Geopolintel

Terreur globale

Révolution mondiale et stratégie du chaos

jeudi 28 juillet 2016

L’on ne saurait comprendre aujourd’hui le terrorisme qui frappe nos sociétés de plein fouet en le réduisant à une simple confrontation confessionnelle s’inscrivant dans un inéluctable Choc des Cultures. Islam versus Occident. Confrontation qui serait consubstantielle à des civilisations intrinsèquement antagonistes. Ce qui peut s’avérer partiellement vrai en ce qui concerne une communautarisation aussi forcée qu’artificielle des sociétés d’héritage gréco-latin et chrétien, ne l’est pas entre des Nations qui ne sont pas nécessairement prédestinées à se faire la guerre… Dans la mesure bien entendu où celles-ci ne sont pas dirigées par des sectes ou des confréries usant de l’islam comme d’un levier de pouvoir, d’intolérance ou d’un outil de conquête. De ce point de vue, l’évolution politique et islamiste de la Turquie, Pilier oriental de l’Otan, ne peut qu’inquiéter.

La guerre interconfessionnelle et intercommunautaire globale, voici cependant ce que visent les stratèges de la terreur globale. Des acteurs cachés dont on devine la présence et l’influence à la façon dont les physiciens hypostasient l’existence de la matière noire. Ceux-ci, invisibles à l’opinion, utilisent et manient le mercenariat fanatique qui a nom Daech, al-Nosra ou l’Armée syrienne libre, à la fois pour détruire les États souverains (néanmoins l’État syrien tient toujours debout n’en déplaise à ses ennemis idéologiques), mais encore pour jeter alentours des brandons de discordes civiles… Des retours de flamme terroristes qui pourraient être des précurseurs de guerres civiles de basse intensité. En effet, certains espèrent silencieusement - afin de nous faire épouser leurs propres querelles, pensons à la Palestine froidement dévorée par la colonisation – nous entraîner dans une confrontation létale avec tout ou partie des masses immigrées auxquelles les mêmes se sont employés de longue date à offrir, sans obligation ni sanction, la grasse terre de France.

Ce qui, en toute logique, pourrait bien advenir en réaction aux attentats en série… surtout si ceux-ci devaient se poursuivre au même rythme, cela en dépit de l’apathie, ou de la résilience, des Hexagonaux d’origine. De tels embrasements, même limités serviraient ainsi la cause perverse des semeurs professionnels de zizanie. Quant à la nonchalance avec laquelle nos gouvernements, en particulier en France et en Allemagne, réagissent aux attentats qui nous endeuillent, elle montre à quel point nos pseudos élites sont déconnectées du réel… indifférentes parce qu’elles ne sont en fait que de pitoyables mandatés, des exécutants agissant sans broncher aux sommations de leurs parrains oligarchiques. Il est également clair que le terrorisme sert les équipes en place et que, malgré leur nullité crasse, il est un prétexte à leur maintien au pouvoir. Notons cependant que de ce point de vue, si le l’affaire Charlie et le carnage du Bataclan ont fait oublier un instant la criminelle impéritie de nos gouvernants, il n’en va pas de même avec la tragédie niçoise. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise. Mais il est assuré que le terrorisme sordide sert également des visées plus machiavéliennes et plus grandioses : semer le chaos pour récolter au bout du compte la moisson du pouvoir planétaire.

Maintenant que l’on ne s’étonne pas du parallélisme que nous établissions avec insistance entre la tentative de Révolution mondiale qui vit le jour en Russie en 1917 - et se poursuivit tout au long du Vingtième siècle à travers l’œuvre souterraine du Komintern, la Troisième internationale - et la déferlante subversive du salafo-wahhabisme… ce communisme du nouveau millénaire qui s’adresse aux masses du Tiers-Monde islamique. Un Tiers-Monde hélas bien implanté au cœur de nos cités et dans nos démocraties en voie de décomposition accélérée. C’est que le projet messianique subversif de Lénine et de Trotski n’a pas du tout été abandonné et, qu’au contraire, il n’a jamais été autant d’actualité. La Gouvernance mondiale est à l’ordre du jour et la stratégie du choc des civilisations en est l’une des voies et moyens pour créer le chaos global sur lequel s’installera la tyrannie illuministe qui nous est promise. Le chaos financier, la guerre, la dislocation de l’Europe dont le projet fédéral s’est heurté à d’insurmontables obstacles, autoriseront des recompositions allant dans le sens de l’instauration d’une gouvernance cosmopolitiste et l’accession au pouvoir de cette hyperclasse si bien représentée par le sieur Attali, candidat déclaré à la présidence des Céfrans.

