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Macron, le bonimenteur

Léon Camus

mercredi 14 juin 2017

Où se situe M. Macron ? À gauche ou à droite ? Au centre introuvable et sans fond comme MM. Giscard et Bayrou ? Ailleurs ? Certes, la gauche une fois aux Affaires est réputée gouverner à droite… et vice-versa. À ce titre beaucoup de citoyens ordinaires de bonne volonté se sont convaincus qu’en votant Macron celui-ci conduirait nécessairement une politique plutôt de droite. Autrement dit réaliste, économiquement plus libérale que libertaire au plan sociétal. Mais c’est un homme qui se réclame sinistrement (sinistre = gauche) du progressisme tout en se faisant élire grâce aux suffrages de conservateurs tétanisés par le spectre du fascisme ! Cela s’appelle un comportement de gribouilles. Nombre d’entre eux d’ailleurs, en toute logique devraient rejoindre les rangs d’En marche après le second tour des législatives ! Encore ne s’agira-t-il, au-delà de la ruée vers les sièges et les prébendes, ni tout à fait d’une trahison de leurs positions antérieures (soi-disant gaulliennes) ni d’un quiproquo idéologique, mais d’un simple réajustement des positions ou encore une redistribution de la scène politique. Il est d’autre part plus que jamais loisible de s’interroger sur ce qui « distingue la droite et la gauche de gouvernement ? Un même laxisme judiciaire, une même baisse des dépenses militaires, la même renonciation quant aux fondamentaux que l’école doit transmettre, la même croissance des dépenses publiques et sociales, la même hausse des impôts, le même laxisme migratoire, la même soumission aux minorités » [1] ?

Redéfinir les concepts

Le doute s’explique ici aisément : les mots ne voulant plus rien dire, nul ne sait plus ce qu’être à gauche ou à droite. Aussi est-il urgent de redéfinir les concepts de base car si être de gauche consiste à prendre la défense prioritaire des classes populaires et à œuvrer préférentiellement pour leur bien-être, ce qui serait en principe le programme des socialistes, et bien, effectivement, sous cet angle M. Macron en est fort éloigné. Est-il classable à droite pour autant ? Plus ou moins parrainé par les pieuvres tentaculaires de la Cité et de Wall Street à l’instar des Justin Trudeau (Premier ministre canadien et nouvel intime du président français), des Yared Kushner (l’influent gendre et Haut conseiller de D. Trump) ou du dernier en date, le futur nouveau Premier ministre de la République d’Irlande, Léo Varadkar, métis homosexuel qui affiche une claire volonté (selon ses dires) « de faire avancer l’Irlande ». Vers où ? Nul ne sait, mais l’essentiel n’est-il pas de se mettre « En marche » à défaut de se ranger en ordre de bataille contre la montée des périls terroristes et les menées obscures des stratèges du chaos ? En tout cas l’Irlande pour gagner son indépendance aura sacrifié tant et tant de ses enfants… tout cela pour en arriver là : tomber dans le Pot-au-noir d’un mondialisme fangeux. Là où nous conduit l’homme au sourire carnassier qui plaît si fort aux dames.

Bref, M. Macron se dit un jour pour, un jour contre. Socialiste un jour, Marcheur le lendemain. Constatons qu’il aura eu le mérite de clarifier la situation et, si nous ne le savions déjà, de nous administrer la preuve que les soi-disant ennemis politiques, Socialistes vs Républicains, n’étaient en réalité que larrons en foire jouant la comédie, faisant mime de se combattre pour mieux se partager les juteuses indemnités que verse à profusion la République, cette vache à lait ! Le député centriste (Modem) Jean Lassalle, le redresseur de tort, fait à ce titre partie de ces vingt-quatre autres parlementaires avisés qui se seraient rendus propriétaire de leur permanence sur les fonds alloués au titre de la fameuse réserve parlementaire. Rien d’illégal et sans enrichissement personnel, dit-on. Reste une pratique douteuse !

Concrètement, les projets politiques de gauche, et ceux de M. Macron paraissent devoir confirmer la règle selon laquelle ils procéderaient le plus souvent d’effets d’annonce et de promesses verbales que d’engagements fermes… toujours et en tous domaines, sauf évidemment en ce qui concerne la révolution pédagogique et la cession de notre patrimoine industriel à l’étranger. Projets, pour la partie non-dite, consistant, outre à contracter un endettement forcené, à déshabiller Pierre pour mal vêtir Paul, et pire du pire, à faire croître le coût du travail sans aucun bénéfice pour les salariés, si ce n’est d’en faire des chômeurs concurrencés par tous les nouveaux serfs des ateliers à bas coûts du Tiers-Monde.

