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Centrafrique 1ers morts… la confrontation au réel !

mercredi 11 décembre 2013

Au moment où les médias dominants de la sphère occidentaliste s’essaient à asseoir le mythe arc-en-ciel de feu Nelson Mandela, ceci afin de détourner notre attention d’une conjoncture politique, économique et morale particulièrement désastreuse, tout en s’efforçant de nous faire communier dans la sournoise théologie du gnangnan droit de l’hommisteune religion prétexte à toutes les contemporaines guerres de conquête – le sujet majeur reste évidemment l’intervention militaire de la France en Centrafrique. L’opération de sidération planétaire qui accompagne la mort de “Madiba” ne doit en effet pas nous faire oublier que l’Afrique noire se trouve de nouveau au cœur des ténèbres. Et alors que l’opération Serval au Mali se trouve encore loin d’être achevée, Paris une fois de plus va se fourrer dans un guêpier dont la sortie, bonne ou mauvaise, n’est pas jouée d’avance. De cette aventure peut donc sortir le pire ou le meilleur. Le meilleur étant une prise de conscience salutaire par nos gouvernants des enjeux liés à notre présence en Afrique, des défis qu’elle implique et des moyens nécessaires à mobiliser pour les relever.

Le rapport déconcertant des élites françaises avec le “principe de réalité” n’en finit pas d’interpeller. Si en effet l’on en croit ses médias, « la France [serait] en première ligne en Centrafrique » alors qu’en fait elle y est simplement seule tout comme au Mali où, lentement mais sûrement, Paris est prédestiné à s’embourber1. « La guerre sera longue car ses objectifs sont ambitieux » [lefigaro.fr21janv13]… Autant dire qu’au Mali les buts de guerre affichés étaient et demeurent presque irréalistes : éradiquer par nos propres moyens les germes et métastases d’un fondamentalisme radical proliférant parce qu’encouragé – voire financé - par notre propre allié qatari ! Un pays dont les frontières sont poreuses, notamment avec l’Algérie et partant, avec Libye… foyer de tous les troubles d’où parviennent les armes pillées dans les arsenaux de feu la Jamahiriya du raïs Kadhafi et qui se diffusent dans la bande sahélienne et de proche en proche, gagnent l’Afrique de l’Ouest. La Libye, un État livré au chaos les luttes intertribales où certains groupes djihadistes sont très certainement tenus en réserves en vue d’une “déstabilisation” de l’Algérie2. Nation jusqu’à présent hors de la trajectoire de l’ouragan des révoltions colorées mais auquel les Frères musulmans d’Ankara3 sembleraient s’intéresser de près, en particulier en cultivant l’opposition algérienne, celle des milieux branchés “droits de l’homme” et autres cyberactivistes plus ou moins discrètement cornaqués par la “Freedom House” (annexe de la CIA promotrice de la démocratie néolibérale), en vue de susciter une mobilisation populaire contre la “junte militaire” [tunisie-secret.com1déc13].

Paris nouveau gendarme de l’Afrique… Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique

Le fait que les autorités françaises ne soient indéniablement pas capable d’assurer la sécurité chez elles – notons par exemple en Corse deux attentats contre la gendarmerie nationale le jour même où la décision d’intervenir en Centrafrique était rendue publique - ne semble l’empêcher en rien de vouloir la rétablir dans des pays plus grand qu’elle. Ce sera don au pied du mur que sera jugé le maçon… et Paris aux résultats consolidés de politiques aventureuses voire aventuristes dont il n’a plus les moyens. Qui ne perçoit là tout le sel de la situation ? À New-York, au Conseil de Sécurité Paris se voit confier à l’unanimité un mandat d’intervention militaire par des nations dont aucune ne veut s’engager matériellement mais dont toutes espèrent, à des degrés divers, tirer après coup les marrons du feu… diamants (500 000 carats/an et autant en contrebande), pétrole (réserves estimées à deux milliards de barils à la frontière tchadienne), or, bois, ivoire braconné aux profits de réseaux asiatiques sans vergogne… et l’uranium à venir, Areva ayant reporté l’ouverture de son exploitation de Bakouma [rfi.fr3nov11] après avoir connu quelques déboires : en autres pour avoir été pillé durant l’été 2012 [AFP25juin12]. Rappelons qu’en septembre 2010, 7 collaborateurs d’Areva avaient été enlevés par Al-Qaïda au Maghreb islamique sur le site uranifère d’Arlit au Niger. Otages dont les quatre derniers viennent d’être libérés le 29 octobre après 1139 jours de captivité… en contrepartie de « plus d’une vingtaine de millions d’euros » prélevé sur les fonds secrets et versés par la DGSE aux sbires de l’émir Abou Zeid [lemonde.fr30oct13]. Ceux-là mêmes que nous sommes censés combattre de la main droite au Mali et que nous finançons par ailleurs de la main gauche !

