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Bloody America : d’Orlando à Dallas, assiste-t-on peu à peu à l’apparition d’un terrorisme racial  ?

jeudi 14 juillet 2016

Dallas 7 juillet

« Le suspect a dit qu’il en voulait aux Blancs, qu’il voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs  » dixit David Brown, chef de la police locale… lui même afro-américain.
Cinq membres des forces de l’ordre sont abattus, sept autres grièvement blessés par Micah Johnson, 25 ans, ancien GI’s en Afghanistan et réserviste après avoir quitté l’Armée en en avril 2015 [1]

Un acte qui fait suite à une longue série de tueries du même type, perpétrées par des citoyens américains - de fraîche date - et dues à des militaires de retour du théâtre des opérations [2]
Il est vrai que les aventures néo-impériales et les guerres de conquête que conduisent depuis la chute du Mur de Berlin les élites apatrides des É-U, n’arrangent rien.

L’armée américaine est en effet confrontée aujourd’hui à une forte dégradation de son habitus comportemental et moral. En outre une sévère crise des vocations affecte l’Armée qui, pour pallier les difficultés de recrutement, accepte l’engagement d’individus aux passé douteux, ayant parfois des antécédents judiciaires, voire un passif psychiatrique… «  On fait même désormais face à la présence de gangs dans certaines bases en Afghanistan  » [3]. Le Los Angeles Times va jusqu’à avouer que «  le taux de maladies mentales a presque doublé parmi les hommes depuis l’envoi des troupes en Irak et en Afghanistan  » [4].

Terrorisme racial

Au-delà se pose de façon plus générale la question de l’intégration et des greffes culturelles dans un monde peu ou prou schizophrénique, c’est-à-dire en plein processus de dissociation mentale collectif. Autre question, corrélative de la précédente, celle d’un terrorisme racial, dirigé contre les Blancs américains comme peut le laisser entrevoir l’affaire de Dallas (cf. note n°1) ; un fait déjà récurrent, mais certainement appelé à occuper une place croissante dans le tableau symptomatologique des dérives et déséquilibres sociétaux, en Occident principalement.

Car depuis quelques années se développe en Amérique un courant de rejet – le terreau sur lequel poussèrent les ronces d’une haine inter-ethnique - à l’égard des policiers blancs. Phénomène marqué par la naissance en 2012 de Black Lives Matter (La vie noire a un prix), apparu à la suite du décès du jeune Trayvon Martin abattu par un vigile… latino-américain. Ce mouvement se concentre exclusivement sur les «  violences policières  » caucasiennes, en un mot «  blanches  ». À Dallas, les manifestants s’étaient ainsi réunis pour protester contre la mort de deux noirs très récemment tués par des policiers dans des conditions apparemment déplorables. Le président Obama s’empressait alors de condamner les violences policières en les présentant comme essentiellement racialistes… Et ce, au mépris des crues réalités de terrain que recèlent les données officielles du United Census Bureau et du Bureau of Justice Statistics. Celles-ci nous apprennent qu’en 2015 « la population afro-américaine a commis 52,5 % des homicides tandis qu’elle ne représente que 12,6 % de la population, et que 93 % des afro-américains assassinées l’ont été par des membres de leur propre groupe racial. Quant aux victimes de la police, 990 toujours en 2015 sur lesquelles 494 Blancs pour 298 Noirs. » [5].

Difficile dans ces conditions de présenter les communautés afro-américaines comme victimes privilégiées d’un incurable racisme blanc… D’autant que nombreux sont ces flics issus des mêmes groupes ethniques que leurs victimes, sachant que «  beaucoup d’entre eux sont des brutes tout droit sorties de l’armée, qu’ils soient blancs, noirs ou hispaniques  » [ibid.]… À l’instar du tueur de Dallas, vétéran de l’Hindou Koush  ! Territoire par excellence de la guerre terroriste qui, on le sait, est éminemment contagieuse… surtout pour les sujets réceptifs ou culturellement ou spirituellement immunodéprimés. Des flics la plupart du temps mal dégrossis, droit sortis des brasiers afghan ou irakien, peu formés aux contraintes et impératifs du maintien de la paix civile, qui se croient à l’occasion toujours en zone de guerre… se trouvant confrontés à des individus généralement armés, souvent issus de minorités fortement délinquantes, celles-ci n’hésitant pas tirer les premières. Résultat les policiers dégainent et tirent par peur et réactivité intempestive, indépendamment des origines et de la pigmentation de leurs « clients ». Cinquante et un policiers ont été tués aux États-Unis en 2014 selon les statistiques du FBI publiées lundi 11 mai 2015 dont 46 par armes à feu, contre 27 en 2013, par suites d’une agression criminelle, une hausse de 89 % par rapport à 2013, sur fond de montée des tensions raciales dans le pays [6].

