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Conflit d’intérêt entre José Manuel Barroso et le milliardaire Spiro Latsis

lundi 29 avril 2013

Pour le président de la Commission, la motion de censure déposée contre son équipe est « absurde ». Il devra s’expliquer devant le Parlement sur ses relations.

José Manuel Barroso enquiquiné

La censure est « un phénomène normal du paysage politique ». C’est ainsi que Pia Ahrenkilde, porte-parole de la Commission européenne, a minimisé le dépôt, jeudi à Strasbourg, d’une motion de censure parlementaire contre le collège présidé par José Manuel Barroso. Et d’enfoncer le clou : « Le président pense que cette motion de censure est absurde ». Si elle n’a a priori aucune chance de passer, elle n’en constitue pas moins une nouvelle épine dans le pied du Portugais.

Cette motion a été déposée à l’initiative du député europhobe Nigel Farage, dans la foulée de la polémique relative aux liens entre Barroso et l’armateur grec Spiro Latsis. Le Britannique relève que le premier, après avoir été nommé président de la Commission par le Parlement en juillet 2004, a passé des vacances sur le yacht de son ami grec en août et que les chantiers navals Lamda, dépendants du groupe Latsis, ont reçu l’accord de l’institution européenne pour l’octroi d’un subside en septembre. Aussi les 79 signataires de la motion de censure (parmi lesquels 22 Britanniques et 14 Polonais, la plupart eurosceptiques et communistes), se demandent-ils comment Barroso « a pu recevoir un don d’une valeur de plusieurs milliers d’euros d’un homme d’affaires milliardaire qui, un mois plus tard, a reçu le feu vert de la Commission pour une aide régionale d’une valeur de 10 millions d’euros ».

Pia Arhenkilde a rappelé que « Barroso n’aurait pas pu jouer de rôle dans cette décision », puisqu’elle « a été prise par la Commission précédente ». En effet, l’équipe du Portugais n’est entrée en fonction qu’en novembre. L’homme s’en est expliqué auprès des instances dirigeantes du Parlement et la majorité des députés s’en sont satisfaits. Mais Farage voit dans cette affaire un conflit d’intérêts. « Cette motion de censure est le seul moyen de forcer Barroso à venir s’expliquer en séance plénière », justifie le vert Bart Staes, seul Belge à soutenir l’initiative. « Nous devons savoir s’il y a eu irrégularités ou non. »

Six motions, toutes rejetées

A la Commission, on fait mine de ne pas s’inquiéter. « C’est une initiative minoritaire. La grande majorité du Parlement considère que les clarifications (apportées par Barroso) ont été suffisantes et que la question a été réglée », selon Pia Ahrenkilde, qui rappelle que les Exécutifs Delors, Santer et Prodi ont aussi été sous le coup de telles motions.

De fait, six motions de censure ont été présentées depuis 1979, et aucune n’a été adoptée. La dernière, rejetée le 4 mai 2004, concernait l’affaire Eurostat. Le Belge Paul Lannoye en avait initié une en 1992 sur la position de la Commission dans les négociations de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, et José Happart en avait lancé une autre en 1997 sur la vache folle.

Le débat sur cette septième motion se déroulera le 25 mai à Bruxelles et le vote lors de la session plénière du 6 au 9 juin. Pour conduire à la chute de la Commission Barroso, la censure devrait être appuyée par 367 eurodéputés et deux tiers des suffrages exprimés. Mais ce vote n’aura peut-être jamais lieu. Les protestataires retireront leur motion s’ils obtiennent entre-temps « des explications acceptables en plénière et des règles claires obligeant tous les commissaires à enregistrer les cadeaux de valeur substantielle », lit-on dans leur texte.

Mercredi prochain, les commissaires européens discuteront justement d’éthique, sur base d’un document de travail abordant une série de questions telles que les cadeaux reçus par les membres de la Commission dans l’exercice de leurs fonctions, leurs voyages et vacances ou encore la situation de leurs conjoints et les conflits d’intérêt potentiels.

