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France - OTAN

Jean Michel Vernochet

jeudi 2 avril 2009

Retour au bercail dans le commandement intégré de

l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord !

Les citoyens français accablés d’impôts, de taxes et de soucis sont censés être régulièrement tenus informés par la presse et le JT, des politiques suivies par les dirigeants qu’ils ont élus. Ce n’est évidemment pas le cas puisque la grande affaire de la presse, c’est le mensonge, à commencer par cette arme absolue et létale pour l’esprit qu’est le silence. Un peu de ré-information en matière de sécurité collective s’impose donc puisqu’on nous serine à longueur de temps que « L’EUROPE C’EST LA PAIX ». En réalité l’Union européenne, c’est la guerre sous couvert d’une Alliance militaire transatlantique, l’Otan. Une guerre globale, celle que les États-Unis ont déclarée au monde pour imposer leur Loi du marché, celle de compère renard dans le libre poulailler afin de mettre la planète en coupe réglée et pour soumettre les hommes à un implacable darwinisme social habillé de « morale » puritaine, à rebours de tout ordre naturel.

Cela est évidemment passé inaperçu aux yeux du plus grand nombre, mais le retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan est déjà programmé. La méga Arche de Zoé qu’est devenue la politique hexagonale avec son scandale quotidien, avec ses bédouins à la gueule en cul de singe qui installent leurs tentes sur les pelouses élyséennes et auxquels la garde républicaine rend les honneurs, bref le perpétuel divertissement de l’attention publique et le dévoiement subséquent de l’opinion, nous interdisent de voir ce qui se trame d’essentiel, les changements de cap radicaux, la fin de notre souveraineté nationale, autrement dit la capacité autonome à décider pour et par nous mêmes. Par exemple, la prochaine et complète soumission des forces armées françaises appelées à passer sous commandement américain sous couvert de l’Otan. Ce qui, il faut bien le dire, ne sera que l’aveu formel et institutionnel, le passage à la lumière d’un état de fait institué depuis un sacré bail. Retour sur images.

Variante :

Passé inaperçu dans le flot sidérant des infos people, le retour de la France au sein du commandement intégré de l’Otan est d’ores et déjà programmé. Autrement dit un changements de cap radical, la fin de notre souveraineté en matière de sécurité, la perte de notre capacité à décider pour et par nous mêmes, et finalement, une forme silencieuse de « colonisation » ! Comment en effet qualifier autrement la prochaine et complète soumission des forces armées françaises bientôt appelées à passer juridiquement sous commandement américain sous couvert de l’Otan ? Il est vrai que c’est déjà le cas de facto en Afghanistan. Donc, il n’est désormais plus utile de continuer à sauver les apparences mais d’achever la fusion…

La France est membre de l’Alliance atlantique depuis la signature du Traité de l’Atlantique Nord signé à Washington le 4 avril 1949. Cette Alliance militaire, défensive en son principe, était destinée à faire barrage à l’expansion du communisme, d’abord en Europe occidentale. En mars 1966, Charles de Gaulle, soucieux de l’indépendance de la France qu’il souhaite maintenir dans le groupe de tête des grandes puissances, décide de quitter le commandement intégré de l’Otan sans toutefois répudier l’Alliance. Il s’agissait là de se débarrasser d’une tutelle qui faisait de facto de la France un état vassal de Washington et une terre d’occupation pour des forces étrangères. Notons aussi que ce retrait n’était pas tombé du ciel puisque dès 1959 la flotte française de Méditerranée s’était déjà affranchie du commandement américain. De Gaulle marquait ainsi son intention de redéfinir les relations franco-américaines sur la base d’un partenariat stratégique, situation qui a prévalu, cahin-caha, jusqu’à l’arrivée de M. Sarkozy à la Présidence le 22 mai 2007.

Cette rupture eut pour première conséquence, le transfert à Bruxelles du Commandement suprême des forces atlantiques jusque-là installé à Rocquencourt dans les Yvelines, à une encablure de Versailles. Tout un symbole. Libérée du parrain américain, la France dote rapidement son dispositif de défense d’une composante nucléaire réellement indépendante. Ce qui ne sera jamais le cas pour le Royaume-Uni qui restera perpétuellement dépendant des têtes nucléaires et des vecteurs américains. Parallèlement des hommes parmi lesquels le général Pierre-Marie Gallois élaborent la doctrine d’emploi de nos armes nucléaires tactiques et stratégiques au sein de nos forces dites de dissuasion.

