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La bombe démographique planétaire

vendredi 7 mai 2021

Sommes nous trop nombreux sur terre ?
C’est la question que se posent beaucoup de gens devant le plan de cette crise « sanitaire » montée par les cabinets et les lobbies de nos élites.

  • « avant il y avait une guerre et ça repartait. »

Les cycles d’économie de guerre ont été remplacés par les bulles technologiques et maintenant par la bulle sanitaire.
La création d’un marché passe par la fabrication d’un mensonge, et le marketing œuvre par l’information et le divertissement.
On peut avancer que la vie d’un pays s’identifie à la démocratie économique, où les entreprises sont plus puissantes que les nations.
Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum, nous donne une piste :
« il reste trois grandes puissance dans le monde actuel : les Etats-Unis, la Chine et... Alphabet (Google) » !
Sergei Brin, le fondateur de Google ne croyait pas à l’intelligence artificielle, il reconnaît aujourd’hui être « incapable de prédire les limites des possibilités incroyables qui sont en train d’arriver ».
« La vitesse des progrès de l’intelligence artificielle dépasse les prévisions les plus optimistes ».
« pratiquement tout ce qui nécessite 10 secondes d’attention voire moins va pouvoir être réalisé par ces algorithmes ».
La patronne d’IBM Gini Rrometty en convient : « les technologies vont entraîner une concentration des richesses inconnue dans l’histoire ».

Nos élites redoutent les révoltes populistes contre les robots tueurs d’emplois...
l’IA intelligence artificielle va remplacer les hommes, qui représentent un coût que macron qualifiait de « pognon de dingue ».

La démographie ne représente pas de danger pour la planète puisque les courbes démographiques se régulent toujours pour aller vers l’équilibre. Seul le nombre croissant de pauvres peut favoriser les révoltes populaires et créer un risque structurel dans l’établissement d’une révolution numérique, où chaque être humain, doit abandonner ses libertés, ainsi que la plus intime qu’il soit, sa propre vie.

Bernard Jomard

Tout d’abord ne pas oublier que la démographie c’est le Destin. Et il faut savoir qu’aujourd’hui un être humain sur sept, soit un milliard, est officiellement invisible. La moitié de ce milliard se retrouve en Afrique ; ils sont 78% au Nigéria à n’avoir aucune identité. Le Bangladesh, le Pakistan et l’Inde représentent 30% de ces invisibles.

Les ONG et l’ONU définissent comme invisibles les humains n’ayant pas de papiers d’identité, les parents ignorant alors l’importance d’enregistrer leurs enfants, ou étant souvent trop éloignés de services d’états civils souvent défaillants. L’Inde a tenté avec son système Aadhaar de remédier à cette difficulté. Ce système numérique et biométrique semble avoir été capable d’enregistrer un milliard d’Indiens. Cela pour un coût modéré, moins d’un demi-dollar par personne. A noter enfin que l’achat d’une fausse identité fut, semble-t-il, favorisé par ce nouveau système.

Vision globale

Dans les quarante prochaines années, le Japon perdra environ 35% de ses forces productives ; cela sera 32% pour l’Italie, 27% pour notre atelier du monde, la Chine, 21% pour l’Allemagne et moins de 10% pour la France.

Démographie européenne

Ce qui est certain, c’est que la prochaine révolution européenne sera démographique. Selon Eurostat, la population de l’Union européenne était de 512 millions au 1er janvier 2017. Une hausse de 1,5 million d’habitants sur un an. Mais une hausse totalement liée au solde migratoire. Alors, comment se situera l’Europe en 2050, sachant que la plupart des personnes qui vivront cette année-là sont déjà nées ?

Stagnation de la population européenne

Il est vraisemblable que la population européenne régresse au cours des prochaines années, pour se stabiliser autour de 500 millions en 2050, mais avec environ 50 millions d’actifs en moins. Car il faut noter que, depuis 2015, le nombre de décès est supérieur au nombre de naissances. L’Europe se dépeuple dans l’indifférence générale. Alors que la croissance d’un pays, d’un continent, est totalement liée à son évolution démographique.

France

Quant à la France, depuis 2014, on constate que l’espérance de vie fait du yoyo et que le chiffre stagne ou baisse chez les femmes et ne progresse que très légèrement chez les hommes. Mais, surtout, on remarque une baisse inexpliquée entre 2014 et 2015, l’espérance de vie des Français avait alors reculé de 0,3 ans. Savoir que l’espérance de vie en bonne santé baisse pour les femmes et les hommes. Enfin, la France à un taux de natalité de 11,2 pour 1000 habitants.

Natalité européenne vs américaine

Si l’on compare la croissance américaine à la croissance européenne des années 80, la croissance américaine a été en moyenne supérieure d’un point. D’après l’étude Rexecode, la moitié de ces 1% était liée au dynamisme de la natalité américaine. L’autre moitié au temps de travail supérieur aux États-Unis.

La Chine aussi touchée par cette stagnation

La Chine est aujourd’hui le premier pays au monde par sa population. Mais, la population n’atteindra certainement jamais le 1,42 milliard d’habitants, elle plafonnera dans 12 ans pour ensuite fortement décliner !

