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La guerre des Ides de Mars...

Léon Camus

vendredi 9 mars 2012

Barack Obama would supply Israel with bunker-busters and refueling planes if Bibi promised to delay an Iran attack until after the presidential election.
 [1]

La chute d’Haman-Ahmadinejad est-elle pour aujourd’hui ou pour demain ? Lundi 5 mars le président Obama s’est entretenu avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de deux choses : soit de l’ouverture des hostilités et de la conduite des opérations, soit de l’obligation de reporter l’attaque sine die… « Toutes les options sont sur la table » se plaisent-ils l’un et l’autre à répéter [2]. Et celle notamment du bombardement des sites nucléaires iraniens assortis de frappes de décapitation dirigées contre les états-majors des Gardiens de la Révolution, les directoires politiques et les services de sécurité et de renseignements iraniens.

La Russie mise hors jeu international par la contestation de la légitimité de ses dirigeants

Vladimir Poutine réélu avec 63,42% des suffrages à la tête de la Fédération de Russie devra de toutes façons faire face à une contestation grandissante de sa légitimité politique. Une contestation et une agitation « populaire » savamment orchestrées sur les réseaux sociaux grâce auxquels (des outils inégalés de propagation des rumeurs et de mobilisation de masse) les dirigeants russes se trouveront plus ou moins contraints et forcés de se détourner des grands dossiers du moment.

Difficile en effet que d’être en même temps au four et au moulin. Les résultats à peine publiés, Guennadi Ziouganov, candidat communiste à la présidentielle (arrivé second avec 17% des voix) dénonçait déjà sur la chaîne publique Rossiya un scrutin « de voleurs, absolument malhonnête…[et] la racaille mafieuse à laquelle appartiennent la verticale du pouvoir, la commission électorale centrale…  ». Concluant abruptement « Nous ne reconnaissons pas ces élections… Demain matin (lundi 5 mars 2012), nous aurons comptabilisé 20000, 30000 fraudes !  ». Tandis que le libéral Vladimir Rijkov jugeait pour sa part le vote «  illégitime  ». Autant de signes précurseurs annonçant, à n’en pas douter des jours radieux pour une Russie dont Vladimir Poutine - une larme au coin de l’œil - remerciait dimanche soir ses électeurs en les félicitant pour leur refus à tomber dans le piège qui leur était tendu : « Nos électeurs savent faire la différence entre le désir de renouveau et les provocations politiques dont le but est de détruire l’État ». Mais déjà les télévisions de l’Ouest se relayent pour offrir une tribune à ceux qui annoncent déjà au nouveau président une fin de carrière prématurée…

À l’extérieur, en France, la candidate des Verts à la présidentielle, Eva Joly a donné le ton de ce que seront dans les jours prochains les réactions à l’égard de cette réélection magistrale, en stigmatisant « une scandaleuse dérive autocratique de la Russie alors que des centaines de milliers de citoyens russes demandent simplement des élections libres dignes d’une démocratie moderne » ! Pour Madame Je-mets-mon-grain-de-sel là où nul ne me le demande « Visiblement, Vladimir Poutine considère les élections russes et la démocratie comme de simples formalités à remplir avant de récupérer les pleins pouvoirs, pleins pouvoirs qu’il n’a d’ailleurs jamais cessé d’exercer »… tançant par la même occasion « le lamentable et assourdissant silence des dirigeants français et européens face à cette réélection programmée et à ce qui s’annonce comme une mascarade électorale… J’invite donc l’ensemble des candidats à la présidentielle française à s’engager clairement pour la démocratie et les droits de l’homme en Russie ».

