Geopolintel

Qui est Moderna, la biotech américaine à l’origine du premier vaccin expérimental contre le Coronavirus Covid-19 ?

jeudi 9 avril 2020

Dirigée par le Français Stéphane Bancel, la biotech américaine Moderna Therapeutics s’est spécialisée dans les traitements à base d’ARN. Cette technologie est à l’origine de la fabrication du premier vaccin expérimental contre le Covid-19, qui est actuellement testé sur un groupe de 45 patients sains aux Etats-Unis. Les autorités sanitaires appellent tout de même à la prudence car il faudra entre un an et un an et demi pour que le vaccin soit disponible sur le marché.

Stéphane Bancel est directeur général de Moderna depuis octobre 2011 et membre du conseil d’administration de Moderna depuis mars 2011. Avant de rejoindre la société, M. Bancel a occupé pendant cinq ans le poste de directeur général de la société française de diagnostic bioMérieux SA. De juillet 2000 à mars 2006, il a occupé différents postes chez Eli Lilly and Company, notamment celui de directeur général pour la Belgique et de directeur exécutif de la stratégie de fabrication mondiale et de la chaîne d’approvisionnement. Avant Lilly, M. Bancel a occupé le poste de directeur des ventes et du marketing pour la région Asie-Pacifique de bioMérieux.

M. Bancel siège actuellement au conseil d’administration de Qiagen N.V. et a précédemment siégé au conseil d’administration de BG Medicine, Inc. et de Syros Pharmaceuticals, Inc. (Nasdaq : SYRS). Il est actuellement Venture Partner chez Flagship Pioneering et administrateur du Museum of Science à Boston. M. Bancel est titulaire d’une maîtrise en ingénierie de l’École Centrale Paris (ECP), d’un Master of Science en génie chimique de l’Université du Minnesota et d’un M.B.A. de la Harvard Business School.


Les Instituts américains de la santé (NIH) ont annoncé, le 16 mars 2020, le début d’un premier essai clinique pour un vaccin contre le Covid-19. 45 participants sains recevront deux doses du vaccin par injection intramusculaire à environ 28 jours d’intervalle.

C’est la start-up Moderna Therapeutics, fondée en 2011, qui à l’origine de ce précieux sérum. Elle a réussi un tour de force en le fabriquant en seulement 42 jours, contre environ un an habituellement. Si les scientifiques ont pu fabriquer si vite ce vaccin, c’est grâce aux études qu’ils avaient menées en interne sur le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Cette annonce a fait bondir son action de 12,3% à 20,90 dollars à la Bourse de New York, à contre-courant des principaux indices américains qui sont profondément dans le rouge.

Spécialiste des traitements à base d’ARN

Basée à Cambridge, dans le Massachusetts, cette biotech est actuellement dirigée par le Français Stéphane Bancel. Elle s’est spécialisée dans les traitements à base d’ARN (acide ribonucléique) et travaille sur un large éventail de traitements : anticorps, protéines thérapeutiques et vaccins. En octobre 2013, la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) lui a accordé une subvention d’une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie anti-ARNm, afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques.

Dans le fonctionnement des cellules, l’ARN constitue l’étape intermédiaire entre l’ADN et les protéines. Plutôt que d’administrer les protéines contenues dans les médicaments actuels, l’idée est d’administrer directement l’ARN, c’est-à-dire le « programme » qui produit ces protéines. Une approche qui semble simple mais dont l’exécution en pratique est très compliquée.

Le vaccin expérimental « ARNm-1273 » repose justement sur cette technique.
Il doit ordonner aux cellules de l’organisme d’exprimer une protéine virale dont les scientifiques espèrent qu’elle produira une réponse immunitaire robuste. Pour l’instant, il s’est révélé prometteur sur les animaux, d’où la possibilité de l’administrer à l’humain et à débuter la phase 1 de l’essai clinique. L’objectif de cette étape est de vérifier l’innocuité d’un vaccin, démontrer qu’il atteint la région cible dans l’organisme et acquérir des preuves préliminaires affirmant sa valeur thérapeutique.

Un long chemin à parcourir

Les phases 2 et 3 permettent d’accroître le nombre de participants à l’essai. Avant de mettre le produit sur le marché, l’étape de pharmacovigilance devra surveiller l’efficacité des médicaments et la prévention du risque d’effet indésirable résultant de leur utilisation, que ce risque soit potentiel ou avéré. Le chemin est donc encore long... et pourrait par ailleurs être considérablement affecté en cas de mutation du virus.

Alice Vitard

—  0 commentaires  —

© Geopolintel 2009-2020 - site réalisé avec SPIP - l'actualité Geopolintel avec RSS Suivre la vie du site