Guerres intérieures prélude aux grands conflits extérieurs

Reste comme le souligne Patrick De Ridet [7] que les Trotskistes qui hier encore excitaient les noirs américains à la guerre civile – tout au long notamment des trois décennies 60, 70 et 80 - se sont aujourd’hui embourgeoisés, qu’ils sont devenus des notables et des élus repus, et qu’ils se font désormais désigner sous le respectable vocable chic de Néoconservateurs… Quoi qu’ils soient, ils demeurent toujours d’une férocité sans égale lorsqu’il s’agit de démanteler les derniers États-nations du Levant, du Maghreb ou du Machrek, Irak, Libye, Syrie, Yémen… par le truchement d’Ankara et de Riyad, et de leurs mercenaires respectifs, Al Qaïda et l’État islamique [8].

Néanmoins, a contrario des apparences, rien n’est moins certain que les Néocons aient renoncé le moins du monde à semer le chaos en Amérique du Nord… Pour conduire des guerres extérieures rien de tel que de commencer par les installer au cœur de la nation  ! Le Choc des civilisations pour être accepté - et afin de faire accepter les affrontements et le cortège de morts qui inéluctablement l’accompagne, que ce soit contre l’Islam ou à l’encontre de l’Orthodoxie russe - doit nécessairement se déployer au préalable sur un champ de bataille intérieur. En un mot, prospérer autour d’une fracture sociale toujours plus large, une plaie toujours plus béante  : les vagues d’immigration doivent dans ce contexte servir à accélérer cette marche à l’abîme et à la guerre civile, prélude des grandes conflagrations périphériques.

De toutes les façons, ces confrontations extérieures, celles, que nous promet la candidate Démocrate Clinton - à commencer par l’Iran et la Syrie [9] - pour complaire au Likoudniki de Washington et de Tel-Aviv, ne devraient en tout état de cause pas vraiment apaiser les tensions interconfessionnelles et intercommunautaires – islamistes et allogènes vs décadentistes - qui meurtrissent les pays promoteurs, l’avant-garde, ceux du peloton de tête de la décomposition moderniste/occidentaliste.

Amérique et culture de mort

Insistons sur le fait que les ÉU sont a priori une nation brutale façonnée par les hors-la-loi qui en furent les pionniers et que l’Amérique continue plus que jamais à baigner dans un climat d’ultra violence raciale exalté et entretenu par Hollywood et certaines œuvres multi oscarisées sous les vivats de la presse unanime… pensons à «  Django unchained  » du triste sire Quentin Tarentino [10] ou à un moindre degré à «  Twelve years slave   » de Steve McQueen, des « œuvres » infraculturelles qui entretiennent vive la plaie purulente de la haine interethnique et de la lutte des classes. D’un côté l’establishment cosmopolitiste prône et attise la guerre des races – ce qu’a fortement souligné le leader de « Nation of Islam », Louis Farrakhan [11] à propos de la réjection infernale de Tarentino – et de l’autre pratique le terrorisme moral le plus abject à l’égard des blancs dont l’instinct de conservation n’est pas encore tout à fait mort.

Quoi d’étonnant enfin que, dans un climat d’apologie structurelle de la guerre interraciale (via le culte idolâtrique et méphitique des sous-œuvres hollywoodiennes) que le président Obama – qui aura écourté sa visite en Europe d’une seule journée pour se rendre à Dallas, les préparatifs de guerre contre la Russie n’étant pas une mince affaire - fasse également de la surenchère dans le deux poids deux mesures au profit de la communauté dont il est issu  ? Cela en stigmatisant l’«  acte homophobe  » que serait la tuerie d’Orlando le 12 juin, et ses 49 morts gays. Notons qu’Omar Mir Saddiqui Mateen, habitué de la « boîte » Lgbt, était depuis 2007 agent de sécurité chez G4S, une agence de sécurité israélo-britannique, et à ce titre officiellement titulaire d’un port d’armes.

De manière identique, dans le cas des bavures policières à répétition (mais surtout montées en épingle et exploitées médiatiquement à sens unique), M. Obama dénonce sans aucune nuance le racisme des forces de l’ordre, faisant preuve en cela d’une navrante méconnaissance des réalités statistiques (voir surpra) ou pire, d’une navrante partialité. N’a-t-il pas parlé d’ « incident  » à propos de Dallas et de l’assassinat de cinq agents de police ? Il reviendra quelques heures plus tard sur ces propos scandaleux, révélateurs cependant de l’état d’esprit régnant à la Maison-Blanche et au sein du premier cercle des Démocrates. Un milieu de toute évidence imprégné sui generis d’une idéologie du ressentiment et de l’affrontement systémique intercommunautaire. Obama ayant finalement condamné les meurtres, il ne le fit néanmoins qu’après avoir presque explicitement justifié la violence contra policière et anti-blanche. Autrement dit après avoir fourni une « caution morale » à un carnage pourtant d’une gravité extrême, ne serait-ce que par sa portée symbolique… Cela dans une Amérique virtuellement menacée de dislocation vu l’actuel contexte de crise économique, financière, politique et sociétale. Une crise polymorphe qui fragilise et menace désormais tout l’occident.