De quoi se mêle-t-elle, on se le demande ? Ne ferait-elle pas mieux de commencer par balayer devant sa propre porte ? À l’évidence Mme Joly est une remarquable diplomate, digne émule de Mme Clinton, avec laquelle elle fait la paire, illustrant magnifiquement le génie politique et la hargne spécifique d’une certaine gent féminine moralisatrice, rouée et teigneuse à la fois disant tout haut ce que M . Juppé pense très fort sans encore oser le dire tout bas. Mais l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe apporte déjà de l’eau au moulin de nos grands démocrates en dénonçant des « fraudes massives ». Sachant que l’OSCE rassemble 56 États de Vancouver à Vladivostok via l’Union européenne, l’on comprendra que pour V. Poutine la partie s’annonce difficile !

Parce qu’en fin de compte, ne s’agit-il pas de pourrir suffisamment l’exercice du pouvoir en Russie, pour tenir ses dirigeants écartés de la scène Proche orientale ? Loin des conflits qui s’y déroulent, permettant ainsi l’élimination programmée du régime laïc et nationaliste syrien, et en sus d’achever la reconfiguration géopolitique de l’espace islamique en refermant la parenthèse de la Révolution iranienne ?

Le Proche-Orient dans l’œil du cyclone… le calme avant le déchaînement des Furies

Les résultats des élections législatives qui ont eu lieu en Iran vendredi 2, donnent à l’Ayatollah Ali Khamenei et à ses partisans les 2/3 des sièges au nouveau Parlement. À la grande satisfaction du Guide suprême qui voit ces « élections [comme] les plus importantes de l’histoire iranienne, comme une preuve d’unité nationale et une gifle puissante au visage de l’arrogance globale ». En effet, même si ce score montre une certaine perte d’influence du président Ahmadinejad, cela ne change rien sur le fond [3]… Le programme nucléaire iranien – civil jusqu’à preuve du contraire - restera inchangé… Par conséquent la nouvelle donne politique à Téhéran ne modifiera en rien les projets de guerre israélo-américains, lesquels ne veulent voir dans les élections iraniennes qu’une « sinistre plaisanterie ». Étonnant comme la démocratie des Autres est toujours mauvaise voire perverse, et la sienne, la meilleure à l’exclusion de toute autre système parlementaire !

Il semble donc que le « D. Day » soit enfin arrivé. Messianiques, et naturellement fanatiques (sans le savoir, comme « M. Jourdain fait de la prose »), les judéo-protestants américains et leurs poissons pilotes sionistes, sont effectivement fin prêts. Les Armada attendent le signal en Mer d’Oman… Et tous ces amateurs de Comics aux créatures fantasmagoriques douées de super pouvoirs, sont aussi des passionnés de récits bibliques illustrant la destruction de peuples impies. Comprenez par « impies », les nations non rédimables autrement que par le fer et par le feu, toutes celles et ceux qui ne se prosternent pas devant le Dieu Dollar et n’idolâtrent pas l’Économie exclusivement fondée sur l’usure et le servage par la dette. Ces amateurs passionnés d’idéologies oniriques devraient par conséquent saisir, en toute logique, l’occasion imminente de réactiver la légende d’Esther sauvant son peuple en faisant brancher haut et court le grand vizir du roi de Perse, Haman aux noirs desseins. Un événement que commémore chaque année la fête judéenne de Pourim ! Fête du massacre des descendants des Amalécites dont la date en 2012 est fixée au 8 mars ! Nommée fête du « renversement », Pourim peut légitimement se traduire en anglais moderne par regime change. L’occasion rêvée de donner une nouvelle portée symbolique universelle au récit biblique en frappant Damas et Téhéran unies dans la même disgrâce.