Quant aux factions politiciennes de gauche (comme de droite, mais ce sont les mêmes), leur but essentiel se résume à davantage se prélasser dans les ors des palais de la République que de mouiller leur chemise au service du prolétariat et des sans-dents. Or la seule apparition de M. Macron aura eu l’immense mérite de faire s’évanouir, d’un seul coup, toutes les brumes d’illusions entourant la fonction parlementaire… Car en un mot comme en cent, ce que la Gauche parvenue aux Affaires sait faire de mieux est de « se goinfrer » comme le dit si crûment l’ex candidat Mélenchon dans la vidéo qui l’a hissé à 20% des suffrages exprimés. Un chef d’œuvre de tartuferie pour homme qui, professionnel de la politique, trotskyste lambertiste reconverti, ancien ministre de Jacques Chirac, vit et prospère depuis trois décennies au cœur du système [2].

Libéral à gauche toute

Pour revenir au sieur Macron vu sous l’angle homme de droite s’apprêtant à mettre en œuvre des politiques libérales libérales (à condition de réduire la droite à une restrictive dimension antisociale qu’elle n’a pas), cela pourrait n’être pas faux : l’exécution de son cahier des charges mondialistes sous l’appellation « Europe » (faux nez et vestibule du globalisme) conduira en effet à un peu plus de délocalisations, de restructurations d’entreprises, de travailleurs détachés et de pression migratoire sur l’emploi. De ce point vue M. Macron n’est apparemment en rien de gauche au sens classique. Une Gauche obsolète dont la philosophie profonde consistait jusqu’ici à faire périr le pays plutôt qu’à dégraisser le mammouth (l’Éducation nationale, industrie de l’analphabétisme au mirobolant budget) au grand préjudice de la sécurité intérieure et extérieure… ou pire à refuser mordicus d’entamer ou de rogner les acquis sociaux dans certaines branches privilégiées (étatiques ou paraétatiques) afin d’introduire un minimum d’équité entre les secteurs privé et public.
 
Mais il faut de plus avoir présent à l’esprit que les salariés et les classes laborieuses en général du haut en bas de l’échelle (celles qui assurent l’assiette nationale de l’impôt), ne sont plus à gauche depuis longtemps… Parce que ces classes productives ont compris depuis un certain temps qu’il s’agit maintenant de défendre bec et ongles le pré carré hexagonal. À l’inverse le cosmopolitiste Macron, grand défenseur du mondialisme déraciné, se situe sous cet angle à la gauche de l’extrême gauche. Cela au sens littéral : Macron se trouvant placé sur le spectre idéologique au-delà du pitre sansfrontiériste Poutou et bien en deçà des faussement romanesques références bolivariennes du susdit Mélenchon. Des bolivariens sud-américains au demeurant plus proche des nationalitaires français qu’il n’y paraît. Car que veut et cherche le mondialisme ? L’effacement des frontières et partant des nations, la libre circulation générale y compris celle des ovules, des armes et des stupéfiants et in fine la destruction de la famille en tant que cellule organisatrice et génitrice du corps social.

Le coup d’État institutionnel

Enfin Macron est présenté par certains spécialistes en pathologie mentale comme vaguement sociopathe. Or ce type de personnalité est excessivement persuasive : c’est de toute évidence un vendeur-né ce qu’avait initialement perçu ses employeurs de la maison Rothschild. En prolongement reprenons pour l’essentiel l’analyse du général Roure (CNIP)… “L’élection présidentielle a été une manipulation ayant abouti à un forme particulièrement élaborée de coup d’État s’appuyant sur le suffrage universel, expression apparente de la volonté populaire. Mais il s’agit d’une volonté scientifiquement pervertie et orientée. À défaut de pouvoir s’affranchir de la façade électorale, il faut désormais truquer les élections grâce à une désinformation massive de l’opinion publique ce qui devient possible quand le Système se trouve propriétaire en totalité des médias et des instituts de sondage. Cette manipulation repose sur l’énorme puissance du cartel financiaro-médiatique du CAC 40. La démocratie authentique est également réputée trop dangereuse parce que pouvant amener au pouvoir des personnalités porteuses d’idées et de velléités aussi saugrenues que la défense des intérêts nationaux. Le nouveau président a donc été élu alors que l’immense majorité du corps électoral lui était opposée, sinon hostile… Si les formes et les apparences de la légalité sont présentes, il est finalement inutile de s’interroger sur le degré de légitimité d’un tel représentant du peuple”. Ce qui revient à présenter Macron comme une sorte d’artefact, un pur produit du savoir-faire, de la science et de l’art mercatique. Cependant cela ne signifie pas le moins du monde qu’un fidéicommis ne soit qu’un simple fantoche. En effet nous avons tout à craindre de ce « jeune prodige » ayant carte blanche, un Mozart de la sérénade comme se complaisent à le présenter ses laudateurs