Dans la foulée, les médias hexagonaux refont le coup du génocide, sans trop de préoccupation déontologique et sans préciser que ce sont cette fois les Chrétiens qui pourraient mener le bal face à des milices musulmanes. Mais qu’en est-il sincèrement des enjeux de cette nouvelle intervention en Afrique ? Au-delà de la défense et de l’illustration des intérêts d’Areva – ce dont nul ne songerait à blâmer le gouvernement, pas même les Verts qui y participent ! – et d’une intervention à caractère sécuritaire et humanitaire, laquelle semble cette fois-ci réellement justifiée, pour quelles autres raisons Paris va-t-il secouer ce nouveau nid de frelons ? Qu’Areva ait souhaité qu’on sécurise le site de Bakouma menacé par les milices alors que sa mise en exploitation redevient opportune en raison de l’évolution positive du marché de l’oxyde d’uranium… oui da, cela se conçoit aisément ! Mais encore faudrait-il qu’il n’existât pas d’autres raisons moins publiques de l’intervention. En fait personne n’est tout à fait dupe.

Des raisons d’intervenir moins nobles qu’annoncées

Au regard même du profil psychologique et politique de l’individu qui est à présent en charge de la Magistrature suprême l’on ne peut en définitive totalement exclure des motifs peu relevés de triviale politique intérieure… L’Afrique n’est-elle pas dans les premiers cercles du pouvoir, le seule domaine où le président des Babtous n’ait pas encore trébuché ? Elle constitue donc pour lui un séduisant refuge, voire une tentation de fuite en avant dans une conjoncture intérieure en passe d’échapper à tout contrôle. Dérivatif et opération de guerre marchent de pair. Souvenons-nous de Clinton ravageant Bagdad en déc. 1998 avec ses missiles de croisière pour détourner l’attention et court-circuiter la procédure d’impeachment pour parjure dans l’affaire de ses frasques sexuelles avec la stagiaire Monica Lewinsky.

Un autre dimension ne doit pas non plus être oubliée : l’armée française quant à elle poursuit un double objectif : réaffirmer son rôle politique en tant qu’armée d’Afrique et limiter ainsi la casse dans l’éventualité de nouvelles coupes budgétaires… la biffe en colère n’ayant pas encore sauté le pas et coiffé des bonnets rouges ! Car si l’armée ne s’intéresse pas profondément à la situation géopolitique, elle s’intéresse en revanche à une situation intérieure qui commence à très sérieusement la préoccuper, elle qui est la victime expiatoire désignée – mais pas entièrement résignée - et ordinairement muette, en des temps de furieuses disettes budgétaires. La Centrafrique est donc pour elle un moyen de rentrer dans le jeu politique et ultérieurement de pouvoir faire entendre sa voix, voire de poser quelques modestes exigences. L’Armée, utile à la “communication” de la faction politique au pouvoir, faute d’en être rétribuée, il lui sera néanmoins donné la possibilité de faire un peu d’esbroufe en volant au secours de populations malmenées et d’intérêts miniers, sans doute moins médiatiques mais au demeurant passablement déterminants. Ainsi l’Armée envisageait-elle depuis un certain temps une opération à partir de sa base de Bangui dans le but très explicite - avant le vote de la loi de programmation militaire - d’obtenir une rallonge jugée indispensable à la survie de forces terrestres en totale déshérence. Soit une opération – dit sommairement - pour “ faire réparer ses camions”, montée et pilotée par des experts en surfacturation des opérations extérieures.