Car quel meilleur moment choisir que Pourim pour frapper les imaginations en détruisant l’Haman moderne, le président Ahmadinejad ? Celui-ci affaibli par la perte de sa base parlementaire, pris entre des libéraux zélés convertis aux miracles de la démocratie occidentale et des conservateurs intransigeants (dont le moindre paradoxe est qu’ils ne seraient pas insusceptibles de renouer de très anciens liens avec Israël et le « Grand Satan » américain), ne devrait pas se révéler comme un redoutable chef de guerre ? En choisissant cette date emblématique, Washington et Tel-Aviv enverraient un signal fort - selon la terminologie consacrée - à tous ceux qui contestent sa légitimité des vétérotestamentaires à exproprier manu militari les Palestiniens de la Terre de Promission… Musulmans comme Chrétiens, ces derniers ayant l’immense tort de ne pas être puritains, télévangélistes et calvinistes. Resterait à savoir si, à terme, un tel coup de force n’aurait pas de funestes conséquences pour le peuple hébreu lui-même en raison du ressentiment qu’engendrera immanquablement un tel forfait ? Souvenons-nous que l’émergence d’un Islam radical et la diffusion du djihadisme n’avaient pas eu d’autres causes que l’Opération Tempête du désert et l’occupation préalable par l’armée américaine de la Terre sacrée de l’Islam, à savoir l’Arabie saoudite.

Certes les gouvernements arabes – au moins certains d’entre eux, à Doha et Riyad en particulier - applaudiront des deux mains à l’écrasement de l’Iran théocratique et révolutionnaire sous les bombes. Reste que, quelle que soit la profonde antipathie séparant Perses et Arabes, Chiites et Sunnites, la Communauté musulmane mondiale, l’Oumma forte de quinze cent millions d’âmes, ne pourra pas ne pas se sentir agressée par cette nouvelle manifestation de l’esprit de conquête et de domination des nouveaux « Croisés » que sera l’ouverture d’un nouveau front de guerre en Terre d’Islam, fût-il chiite et hétérodoxe.

En fait, ne pouvant avoir, à la minute présente, la peau du président syrien Bachar el-Assad, quoi de plus simple que d’inverser les priorités ? L’Iran en proie au chaos consécutif aux frappes occidentales, plus rien ne protégera le régime baasiste de Damas. Et ce n’est pas la Russie qui pourra faire quoique ce soit… sauf à se livrer à une escalade redoutée de tous, notamment au Kremlin. Qui veut ou souhaiterait un affrontement entre grandes puissances toutes dotées de vecteurs balistiques et du feu nucléaire ?

La guerre est à notre porte

La guerre est pourtant à notre porte et nul ne la voit ou ne veut la voir venir. Comme s’il s’agissait d’un mauvais songe. Le malheur veut que la prochaine guerre soit, une fois de plus, hors zone, à la périphérie, là-bas, quelque part au loin mais non précisément chez nous.

Alors elle n’existe pas, sauf peut-être dans nos mauvais rêves. Au demeurant, la guerre que nous livrons en ce moment même à la Syrie n’est pas tout à fait un mirage parce que, vraisemblablement, nous autres Français y sommes impliqués jusqu’au cou ! Enfin n’étions-nous pas hier encore à Homs par « conseillers » et « journalistes » à double casquette interposés ? Demain dans le Golfe, ce sera sans fard et sans « fausse bannière », notre seul et unique porte-avions s’y trouvant déjà… une présence non fortuite, en première ligne, sur le pied de guerre, prête à toutes éventualités !

Des journalistes à Homs dont les djihadistes irakiens et autres al-qaïdistes saoudiens ont certainement utilisé comme bouclier humain… des otages en quelque sorte utiles à différer un temps l’assaut de l’armée syrienne, quoiqu’en disent les médias qui prétendent le contraire et louent la générosité de la « résistance ». Il est cependant tout aussi vrai que l’opposition n’est pas uniquement composée de takfiristes et que certains de ces membres se sont en effet dévoués pour exfiltrer les journalistes combattants pris dans la nasse.