M. Macron est l’homme du ni-ni c’est-à-dire de rien

Dans un monde de plus en plus schizoïde où le virtuel gagne chaque jour du terrain, beaucoup se font piéger. L’injonction impérative de voter Macron au deuxième tour n’entraînait, ne requérait en fait aucune véritable adhésion (ni « oui » ni « non »). George Orwell a décrit dans son roman 1984, ce dispositif de « double pensée » développé par le biais de la « novlangue », antagoniste et antinomique, destinée à empêcher la représentation précise d’une chose. La novlangue contredisant le réel (le mal c’est le bien, le mensonge la vérité, la guerre est la paix) interdit tout jugement et entraîne une indifférenciation des divers éléments composant la réalité perçue. Le pouvoir séparateur, analytique du langage est ici annihilé par le caractère englobant et la capacité non discriminante d’une image ambivalente (et ambiguë) s’incarnant dans le personnage de Monsieur Ni-ni. Une figure quasi intellectuellement asexuée dans un registre équivalent à celui promouvant l’indifférenciation sexuelle (si en vogue aujourd’hui). Une révolution épistémologique autant que sociétale – celle de la post-vérité, du relativisme, de l’équivoque et de la biunivocité - concoctée et théorisée par l’École freudo-marxiste dite de Francfort, laquelle vise entre autres à la déstructuration anomique (anarchie) de la Société par le communisme sexuel… Fourrier revu par Marcela Iacub (femme de lettres et ancienne partenaire sexuelle de l’érotomane Strauss-Kahn), conduisant tout droit à la Pornocratie comme stade ultime de l’émancipation humaine. Une visée que dénonçait à la fin de sa vie et avec virulence l’inventeur du socialisme, Joseph Proudhon (1809-1865). Une référence qui vaut démonstration à rebours [3] [4] !

Pour nous résumer, comprenons que la Gauche d’aujourd’hui n’est plus celle qui censément se préoccupait du bien-être des couches populaires en combattant l’égoïsme générique (et supposé a priori) des classes dites supérieures. D’abord parce les distinctions de classes se sont largement estompées. La Gauche, la gauche vraie, proactive, militante, conquérante et « En marche » est aujourd’hui par conséquent d’abord mondialiste (l’internationalisme trop connoté ayant été laissé au bord du chemin). Elle est sans attache, nomade, moderniste, jeuniste, métisse, athée et progressiste à tous crins, c’est-à-dire libérée de tous les préjugés d’antan qui fondait la société de nos aïeux… de tous bords.
 
Progressisme macronien vs socialisme jaurésien

Au bout du compte, la dernière révolution en date (ou rupture épistémologique) se signale par une mutation des concepts et une redéfinition de la lutte des classes en abandonnant cette dernière au profit d’un antagonisme haut/Bas (mais également urbains/ruraux, centre périphérie). Le socialisme s’efface dès lors derrière le progressisme, c’est-à-dire l’idée de marche en avant, de mouvement contre l’immobilisme voire contre la marche arrière (rétrograde) des réactionnaires dont le repli sur soi, le fermeture (celle des frontières par exemple) marque la « peur » de l’avenir et peur de l’Autre, qu’il soit étranger, homosexuel ou simplement différent.

Les partis dits extrémistes sont ainsi accusés de cultiver la peur par un refus irrationnel (qui est aussi un calcul politique) de l’inéluctable devenir universaliste et transhumaniste. Une attitude recelant une affreuse absence de foi en l’humain et en son radieux devenir. Comportement déplorable (qualificatif utilisé par Mme Clinton pour désigner les électeurs de D. Trump) qu’il convient de combattre et d’éradiquer. Le camp du progrès sera donc ouvert sur le grand large atlantique et très au-delà. Il se veut résolument cosmopolite, la mixité étant la richesse par excellence (de facto le retour à l’indifférencié). Les mélanges sexuels, raciaux, culturels sont l’avenir de l’humanité et l’acmé de la morale… Faisant ainsi une règle de ce qui ne devrait en principe relever que du domaine de l’exception.

