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La nouvelle arme climatique mondialiste dans les mains du cabinet McKinsey

mardi 15 juin 2021

McKinsey : le patron des industries au niveau mondial débarque à Paris

McKinsey & Company France annonce l’arrivée du Français Hugues Lavandier, directeur associé senior. Cette arrivée porte l’effectif du partnership parisien à soixante-dix personnes, dont vingt-deux directeurs associés seniors, selon le décompte de Consultor.

Le leader du secteur industries au niveau mondial était jusque-là basé au bureau de New York.

« Il mènera nos activités liées à la transition environnementale », pointe-t-on au sein du cabinet qui cherche à se positionner comme un référent incontournable en développement durable sur le continent le plus volontariste sur cette question (l’Union européenne ambitionne de réduire d’au moins 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030).

McKinsey, qui a développé un pôle de compétences sustainability, vient de racheter le cabinet britannique Vivid Economics et sa solution interne, Planetrics, un outil de mesure du risque lié au changement climatique sur les actifs financiers (relire ici).

« Depuis son arrivée dans l’entreprise en 2005, Hugues a accompagné les équipementiers industriels, les sociétés de matières premières et les investisseurs, en se concentrant sur les opérations de fusions et acquisitions, la croissance, le rééquilibrage de portefeuille, le développement de produits et le positionnement concurrentiel », précise le cabinet.

Diplômé de Centrale Paris (promo 1995), et titulaire d’un master d’ingénierie de la Technical University de Munich (1997), Hugues Lavandier a en effet débuté sa carrière dans l’industrie chez ArcelorMittal en tant que start-up engineer sur le site d’Isbergues dans le Pas-de-Calais, pour rejoindre en 2000 celui de Paris-La Défense.

Avant d’entrer chez McKinsey, Hugues Lavandier a effectué un MBA de la Columbia Business School 2005.

Consultor 3 juin 2021

La banque des banques centrales accommode le « cygne noir » à la sauce climat

Hier, à la veille de l’ouverture du forum de Davos qui, cette année, a fait de la lutte contre le dérèglement climatique une priorité, la BRI a mis en garde contre un « cygne vert » qui pourrait provoquer la prochaine crise financière systémique.

Davos, un sommet qui verdit

Le changement climatique pourrait, selon la Banque des règlements internationaux (BRI), provoquer une crise systémique. Des risques dits de « cygne vert » menacent la stabilité de la planète financière, avertit la banque des banques centrales. Par ce nom d’oiseau, la BRI désigne « des évènements potentiellement extrêmement perturbateurs sur le plan financier » qui seraient la conséquence du changement climatique. Le « cygne noir » accommodé à la sauce climat, en somme.

A ceci près, nuance la BRI, que contrairement au « cygne noir » conceptualisé par le statisticien Nassim Taleb (un évènement imprévisible avec une très faible probabilité d’occurrence), le « cygne vert » - c’est certain - pointera « un jour » le bout de son bec et sa capacité de nuisance s’étendra au-delà de l’économie et des marchés financiers. Ici, c’est l’humanité qui court un danger. A moins que les gouvernements, le secteur privé, la communauté internationale et les sociétés civiles coordonnent leurs actions de lutte. La taxe carbone, mise en place dans seulement quelques pays européens, est une première solution naturelle mais bien insuffisante.

« Un nombre croissant de recherches menées par les universitaires, les banques centrales et les institutions internationales, dont la BRI, se concentrent sur les risques liés au climat, écrit Agustin Carstens, le directeur général de l’institution, en avant-propos. Ces études montrent que les risques matériels liés au climat peuvent endommager gravement nos économies. Par exemple, par le coût élevé de la réparation des infrastructures. »

La BRI reconnaît que « les approches traditionnelles de la gestion des risques consistant à extrapoler des données historiques et à se baser sur des hypothèses de distributions normales sont largement inappropriées pour évaluer les risques futurs liés au climat. » N’empêche, avance M. Carstens, « les meilleurs avis scientifiques actuels suggèrent qu’il est nécessaire de prendre des mesures pour atténuer le changement climatique. »

Au-delà du « QE vert »

« L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes pourrait déclencher des crises financières non-linéaires et irréversibles », prévient à son tour, dans un autre avant-propos, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Les banques centrales ont, elles aussi, un rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Parce que, rappelle-t-il, elles ont un mandat de stabilité financière. Les banques centrales du Royaume-Uni et des Pays-Bas ont déjà fait passer à leurs banques des tests de résistance climatique. La France doit faire de même cette année. « Il existe de nombreuses actions pratiques que les banques centrales peuvent entreprendre », avance Agustin Carstens. Elles pourraient, par exemple, développer de nouvelles méthodologies pour appréhender les risques liés au climat en travaillant « en étroite collaboration avec le secteur financier sur la divulgation des actifs à forte intensité de carbone. »

De son côté, François Villeroy de Galhau préconise aussi d’activer les leviers de la politique monétaire. « Nous aurons l’occasion d’en discuter dans le cadre de l’examen stratégique de la Banque centrale européenne », écrit-il. Il préconise que « la BCE intègre le changement climatique dans tous [les] modèles économiques et de prévisions » et qu’elle révise son cadre d’évaluation des collatéraux « au lieu d’ouvrir un débat quelque peu émotionnel sur les mérites d’un assouplissement quantitatif vert. » C’est ce jeudi que la BCE annoncera officiellement la révision de sa stratégie qui marquera véritablement le début du mandat de Christine Lagarde à la tête de l’institution.

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