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Vers un bouclier antimissile américain en Europe du Sud ?

lundi 23 août 2010

Les États-Unis seraient sur le point d’activer un bouclier antimissile au-dessus de l’Europe méridionale. C’est ce qu’affirme le quotidien américain The Washington Post. Cela se ferait dans le cadre de mesures de consolidation de systèmes de défense régionale contre la menace de tir de missiles depuis l’Iran.

Reuters

Le WP, citant des responsables du ministère américain de la Défense, affirme que le Pentagone est proche d’un accord pour installer une station radar terrestre, essentielle pour le système, probablement en Turquie ou en Bulgarie. L’installation d’un radar en bande X de grande puissance permettrait de rendre opérationnelle en 2011 la première phase de ce bouclier.

En septembre 2009, le président américain Barack Obama avait abandonné un projet de bouclier antimissile appuyé par son prédécesseur George W. Bush et qui prévoyait l’installation d’un puissant radar en République tchèque et de dix missiles balistiques d’interception longue portée en Pologne d’ici 2013. Ce projet avait déclenché la fureur de Moscou, qui l’avait qualifié de menace pour la sécurité à ses portes, bien que Washington ait insisté sur le fait que son objectif n’était que de parer à la menace d’un éventuel tir de missile longue portée depuis l’Iran.

La mer, élément essentiel de la défense antimissile américaine

En remplacement, le président démocrate a lancé un programme qualifié de plus flexible et censé entrer en vigueur par phase. Selon l’article du Post, l’armée américaine travaille ainsi avec Israël et ses alliés dans le golfe Persique pour édifier et améliorer leurs capacités défensives contre les missiles. Les États-Unis ont installé une station radar terrestre en Israël en 2008 et prévoient d’en installer une dans un pays arabe de la région du Golfe, ajoute le Post.

Le quotidien souligne que les défenses antimissiles en Europe, Israël et dans le Golfe sont techniquement séparées et à des stades de développement différents, mais qu’elles sont toutes conçues pour être reliées à un centre de commandement et de contrôle opéré par ou avec l’armée américaine. La Roumanie a accepté d’accueillir sur son sol, à partir de 2015, un système de combat Aegis. En 2018, ce sera au tour de la Pologne. Le bouclier de Barack Obama ne devrait être pleinement opérationnel qu’en 2020.

En attendant, des navires antimissiles (armées de douzaines de missiles SM-3 intercepteurs) américains de classe Aegis sont déjà opérationnels dans l’est de la Méditerranée depuis l’année dernière, indique le journal. Il s’agit d’opérer de façon plus flexible qu’avec les seules bases terrestres.

Les navires assurent la défense européenne, mais aussi celle des bases américaines sur le Vieux Continent, potentiellement déjà menacées par les missiles iraniens dont la portée atteint 1.900 kilomètres.

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