Les mots cul par-dessus tête

À nous par voie de conséquence d’ouvrir grand les yeux et de voir sous les oripeaux clinquants de la Gauche actuelle, les vieux habits de la folie messianique qui animait il y a tout juste un siècle, Lénine et Trotski. Tout deux associés à des banquiers de Londres, de Francfort et de Manhattan (à l’instar de M. Macron aujourd’hui) qui soutinrent fermement, leur ambition d’instaurer le règne de la termitière humaine à échelle planétaire. Les mots ont changé, mais pas les projets, dussent-ils se cacher encore et encore sous des promesses de Paix universelle ou s’appeler maintenant Gouvernance mondiale. D’où l’importance et l’urgence vitale de redonner du sens aux mots si nous voulons échapper aux embûches sémantiques dont notre route se trouve semée.

Si nous voulons être en mesure de savoir et de comprendre vers quel abîme nous nous dirigeons… Ceci sans nous laisser ahurir par une confusion savamment entretenue des représentations et des notions dont la signification a été falsifiée – à commencer par la distinction droite/gauche - afin de semer et d’entretenir une sauvage confusion dans les esprits. Nous devons finalement réapprendre à penser par nous-mêmes et pour cela, recommencer à faire l’effort salvateur de lire autre chose que des romans de qu’at sous, de nous abreuver de slogans et de dévorer à satiété des twits McDo prémâchés, prédigérés. Mélange toxique des genres dont se servait avec fatuité Mitterrand au siècle dernier pour parader au Parlement européen et suivant lequel “le patriotisme serait l’amour des siens, tandis que le nationalisme serait la haine des autres”. De nos jours même le patriotisme ne trouve plus grâce auprès des censeurs, n’étant plus que l’expression d’un racisme ontologique à savoir revendiquer la propriété exclusive de nos âmes.

La République macronienne dans ses pompes et ses œuvres

La concussion en marche

Finalement l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Brest met en lumière la carrière d’un magouilleur qui serait bêtement ordinaire s’il n’était à l’heure actuelle l’un bras droit du président Macron après avoir été l’un des premiers ralliés à la cause du jeune prodige politique.

Ferrand commence sa vie professionnelle comme plumitif en collaborant à différents supports dont Centre Presse, Auto Moto, Circuler, Vie publique et Le Monde. En 1991 il démarre son ascension vers le firmament politique lorsqu’il rejoint (par l’on ne sait quel réseau) le cabinet de Kofi Yamgnane ci-devant secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales et de l’Intégration. Excusez du peu ! Ce dernier est battu aux législatives de 1993, mais il fait entrer son conseiller aux Mutuelles de Bretagne dont il deviendra directeur en 1998. Celui-ci quitte cette fonction en juin 2012 pour exercer un mandat de député durement gagné.

Le 13 mars dernier, invité sur BFMTV/RMC, Richard Ferrand nous livrait le fond de son âme sur l’affaire des costumes de François Fillon … « Pour avoir un costard, il faut bosser » reprenant l’élégant propos de son patron Emmanuel Macron. Puis « Monsieur Fillon nous démontre qu’il suffit d’avoir des amis qui peuvent financer votre habillement… Ce n’est pas de bonne hygiène démocratique ». Certes, mieux vaut n’être pas un pue la sueur !

Au reste qu’un ministre de l’irréprochable présidence Macron ait pratiqué un certain mélange des genres entre affaires publiques et vie privée, cela fait tache. Tout comme Mme Sarnez, la lieutenante de l’irréprochable Bayrou, visée avec dix-huit autres députés européens de tous bords par une enquête préliminaire pour des soupçons d’emplois fictifs… celle-ci aurait pris comme attachée parlementaire à Bruxelles un employé du siège parisien du parti centriste MoDem. Pour faire bonne mesure, ajoutons Véronique Avril, candidate de La République En Marche à Saint-Denis. Mediapart l’accuse d’avoir loué pendant 5 ans, à une famille de 5 personnes, un appartement de 23 m2 dans un immeuble insalubre en état de « péril imminent », au prix de 650 € par mois !

Aussi, M. Macron enjoint-il à la presse de la fermer, ayant explicitement exigé des journalistes « de ne pas se comporter en juges » [5]. Lequel avait officiellement retardé d’un jour la nomination de son gouvernement pour, disait-il, s’assurer de la probité de ses ministres. Avec l’affaire Richard Ferrand, avec l’affaire Sarnez et consorts nous n’en sommes certainement qu’à l’ouverture de la Boîte de Pandore.

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