Si on regarde seulement Beijing, la population a commencé à baisser en 2011. Cela est bien sûr lié à la l’évolution de la démographie, mais il ne faut pas oublier la volonté des autorités chinoises de lutter contre la pollution.
Enfin, l’approvisionnement en eau des grandes métropoles de ce pays reste aussi un sujet majeur qui incite à limiter la population.
Ce pays a aujourd’hui un avantage économique considérable car approximativement 60 % de sa population est d’âge actif (15-59 ans), à comparer à approximativement 50 % au Japon. En Chine, il y a donc aujourd’hui peu de personnes économiquement dépendantes, la part des personnes âgées de 65 ans ou plus, qui était de 7 % en 2000, atteindra 24 % en 2030-2040.
Le nombre de naissances baisse inexorablement chaque année ; il se situe maintenant à moins de 15 millions par an, alors qu’il était de plus de 17 millions il y a peu. Et le taux de natalité est passé de 15 pour mille il y a une vingtaine d’années à 10 aujourd’hui. Alors que la politique de l’enfant unique adopté en 1970 a été abolie en 2015 par le président Xi Jinping.
Dans les 25-30 ans, la Chine comptera alors entre 220 et 250 millions d’actifs de moins qu’aujourd’hui, et c’est considérable pour l’usine du monde !
Et cela explique l’intense et rapide robotisation de l’industrie de ce pays, sujet peu étudié par les Occidentaux.

L’Afrique un continent qui a trop d’enfants

C’est sur ce continent que l’espérance de vie a très fortement augmenté, cela essentiellement grâce à la très forte baisse de la mortalité infantile. Grâce à cela, la population africaine devrait doubler d’ici à 2050. Quand un pays comme le Niger, pays où la planification familiale et la contraception sont gratuites, compte malgré cela 7,6 enfants par femme, il court à sa perte. D’après l’ONU, la population du Niger pourrait passer de 21 millions aujourd’hui à 68 millions en 2050. Le Nigéria devrait lui aussi voir sa population passer de 190 millions à 410 millions en 2050. Aucun pays ne peut dégager les budgets d’éducation et de santé nécessaires à une croissance démographique de près de 4% par an.
Cette bombe a retardement nous rendrait plutôt afropessimistes. Elle fait surtout planer un sérieux doute sur la capacité de l’Afrique à générer une croissance économique en adéquation avec l’augmentation de sa population.

Dividende démographique

D’après l’expert Adair Turner, le « dividende démographique » n’est en fait qu’une illusion. Car cette augmentation est due essentiellement à la baisse de la mortalité infantile, et à la hausse de l’espérance de vie. Ce qui se confirme par le fait que le PIB de l’Afrique subsaharienne a seulement doublé en un quart de siècle ; il est en fait passé de 1 600 dollars à 3 700. Turner nous explique aussi que l’Afrique ne sera pas la Chine de demain, elle qui a connu une croissance économique plus rapide en raison du rajeunissement de sa population. La Chine qui est devenue aujourd’hui, grâce à son industrialisation et grâce au développement de ses infrastructures, la première puissance mondiale en terme de PIB (PPA- Parité de Pouvoir d’Achat) avec 17,3% du PIB mondial, contre 15,8% pour celui des États-Unis, la zone euro pesant elle 12%. Source World Economic Outlook.

Maghreb et Égypte

Le Maghreb maîtrise assez bien sa natalité avec un chiffre de 2,4 seulement selon l’Ined. Sa population ne devrait donc progresser que de 130 millions d’ici à 2050.
Sa voisine l’Égypte avait-elle vu jusqu’en 2005, sa démographie suivre l’évolution à la baisse, des pays d’Afrique du Nord. Cette année-là, la démographie avait atteint un point bas de 3 enfants par femme. Depuis, la progression est quasi permanente. Le taux de natalité est passé de 25,5 pour 1000 habitants à 31,5 pour 1000 habitants en dix ans. En 2017 la population égyptienne franchissait le cap des 95 millions d’habitants.

Que se passera-t-il donc demain en 2050/2060 ?

Le changement de centre de gravité économique vers les pays émergents se poursuivra dans les 25-30 prochaines années, avec des mécanismes de croissance transformés, à cause du vieillissement des populations industrielles.

Pour la Chine précisément, son PIB devrait être multiplié par 7 à 9 d’ici 2050.

Les économies des États-Unis et de l’Union européenne ne devraient progresser que de 80 à 90%. Enfin, jusqu’à 2050 on ne devrait pas voir une émergence rapide de l’Afrique subsaharienne, à cause du grand retard en termes d’éducation ou de participation des femmes au marché du travail. En résumé, l’augmentation de la productivité a représenté l’essentiel de la croissance depuis les années 1980.

Cela ne devrait pas se reproduire à l’échelle mondiale dans les 25-35 années qui viennent à cause du vieillissement des populations chinoises, européennes et japonaises qui ne sera pas compensé par l’Afrique (faibles niveaux de formation & d’éducation).

Dans le passé, les prévisions démographiques se sont souvent révélées fausses, on devra donc certainement se contenter d’observer l’évolution et de s’adapter. Néanmoins si on se réfère au premier livre étude sorti sur les conséquences pour la planète de l’évolution de la croissance et de la démographie, les quatre chercheurs du MIT qui ont rédigé ce Meadows Report ou The Limits to Growth en 1972 attiraient notre attention sur cette démographie galopante qui était le premier facteur pouvant générer un effondrement.

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