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Plan de sauvetage de Volkswagen : le scénario choc de McKinsey

vendredi 27 mars 2026

VW traverse une crise et entend désormais intensifier considérablement ses mesures d’économie. Les coûts devraient être réduits de 20 %. Et soudain, la fermeture d’usines est à nouveau évoquée.

Après les plans d’économies prévus pour la marque phare VW, le groupe Volkswagen souhaite également réaliser des économies nettement plus importantes à l’échelle du groupe. D’ici fin 2028, les coûts devraient être réduits de 20 % à l’échelle du groupe. C’est ce qu’a rapporté le magazine Manager Magazin en se référant à des informations provenant de l’entreprise.

Selon ces informations, le PDG Oliver Blume et le directeur financier Arno Antlitz auraient déjà annoncé leur plan d’économies mi-janvier devant les 120 cadres supérieurs. Des fermetures d’usines pourraient également être envisagées, indique le rapport. VW n’a toutefois pas souhaité s’exprimer à ce sujet jusqu’à présent.

Le comité d’entreprise fait référence à l’accord conclu entre le syndicat et l’entreprise fin 2024. « Nous sommes conscients que nous nous trouvons toujours dans une situation difficile avec le groupe », déclare Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise, dans un message adressé aux salariés et transmis à l’agence de presse Reuters.

C’est pourquoi, à l’époque, tout avait été mis en œuvre pour améliorer la compétitivité et atténuer les répercussions sur le personnel de manière socialement acceptable. Le plan prévoit la suppression de 35 000 emplois en Allemagne entre 2025 et 2030. Les fermetures d’usines et les licenciements économiques ont été exclus. « Avec nous, il n’y aura pas de fermetures d’usines », a affirmé Mme Cavallo.

En Chine, VW se bat pour conserver ses parts de marché, tandis qu’aux États-Unis, c’est surtout la politique douanière imprévisible qui lui pose problème. Lire la suite
Bilan en mars

Selon le groupe, M. Blume fera le point, lors de la présentation du bilan 2025 le 10 mars, sur l’état d’avancement des efforts menés depuis des années pour réduire les coûts.

Avec ces nouveaux plans d’économies, VW poursuit la ligne qu’il s’est fixée. Depuis le plan visant à accroître la rentabilité adopté en 2023, des économies de plusieurs dizaines de milliards d’euros ont été réalisées à l’échelle du groupe, selon le constructeur automobile.

Fermeture de huit usines sur dix en Allemagne : un scénario extrême circule chez Volkswagen, alors que McKinsey et le BCG s’activent en coulisses.

À long terme, selon le quotidien allemand Bild, seuls les sites historiques de Volkswagen à Wolfsburg et d’Audi à Ingolstadt échapperaient au couperet. Même l’usine Porsche de Stuttgart-Zuffenhausen serait concernée, alors que l’avenir des usines de composants reste incertain.

Un porte-parole du comité d’entreprise du groupe a toutefois qualifié ce scénario de «  spéculation infondée  », non sans appeler la direction à s’y opposer fermement.

Fin 2024, la direction de Volkswagen et les représentants d’IG Metall (dont 90 % des salariés du groupe sont adhérents) avaient signé un accord de réduction des coûts «  garantissant l’emploi jusqu’en 2030  » – ni fermeture d’usine ni licenciement –, 35 000 suppressions de postes devant néanmoins intervenir au sein de la seule marque Volskwagen en Allemagne, soient 29 % de l’ensemble.
Un accord auquel avait contribué «  une armée de consultants  » de Roland Berger.

Le «  plan de guerre  » concocté par les consultants

Si le scénario prêté à McKinsey a fait l’effet d’une bombe, le BCG travaille également à un plan de sauvetage.

Un «  programme de transformation en 12 étapes  » serait à l’étude, sans que l’on sache s’il est issu des recos de l’un ou l’autre des cabinets, ou des deux.

Objectif : rendre Volkswagen « plus rapide et moins cher, sous peine de continuer à perdre du terrain », selon une source citée par Bild. En toile de fond, un dialogue tendu avec les actionnaires familiaux et les syndicats, dans un groupe historiquement peu habitué aux ruptures brutales.

Ce type de scénario extrême pourrait servir de levier de négociation. En affichant une option maximaliste, la direction préparerait le terrain à des coupes moins spectaculaires, mais réelles.
Une rentabilité qui s’effondre

En 2025, Volkswagen a généré 322 milliards d’euros de chiffre d’affaires (contre 325 l’année précédente), pour 9 millions de véhicules vendus – des niveaux solides… en apparence.

Car la rentabilité s’est écroulée. Le résultat opérationnel a presque été divisé par 2 en 1 an, à 8,9 milliards d’euros, quand la marge est tombée à 2,8 % – contre 5,9 % en 2024. Le bénéfice net, autour de 6,9 milliards d’euros, est aussi en forte baisse.

Le groupe encaisse de plein fouet plusieurs chocs, à savoir : 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, dont 5 milliards liés à la stratégie électrique de Porsche, 3 milliards dus aux droits de douane américains, et 1 milliard lié aux restructurations en cours.

À cela s’ajoute une pression concurrentielle accrue en Chine et une transition électrique globale plus coûteuse – et plus lente – que prévu.

Pas d’autres alternatives qu’une restructuration d’ampleur

Face à cette équation, selon l’accord de réduction des coûts signé fin 2024, jusqu’à 50 000 suppressions de postes en Allemagne avaient déjà été envisagées d’ici 2030 au sein du groupe.

Le DG Oliver Blume veut également reprendre la main depuis Wolfsburg sur les fonctions clés (production, achats, ventes), afin d’optimiser les synergies entre ses nombreuses marques – Volkswagen, Audi, Porsche, ou encore Skoda et Lamborghini, entre autres.

Si le groupe n’a plus d’autre choix que de se transformer radicalement, le coût social pourrait s’avérer élevé.

Consultor

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