De l’assassinat terroriste comme l’un des beaux arts

Il y a l’assassinat politique… ciblé dirait-on aujourd’hui. Des actes qui sont le fait d’organisations secrètes ou d’États. La secte des Assassins [1] frappait en son temps de façon très sélective. Rien à voir avec la violence aveugle de ces forcenés qui tuent au hasard. Au siècle dernier, les organisations clandestines qui avaient opté pour le terrorisme se trouvèrent cependant rapidement débordées par leur base. Les soldats de la cause du peuple – car c’est au nom du peuple exploité que l’on jetait des bombes - dans leur rage de meurtrir, ont très vite descendu les échelons de la hiérarchie sociale, n’abattant plus seulement les puissants mais le simple quidam pourvu qu’il soit fonctionnaire, policier, gendarme, employé de bureau, soit tous les collaborateurs de la machine d’État. Ceci s’accompagnant rapidement d’actions de grand banditisme, des attaques à main armée destinées à financer l’appareil révolutionnaire et au besoin les terroristes eux-mêmes… dont certains vivaient sur un grand pied sans que cela leur crée le moindre état d’âme [2].

À ce stade, la collusion entre criminalité de droit commun et révolutionnarisme s’estompe puis disparaît tout à fait. Chez nous, nombre de djihadistes sont des voyous non repentis, souvent de mèche avec les Services de sécurité, le prototype étant Mohammed Merah, le tueur toulousain. Staline fit ses premières armes dans l’expropriation armée et le racket révolutionnaire. D’ailleurs voleurs et casseurs ne sont-ils pas par définition des révolutionnaires en qu’ils se réapproprient les biens spoliés par les bourgeois ? Cette idée n’a pas seulement prospéré en Russie car elle n’est pas morte avec le déchaînement de la Première Guerre Mondiale : dans les années soixante-dix les campagnes trotskistes et maoïstes en faveur des « droit co » sont assez parlantes [3]. Nos modernes daechiens, plus bruts de décoffrages que nos intellos, n’ont eux pas besoin de la justification par l’immanente justice prolétarienne. Leur légitimité est autre, elle est eschatologique, ils accomplissent La prophétie. Ou du moins le croient-ils. Celle-ci leur octroie les dépouilles de l’ennemi et fait de ses femmes des concubines et de viles servantes. Au demeurant le mécanisme est le même : le droit de tuer sans limites au service d’un idéal prétendument supérieur.

Les fiancés de la mort

À telle enseigne que l’exaltation va jusqu’au sacrifice de sa propre existence. Le terroriste est un fiancé de la mort. Son impulsion destructrice s’applique à lui-même. Pensons au suicidaire – dépressif dit-on, mais c’est une façon de rationaliser des crimes qui dépassent la médiocre compréhension des choses pour les bureaucrates de la science – copilote de la Germanwing, Andreas Lubitz, qui en en mars 2015 a vaché son appareil dans les Alpes et dont les mobiles furent apparemment purement morbides. Teintez-le d’islam et vous aurez un parfait chahid (martyr). Le danger majeur en ce genre de situation, c’est l’imitation. Le fou donne des idées à tous les autres exaltés qui se persuadent à leur tour d’encore mieux faire. Et comme les déstructurés se rencontrent à foison dans nos sociétés déstructurées (et déstructurantes, toutes les bornes du sens commun et de la décence ayant sauté), à coup sûr nous assisterons à de véritables épidémies de suicides terroristes. Ce sera le lot des sociétés dites libérées, hostiles à tout ordre moral traditionnel et à toutes contraintes, où les vices d’hier sont encouragés et présentés comme les vertus d’aujourd’hui. Parce que désormais ceux qui s’aventurent à parler de morale et d’ordre naturels sont considérés, au mieux comme des importuns, au pire comme des délinquants potentiels, des hitlériens, des parias.