© La Libre Belgique 2005

Grèce : les milliards du FESF profitent à Spiros Latsis, la plus grosse fortune du pays

Lundi dernier, les quatre principales banques grecques ont reçu 18 milliards d’euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) en vue de leur recapitalisation [1]. Reprenant une information du Tages-Anzeiger, La Tribune de Genève nous apprend que la famille Latsis vient de bénéficier de ces milliards.

La holding EFG Group aux mains de cette dynastie [2] a transféré son siège de la Suisse au Luxembourg à la fin de l’année 2009 [3], permettant ainsi à la filiale grecque EFG-Eurobank d’être à nouveau considérée comme une banque « grecque » et donc de bénéficier à ce titre des fonds de l’Union européenne et de la BCE...

Spiros Latsis est un ami du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui avait effectué une croisière en août 2004 sur le yacht du milliardaire grec.
Comment les milliards européens profitent aux riches Grecs expatriés. Par tdg.ch

« L’aide européenne aurait sauvé la deuxième banque de Grèce, l’EFG-Eurobank, qui appartient à Spiros Latsis, résident de Bellevue.

Le résident de Bellevue Spiros Latsis aurait bénéficié des milliards européens versés en début de semaine dans le cadre du plan de sauvetage des instituts financiers grecs, affirme le Tages-Anzeiger. Selon le quotidien zurichois, l’EFG-Eurobank aurait reçu 4,2 milliards d’euros de l’Union européenne. Or cette institution, la deuxième banque la plus importante de Grèce, appartient à la plus grosse fortune de ce pays, celle de la famille Latsis, bien implantée sur sol genevois.

Outre la banque, celle-ci possèderait une compagnie maritime, une société immobilière, des parts dans une société pétrolière, et des biens immobiliers dans le monde entier. Sa fortune est estimée à 4 milliards de francs suisses, selon le magazine alémanique Bilanz.

Le journal zurichois, qui revient sur l’histoire de la famille Latsis à Genève, la manière dont ses membres ont érigé leur fortune et leurs relations avec les puissants de ce monde, estime que l’EFG-Eurobank n’aurait pas pu survivre à la crise sans l’aide de l’Europe. Selon le Tages-Anzeiger, l’institut financier serait engagé à hauteur de 12 milliards d’euros dans la dette de l’Etat grec, tandis qu’une somme de 48 milliards constituerait l’argent dû par ses débiteurs privés. Or la FINMA, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers, n’a désormais plus grande influence sur la banque, puisque celle-ci a transféré en 2010 son siège au Luxembourg. »

[1] http://www.20minutes.fr/economie/94...

[2] « La famille Latsis dirige son empire financier depuis Genève. Né en 1910, John Spyridon Latsis se lance dans le commerce des fruits secs. Les affaires lui sourient et il achète son premier bateau de fret en 1938.
Diversifiant ses activités, il monte par la suite une société immobilière. Dans les années 60, il développe son groupe en achetant une raffinerie de pétrole. Grâce à ses bons rapports avec la famille royale saoudienne, son groupe est chargé de la construction d’une raffinerie en Arabie Saoudite.
John Latsis se lance ensuite dans la finance. En 1979, il rachète à la famille Onassis la Banque de Dépôt, à Genève. Il crée en 1989 la Private Bank and Trust Company, suivie l’année d’après par la création de l’Euroinvestment Bank. Le domaine financier du groupe est dirigé à partir de Genève par sa femme Mariana.
En 1999, John Latsis cède les rênes de son empire à son fils, Spiro Latsis. Celui-ci gère à Genève la fortune des Latsis, estimée à 6 milliards de francs suisses. La famille Latsis est ainsi considérée comme la 7e plus riche de Suisse. En marge du commerce naval et pétrolier, Spiro Latsis développe aujourd’hui le Holding bancaire EFG, spécialisé dans la gestion de fortune. » Source

[3] http://www.rts.ch/info/economie/189...

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