Notons que ceux-ci étaient évidemment entrés illégalement sur le territoire syrien et qu’en fin de compte, il s’agirait moins de journalistes que d’experts en communication (lire en propagande de guerre subversive). Un cran cependant au-dessus des correspondants qui, en Libye, diffusaient (en y ajoutant parfois leurs propres commentaires) les vidéos préfabriquées que leur fournissaient libéralement l’Otan… Un indéniable gain de temps, de forces, de risques, parce que mieux vaut rester au bar de l’hôtel et offrir à l’Opinion du prémâché, du McDo informatif, que du frais et du saignant plus difficile à accommoder et à présenter [4]

Celles et ceux des journalistes qui étaient à Homs ont indéniablement pris des risques bien réels que certains ont payé de leur vie. Mais cette prise de risque était-elle uniquement motivée par un éventuel Pulitzer, par l’appât du gain, par une vaine gloriole ou un sens aigu du journalisme ? Selon des témoignages et des sources – hélas invérifiables – ces journalistes étaient en réalité en mission, disposant dans le quartier assiégé d’un « studio de fortune » (mais suréquipé), qui leur aurait permis de créer, dans un décor d’images virtuelles, une bataille d’Homs qui n’aurait que très partiellement existé ! Souvenez-vous : au départ les médias nos parlaient, semaines après semaines, de l’intense bombardement de la ville ; à l’arrivée nous découvrons que les combats étaient circonscrits à un seul quartier… Comment ne pas penser alors aux extraordinaires possibilités de recréer à l’abri et en studio une guerre plus vraie que nature ? Comme le font ces « Envoyés très spéciaux » mis en scène dans une comédie française plutôt réussie et même criante de vérité (mais bien entendu pas assez pour les critiques qui font toujours en tel cas black out et fine gueule), ou dans le film (médiocre mais édifiant) de Ridley Scott « Mensonges d’État » dans lequel une fine équipe fabrique un réseau terroriste virtuel à l’insu de protagonistes bien réels . [5]

Guerre subversive de l’information et journalistes combattants

Le bidonnage de l’info est en effet devenu de nos jours un art à part entière et une industrie tournant à plein rendement. À l’arrivée, l’infortuné Public accroc au JT continue à ignorer que les médias mentent énormément. À tel point que l’individu lambda ne peut le concevoir, voire l’imaginer. Entre autres, parce que le pékin ordinaire « à qui ont ne la fait » se dit qu’ayant fait la part de l’exagération (à taux modéré), ainsi que des faiblesses et des passions humaines, les journalistes ne sont finalement ni pires ni meilleurs que chacun d’entre nous… et, que grosso modo, ils sont peu ou prou corsetés par le code déontologique de leur profession, à savoir tenu à l’expression d’une véracité minimum. Le pékin moyen se trompe lourdement : il n’y a pas de limites dans la taille des mensonges et plus celui-ci est diffusé, plus il acquiert de poids, de crédibilité et de puissance.

Dans la guerre moderne (laquelle s’ouvre par une bataille de l’information), quand les mots et les images sifflent comme des balles et des shrapnels ou comme autant de bombes faisant sauter les positions ennemies, le journaliste n’est plus neutre. Soit il est un soldat stipendié de la désinformation en tant qu’arme de guerre, soit c’est un mercenaire vendu au mieux disant. Des exceptions existent bien sûr mais elles sont rares et sont suffisamment remarquables pour être signalées… généralement ces journalistes « éthiques » font rarement long feu dans la profession, et quelle que soit leur notoriété préalable la mort professionnelle est leur seule récompense, avec en prime les eaux profondes de l’anonymat se refermant sur eux [6] .

Il est certain que la réalité artificielle, frelatée est assurément plus séduisante que la réalité vraie : d’abord en ce qu’elle épouse parfaitement nos peurs, qu’elle excite nos tendances les moins nobles, ainsi le voyeurisme, qu’elle se donne pour l’écho de nos haines refoulées. La banale réalité est certes moins glorieuse, moins exaltante, souvent plus crade et surtout plus inquiétante ou déstabilisante sur le fond. La réalité vraie nous met en cause, nous fait juge, la réalité construite fait de nous des spectateurs prompts à lever ou à baisser le pouce.

Roulent les tambours de guerre

La guerre gronde, nous l’entendons, mais d’une oreille distraite. Depuis vingt ans elle tourne autour de nous comme l’orage dont nous voyons les éclairs zébrer l’horizon : Bosnie, Kossovo, Liban, Irak, Libye, la liste est longue… aujourd’hui la Syrie, demain, maintenant l’Iran.

