cryptomonnaies. Les participants se sont concentrés sur « l’avenir de l’IA et de la guerre moderne jusqu’aux cryptomonnaies », plaçant ces technologies au cœur de la planification mondiale. Ce sont ces outils qui redéfinissent le fonctionnement des économies et la manière dont les conflits sont menés.

L’alignement militaire a également occupé le devant de la scène. Un point à l’ordre du jour, les « relations transatlantiques entre la défense et l’industrie », souligne l’urgence entourant les tensions au sein de l’OTAN et la coopération occidentale.

Des dirigeants du monde de la technologie et des grandes entreprises, tels qu’Alex Karp, Daniel Ek et Eric Schmidt, étaient présents. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, est arrivé alors que l’alliance traverse une période de tensions. Du côté américain, des personnalités telles que Doug Burgum et Robert Lighthizer ont pris part aux discussions. Les services de renseignement étaient également représentés par Blaise Metreweli.

Le champ de bataille de demain a constitué un autre thème majeur. Eric Schmidt a déclaré que « les guerres futures seront définies par les armes sans pilote », soulignant une évolution vers des systèmes pilotés par l’IA et des conflits autonomes. Des chefs militaires et des dirigeants du secteur des technologies de défense étaient présents pour faire avancer ce débat.

Les points chauds mondiaux ont occupé une place importante dans l’ordre du jour, notamment la Chine, la Russie, l’Ukraine et le Moyen-Orient, ainsi que les préoccupations énergétiques et commerciales qui continuent de redéfinir les alliances.

La naissance du pétrodollar

En relisant l’histoire jusqu’en 1969, l’économie américaine était moribonde et entrait de nouveau en récession.
En 1970, les taux d’intérêts américains avaient été brutalement abaissés. Les capitaux spéculatifs fuyaient le dollar pour aller en Europe en quête de rentabilité. L’évasion nette de capitaux fut d’un montant de 6,5 milliards de dollars. Les détenteurs de dollars à l’étranger, exigeaient l’équivalent en or et les réserves d’or américaines ne représentaient plus qu’un quart de la réserve de sécurité de la monnaie américaine.
Nixon dévalua le dollar et affirma que les Etats Unis n’échangeraient plus le dollar papier avec de l’or.

En 1973, la valeur du dollar chuta plus durement et sa dévaluation avec la fuite des capitaux entraîna un baisse de 40% face au mark allemand.
Devant ce désastre financier, Henry Kissinger eu l’idée de prendre le contrôle des économies du monde entier.
Les architectes de la stratégie de la riposte américaine sont venus tout droit de la City de Londres avec de célèbres banquiers comme Siegmund Warburg, Edmond de Rothschild et Jocelyn Hambro. La dissolution de l’étalon or de Bretton Woods était actée et représentait une opportunité qu’aucun banquier véreux ne voulait manquer.

En mai 1973, un groupe de personnalités de la finance et de la politique se sont réunis en secret à Saltsjöbaden en Suède. C’était une réunion du club secret Bilderberg qui planifiait le pétrodollar et les actions à mener pour relever la valeur de la monnaie américaine. Pour que le plan se passe sans accroc, une augmentation de 400% des revenus pétroliers devenait nécessaire pour convaincre les pays de l’OPEP.

C’était le premier choc mondialiste pour placer les Etats Unis et le dollar au sommet de la hiérarchie de l’économie mondiale.

La guerre du Kipour a été secrètement orchestrée six mois auparavant par Washington, Londres et le réseau diplomatique secret d’Henry Kissinger. Cette guerre devait conduire à un affrontement entre juifs et musulmans pour déstabiliser la région et décider de procéder à un embargo pour punir Londres et Washington qui armaient l’état d’Israël.

Le soutien américain envers Israël a poussé les pays de l’OPEP à décréter un embargo aux États-Unis et aux Pays-Bas, qui armaient Israël. Les pays arabes ont contribué à faire baisser la production tout en augmentant le prix du baril passant de 3,01 à 5,11 dollars soit une augmentation de 70%.
Les pays de l’OPEP ont plongé le monde dans la panique avec des files d’attentes aux stations services et des pénuries qui déstabilisaient tout un pan de l’économie mondiale. Ce chaos a obligé les nations à rationner l’essence comme pendant le seconde guerre mondiale et tenté d’influencer les populations à trouver des astuces et des innovations pour faire des économies de carburant. Rappelez vous le slogan qui était affiché partout « En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ».

Quand le baril de pétrole a atteint le prix de 18 dollars, le monde a paniqué avec une crise sans précédent et une hausse vertigineuse du chômage, c’était la fin de l’âge d’or de l’industrie.
De nombreux pays européens ont pris des mesures d’austérité, comme la réduction du temps de travail ou l’arrêt des voitures le dimanche. Les gens ont commencé à utiliser la marche pour se déplacer et le sentiment de haine envers les pays arabes devenait palpable dans les conversations.

Le 22 décembre 1973, l’OPEP s’est réunie en Iran à Téhéran, et à la fin de la réunion, le Shah d’Iran a déclaré que le pétrole devait être considéré comme un « produit noble » puisqu’il serait « épuisé d’ici 30 ans ». L’augmentation du prix du pétrole permettrait dans le futur de développer des ressources alternatives.

L’historien Geoffrey Barraclough a écrit en 1975 : « Ce que nous avons vu, c’est le début d’un nouvel ordre mondial, la recherche de positions de force dans un réalignement global, dans lequel les armes sont les produits agricoles et le pétrole ».

