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Lockerbie : la CIA aurait payé un témoin

lundi 24 octobre 2011

La CIA a offert deux millions de dollars à un témoin clé du procès de l’attentat de Lockerbie. Cette nouvelle révélation du quotidien écossais The Herald ajoute aux doutes sur la condamnation de l’agent libyen Abdelbasset al-Megrahi, une semaine avant l’audience qui doit fixer la date de son procès en appel. Ce haut responsable des services secrets de Tripoli purge une peine de prison à vie en Écosse, après sa condamnation en 2001 pour le meurtre de 270 personnes dans l’explosion d’un Boeing de la Pan Am en décembre 1988.

Fin juin, la commission de révision de la justice écossaise l’a autorisé à faire appel. Entre autres éléments, les juges ont décelé des incohérences dans le témoignage du propriétaire d’une boutique de vêtements de Malte, Tony Gauci. Ce dernier avait reconnu en Megrahi l’acheteur de plusieurs vêtements dont des fragments avaient été trouvés autour du minuteur de la bombe que le Libyen, selon la thèse de l’accusation, avait placée dans une valise au départ de Malte.

Citant une source « proche du dossier », le quotidien affirme que la police écossaise était au courant de l’offre financière du service américain à Tony Gauci - sans que l’on sache si Gauci l’a acceptée - et l’a certainement transmise au procureur. Celui-ci n’a en revanche pas relayé l’information à la défense. Outre la crédibilité du témoin, celle de l’accusation est une fois de plus mise à mal.

La révélation du Herald a été précédée d’une autre découverte, qui touche elle aussi au cœur de l’accusation et implique également la CIA. Citant toujours des « sources judiciaires », la presse écossaise a divulgué le contenu d’une clause secrète de la commission de révision. Cette dernière s’était dit obligée de ne pas publier deux des six éléments fondant sa décision. Selon les journaux écossais, la commission a découvert que l’accusation avait, à l’époque de l’enquête, obtenu un document confidentiel en provenance de l’étranger, relatif au fameux minuteur. Les juges de la commission de révision ont obtenu l’accès à ce document, mais ont décidé de ne pas le diffuser. Une atteinte aux droits de la défense qui devrait fournir des munitions supplémentaires aux avocats de Megrahi lors du procès en appel.

Couac judiciaire

Que contenait ce fameux document ? L’un des principaux sceptiques de la thèse libyenne, le professeur de droit Robert Black, qui fut pourtant l’architecte du procès de 2001, a son idée. « Il pourrait s’agir de la preuve que la CIA avait en sa possession, à l’époque de l’enquête, des minuteurs similaires à celui qui a été présenté au procès comme ayant été trouvé dans l’épave de l’avion », explique-t-il au Figaro.
Le document ne confirmerait donc pas explicitement la déclaration spectaculaire d’un ingénieur en électronique suisse, Ulrich Lumpert. Ce dernier a juré en juillet, devant notaire, avoir lui-même remis le minuteur, il y a dix-huit ans, « à une personne liée à l’enquête ». Contactée, la CIA n’avait pas répondu à l’heure où nous mettions sous presse. Ce nouveau couac judiciaire apporte toutefois de l’eau au moulin de ceux qui accusent un groupuscule palestinien installé en Syrie, le FPLP-commandement général.

PIERRE PRIER - octobre 2007

Source : http://www.lefigaro.fr/internationa...

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