Au sein de l’armée, les troupes de marine, qui se veulent héritières de l’armée coloniale, constituent le plus puissant groupe de pression. Elles tiennent leur puissance d’une quasi exclusivité d’intervention sur le théâtre africain. Opérations qui autant de sources de privilèges savamment tus et non partageables, tant en matière de solde, d’indemnités, de reconnaissance – décorations - que de carrière. La multiplication des conflits africains ne peut donc que les conforter dans leurs “avantages” – on ne parle plus à présent de “privilèges” - et dans leur statut d’exception. Tout cela peut paraître mesquin – de l’arabe miskin petit, pauvre ! – mais ce sont des aspects dont il faut malgré tout prendre en compte. Un zest de grandeur et, chez nos politiques, de larges rasades de plates motivations égoïstes, partisanes et mercantiles.

En Afrique, une présence française en sursis

Alors qu’au Sommet de Paris l’on évoque la création d’une force armée africaine, pour l’heure crédible principalement sur le papier, l’intervention de Bangui accorde un sursis aux dernières bases4 dont la France dispose en Afrique, mais qui, dans un contexte d’effacement progressif dans l’ancienne AOF – Afrique occidentale française - sont menacées de disparition depuis plusieurs années. Or maintenant celle de Bangui ne l’est plus et pour un certain temps. Et l’Armée devrait peut-être, prochainement en obtenir une nouvelle au nord Mali. Autant de considérations et d’éléments correcteurs qui relativisent la préoccupation strictement humanitaire, hautement revendiquée, de l’intervention hexagonale en Centrafrique !

A contrario, il serait déplacé de condamner l’intervention ipso facto. Une somme d’intérêts particuliers peut coïncider et aboutir à d’authentiques bénéfices politiques et humains. L’Afrique indépendamment de ses milices et de ses massacres récurrents, connaît désormais d’une “insolente” croissance face à des économies postindustrielles généralement en déconfiture avérée. D’où la ruée des entreprises étrangères vers le nouvel eldorado subsaharien. Sous la pression de cette concurrence – l’attaque du “pré carré” francophone a commencé dans les années quatre-vingt avec une offensive canadienne relai des intérêts anglo-américain – les groupes français ne cessent de céder du terrain. Depuis deux décennies, les asiatiques, et pas seulement les Chinois, les Indiens, les Brésiliens se bousculent pour accéder à des marchés dont les parts françaises diminuent dramatiquement en dépit d’une antériorité unique sur le Continent. Un état de fait indubitablement dû à des politiques africaines de plus en plus inadaptées ou défaillantes, conduites par les gouvernements successifs ces trois dernières décennies. Or s’il est une urgence pour Paris, c’est bien la reconquête d’un marché africain où la dimension sécuritaire joue à plein. Les bases françaises étant à cet égard un atout majeur à exploiter à fond dans la mesure où des politiques commerciales judicieuses sauraient profiter des garanties de sécurité et de stabilité civile qu’elles offrent aux entreprises et aux investisseurs.

Éteindre le feu avant qu’il ne s’étende

Reste que la situation centrafricaine est singulièrement préoccupante. Cette partie de l’Afrique centrale a certainement été dans le passé l’une des plus délaissées par l’ancienne métropole. La République Centrafricaine qui a émergé à l’heure des indépendances est restée le pays peut-être le plus “inachevé” de la décolonisation française. Cet état de déshérence structurelle a fini par en faire le lieu de transit le plus propice à tous les trafics provenant tant du Nord que du Sud, de l’Est comme de l’Ouest… drogues, armes, médecines ! C’est donc le plus naturellement du monde qu’au bout du compte les trafics se sont superposés à la criminalité et la criminalité aux bandes politisées au premier rang desquelles on trouve désormais… les groupes islamistes ! Maintenir une telle situation aboutirait tôt ou tard à faire se rejoindre et à se concentrer les mouvements islamistes armés de la Corne de l’Afrique, de la sous-région ouest, du Nord via le Tchad et du Sud via la République démocratique du Congo. En Centrafrique se rencontre déjà des éléments armés provenant du Soudan, lesquels ont opéré leur jonction avec des tchadiens…

Il existe par conséquent un risque bien réel qu’à terme la France ne se trouve éliminée d’une zone de turbulences intenable. Éventualité qui pose dès à présent, sous son véritable jour, la question de son isolement diplomatique et militaire dans l’affaire centrafricaine face à l’impuissance de pouvoirs africains prodigues de paroles verbales, mais en principe peu enclin à joindre le geste à la parole… ce que devrait démontrer les difficultés à mettre efficacement sur pieds une force commune, cohérente et réellement opérationnelle dans les mois qui viennent. Ce pourquoi notre présence ne se limitera certainement aux « six mois » annoncés par la présidence… Car pour stabiliser durablement la RCA, nous devrons au préalable “reconstruire” l’État… où le construire tout court. Un jour viendra certainement où des esprits lucides oseront établir un bilan sans fard des décolonisations bâclées et des maux infernaux qu’elles ont engendrés.