Or, le 11 septembre 2007, le gouvernement français opère un virage sur l’aile à 180° : le ministre de la Défense Hervé Morin entame officiellement le chemin de retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’Otan. Un retour dans le giron des forces américaines qui constitue une rupture absolue avec les politiques d’inspiration gaullienne suivies depuis 1966. À quelques exceptions notables comme en 1999 lorsque M. Jospin, Premier ministre de cohabitation après la décision catastrophique en avril 1997 du Président Chirac, sur les conseils avisés de M. Villepin, de dissoudre l’Assemblée nationale, engage la France, sans consultation du Parlement et sans mandat des Nations Unies, dans la guerre que les É-U et l’UE lance alors contre la Fédération yougoslave sous le prétexte fallacieux de venir en aide aux populations albanophones du Kossovo. Des populations prétendument « épurées », un mythe qui perdure jusqu’à ce jour.

On sait ce qu’il en adviendra : après deux mois de bombardements intensifs** pendant les lesquels M. Jospin a cyniquement, c’est-à-dire sans aucun état d’âme socialiste, placé l’armée française sous commandement américain, ceci sous couvert de l’Otan***, ce sont les Serbes du Kossovo qui seront, eux, véritablement expulsés sous le proconsulat de M. Kouchner, chef de la mission des Nations unies au Kossovo (MINUK). Une épuration ethnique non fictive qui s’accomplira avec la bénédiction des Nations Unies et la complicité active de l’Union européenne.

Aujourd’hui la France, troisième contributeur financier de l’Otan derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, est à nouveau en guerre en Afghanistan sous la bannière de l’Alliance Atlantique. Nous avons un peu tendance à l’oublier ! Mais parce que, dans la matrice totalitaire que devient, un peu plus chaque jour, le monde où nous vivons, les mots sont destinés à masquer les choses et à travestir la réalité aux couleurs d’un humanisme consensuel. Ainsi la vraie guerre livrée aux peuples afghans sous couvert de paix et de stabilisation (après 8 années d’occupation !) est d’abord une guerre européenne en substitution des forces américaines fort occupées ailleurs, cette autre part nommé Irak.

Demain [Puisque l’intervention armée contre l’Iran ne semble plus être immédiatement à l’ordre du jour suite à l’opportune publication, le 3 décembre à Washington, du NIE, le National Intelligence Estimate, rapport des services spéciaux américains qui semble découvrir l’indigence du nucléaire militaire iranien ; un programme gelé depuis 2003, excusez du peu !] où les soldats français iront-ils combattre comme supplétifs des forces défaillantes de l’Empire atlantique, dès lors que la France se sera de nouveau et définitivement placée sous commandement « allié » dans les guerres sans limites visant à imposer un Nouvel Ordre hégémonique Mondial ?

Dans quelques semaines, les troupes françaises doivent se déployer « au » Darfour sur la frontière soudano-tchadienne. Or, une campagne somptueusement orchestrée sur et par les médias européens relance plein pot la question des massacres du Darfour, province soudanaise où s’affrontent les impérialismes Nord-américain et chinois. Question largement mise en scène (d’autres massacres et conflits dont « on » ne parle pas, ravagent au même moment le Continent africain), pour la résolution de laquelle M. Kouchner, ce grand humaniste, préconisait, pendant la campagne présidentielle au printemps dernier, de concert avec son complice Bernard-Henri Lévy, comme naguère contre l’Irak, une opération punitive de la communauté internationale contre les méchants Taliban noirs de Khartoum. Aucun des grands candidats à la présidentielle ne dérogea évidemment à souscrire à l’activisme interventionniste de nos deux grandes âmes humanitariennes. Pour information, l’Otan, déjà présent au Darfour y assure le soutien logistique des troupes de l’Union africaine…

Déploiement français au Tchad, retour dans le commandement intégré de l’Otan, le décor est planté et les acteurs se mettent en place. Et si formellement la France se trouve d’emblée juridiquement placée sous l’autorité de l’Otan, faux-nez du Pentagone, ce sera autant de temps de gagné et bien des arguties épargnées à une opposition d’opérette véritable faire-valoir des néo-conservateurs façon Gucci-Prada-Hermès/Rayban-Rollex.

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