Obama en parle tranquillement, comme d’une chose banale, feignant de tempérer les ardeurs des Likoudniki qui veulent en découdre. Le lundi 5 mars, il rencontrait le premier ministre israélien pour en débattre. Mettre la touche finale, se caler, se donner des assurances réciproques et pratiquer chaleureusement et sérieusement le mentir vrai. Mais qu’est-ce que cela change pour nous ? La vie est chère, elle le restera, avec ou sans conflit. Tout cela est devenu irréel, participe en quelque sorte d’un théâtre d’ombres avec une séquence quotidienne de haine télévisuelle à l’égard des méchants Kadhafistes libyens, Assadistes syriens et autres suppôts d’Haman-Ahmadinejad… le tout arrosé d’une infinie compassion pour les victimes de ces atroces dictatures et d’une répulsion absolue pour les horreurs perpétrées et répétées toujours par les mêmes ! Bref, la guerre fait partie de notre paysage ordinaire. Une de plus une de moins, ce sera du pareil au même. Non ?

Chloroformés par les médias, abrutis de publicités, désinformés par les menteurs patentés et chevronnés qui nous dirigent et nous informent (le mensonge n’est-il pas aujourd’hui l’outil de gestion politique par excellence ?), quoi de surprenant à ce que les foules se montrent indifférentes, et même apathiques, sous le déluge d’une information purement émotionnelle, faisant appel à ses archaïsmes psychiques et non à sa raison raisonnante ? Une information imposture ne donnant pas le moindre point de repère pour appréhender la signification, le sens des événements (où alors falsifiée et inversée), pour en comprendre tenants et aboutissants…

La guerre arrivera finalement chez nous sans crier gare, comme une chose allant de soi dans l’engourdissement des consciences. Et le bétail humain devra bientôt payer l’impôt de sang. En premier lieu notre jeunesse sacrifiée sur l’autel d’un Veau d’Or dont beaucoup escomptent qu’il sortira de la crise - et de son expression ultime, la guerre - une fois encore plus grand, plus fort, plus gras, plus sûr de lui et dominateur … Car la guerre totale n’est-elle pas la formes paroxystique et l’aboutissement sui generis de la crise ?

N’est-ce pas finalement ce que nous dit Arthur Jones, candidat Républicain au Congrès (3e district de l’Illinois) en dénonçant l’activité du lobby pro-israélien aux É-U, lequel pousse le cynisme jusqu’à « se vanter sur son site des efforts [qu’il déploie] à la Chambre des représentants pour durcir le ton envers l’Iran, ce qui implique la fin de toutes les exportations de pétrole vers la Chine et pourrait conduire à la Troisième Guerre mondiale » ? Vétéran de la guerre du Vietnam, le candidat Jones est allé jusqu’à comparer la situation actuelle des États-Unis avec celle de l’Allemagne des Années vingt, considérant que son « pays est en train de s’effondrer économiquement, politiquement, culturellement, militairement… Nous sombrons ! » Concluant que « les va-t-en-guerre fous du Congrès comme [les candidats républicains] Rick Santorum, Newt Gingrich ou Mitt Romney [considèrent que] nous ne pouvons pas laisser l’Iran posséder une arme nucléaire, et ce, alors même que nous avons donné toute licence à Israël de détenir toutes les armes nucléaires possibles ».

Discours de haine

Et n’est-ce pas l’actuel président de l’État hébreu, Shimon Pérès lui-même, père du programme de guerre nucléaire israélien, qui vient ce dimanche 4 mars à Washington, devant des milliers de délégués de l’Aipac, le plus influent lobby juif des États-Unis, et en présence de Barak Obama, de désigner l’Iran avec une extrême violence comme « un régime diabolique, cruel, moralement corrompu, basé sur la destruction… un affront à la dignité humaine [qui] menace Berlin comme Madrid, Delhi comme Bangkok. Pas simplement Israël… L’ambition de l’Iran est de contrôler le Proche-Orient, il pourra ainsi contrôler le plus grande partie de l’économie mondiale. Il doit être arrêté et il sera arrêté » ? Et assurément les Américains et tous les occidentaux intoxiqués par l’armée des médias au service de la noble cause de la guerre, le croiront.