Criminels, fous, déséquilibrés, fêlés et terroristes, tout en un !

Terroristes et criminels, fous, déséquilibrés, drogués et fêlés sortent du même panier. Or notre société favorise, incite, cultive les pathologies mentales plus ou moins lourdes. L’infirme, l’idiot congénital, le difforme sont le Sel de la Terre. Non seulement nous nous sommes faits une gloire d’accueillir des migrants en surnombre, au mépris de tout bon sens (mais nous en savons les raisons supérieures), une politique létale dont l’Église conciliaire s’est tristement faite le zélé relais. Mais en accueillant « toute la misère du monde » nous avons également ouvert les bras à toutes les tares et maladies mentales et physiques que véhiculait cette tourbe humaine. Là encore seuls les « théoriciens de la coïncidence » n’y verront qu’un malheureux hasard. Ou bien ne verront dans ces politiques mortifères que l’effet négatif d’une indispensable générosité inhérente à ces « Valeurs » démocratiques et humanitariennes que nous ne saurions trahir (périssent la France et les Français pourvu que les valeurs triomphent).

Les prédispositions du criminel, par tempérament et par choix de vie, se vêtant à l’occasion de quelques haillons d’idéalismes qui lui permettent de se dépouiller de ses derniers scrupules – s’il en a jamais eus – et de se libérer de toutes limites. Au nom du dieu infernal de l’évangile wahhabite ou de la vulgate marxiste, le criminel voit ses forces décuplées en même temps que se trouvent levées ses dernières inhibitions. Il peut se jeter pleinement dans la guerre contre l’ordre social. L’étape suivante sera, avons-nous vu, l’émancipation du terroriste vis-à-vis de l’organisation révolutionnaire. Il n’est plus question ici de plan, de stratégie, de calculs réfléchis pour déterminer qui frapper ou comment, avec quels résultats escomptés. Les terroristes deviennent des électrons libres, agissant à leur guise sans considération pour les dégâts collatéraux et les victimes innocentes, tout s’efface au regard des finalités à atteindre [4]. Les attaques expropriatives se font à coup de bombes, fauchant indifféremment les passants et les gardes, et peu importe le nombre et la qualité des victimes. Peu à peu le terrorisme suivant sa pente évolutive devient une méthode d’extorsion de fond sous couvert d’impôt révolutionnaire. Aujourd’hui l’on terrorise pour terroriser, non pas pour instaurer le califat universel, mais pour punir, pour le plaisir ou pour la gloire de se venger. Ceux qui veulent consciemment le chaos ne se trouvent évidemment pas parmi les lampistes, ni même dans l’état-major de l’État islamique. Ils sont ailleurs et ne sont pas uniquement des musulmans radicaux [5]. La boucle est bouclée et le terrorisme servant soi-disant une cause idéaliste est revenu à sa nature première : l’exercice du banditisme exercé par des sociopathes - ou de vrais aliénés – génétiquement configurés pour la pratique ordinaire du meurtre indiscriminé et de la violence aveugle. De là s’effectue de natura rerum le passage à la guerre messianique : le règne du prolétariat érigé en idole ou celui d’un démiurge féroce parfaitement étranger à la prédication coranique. In fine, s’ajoute la dimension suicidaire, la jouissance dans l’autolyse, le mariage d’éros et de thanatos, chez des gens qui littéralement « s’éclatent » en donnant à la mort à autrui.

Mais quelle est leur motivation ? 

Les journalistes au féminin qui dominent à présent le « paf » (paysage audiovisuel français) s’interrogent avec un voile d’angoisse dans la voix : « quelle est leur motivation ? ». Question en soi comique qui voudrait introduire un motif ou de la raison là où il n’y en a pas. Rien, si ce n’est une formidable déraison. Le tueur solitaire, ou en meute restreinte, se situe aux antipodes de la normalité vraie. Et pour nous répéter, pas la a-normalité d’aujourd’hui, invertie, qui fait du pathologique une norme sociale et rejette dans les limbes de l’obscurantisme médiéval les tenants d’un ordre naturel inscrit en chacun de nous [6]. Aussi est-il difficile de nous retrouver dans le tueur fou – en dépit de la déclaration impérative faisant des hommes « des sujets de droit égaux en dignité » ! – dont l’irrationalité pathétique en fait a priori un monstre. Donc à chercher un mobile – sous entendu une rationalité – à un acte qui exprime le fanatisme en son aboutissement ultime, soit une dimension qui contredit en soi la logique, est une absurde absurdité. S’il y a une logique à chercher chez les tueurs fous, elle est bien là. Mais cette logique est à l’évidence non-aristotélicienne.

