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La Justice cadre l’usage des réseaux sociaux par ses services

vendredi 30 octobre 2026

Le ministère de la Justice vient de publier un guide pour encadrer l’usage des réseaux sociaux. Ce guide, à destination de l’ensemble des agents, cadres comme directeurs et communicants, et baptisé “Les réseaux sociaux de la Justice”, rassemble des principes stratégiques et opérationnels. Le guide ne porte pas sur les propos tenus par les agents sur les réseaux, mais sur l’usage professionnel de ces canaux.

“Il n’y avait pas vraiment de mauvaises pratiques ayant entraîné la création de ce guide. Il s’agit simplement d’un constat objectif qu’il n’y avait pas de cadre sur l’utilisation des réseaux sociaux”. Ainsi Sacha Straub-Kahn, le porte-parole du ministère de la Justice, résume-t-il la création du guide “Les réseaux sociaux de la Justice”, un guide à destination des agents et offrant un cadre pratique pour l’utilisation des réseaux sociaux. Une demande forte ayant émergé des agents en ce sens, selon le magistrat. Le guide ne porte pas sur les propos tenus par les agents sur les réseaux mais sur l’usage professionnel de ces canaux.

“Des agents, aussi bien que des chefs de juridictions ou des directeurs d’administration déconcentrée, nous ont fait comprendre qu’ils attendaient ce genre de conseils, parce qu’ils sont parfois perdus, que ce n’est pas leur cœur de métier, évidemment”, ajoute-t-il. Plusieurs objectifs sont poursuivis : permettre à ces publics de développer une image cohérente avec les principes du ministère sur les réseaux sociaux – on parle ici principalement de LinkedIn, réseau social professionnel où les agents sont directement identifiés comme tels.

Mais aussi celui de donner quelques billes aux administrations déconcentrées, par exemple. “C’est tout bête, mais le guide répond aussi aux questions comme celle de savoir si l’on peut mettre Marianne en photo de profil d’un tribunal judiciaire, ou le logo du ministère, par exemple”, développe le magistrat.

Spécificités, modération

Le guide développe les spécificités des principales plateformes : X, LinkedIn, Instagram, YouTube, Facebook et TikTok. Il propose des fréquences de publication, des formats et des stratégies spécifiques, des conseils pour animer le compte ou encore en matière d’identité visuelle. Un passage est aussi accordé à la modération des contenus, avec la recommandation de supprimer ou masquer “impérativement les commentaires illégaux et incitant à la haine”, et de ne pas répondre aux injures ou aux commentaires hors sujet. Il est également recommandé de ne pas s’adonner à la pratique des “likes” ou des republications, pour éviter d’associer publiquement la structure à d’autres comptes. “Vérifiez et citez vos sources”, indique également le guide.

Mais il y a aussi un autre but assumé par le ministère : restaurer la confiance. Et surtout avec le public phare des réseaux sociaux, les jeunes. Avec plus de la moitié des moins de 25 ans s’informant principalement sur les réseaux sociaux, et parce que le niveau de confiance des jeunes dans la justice est le plus faible, le potentiel n’est pas négligeable.

“Côté ministère, nous avons développé une stratégie là-dessus, depuis un an et demi, qu’on a beaucoup développée. Mais on avait beaucoup de retard par rapport à d’autres administrations, et il n’est pas encore compensé”, relève Sacha Straub-Kahn : “c’est assumé pour nous de dire qu’il faut aller toucher les jeunes là où ils sont”. Pour tenter de casser l’image “lointaine et intimidante” de la justice, le ministère a donc l’intention d’en expliquer mieux les rouages. C’est le sens de la stratégie d’ailleurs mise en place par certains tribunaux, en produisant des communiqués sur des décisions “ayant un intérêt médiatique”, pour pouvoir les publier sur les réseaux sociaux. Le parquet de Paris le fait par exemple depuis quelques mois, au même titre que d’autres juridictions.

Victoria Beurnez

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