Un peu de prospective stratégique ne serait pas superflu

Il serait à ce propos assez surprenant que les décideurs français aient pensé l’intervention militaire en cours dans toutes ses conséquences et implications… Jusqu’à ils y soient contraints par les événements car « le temps géopolitique leur est compté ». Bien avant 2050, quand l’Afrique représentera le quart de l’humanité, soit deux milliards d’individus, la France vieillissante et stagnante ne devrait plus conserver sur le continent noir qu’une puissance militaire résiduelle. C’est que la crise économique systémique qui l’affecte aujourd’hui l’aura forcée à renoncer à des domaines stratégiques pourtant vitaux et porteurs d’avenir… l’Afrique est de ces domaines qu’elle est en train de perdre par absence d’une vision prospective suffisamment audacieuse, ou pire par cécité complète et impuissance démocratique à faire les “bons choix” chers à M. d’Estaing !

Cependant la France pourrait ne pas être définitivement pas condamnée à une irréversible décrépitude dans l’isolement si elle trouvait le courage de renoncer à un « modèle social » qui la plombe mortellement : il faudrait en effet savoir renoncer au droit – malgré tout non encore constitutionnel - à la paresse subventionnée et au financement ab libitum de l’analphabétisme pour cause d’institution éducative largement faillie. Il va falloir affronter le tabou des tabous et cesser d’avoir peur des mots pour dire haut et fort que les 139,4 milliards d’euros dépensés en 2012, soit 6,9 % du Pib [produit intérieur brut], pour produire industriellement des illettrés, sont en grande partie jetés par les fenêtres. Un scandale au regard des résultats proprement navrants

que vient de publier l’OCDE dans son rapport “Pisa” sur l’Éducation [lesechos.fr2déc13]. Une aberration qui doit cesser sachant qu’en comparaison l’effort5 de défense consenti par la France ne représentera plus en 2014 que 1,9 % du PIB. C’est à ce titre que le pays pourra investir là où il le faut pour sa survie et celle des générations futures… À commencer par la restauration de son outil militaire et de ses capacités de projection hors frontières.

En Afrique, par le truchement de ses interventions sécuritaires – et pas seulement humanitaires - la France peut encore espérer transformer en positions économiques solides les atouts maîtres dont elle dispose encore en matière de capacités et de forces de stabilisation. À condition bien entendu que le pragmatisme et une vision claire des enjeux l’emportent sur une lecture idéologique délétère des hommes et du cours des événements. Au final, cette intervention centrafricaine - comme cela aurait dû être le cas au Mali - doit participer d’une politique africaine au long cours, de façon non restrictive c’est-à-dire en évacuant le trop plein spectaculaire de cette “défense des valeurs” dont nos politiques se gargarisent abondamment.

Une conception de notre présence africaine au long cours

En un mot la Centrafrique ne doit être ni une opération de communication à courte vue pour un pouvoir en pleine décapilotade, ni un moyen pour la caste militaire de préserver ses avantages corporatifs. Non, il faut concevoir et inscrire l’opération qui démarre dans une stratégie de reconquête de nos positions perdues – autant morales, politiques que commerciales – cela dans une Afrique émergente, porteuse d’immense réserves de développement, dans le but avoué de fixer ou de ré-enraciner des populations autrement tenté par les mirages de l’immigration. Pour nous, il sera parallèlement question de reconstruction intérieure.

Pour ce faire, ainsi que cela vient d’être dit, il faudra voir qu’elles sont les vraies priorités budgétaires, notamment en matière de défense et se décider à agir en fonction d’intérêts nationaux vitaux à long terme. Or il est certain que Loi de programmation militaire 2014-2019 ne permettra pas aux armées de relever les défis qui s’annoncent d’ores et déjà en Afrique où les engagements devront ou devraient en toute logique se situer à la hauteur des défis et des enjeux.