Maintenant l’on nous dit que les tueurs sont « dépressifs » comme si cela constituait une excuse ou une apparence d’explication. Notre époque est possédée par le fétichisme de l’explication. Et le vice est à ce propos censé expliquer voire excuser le crime [7] ! Toutefois le rationalisme, tout comme la Déclaration universelle des Droits humains, viennent aujourd’hui se fracasser sur la paroi de granit de la réalité. En fait la société s’efforce de trouver des excuses à l’individu criminel définitivement réputé non responsable de ses écarts de conduite. Car il serait agi de l’extérieur et seule sa fragilité le ferait tomber. Il faut alors chercher la cause du délit dans son environnement familial (freudisme) ou social et économique (marxisme), doctrines illuministes par excellence… le délinquant ne l’est en ce cas que par accident parce que sa parentèle et ses employeurs sont des être abjects qui l’ont distordu, mutilé, dévié jusqu’à le pousser au crime. On qualifie volontiers ces victimes de « forcenés », comme s’ils avaient eu un « coup de sang » (tel Mohamed Boufarkouch, le surineur de dames du village de vacances). Comme si le passage à l’acte était aléatoire, contingent, accidentel : mais enfin, le forcené, demandeur d’asile (!), qui à Stuttgart tue dans la rue à coup de sabre d’abattis une femme enceinte, avant son coup de sang, se promenait fortuitement sans doute avec une arme blanche. Le faites-vous, vous ? N’y a-t-il pas ici l’amorce ou l’esquisse d’une préméditation ?

La stratégie du chaos sanglant

Certains évoquent une stratégie de l’État islamique, à savoir « dresser les Français de branche contre les Français de souche ». En vérité l’État islamique n’a pas de stratégie définie. Il est mû par des idées simples. Son concept est celui de guerre globale. Attraire l’ennemi, tel est l’alpha et l’oméga de son projet terroriste. Le faire souffrir dans sa chair et dans son âme. J’ignore si les chefs de l’État islamique croient en un possible Califat universel ou s’ils veulent juste desserrer l’étau qui se referme sur leurs bastions de Mossoul en Irak et de Raqqa en Syrie ? Fauves blessés, ils s’efforcent de porter la guerre à l’extérieur, chez les Croisés, les impies, les infidèles. Mais leurs moyens sont faibles, quoiqu’ils détiennent un formidable atout, l’extravagant vivier, les poches de pus que les Démocraties ont laissé se constituer à la périphérie de leurs grandes cités.

N’ayant ni su ni voulu définir des politiques d’immigration, d’intégration ou d’assimilation, les gouvernements ont badigeonné d’une couche de droit-de-lhommisme leur idéologie délétère dont le but est de casser la matrice ethnique et culturelle des veilles nations européennes. « Le Verrou qui doit sauter maintenant, c’est la Nation ! » disait l’Illuminati Edmond de Rothschild [8]. Il s’agit bêtement de semer le chaos, d’affoler le bétail, de lâcher dans le troupeau les idéo-virus déclencheurs en chaîne de destructions auto-immunitaires. Ces idées mortelles vivent à présent de leur propre vie dans nos sociétés et un organisme social qui ne réagit plus est virtuellement mort. Mais la mort ne vient pas facilement, elle s’accompagne de spasmes et d’agonie.

L’État complice ?

