La directive concerne l’United States Cyber Command, qui mène les opérations cyber militaires la NSA, les services de renseignement du Pentagone en coopération avec le Department of Homeland Security.
Leur mission consistera à détecter et renseigner les activités étrangères suspectes et contrer d’éventuelles attaques informatiques contre les infrastructures électorales.
L’USCYBERCOM a les capacités de perturber des infrastructures informatiques étrangères utilisées par un adversaire. Si un service de renseignement étranger utilise des serveurs situés à l’étranger pour pénétrer le système informatique d’un État américain son action ne sera plus défensive mais offensive et c’est cela qui change tout de la stratégie menée par le Pentagone.
Depuis plusieurs années, les États-Unis considèrent les ingérences étrangères dans leurs élections comme une menace de sécurité nationale. Ce dispositif a déjà été utilisé lors des élections de 2022.
Selon le droit américain, Pete Hegseth peut ordonner des opérations militaires dans le cyberespace pour défendre les États-Unis contre une activité informatique d’une puissance étrangère. La loi prévoit que ces opérations peuvent être menées en dehors du territoire américain même en temps de paix.
L’agence de presse AP a rapporté que les moyens consacrés à la sécurité électorale au sein de CISA (structure de sécurisation des élections) ont été réduits.
Or si Washington a recours au renseignement militaire pour détecter les ingérences étrangères contre les élections de 2026, qu’en est il du FBI ?
L’intervention du Pentagone dans la sécurisation de ces élections tient surtout à une distinction fondamentale qui permet l’intervention à l’étranger et qui n’est pas dans l’autorité du FBI. Même si le FBI dispose de la Foreign Influence Task Force pour les opérations d’influence étrangères ils n’ont aucun moyen d’intervention a moins d’avoir un mandat du DOJ comme pour l’Ukraine.
Le FBI peut identifier un hacker étranger et demander son inculpation. Si l’opération provient d’une infrastructure située à l’étranger, le FBI ne dispose pas des mêmes autorités opérationnelles.
En 2022, la NSA et le Cyber Command transmettaient leurs renseignements au FBI et au DHS, tandis que Cyber Command pouvait utiliser ses capacités opérationnelles contre des acteurs étrangers.
Cette nouvelle directive du Pentagone pour les élections de 2026, va donner la priorité aux attaques et ingérences étrangères.
Pour l’élection présidentielle de 2024, le FBI avait installé un National Election Command Post fonctionnant 24 heures sur24. Il réunissait le FBI et les agences de renseignement suivaient les menaces cyber et les opérations d’influence étrangères.
En août 2024, le FBI, l’ODNI et le CISA ont annoncé que l’Iran avait mené des opérations cyber visant la campagne présidentielle de Donald Trump. Mais les services américains n’ont jamais pu établir qu’une puissance étrangère avait réussi à modifier le décompte des votes ou à prendre le contrôle du processus électoral.
Le renseignement américain a avoué n’avoir observé aucun acteur étranger cherchant à intervenir directement dans le déroulement de l’élection. Ce qui est apparu concernait l’influence, la propagande, l’espionnage et les opérations cyber des campagnes politiques.
Pourtant en 2024 sous l’administration Biden, le gouvernement n’a pas rendu publiques les opérations offensives menées contre la Russie ou l’Iran alors qu’ils avaient été retenus comme cible.
D’après les archives du DOJ, en mai 2024, des pirates ont réussi à pénétrer certains comptes appartenant à des personnes liées à la campagne présidentielle de Donald Trump. L’objectif était de nuire à la campagne Trump et d’influencer l’élection.
Selon l’acte d’accusation, les pirates auraient envoyé les informations volées à des personnes associées à la campagne Biden, puis continué à transmettre des documents volés à des médias américains.
Les trois médias qui ont reçu les documents volés sont, Politico, The Washington Post et The New York Times qui a confirmé avoir reçu une quantité de documents similaire, provenant de la même source.
Le 27 juin 2024 et début juillet, les hackers ont envoyé des extraits de documents volés à la campagne Trump, directement à des employés de la campagne de Biden. Le DOJ n’a pas rendu public les noms de ces trois personnes. Le peu d’information disponible dit que ces personnes étaient associées à la campagne présidentielle de Biden. La presse a parlé d’au moins trois conseillers de la campagne démocrate, mais sans donner publiquement leurs identités.
Les hackers ont envoyé un extrait du texte du premier débat Trump-Biden. Ces informations ont été transmises le 27 juin 2024, précisément le jour du débat Trump-Biden. Le DOJ indique que le message proposait aux destinataires de consulter ces informations. Aucun des destinataires n’a répondu, et les autorités américaines n’ont trouvé aucune preuve que cette tentative ait influencé le débat.
Les documents volés, concernaient le dossier appartenant à JD Vance. Ces 271 pages ont été volé avant que Vance soit choisi comme futue vice-président Elles contenaient des informations sur ses prises de position et sur les vulnérabilités de la stratégie.
Si les médias cité plus haut n’ont pas publié le contenu du dossier Vance, l journaliste indépendant, Ken Klippenstein a publié le dossier complet en septembre 2024. Il avait estimé que ce dossier était d’utilité publique, parce que l’élection était en cours. En novembre 2024, Klippenstein a publié le dossier Rubio de 551 pages, expliquant que le même interlocuteur lié à l’opération iranienne le lui avait fourni.













