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L’attentat de Karachi : une affaire de longue date

mercredi 22 décembre 2010

L’attentat de Karachi à fait verser beaucoup d’encre pour finalement dédouaner Al Qaida. Ce spectre terroriste pourrait finalement cacher une raison bien plus sournoise : le trafic d’armes nucléaires. Le nœud de l’affaire semble être la vectorisation de l’arme nucléaire et la bombe « islamiste ». En pleine période post 11 Septembre, onze ingénieurs ont ainsi fait les frais d’une manipulation financière et d’un trafic caché, en totale infraction avec les accords du traité ABM mais aussi avec ceux sur la prolifération d’armes nucléaires. Geopolintel vous propose de revenir sur un article diffusé cette année qui donne un éclairage différent sur ces manipulations financières et politiques.

Archive 1998.

Le Monde du Renseignement a obtenu la preuve qu’en 1998 la France a consenti à vendre en connaissance de cause du matériel proliférant aux Émirats arabes unis. Il s’agit de missiles de type Black Shaheen qui devraient être livrés dans les mois suivants par le consortium franco-britannique Matra BAe Dynamics.
Présentation des faits.

24 novembre 1998 :
quelques jours après avoir finalisé la vente de 27 Mirages 2000-9 aux Émirats, la France annonce la conclusion d’un second marché avec ce pays, de l’ordre de 4 milliards FF, pour la fourniture de missiles Black Shaheen. Il s’agit d’engins balistiques Air-Sol, dérivés du Scalp EG que fabrique déjà Matra BAe pour les armées françaises et britanniques, et dont les caractéristiques sont tenues secrètes.

Décembre 1998 :
la communauté internationale proteste contre cette vente, au motif qu’elle viole le traité anti-prolifération MTCR (Military Technology Control Regime) qu’ont signé 24 Etats, dont la France. Cet accord permet de limiter strictement la vente de missiles de croisière d’une portée supérieure à 300 km, et susceptibles d’emporter des charges nucléaires, bactériologiques ou chimiques.

À Paris, le ministère de la Défense réagit : il explique que les Black Shaheen ne présentent aucun danger en matière de prolifération.

Or, un document classé Secret Défense le contredit.
Il s’agit d’une transmission chiffrée datée du 2 décembre 1997, dans laquelle François Roussely, directeur de cabinet du ministre de la Défense adresse à son ministre Alain Richard le compte-rendu d’une discussion sur cette vente avec des émissaires de l’Élysée. Rédigée dans un langage télégraphique, cette note évoque très clairement les risques que fait courir la vente en matière de prolifération.

La page est intitulée « Black Shaheen - EAU », l’auteur écrit :
"Nature des missiles - Capacité offensive inégale dans la région. Portée d’environ 400 km. Bombe classique mais 550 exemplaires bidouillables [en français dans le texte]. Éléments de déstabilisation sérieux, leader politique belliqueux.

Beaucoup de motifs de s’opposer à ce projet par conditions très strictes (NB engagement MTCR)". Par bidouillables, on entend des missiles qui peuvent emporter des armes de destruction massive après modifications.

Plus loin dans la note, Roussely expose les facteurs qui empêchent de s’opposer à la vente :

« On a un accord de défense avec les EAU très profond, Chirac s’est plus ou moins engagé et y tient beaucoup ». En conclusion, Il préconise d’ « assurer le conflit avec Chirac et avec les industriels, qui peuvent devenir agressifs par les médias qu’ils influencent ».

En vain.

Le 25 mai 1999, le ministre de l’information des Émirats arabes unis a visité au Pakistan les installations du Kahuta Research Laboratories, là où s’élaborent les bombes nucléaires pakistanaises.

Mais ceci est probablement sans rapport.

Tiré du Monde du Renseignement du 25 janvier 2001

Le Monde du renseignement, toutes informations sur le site
http://www.IntelligenceOnline.fr


Karachi : Hervé Morin invite les soutiens d’Edouard Balladur, dont François Bayrou, à témoigner

PARIS (AP) — François Bayrou s’est élevé vendredi contre les déclarations de l’ex-ministre de la Défense Hervé Morin, qui a suggéré que les soutiens d’Edouard Balladur à la présidentielle de 1995 « disent de ce qu’ils savent » dans l’affaire de l’attentat de Karachi, en citant le président du Mouvement démocrate.

« Je prends le cas de François Bayrou, il était secrétaire général de l’UDF, qui était la principale formation politique qui soutenait Edouard Balladur. Il était président d’une des formations qui était le CDS (Centre des démocrates sociaux) », a souligné Hervé Morin, président du Nouveau Centre, vendredi matin sur France Info.

« Moi, j’ai envie de dire que dans cette affaire, toutes celles et tous ceux qui ont joué un rôle prépondérant dans la campagne d’Edouard Balladur disent ce qu’ils savent de l’organisation de cette campagne. Ils ont peut-être en eux aussi un secret défense », a-t-il ajouté, sans citer le nom de Nicolas Sarkozy, porte-parole de la campagne d’Edouard Balladur.

François Bayrou a demandé qu’Hervé Morin s’explique : « Quand vous insinuez quelque chose comme cela, vous ne pouvez pas vous arrêter là », a-t-il réagi, selon Le Monde.fr. « A l’époque, j’étais ministre de l’Education », les propos d’Hervé Morin « ne visent qu’à jeter le soupçon sur des gens qui, comme c’est mon cas, n’ont jamais été soupçonnés », a-t-il également déclaré au Monde.fr.

Le 15 novembre, l’ancien ministre de la Défense Charles Millon entendu comme témoin dans un volet de l’enquête sur l’attentat de Karachi, a indiqué que la vente en 1994 de sous-marins au Pakistan avait donné lieu à des rétro-commissions, a-t-on appris de sources judiciaires. Rétro-commissions qui auraient pu financer la campagne électorale d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole de campagne. L’ancien Premier ministre était le rival au sein de l’ex-RPR de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995.

L’attentat de Karachi a coûté la vie en mai 2002 à 15 personnes dont 11 Français de la Direction des constructions navales (DCN). AP

http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

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