Maintenant précisons que l’État dit français ne veut pas contrarier ses bailleurs de fonds wahhabites, ceux qui financent (en association avec le contribuable céfran), les « lieux de culte » d’où partent des combattants vers les champs de bataille du Levant. Et surtout nos dirigeants démocratiquement élus, font un calcul singulièrement pervers : les piqûres de rappel terroriste périodiques sont un précieux adjuvant à leur impuissance politique… parce que si les idéologies facilitent l’accès au pouvoir, elles sont une contre-indication décisive pour l’exercer. Ils ne peuvent l’avouer, mais le maintien d’une certaine dose de peur collective, le réflexe consistant à resserrer les rangs derrière les têtes de file du troupeau, permet de jouer la montre et de se maintenir aux commandes vaille que vaille en attendant des jours meilleurs. Ce calcul s’est avéré payant avec l’affaire Charlie, puis avec la boucherie du Bataclan [9]. Patatras, Nice est la tragédie de trop, l’effet s’est inversé. De méchantes gens vont jusqu’à demander la démission du ministre Cazeneuve (mais pas celle de Valls, il faut demeurer raisonnable) !

Mais laisser plus ou moins la bride sur le cou aux terroristes par tempérament, fêlés et petites frappes suicidaires, ceci assorti d’une subtile politique de tensions intercommunautaires, c’est évidemment jouer avec le feu et à l’apprenti sorcier, parce qu’il s’agit de maîtriser des forces explosives par nature incontrôlables. Parce que ces imbéciles sortis de l’École nationale d’administration ou promus grâce à copinages incestueux au sein de réseaux communautaristes, n’ont guère le bagage intellectuel utile à saisir selon quelle logique se développe la gangrène terroriste, ni quels en sont la dynamique et les mécanismes.

Ils persistent stupidement à croire que l’appareil sécuritaire sera en mesure de contenir la situation. C’est compter sans la fatigue des hommes qui ne luttent justement pas contre des organisations structurées, mais contre des fous et des délinquants isolés… qui effectivement « pètent les plombs » et trouvent dans une tuerie plus ou moins improvisée l’occasion de s’arracher à leur « vie de merde »… en gagnant éventuellement le paradis après s’être « envoyé en l’air » dans une apothéose de sang, de cris, de souffrances.

Messieurs, je vous en supplie, s’il vous reste une once de sens commun, étudiez mot à mot, pas à pas, les années de sang et de larmes qui ont précédé la chute de l’empire autocratique de Russie ; lisez Netchaïev et vous commencerez par entrapercevoir la nature du problème. Mais pour cela il vous faudra révisez votre conception de la nature humaine et brûler vos chères idoles, celles qui depuis deux siècles mènent l’humanité de gouffres en gouffres et de perdition en perdition. Un terroriste est un terroriste, qu’il se nomme nihiliste ou qu’il soit en état d’amok (folie meurtrière liée à la consommation de hachich), qu’il tue au nom de Daech ou du socialisme révolutionnaire. Et puis certains individus, dans certaines circonstances, sont plus susceptibles que d’autres de passer à l’acte. Ce n’est pas un mystère, c’est un fait et aucune pédagogie ou cure déradicalisante n’y pourra rien.

Nous sommes en guerre, mais contre qui ?

La liste est longue des récents attentats revendiqués par l’État islamique : Bagdad, 300 morts ; Médine, Dacca, Damas, Stamboul, Nice, Kaboul, Munich, Kaboul, Bagdad… la liste n’est pas prête d’être close.

Au risque de déplaire, mais cela ne sera ni la première ni la dernière fois, j’oserais dire que l’Occident n’est pas en guerre contre l’islam mais contre l’islam politique, une idéologie subversive ayant endossé les habits de l’islam pour embraser le monde. C’est cette idéologie subversive, le wahhabisme, et sa forme présentable, édulcorée, le Confrérisme musulman (lequel avance masqué au sein de l’appareil d’État américain, en particulier dans l’entourage d’Obama) et à qui la sphère euratlantiste fait les yeux doux en la personne du sultan Erdogan et de son parti l’AKP. Idéologie qui est l’équivalent dans le vaste monde musulman (un quart de l’humanité) du marxisme-léninisme qui laissa dans son sillage une infinie traînée jonchée de cadavres, depuis la Terreur Rouge jusqu’aux Khmers de la même couleur écarlate en passant par la Chine populaire et ses charniers maoïstes.