Le premier choc pétrolier venait de donner naissance au projet du pétrodollar pour renflouer les caisses de l’administration américaine, pour détruire les économies de l’Europe et du monde entier et façonner les bases du Great Reset que nous constatons aujourd’hui.

Dans la revue Financial News un article décrit comment Soros est entré en jeu dans le processus de globalisation des Rothschild.
Leveraged Capital Holdings (propriété des Rothschild) a été l’un des premiers soutiens de George Soros en 1973, ainsi que de Bridgewater, la société de Ray Dalio, dans laquelle il a investi pour la première fois en 1975.

George Soros a travaillé pour le département d’état américain et la CIA depuis plus de cinquante ans avec l’ancêtre de la société Halliburton de Dick Cheney qui s’appelait Brown & Root.
Tout ce travail a aussi été coordonné pour corrompre les pays pétroliers pour valoriser le dollar après l’abandon par Nixon de sa parité avec l’or et les accords de Bretton Woods.

Pourquoi le système du pétrodollar est en perte de vitesse ?

Le dollar américain est la monnaie de réserve mondiale depuis les années 1970. Cependant, de multiples facteurs géopolitiques et économiques pourraient remettre en cause cette suprématie.

La tendance à la dé-dollarisation n’est pas un phénomène nouveau. Dans les années 1990, en réponse aux sanctions américaines, le Venezuela avait tenté de sortir du statu quo en optant pour des paiements pétroliers en yuan plutôt qu’en dollar américain. La mondialisation rapide constitue également une menace pour le billet vert, car de nombreux pays en relations commerciales bilatérales aimeraient pouvoir utiliser leurs propres monnaies lors des échanges. Toutefois, la grande crise financière de 2008 a mis fin à toute velléité contre le billet vert, les investisseurs recherchant la sécurité offerte par l’actuelle devise de réserve.

Le système du pétrodollar, véritable chef-d’œuvre de l’ingénierie diplomatique et financière né dans les années 70, traverse une zone de turbulences inédite en ce printemps 2026. Depuis l’accord historique de 1974 entre Henry Kissinger et la maison des Saoud, le dollar s’est imposé comme l’oxygène du commerce mondial, forçant chaque nation à accumuler des réserves de change en billet vert, pour faire le plein de carburant. Mais aujourd’hui, entre les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’émergence de nouveaux systèmes de paiement, cette domination monétaire semble montrer des signes de fatigue. Le déclin n’est peut-être pas pour demain matin, mais le monopole du billet vert sur l’économie mondiale est sérieusement bousculé par des vents venus d’Est.

  • Le mécanisme du pétrodollar permet aux États-Unis de financer leur dette à moindre coût grâce à une demande mondiale constante.
  • Le détroit d’Ormuz reste le point névralgique où se joue la sécurité des approvisionnements en pétrole et la stabilité de la finance internationale.
  • L’ascension du pétroyuan et les projets comme mBridge offrent des alternatives crédibles au réseau SWIFT traditionnel.
  • La diversification des actifs par les fonds souverains du Golfe signale une volonté d’indépendance vis-à-vis de l’hégémonie américaine.
  • Une fragmentation du système monétaire vers un monde bipolaire semble désormais inévitable à l’horizon des prochaines années.

L’héritage de Kissinger : quand le pétrole a sauvé le dollar

Pour comprendre pourquoi tout le monde s’agite autour de la domination monétaire américaine, il faut remonter à un coup de génie politique. Imaginez un monde où le dollar n’est plus lié à l’or après le choc Nixon de 1971. Pour éviter que la devise ne s’effondre, l’oncle Sam a passé un pacte de fer : protection militaire totale pour l’Arabie Saoudite en échange d’une facturation du pétrole exclusivement en billets verts. C’est la naissance du pétrodollar, une machine à recycler les capitaux qui a permis aux États-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens pendant un demi-siècle sans jamais craindre la faillite.

Ce cercle vertueux (ou vicieux, selon le côté de la barrière où l’on se trouve) oblige chaque pays importateur à stocker des montagnes de dollars. Ces sommes colossales reviennent ensuite investir dans les bons du Trésor américain, finançant ainsi les infrastructures et la défense de la première puissance mondiale. Sans ce verrouillage du marché énergétique, le dollar serait une monnaie presque comme les autres, soumise aux humeurs brutales de l’offre et de la demande. C’est ce pilier central de la finance internationale qui est aujourd’hui attaqué par des puissances désireuses de changer les règles du jeu.

Le rôle crucial de Wall Street dans le recyclage des capitaux

Le système ne se contente pas de faire circuler des barils ; il alimente la machine de guerre de Wall Street. En recevant des surplus massifs de réserves de change, les banques américaines ont pu maintenir des taux d’intérêt bas, favorisant une expansion budgétaire sans précédent. C’est un peu comme si les États-Unis possédaient une carte de crédit illimitée dont les intérêts sont payés par le reste de la planète. Chaque fois qu’une nation du Sud Global tente de se « dédollariser », elle se heurte au mur d’une dette libellée dans cette même monnaie de réserve, rendant toute rébellion coûteuse et risquée.

Le détroit d’Ormuz : l’étincelle qui fragilise l’économie mondiale ?

Les semaines qui vont suivre seront cruciales pour l’ancien Empire.

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