Pas de politique étrangère qui ne soit adossée à des forces armées susceptibles d’assurer sa mise en œuvre, de dissuader les actions hostiles ou malveillantes, de protéger nos intérêts, nos entreprises et nos ressortissants… Ce qui signifie qu’actuellement il ne saurait y avoir, et pour longtemps, de véritable politique africaine sans accompagnement militaire. En soi l’État suppose une capacité de défense, de protection et de dissuasion. Sans défense nationale à nos frontières - encore faut-il qu’elles existent encore ! - et sans capacité de défendre nos intérêts là où ils se trouveraient menacés, l’État est une fiction et pire, un luxe inutile.

Mais dans une telle occurrence, la restauration de l’État dans la plénitude de ses fonctions régaliennes, suppose que soient à jamais abandonnés les délires égalitaristes et les politiques d’assistanat tous azimuts qui sont en train de nous faire crever. Que la République donne à chacun des chances égales, certes, mais c’est ensuite à chacun de faire son destin en raison de son travail, de ses efforts, de ses mérites ou de ses talents. Et ce qui vaut pour les individus vaut également pour les Nations.

L. Camus avec Col. L.Trusk

Notes :

1 – « La guerre sera longue et elle sera dure » dixit Alassane Ouattara, président de la Cedeao après la libération de Gao et de Tombouctou. « La guerre sera longue au Mali », Jean-Yves le Drian, ministre de la Guerre, invité de RTL au sixième jour de l’engagement français le 16 janvier 2013.

2 – Le 29 novembre, l’hebdomadaire Jeune Afrique écrivait que “le Commandement des États-Unis pour l’Afrique [l’Africom basé à Stuttgart] allait implanter une base dans le sud de la Tunisie à Remada. Le général David M. Rodriguez, chef de l’Africom se serait rendu le 20 nov. à Tunis pour y rencontrer le Premier ministre tunisien, Ali Larayedh au sujet de ce projet lancé depuis déc. 2011” soit trois mois à peine après l’arrivée au pouvoir des islamistes d’Ennahda. Base dont la vocation pourrait ne pas se limiter à la lutte contre AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique [tunisie-secret.com1déc13].

3 - « L’astuce que ce Frère musulman a trouvée pour dissimuler ses véritables intentions, c’est de rassembler toutes ces personnalités et organisations algériennes, qui partagent toutes la même haine à l’égard de la “junte militaire”, autour d’un thème fédérateur : exiger du pouvoir syrien la restitution du burnous de l’émir Abdelkhader » ! Ce dernier, honoré de tous, s’est en effet éteint à Damas le 26 mai 1883. Membre de la confrérie soufie Qadiriyya fondée à Bagdad par Abdelkader Jilâni [1083/1166], l’émir est exilé à Damas après avoir connu les prisons de la deuxième République française dont Napoléon III l’a libéré ; il sauve au cours des émeutes de Damas en 1860 plusieurs milliers de chrétiens de la fureur des fanatiques.

4 – Outre ses quatre bases permanentes - Gabon, Dakar, Djibouti et La Réunion - La France participe ou a participé à des opérations de “maintien de la paix” telles Épervier au Tchad (950 personnels) ; Licorne en Côte d’Ivoire (450) ; Boali en République centrafricaine, 600 hommes basés à Bangui avant la décision d’intervenir sous mandat des NU ; Djibouti, effectif parmanent de 1400 militaires ; Gabon, 900 personnels dont 450 permanents prépositionnés afin de soutenir d’éventuelles opérations en Afrique de

l’Ouest et en Afrique centrale ; Sénégal et Cap Vert, 350 militaires. Aux Émirats Arabes Unis 700 hommes depuis 2009.

5 – À titre d’exemple extrait du rapport de la Commission de la Défense nationale et des forces armées relatif au projet de loi de finances pour 2014 n° 1395… « Il n’en demeure pas moins que la construction du budget de la Défense pour 2014 en « zéro valeur » revient, dans les faits, à une baisse significative des ressources disponibles pour les armées, compte tenu de l’inflation et de l’actualisation des contrats de maintenance des équipements des armées. Lors d’une audition en date du 18 avril 2013, le délégué général pour l’armement, M. Laurent Collet-Billon, a ainsi indiqué que “ce zéro valeur budgétaire revient en pratique à une attrition des ressources, puisque l’inflation est alors subie de plein fouet”… ».

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