La lutte des classes ayant fait long feu dans le monde postindustriel (le reliquat du prolétariat mondialisé se trouvant désormais pour l’essentiel en Asie, Chine, Inde, Pakistan, Bangladesh, etc.), celle-ci a migré dans les luttes dites de « libération nationale » (ou de décolonisation). La lutte des classes s’est étendue aux deux hémisphères, elle est devenue celle du Sud contre le Nord… combinée à la confrontation Est/Ouest. Deux blocs qui sous couvert de libérer les peuples et de les émanciper des anciens empires européens (français, anglais, hollandais, portugais…), se livraient à de véritables guerres de conquêtes pour inclure les uns ou les autres dans leur propre sphère d’influence.

Cette guerre n’a jamais cessé, mais à présent ce n’est plus le capitalisme affrontant le marxisme, mais l’islamisme, ou islam radical qui est utilisé par les super stratèges de la guerre terroriste universelle afin, pour commencer, de fragmenter et disloquer le monde musulman. Vous noterez que les carnages les plus terribles n’interviennent pas en Europe, mais principalement dans le monde musulman. Ces jours-ci les chiites paient le prix fort. Le terrorisme islamiste ne vise pas en priorité les Croisés mais veut la soumission et la conversion des apostats musulmans qui on renié le « véritable islam » wahhabite.

Projet eschatologique qui s’inscrit parfaitement - par pure coïncidence - dans le cadre de la grande reconfiguration géopolitique voulue par l’Amérique-Monde et de ses maîtres occultes, entendez les marionnettistes (puppets masters) qui font danser les Obama, les Hollande, les May, les Merkel. Partons de l’idée que l’Oumma islamique (la Communauté des croyants) représente un milliard et demi de fidèles. Si l’on admet que la wahhabisme a touché 10% de l’ensemble, ce sont donc, potentiellement, 150 millions de fanatiques qui pourraient semer la désolation jusqu’à ce que l’incendie s’éteigne de lui-même… ou à l’occasion d’une nouvelle conflagration mondiale.

L’enjeu véritable : la destruction des nations

« Tous les peuples que le seigneur ton dieu te livre, tu les dévoreras, tu les regarderas sans pitié » (Deutéronome 7/16). L’idée exposée ici est simple, mais hétérodoxe et par conséquent difficile à admettre, à savoir que l’islam radical soit l’exact pendant contemporain du marxisme. Au fond nous avons la même idéologie messianique, certes sans le séduisant appareillage rationaliste qui décorait le marxisme-léninisme. Il fallait au cancer rongeant et décomposant l’islam, la forme et le langage de la tradition… la pseudo rationalité économique pour les occidentaux, le lyrisme irrationnel pour faire chavirer l’esprit des orientaux. Au final deux redoutables instrument de subversion et de conquête. L’islamisme, le wahhabisme sont des maladies dégénératives de l’islam qui prospèrent sur sa sénescence de même que le socialisme s’est développé en Europe sur le corps putrescent du christianisme. Mêmes causes, mêmes effets. Le fanatisme de l’État islamique n’est pas le signe d’une foi triomphante, mais celui de sa déchéance.

Si nous étions en guerre avec l’islam, il y a de fortes chances que cela se sache. À l’heure actuelle la France serait à feu et à sang et les six, sept millions de musulmans qui s’y sont installés se seraient empressés de constituer des réduits territoriaux d’où ils lanceraient des raids meurtriers (gazou/rezzou). Au mieux nous aurions des katibas, des unités combattantes, manœuvrant dans et à partir des jungles urbaines. Ceci pour dire que l’idée d’une guerre confessionnelle, islam vs postchrétiens, est un non-sens. Mais le terrorisme lui ne l’est pas. Il est le fruit de la décomposition de l’État, de la trahison de nos classes dirigeantes, de l’impuissance décisionnelle et politique résultant de la machinerie démocratique, le tout macéré dans la matrice idéologique rousseauiste qui falsifie essentiellement la nature de l’homme en société.

