"Je souhaite avoir la liberté de m’engager" : pourquoi Christine Lagarde quitte la BCE à six mois de la présidentielle
En annonçant son départ de la Banque centrale européenne huit mois avant la fin de son mandat, Christine Lagarde relance les spéculations sur ses ambitions politiques.
Un départ anticipé. Christine Lagarde a annoncé, jeudi 29 octobre, qu’elle quitte la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) en février, soit huit mois avant le terme de son mandat. Il ne s’agit pas d’une surprise mais le timing interroge à six mois de la présidentielle. La question se pose plus encore lorsqu’on écoute Christine Lagarde donner les justifications de son départ, sept ans après avoir pris la tête de la Banque centrale européenne. "Je souhaite avoir la liberté de parole, la liberté d’expression et la liberté de m’engager sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire", avance l’ancienne ministre dans une vidéo postée jeudi en anglais.
De quoi alimenter les rumeurs sur sa possible candidature dans la course à l’Elysée. Il y a un mois, elle a pourtant très vite écarté cette option. Mais comme le confiait récemment une figure de la droite, alors que le bloc central recule dans les sondages, "personne ne fait vraiment envie" et chacun semble chercher la personnalité providentielle capable de redresser la situation. Christine Lagarde a l’avantage d’avoir une expérience solide avec un CV long comme le bras : ministre de l’Economie sous Nicolas Sarkozy, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) avant donc d’arriver à la tête de la BCE et d’affronter des crises comme la pandémie du Covid-19 ou encore la guerre en Ukraine.
Qui sont les candidats (déjà) déclarés à l’élection présidentielle de 2027 ?
De quoi susciter des idées chez un de ses successeurs à Bercy. "Je suis enthousiaste parce que je pense que parmi toutes celles et tous ceux qui peuvent légitimement à la fonction suprême, celle de chef de l’Etat, que l’on ne peut pas aborder sans une certaine gravité, Christine Lagarde fait partie des rares personnalités qui me semble remplir ces qualités", explique Bruno Le Maire sur LCI jeudi(Nouvelle fenêtre). Un élu de la droite qui la connaît bien répond qu’elle n’a aucune ambition pour 2027 et qu’elle veut surtout "apporter sa contribution au débat sur l’Europe". Christine Lagarde figure parmi les personnalités pour prendre la tête du Forum économique de Davos.
L’opposition dénonce les manœuvres d’Emmanuel Macron
Le calendrier est tout de même loin d’être anodin. Ce départ anticipé aura lieu en février et permet à Emmanuel Macron de peser dans le choix du successeur de Christine Lagarde avant qu’il ne quitte l’Elysée au printemps dans un contexte où Marine Le Pen est pour l’instant la grande favorite des sondages.
Le Rassemblement national mais aussi La France insoumise accusent le chef de l’État d’être à la manœuvre. Jean-Luc Mélenchon écrit sur X que c’est une façon de "permettre à Macron de négocier avec le chancelier la prochaine nomination".
Quand Jean-Philippe Tanguy y voit une "dérive illibérale" de "Macron et du Système". Selon le lieutenant de Marine le Pen, le président de la République serait en train de "verrouiller" la BCE, "après avoir placé Emmanuel Moulin et Amélie de Montchalin à la Banque de France et la Cour des comptes". Ces accusations sont totalement démenties par l’Elysée, "il faut arrêter avec le complotisme" explique un proche du chef de l’Etat.