Conséquences prévisibles

 « Mitterrand avait en ce qui le concerne pris la responsabilité de mettre en scène dès 1984 la division raciale de l’Hexagone avec la création de SOS Racisme sous la houlette de deux trotskistes, Julien Dray et Harlem Désir » [12]. Or nous assistons à la radicalisation d’un racialisme qui avance à présent à peine masqué, exploitant à fond le juteux filon de la menace islamiste… Tout en promouvant une virulente idéologie anti-souverainiste et anti-identitaire  : une double contrainte conduisant à une sorte de schizoïdie et à la neutralisation politique des masses. Configuration psychologique et idéologique préparant très explicitement, au prétexte d’antiracisme, «  le terrain pour la solution finale que serait la guerre civile. Par ce que la gauche, aux ÉUA comme en Europe, est en train de préparer la dissolution des peuples par « “implosion” » [13]… invasion, remplacement ou décomposition irrémissible. Au choix, bon choix  !

Léon Camus 9 juillet 16

Notes

[1Maçon et charpentier, Micah Johnson est décrit comme un solitaire, actif sur Facebook  «  le compte du suspect inclut des noms comme Fahred Hassen, et Eric Griffin ou Doctor Griffin alias Professor Griff  ». Selon la police de Dallas  : «  Griffin croit en une forme radicale d’afrocentrisme et a écrit un livre (!) intitulé “A Warrior Tapestry”, traductible par Le panorama du guerrier » [lesinrocks.com9juil16]… «  En fouillant le domicile du suspect, la police a découvert du matériel servant à fabriquer des bombes, des gilets pare-balles, des fusils, des munitions et un journal personnel de tactiques de combat ».

[2Deux exemples saillants  : la fusillade de Fort Hood, Texas, le 5 novembre 2009, forfait accompli par le commandant Nidal Malik Hasan, Américain d’origine palestinienne, psychiatre dans l’armée de terre des États-Unis, treize morts et une trentaine de blessés  ; 16 juillet 2015 quatre Marines tués dans une double fusillade à Chattanooga dans le Tennessee dans un centre des réservistes de la Navy et du corps des Marines par Mohammod Youssuf Abdulaziz, 24 ans, Américain d’origine koweïtienne…

[3express.fr3avr14

[4latimes.com12mars12

[5Données tirées d’un article de Gabriel Robin (bdvoltaire.fr9juil16).

[6rfi.fr11mai15

[7BdV9juil

[8Ankara avec qui Bruxelles a repris les négociations d’adhésion à l’Union européenne. État qui, en tant que Pilier oriental de l’Otan, est destiné à occuper une place de choix dans le dispositif de contention offensive de la Russie. Planification discutée à Varsovie ces derniers jours alors même qu’intervenait au Texas la tuerie de Dallas.

[9Cinquante diplomates et hauts fonctionnaires américains ont formé un groupe «  dissident  » exigeant du secrétaire d’État John Kerry, par le truchement d’un courrier comminatoire, l’entrée en guerre des É-U contres la République arabe syrienne (Damas) [AFP17juin16]. Le chef du renseignement militaire hébreu, le Major général Herzi Halevy, déclarait à l’occasion de la Conférence Herzliya [mi-juin16] «  qu’Israël refuse la défaite de Daech  » [sputniknews.com23juin16].

[10Lequel s’était déjà fait remarqué par un chef d’œuvre de la culture de la haine, «  Inglourious basterds  ». Film «  culte  » douze fois oscarisé et awardisé, trente-sept fois nominé et Palme d’or en 2009 au Festival de Cannes. Au reste une sinistre apologie de la barbarie sous forme d’une fastidieuse et sordide boucherie humaine, le tout sous couvert d’une esthétisation de la vengeance exercée envers les soldats allemands. Sorti en sept. 2009 en Israël, le réalisateur s’était dit à l’époque effrayé par les réactions hystériques des spectateurs rugissant de plaisir à chaque vomitif assassinat. Certains ont voulu voir dans la tragédie du Bataclan une transposition de la scène finale du film au cours de laquelle l’élite nazie périt dans un cinéma en flammes.

[11Le chef suprématiste noir admire publiquement le candidat Donald Trump pour son indépendance morale, politique et financière. Inutile de chercher quelque paradoxe que ce soit, il n’y en a pas [usnews.com1mars16].

[12L ‘ «  Histoire secrète de SOS Racisme  » (1990) sous la plume de Serge Malik  ; l’un des fondateurs du mouvement, celui-ci dénonce avec François de Closets, une manipulation politique de l’antiracisme, une surreprésentation des adhérents de l’Union des étudiants juifs de France et une marginalisation des « beurs », faire-valoir, idiots utiles et écran de fumée.

[13BdV9juil16/PaulJambier

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