Les perdants

Nous sommes finalement perdants parce que l’on ne conduit pas de vraies guerres, surtout avec un ennemi indiscernable, avec des concepts opérationnels falsifiés ou biaisés. Rappelons enfin et pour la énième fois, que M. Henri-Lévy et son comparse Sarkozy (et consorts) devraient être déférés toutes affaires cessantes devant une cour internationale de justice pénale pour crime contre la paix et contre l’humanité… les autres suivront. Parce que sans leur guerre inique au seul profit des likoudniki israélo-américains, nous n’en serions pas là. L’incendie ne se serait pas propagé en Syrie, et toujours au profit exclusif des mêmes. Rappelons pour ne pas conclure que les djihadistes libyens qui ont renversé Kadhafi, sont ceux qui, fort de leur expérience et équipés des armes tirées des arsenaux de la Jamahiriya, ont avec l’aide des Services spéciaux américains, français, anglais, qataris, lancé la fausse guerre civile, mais vrai conflit international, de Syrie [10]. Le retour de flamme que nous subissons nous l’avons – hélas - mérité. Il est la conséquence directe des politiques conduites par ceux dont les Français ont stupidement bu les belles paroles et cru les mensonges chantournés. Quand cesserons-nous de tout gober et de rêver à ces lendemains qui chantent ? Lendemains qui portent la guerre comme la nuée porte l’orage.

Léon Camus 25 juillet 2016

Notes

[1Les nizârites, des chiites ismaéliens, formèrent une active une communauté mystique entre le XIe et le XIIIe siècle. En 1094, Hassan Sabbâh, « le Vieux de la Montagne va créer l’ordre des Assassins [Aschischin] dans sa place forte du mont Alamût, au sud-ouest de la mer Caspienne. Jean de Joinville, biographe de Saint Louis, relate l’établissement de liens entre le Vieux de la Montagne et les Templiers, mais aussi les Hospitaliers. Hassan Sabbâh rendit ainsi visite au roi Louis IX à Acre. Des alliances furent conclues à cette occasion en vue de lutter contre l’envahisseur Mongol qui ravageait la Perse. Minorité persécutée par Daech en Syrie, les ismaéliens seraient aujourd’hui dans le monde au nombre de 25 millions, leur chef spirituel étant l’Aga Khan [Inde].

[2À la fin du XIXe siècle Narodnaïa Volia , la « Volonté du Peuple » , organisation anarchiste russe pratique le terrorisme politique à coup de bombe. Elle assassina le tsar Alexandre II le 13 mars [1er mars] 1881 qui fut bien mal récompensé d’avoir aboli le servage quelques semaines plus tôt et Dostoïevski qui en fait le centre de son roman « Les Démons ». Sur la même ligne, les Socialistes révolutionnaires, Parti agrarien, qui le 28 juillet 1904 abattirent le ministre de l’Intérieur Viatcheslav Plehve puis le 17 février 1905, le grand duc Serge, oncle du Tsar, alors que les troupes russes sont défaites à 21 février [10 mars] à Moukden, les Japonais s’emparent d’une grande partie de la Mandchourie. L’organisation centralisée du terrorisme est à partir de là débordée par les militants terroristes autoproclamés agissant hors de toute stratégie et tuant pour tuer. Quant aux sociaux-démocrates, parti de Lénine et de ses affidés bolcheviques, aucune forme de terrorisme aveugle ni de grand banditisme à prétexte politique ne leur fut étranger. Cf. Roland Gaucher « Les Terroristes » 1976.

[3Agitation débridée contres les Quartiers de haute sécurité [QHS] et groupes de pression gaucho-mondains pour la libération de criminels et d’assassins patentés tels Roger Knobelspiess et Pierre Goldmann. Ce dernier personnage illustre bien l’étroite connexité existant entre l’ultra-gauche et le grand banditisme.

[4L’absence quasi pathologique de tout frein moral chez des gens comme Lénine ou Trotski est absolument frappante : pour eux, à l’absolu, « la fin justifie tous les moyens ». Il faut balayer la « morale bourgeoise », autant dire toute morale, pour parvenir à son objectif… à savoir l’appropriation totalitaire du pouvoir, tout le reste n’étant que bavardages et habillages. Dégagé de toute morale humaine, Lénine, Trotski et leurs séides purent en tout liberté pousser leur froid délire mystique jusqu’à l’instauration de l’enfer sur terre. Car seuls des furieux peuvent agir au nom d’une prétendue justice en massacrant ceux qu’ils sont censés émanciper [Cf. Ferdynand Ossendowski 1930 « Lénine »]. Rappelons que la Terreur rouge (1918/1921) pratiqua des coupes sombres dans le prolétariat et la paysannerie. Pensons également aux Néocons américain qui écrasèrent l’Irak sous les bombes au motif de les convertir à la démocratie libérale et bien-pensante (politiquement correcte).

