Geopolintel

Main mise de la CIA sur l’aéronautique Français

lundi 6 juillet 2015

À fin juin 2014, l’endettement de Latécoère atteignait 319,6 millions d’euros soit près de 2,5 fois les capitaux propres de la société.
Le Comité interministériel de restructuration industrielle se réunit lundi avec les principaux créanciers de l’équipementier aéronautique lourdement endetté.

Bercy prend en main le sauvetage financier de Latécoère

Le compte à rebours est engagé pour Latécoère. Lundi 20 octobre, le management, Laurent Le Guernevé, le mandataire sollicité par l’équipementier aéronautique pour l’assister, ainsi que ses créanciers se réunissent sous l’égide du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Asphyxié par une dette qu’il traîne depuis des années comme un boulet, le spécialiste des aérostructures (éléments de fuselage) d’avions ne peut plus faire face à ses échéances financières.

À fin juin 2014, l’endettement de Latécoère atteignait 319,6 millions d’euros, soit près de 2,5 fois les capitaux propres (131,93 millions d’euros). Il se répartit entre 231,2 millions de dette financière long terme, 110,5 millions de dette court terme et 22 millions d’euros de trésorerie.

La charge d’intérêt de la dette grève la rentabilité de la société. L’endettement entrave sa capacité d’investissement au moment où ses grands clients - Airbus et Boeing au premier chef - lui demandent de financer des hausses de cadence importantes. Enfin, cette lourde dette l’immobilise alors que le marché européen des aérostructures est entré dans une phase de consolidation. Airbus Group a décidé la semaine dernière de marier deux de ses filiales - Aérolia et Sogerma - pour donner naissance à un acteur de premier rang de 1,65 milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec 6 100 salariés.
Pas de réaction négative du côté des clients

Latécoère qui renégocie pour la troisième fois avec ses créanciers ne peut compter obtenir, comme lors du dernier round en 2010-2011, un rééchelonnement de sa dette. L’environnement est aujourd’hui très différent. Et ses créanciers ont changé. Plusieurs fonds dont l’américain Apollo et le britannique Monarch ont racheté les créances de plusieurs banques. « Ensemble, ils détiennent un tiers environ de la dette de Latécoère », assure-t-on de bonne source. « Des contacts ont eu lieu entre leurs représentants et le management ainsi que le conseil de surveillance. Tout se passe dans un très bon climat », ajoute-t-on. « Il n’y a pas d’opposition ni d’hostilité entre les fonds et le management. D’autant que la négociation n’a pas encore débuté », souligne-t-on de très bonne source.

https://youtu.be/_5gAMIEI1Ew?t=774

Pas de réaction négative non plus du côté des clients qui sont « attentifs » mais n’envisagent pas d’intervenir au capital de leur fournisseur. « Concernant Latécoère, ce qui est important, c’est de maintenir ses capacités industrielles et technologiques remarquables », avertit Yves Galland, PDG de Boeing France. Le géant américain a choisi Latécoère comme unique fournisseur des portes passagers du 787 Dreamliner. « Le souci d’Airbus est de sécuriser ses approvisionnements », renchérit le constructeur européen.

« La société a besoin de trois choses : un actionnaire stable, une transformation de sa dette en capital et une injection d’argent frais. »
Un acteur du dossier

Du côté des pouvoirs publics, la présence d’Apollo, chef de file naturel du dossier Latécoère, ne suscite pas de levée de boucliers. Le fonds américain, qui gère pour 175 milliards de dollars d’actifs dans le monde, est bien connu des services de Bercy et de BPIFrance avec laquelle il a travaillé sur le redressement de Constellium (ex-Pechiney), acquérant une expérience dans l’aéronautique et nouant des liens avec Airbus notamment. « Apollo a une vraie expertise de l’industrie. Il agit toujours sur le long terme et jamais de façon hostile. Il peut apporter beaucoup à Latécoère », souligne un acteur du dossier. Le fonds souhaiterait travailler à nouveau avec BPIFrance.

Latécoère, qui dispose d’un carnet de commandes représentant quatre ans d’activité, ne peut plus continuer comme cela. « La société a besoin de trois choses : un actionnaire stable, une transformation de sa dette en capital et une injection d’argent frais. » Reste à se mettre d’accord sur le prix des différentes opérations.

Il faudra les soumettre - une fois un accord trouvé entre tous les créanciers - au vote des actionnaires réunis en assemblée générale. Or, le capital de Latécoère est dispersé : 7,7 % sont aux mains des salariés et 92 % constituent le flottant. Les actionnaires identifiés tels que la Financière de l’Échiquier ou le fonds Salvetat ne représentent que 20 à 25 % du capital. L’approbation de deux tiers des actionnaires est nécessaire. Il faudra donc « les traiter correctement », selon l’expression d’un proche du dossier.

Par Véronique Guillermard

Latécoère : l’arrivée des fonds vautours

Chez Airbus Group on a qualifié de « bullshit » (foutaise) les rumeurs de rachat de dette de Latécoère par des fonds baptisés de vautours (notre édition du 4 octobre). Pourtant, les fonds d’investissement londonnien Apollo Management et Monarch auraient déjà racheté pour 160 M€ de dettes sur le marché. Soit plus de la moitié du mur de dettes auquel est confronté l’équipementier aéronautique qui croule soit 300 M€ d’emprunt. C’est Jean-Luc Allavena, associé du fonds Apollo, qui pilote l’opération. En toute discrétion, le PDG de Latécoère Frédéric Michelland, s’est associé les conseils de la banque d’affaires Rothschild et Barber Hauler Capital Advisers pour tenter de contrer cette tentative de prise de contrôle. Le salut de Latécoère, fournisseur clef d’Airbus, pourrait venir demain mercredi du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) qui aide les entreprises en difficultés à élaborer des solutions pour assurer leur pérennité.
Source

—  0 commentaires  —

© Geopolintel 2009-2015 - site réalisé avec SPIP, optimisé pour Firefox - l'actualité Geopolintel avec RSS Suivre la vie du site