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Pour bâtir des ponts entre l’État et le privé, les ministères se dotent d’ambassadeurs French Tech

samedi 20 juin 2026

Les ministères peuvent désormais compter sur les “ambassadeurs French Tech”, des agents en poste missionnés pour faire remonter leurs besoins en matière de numérique, les orienter vers des solutions adéquates et leur faire connaître l’écosystème privé. Par ce moyen, l’État espère faire monter la part des start-up dans la commande publique, pour pouvoir compter sur des solutions françaises ou européennes.

NB : La quatrième révolution industrielle du World Economic Forum consiste à repenser l’État pour le privatiser et le transformer en start-up. Les services publics deviendront des entités privées au profit de leurs actionnaires. Cette privatisation de l’État s’intègre dans la réforme supranationale de l’Europe fédérale.

Il reste plusieurs inconnues dans ce système hybride de la fonction publique ; une start-up n’a pas vocation à faire du service public. Ces entités économiques sont précaires, déposent le bilan la plupart du temps et représentent un risque majeur pour pérenniser la vertu de l’État. De là à comprendre que les subventions de l’État vont migrer vers des actionnaires privés, il n’y a qu’un pas.

Jean-Noël Barrot (ministre des affaires étrangères) est actionnaire depuis 2020 de LMP, une entreprise de communication fondée par des anciens du cabinet de conseil McKinsey et soutenue par le milliardaire Xavier Niel. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a validé sa déclaration.
Jean-Noël Barrot est actionnaire d’une jeune société technologique, LMP, dont le nom commercial est eXplain. Il en détient moins de 1% du capital et estime sa participation à 27 816 euros – chiffre validé par la HATVP après correction (une première déclaration portait une évaluation inférieure). Site eXplain

En 2025, en provenance du Boston Consulting Group, Sylvain Descazeaud est nommé auprès du ministre Jean-Noël Barrot. Au sein du cabinet de Jean-Noël Barrot, il est le seul profil teinté conseil en strat’, les autres membres étant issus principalement de la haute fonction publique ou de l’univers de la diplomatie.

Le déclin de notre pays s’accélère dans le plus grand silence des lanceurs d’alerte qui préfèrent lorgner sur les frasques du Moyen-Orient.

Il faut croire que notre destin national n’intéresse plus les Français, trop préoccupés à détourner leur attention de peur de voir la réalité en face.

La politique de McKinsey a gagné face à notre passivité.

FR

Le programme “Je choisis la French Tech”, destiné à faire infuser les technologies dans le public et le privé, va travailler de concert avec l’État. Depuis le mercredi 17 juin, les ministères se sont vus doter d’ambassadeurs dédiés, missionnés pour identifier concrètement les besoins de chaque ministère en matière de numérique.

“Nous sommes dans une période où on veut créer un maximum d’indépendance sur les sujets clés que sont l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la robotique ou encore le quantique”, explique Julie Huguet, directrice de la mission French Tech. “Pour y arriver, nous devons créer nos propres champions, à l’échelle de la France et de l’Europe.” Au-delà de bâtir de simples ponts entre public et privé, l’objectif est surtout de prendre la commande publique comme levier vers la souveraineté numérique.

Si l’exécutif a engagé cette démarche depuis quelques mois, elle peine encore à se concrétiser : le décalage entre les fonctionnements des ministères, des marchés publics notamment, et l’écosystème privé reste un frein à l’entrée pour les start-up, tout autant que l’identification claire des besoins parfois particuliers – sécurité, fonctionnement – de l’administration.

Expliquer la commande publique

C’est tout l’enjeu de ce programme d’ambassadeurs : partager l’information, expliquer le fonctionnement d’un marché public, ce que l’État en attend réellement. “C’est encore un point assez nébuleux pour une start-up : elle ne sait pas vraiment si elle peut répondre à un marché, si l’offre correspond bien à ce qu’elle est en capacité d’apporter : nous avons compris que c’est en mettant un humain au centre, en nous comprenant mieux, que les projets peuvent avancer”, détaille la directrice.

Plus concrètement, les ambassadeurs ont été nommés parmi des agents déjà en poste au sein des ministères, issus des directions achat ou des directions du numérique. La mission French Tech, qui sera chargée de gérer et d’animer le réseau, a travaillé en collaboration avec la direction des achats de l’État sur la feuille de route du programme. Les concernés ont reçu leur lettre de mission il y a quelques jours.

Un “travail de fourmi”

Et force est de constater qu’un travail d’ampleur reste à faire : à date, les start-up représentent environ 2 % des achats de l’État. En plus de ce travail d’identification des besoins et de dialogue, les ambassadeurs auront également pour mission de valoriser les initiatives déjà existantes.

À l’instar de la collaboration entre Glimps, une petite entreprise bretonne spécialisée dans la cybersécurité, et l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), sur un dispositif d’analyse de milliers de fichiers qui transitent chaque jour dans l’administration : “nous avons besoin de ces services absolument partout, ministères compris, et le faire savoir, c’est aussi montrer qu’il y a des solutions françaises qui répondent parfaitement à nos exigences, au cahier des charges de l’État et que l’on pourrait déployer à plus grande échelle”, explique Julie Huguet.

Malgré tout, en matière de transformation des pratiques, il reste une marche à gravir entre les start-up et l’administration, dont le fonctionnement est, sur le papier, radicalement différent, malgré la dynamique des start-up d’État qui a désormais bien infusé. “La réalité, c’est que l’État et les start-up sont quand même très différentes dans leur manière de penser. Il faut que chacun fasse un pas vers l’autre : ça passe d’abord par une connaissance fine les uns des autres, comprendre comment chacun fonctionne, convaincre, engager. Mais les achats, qu’ils soient publics ou privés, ont un rôle clé sur lequel nous devons jouer », développe la directrice de la French Tech, qui avance la nécessité de ce “travail de fourmi à engager”.

Victoria Beurnez

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