[5On notera la collusion de moins en moins cachée entre Riyad et Tel-Aviv, c’est-à-dire entre deux soutiens majeurs d’al-Nosra/al-Qaïda, en passe d’établir des relations diplomatiques. Poussé par les deux principes d’« intérêt commun » et d’« ennemi commun », les échanges se multiplient entre les deux nouveaux partenaires comme en témoignent la rencontre au mois de février du prince Turki Al-Fayçal, ancien chef du Renseignement saoudien, avec Moshe Yaalon, ex-ministre de la Guerre d’Israël ainsi qu’avec le général Yaakov Amidror, ancien conseiller à la Sécurité nationale d’Israël au cours du mois de mai à Washington.

[6La majorité des hommes font la différence entre le jour et la nuit, de même qu’entre vérité et mensonge. Même s’il est des cultures où mentir est habituel (pour ne pas dire normal), chacun sait lorsqu’il brode et quand il dit vrai.

[7Le frère de Jack Lang, alors ministre de la Culture de Mitterrand, ayant en mai 1981 lardé de coups de couteau un consommateur dans un bistrot, sa défense argua de son ivresse… par la suite le président Mitterrand exerça son droit de grâce en faveur du frère de son ministre.

[8Le 18 juillet 1970, dans un entretien accordé au n°775 de la revue « Entreprise », pages 62 à 65, Edmond de Rothschild, quatre ans avant qu’il ne fonde la section européenne de la fameuse « Commission Trilatérale » créée par David Rockefeller et Zbigniew Brzezinski, déclarait très sereinement : « Le verrou qui doit sauter à présent, c’est la nation ! ». Trois ans plus tard, en 1973, il inspirait à Georges Pompidou la loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France dite loi Pompidou-Rothschild », laquelle interdisait à l’État d’emprunter sur son marché intérieur, le faisant passer de facto sous la coupe des prêteurs internationaux.

[9Une rumeur fortement insistante voudrait que les otages du Bataclan aient été martyrisés - émasculés, énucléés, etc. - pendant que les soldats de l’Opération Sentinelle restaient l’arme au pied à l’extérieur comme l’exigeait leur procédure d’engagement… Audition d’un policier par la Commission d’enquête parlementaire présidée par le député Georges Fenech « relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015” » 
Le policier (M.T.P.) : « Des corps n’ont pas été présentés aux familles parce qu’il y a eu des gens décapités, égorgés, éviscérés. Il y a des femmes qui ont pris des coups de couteau au niveau des appareils génitaux. Si je ne me trompe pas, les yeux de certaines personnes ont été arrachés ». Selon le journal Le Monde « ’ces allégations émanent de quelques conspirationnistes français » http://www.assemblee-nationale.fr/1....

[10À la chute de Kadhafi Abdelhakim Belhadj prendra Tripoli avec l’appui des forces françaises. Il est une figure emblématique du djihadiste aux obédiences multiples. Présent en Afghanistan dans les années 1980 où il combat les soviétiques dans les rang d’Al Al-Qaïda, il devient ensuite en Libye l’émir [commandant religieux] du Groupe islamique combattant. Après des séjours au Pakistan, en Turquie et au Soudan, on le retrouve en Irak aux côtés du chef d’Al-Qaïda, Abou Moussa al-Zarkaoui. Arrêté en Malaisie par la CIA en 2003, il est un an plus tard livré à la Libye. Emprisonné au bagne de Bouslim, Saïf al-Islam Kadhafi le libère en 2009 après avoir négocié une trêve et une amnistie avec le Groupe islamique combattant. En mai 2011, il rejoint la rébellion contre la Jamahiriya. Il se rend au Qatar où il prend la tête de la Brigade du 17 février, formée et armée par la France en partenariat avec les Émirats arabes unis. Pour finir il deviendra le 28 août 2011 le commandant du Conseil militaire de Tripoli, responsable de la capitale libyenne. Belhadj est l’homme qui organisa les premiers éléments de la rébellion syrienne avant de prendre en 2015 la tête des troupes de l’État islamique de nouveau en Lybie.

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