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Des documents déclassifiés aux Etats-Unis mettent en évidence l’intérêt de contrôler l’or

jeudi 2 janvier 2014

Les doutes au sujet de l’intervention de la Réserve Fédérale sur la fixation des prix de l’or se renforcent après que certains documents datant des années 1970 aient été rendus publics et dans lesquels il était fait état de l’importance de contrôler l’or.

Le mémorandum datant du 3 juin 1975 est particulièrement révélateur : rédigé par l’économiste Arthur Burns, travaillant à la Réserve Fédérale, ce dernier l’envoya au Président Gérald Ford, mettant en copie certains responsables du gouvernement dont le Secrétaire d’Etat Henry Kissinger. Dans ce mémorandum, Burns préparait le discours du Président Ford pour le Comité Général du FMI qui devait avoir lieu 5 jours plus tard.

Lors de cette réunion, les représentants des gouvernements internationaux insistèrent à quel point le système de Bretton Woods était définitivement terminé. Il fallait définir un nouveau champs d’action international, de nouveaux objectifs de politique monétaire (bien que çeux-ci étaient déjà anciens) et une nouvelle vision des avoirs de réserve. Il fallait faire quelque chose avec l’or en particulier.

Burns soulignait que l’or était la question essentielle lors de ces discussions : « les banques centrales et les gouvernements devraient-ils acheter autant d’or de n’importe quelle autre banque centrale que du marché privé ? … Le Trésor inclinait à octroyer autant de liberté pour de telles transactions. La Réserve Fédérale s’y opposait. »

L’opposition de la Réserve Fédérale partait du principe qu’il fallait mettre en place un plafond de réserves à savoir qu’une banque centrale ne pouvait acheter plus de réserves que son maximum autorisé. De cette façon, le commerce d’or serait contrôlé et une accumulation excessive de réserves pourrait être évitée de la part des banques centrales, évitant une explosion du prix en conséquence.

Quelques mois auparavant, en janvier 1975, un communiqué de presse émanant du FMI mettait en relief l’importance de contrôler le commerce d’or, limitant la politique interne des banques centrales : « l’intervention des autorités monétaires au niveau des transactions liées à l’or devrait assurer une réduction progressive du rôle de l’or dans le système monétaire international. »

Burns continua son exposé en mettant en évidence 4 aspects vitaux de l’opinion de la Réserve Fédérale au sujet de l’or :

  • L’or doit passer au second plan, pouvant servir de garantie de prêt en cas de crises de balances de paiements. Dans ce sens, l’or servirait seulement pour ce type de situations d’urgence puisqu’il est dénué de tout son sens économique du point de vue de Burns.
  • Il est nécessaire d’écarter l’or du champs d’action de la politique monétaire puisque celui-ci soulève beaucoup trop de problématiques, limitant extraordinairement la marge de manœuvre des autorités monétaires.
  • Comme point de départ dans les négociations du nouveau système international, il serait nécessaire d’avoir un consensus de tous les pays au sujet du devenir de l’or. Les Etats-Unis, avec son pouvoir d’influence, devraient défendre l’imposition des plafonds quant aux quantités d’or accumulées. En fin de compte, le jugement des Etats-Unis doit s’imposer face au critère de la France et autres pays alliés.
  • Il serait dangereux que les banques centrales aient trop de pouvoir d’achat sur le marché de l’or. Ceci pourrait nuire aux objectifs de pouvoir contrôler la liquidé mondiale. Si Les gouvernements se mettent à acheter de l’or, ils pourraient étendre l’offre monétaire afin de continuer d’acheter et susciter l’inflation.

Ces quatre points énoncés par Burns peuvent être résumés en deux questions : d’une part, l’or doit avoir un rôle de deuxième plan pour déranger le moins possible. D’autre part, des mécanismes doivent être conçus pour que les banques centrales ne soient pas incitées à acheter de l’or et, ainsi, les déshabituer d’une devise qui soit uniquement adossée à la confiance et au cachet de l’Etat.

Tout au long du mémorandum, l’économiste consultant insistait sur le fait de neutraliser la position de la France, totalement opposée aux plans de la réserve Fédérale. Les français demandaient une plus grande présence d’or dans le système monétaire afin qu’il puisse emmurer l’actif de réserve par excellence et facteur limitateur des politiques monétaires expansives [1].

Cependant, la vision de Burns a réussi par s’imposer par le biais du Président Ford. Il reçut l’appui des autres banquiers comme ceux de l’Allemagne, du Royaume-Uni et du Japon. Non seulement ils sont parvenus à imposer la vision d’un système monétaire libre de l’or mais aussi l’idée de contrôler le marché de l’or, qui s’imposait comme la contrepartie de la politique monétaire.

Centenaire de la Fed et la destruction de l’économie pour les générations futures

Article écrit par Egon von Greyerz

En novembre 1910, quelques puissants banquiers américains et l’influent Paul Warburg ont organisé une réunion, sur Jekyll Island, qui allait déterminer la destinée du système financier mondial et de l’économie mondiale pour plus de cent ans. Cette réunion mena à la création du système de Réserve fédérale, le 23 décembre 1913.

La Fed a été créée par des banquiers privés pour le bénéfice de banquiers privés et aujourd’hui, cent ans plus tard, ils ont eu plus de succès qu’ils n’auraient pu l’espérer en 1913. Non seulement ils ont créé un système qui contrôle efficacement le système financier mondial pour leur bénéfice, mais un système qui contrôle aussi les politiques mondiales. Ils ont très bien compris les conseils de Mayer Amschel Rothschild, le fondateur de la dynastie bancaire des Rothschild, qui proclama :

« Donnez-moi le contrôle de la monnaie du pays et je n’aurais pas à me soucier de ceux qui font ses lois. »

Pendant exactement cent ans, la Fed et les autres banques centrales ont complètement détruit toutes les principales monnaies et entrainé le monde dans des dettes qui ne peuvent être ni ne seront payées avec de l’argent « normal ». Et, tout en réussissant à créer de la richesse sans précédent pour les banquiers au haut de l’échelle, elles ont aussi contribué, ces quinze dernières années, à enrichir presque tous ceux qui travaillent à Wall Street à New York ou à la City de Londres.

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