Affirmant enfin avec l’hybris qui le caractérise, lui et ses semblables, que « la paix est toujours l’option que nous privilégions, mais si nous sommes obligés de combattre, croyez-moi : nous vaincrons »… Que pourrait d’ailleurs dire de mieux un Nobel de la Paix comme Pérès ou comme son homologue Obama ? Ce dernier également présent à cette inquiétante cérémonie cautionnant ainsi de toute l’autorité du chef suprême de la puissance hégémonique planétaire les propos haineux, sinistrement délirant, du président Israélien ?

Quant à Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères de l’État hébreu, celui-ci nous a lui aussi très aimablement prévenu, toujours ce dimanche 4, que « l’échec de la communauté internationale à mettre un terme aux violences en Syrie, montre qu’Israël ne peut pas et de doit pas faire confiance aux autres nations pour protéger sa sécurité et son intégrité ». De là à imaginer une guerre sur deux fronts incluant le Liban, le pas n’est désormais plus tout à fait infranchissable !

Notes

[2Le 27 février M. Obama avertissait [paru dans la revue Atlantic Monthly le 2 mars à trois jours de l’entrevue avec le Premier ministre israélien] : « les États-Unis n’accepteront pas la possession d’une arme atomique par l’Iran… toutes les options sont sur la table ». Jugeant cependant « qu’une action militaire unilatérale des Israéliens pourrait avoir des « conséquences potentielles non voulues » autrement dit indésirables. Concluant de façon quelque peu ambiguë « Au moment où l’Iran ne suscite guère de sympathie et où son seul véritable allié, la Syrie, se trouve acculée, voulons-nous offrir à l’Iran l’occasion de se présenter en victime ? ». Est-ce à dire que les É-U entendent garder l’initiative et choisir leur heure au risque de fâcher le Likoud dont l’impatience à croiser le fer n’est plus à démontrer ?

[3Premières élections depuis les troubles d’août 2009 qui avaient suivi la réélection du président Ahmadinejad… Il appert aujourd’hui que la popularité du chef de l’État iranien s’est émoussée. Avec un taux de participation au scrutin de 64,6 %, contre 57 % en 2008, les deux tiers des 290 sièges reviennent à diverses coalitions de l’opposition conservatrice, lesquelles regardent le président iranien comme trop progressiste c’est-à-dire socialement révolutionnaire.

[4http://www.youtube.com/watch?v=4phN... - La fabrique de l’opinion par la CIA en Lybie via les « Social Networks ». Voir aussi « Le Faussaire » tourné dans les ruines de Beyrouth - Volker Schlöndorff
 1981.

[5« Envoyés très spéciaux » film de Frédéric Auburtin 2009 et Mensonges (Body of Lies), de Ridley Scott 2008. Ce dernier film montrant la construction de A à Z d’un réseau terroriste virtuel. Dans le remarquable « Des hommes d’influence » (Wag the Dog) sorti en 1997, Barry Levinson montre, deux ans avant les faits, l’invention et le tournage en studio de la guerre du Kossovo.

[6Un exemple parmi cent : l’américain Peter Arnett, célèbre pour sa couverture de la guerre du Golfe en 1991 pour CNN… dont il est viré en 1998 pour un film non politiquement correct relatif à la guerre du Vietnam. Celui-ci, le 31 mars 2003, sera simultanément sacqué par la chaîne NBC et par le magazine National geographic pour avoir osé critiquer la stratégie américaine en Irak. Quoiqu’aussitôt recruté par le tabloïd britannique « Daily Mirror » sa carrière internationale est définitivement terminée.

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