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La guerre au Yémen, révélateur de l’avenir au Moyen-Orient

vendredi 3 juillet 2015

Comprendre la situation au Yémen et anticiper les conséquences de son évolution à l’échelle régionale nécessite de faire un zoom arrière sur le Proche-Orient ; de la même façon, la confrontation des puissances régionales au Yémen, si l’on y est attentif, offre une clé de compréhension quant à l’avenir de cette région.

Sous un certain angle, le conflit en cours au Yémen nous en dit plus sur la situation géopolitique régionale que sur celle du Yémen même. La crise actuelle au Yémen étant la miniaturisation de l’échiquier géopolitique du Proche-Orient, impliquant d’un coté l’Arabie Saoudite – avec Israël et les États-Unis en maîtres d’œuvre – et de l’autre, l’Iran et ses alliés, ainsi que la Russie en arrière-plan.

La principale motivation de l’agression de la coalition « otanesque » arabe menée par l’Arabie Saoudite est la suivante : ramener le Yémen dans le giron atlantiste, voire sioniste, de la même manière que les saoudiens l’avaient fait – avec entre autres le Qatar – au Bahreïn, en écrasant la révolte de 2011 qui menaçait le régime, dont le renversement était vu d’un mauvais œil par les États-Unis qui possèdent une base militaire sur l’île.

En effet, depuis le début des années 2000, le Yémen connaît une révolte qui s’est transformée en révolution populaire en 2011 et qui est menée par l’organisation houthi ansaru lah, contre laquelle luttent les États-Unis et l’Arabie Saoudite, usant d’armes comme les drones mais aussi et surtout d’outil tel Al-Qaïda, dont la présence au Yémen, à l’instar de Daech en Irak et en Syrie, n’est pas fortuite. En effet, dans le cadre géopolitique particulier du Moyen-Orient, le terrorisme joue une double fonction :

  • la première est celle d’agent corrosif menaçant l’intégrité nationale, comme en Irak et en Syrie, et rendant difficile, voire impossible, la reconstitution d’un État homogène sur le plan territorial. Comme au Yémen, où Al-Qaïda empêche la progression de la révolution menée par ansaru lah.
  • la seconde fonction consiste à servir de prétexte aux coalitions atlanto-israéliennes, pour faire reculer l’armée régulière syrienne face à Daesh ou encore affaiblir la rébellion au Yémen.

L’action de la coalition arabe est conforme aux « relatifs » intérêts géo-énergétiques américains dans la région, ce qui explique en grande partie le silence des états et des médias occidentaux sur l’agression contre le Yémen, comme ce fut le cas lors des tueries au Bahreïn.
Du point du vu saoudien, il est vital d’empêcher que la révolution yéménite n’aboutisse totalement. Ceci aurait un effet de contagion dans le royaume saoudite, qui menace déjà d’imploser, non seulement en raison des luttes de pouvoir au sein de la famille régnante, mais aussi par la nature profondément tribale de l’Arabie qui menace de ressurgir.
La révolution yéménite représente un danger pour la famille Saoud, qui redeviendrait ce qu’elle fut avant d’avoir conquis l’Arabie : une tribu parmi d’autres. Nous pouvons ainsi, d’ores et déjà, anticiper l’éclatement en sous-régions tribales de l’Arabie.

Les deux principales puissances qui s’affrontent au Yémen sont l’Arabie Saoudite et l’Iran qui soutien activement ansaru lah. Leur confrontation au Yémen entre dans le cadre de l’échiquier géopolitique moyen-oriental, en particulier en Syrie, où Assad, l’allié de l’Iran (et de la Russie), aidé par le Hezbollah, est au prise avec Daesh, que l’Iran combat directement en Irak.
Si l’Arabie Saoudite perd le contrôle de Daech, l’on ne doit pas cependant surestimer l’autonomie de ce pseudo état islamique, qui, par ailleurs, pourrait – dans le cadre du redécoupage du Moyen-Orient – être dirigé contre le royaume saoudien, par le Nord, et ainsi précipiter la chute de la famille royale et l’éclatement du pays. C’est une hypothèse plausible que l’on peut éventuellement intégrer à notre analyse prospectiviste.

Les saoudiens ont certes avancé un pion au Yémen, mais en abaissant leur garde. Une occasion pour l’Iran qui, par le bras d’ansaru lah, pourrait leur infliger un échec cuisant, qui redessinerait la carte de l’Arabie et par suite redéfinirait les rapports de forces dans tout le Proche-Orient.

Nous assistons à une fin de partie entre l’Iran et la gérontocratie wahhabite, dont cette dernière ne sortira pas indemne. Ce qui rend fébrile Israël, pour qui l’Arabie Saoudite est un pion important dans le bras de fer qui l’oppose à l’Iran. L’état hébreu est allé jusqu’à menacer publiquement d’offrir l’arme nucléaire à son allié saoudien, et ce quelques semaines avant le largage par ce dernier – ou par un de ses alliés – d’une bombe à neutron [1] sur la population civile yéménite.

Cette fin de partie saoudo-iranienne devrait, en toute logique, conduire à terme à un affrontement entre l’Iran et Israël, l’Arabie Saoudite ne jouant jusqu’ici que le rôle de second couteau au profit de l’État hébreu.
D’ici là, il est à prévoir que le chaos se répandra plus encore dans la région, notamment après l’implosion du régime saoudien ; conséquence ou cause d’une possible guerre civile et/ou tribale dans le futur ex-royaume wahhabite.

Du Yémen à la Syrie, en passant par l’Irak, le feu se répand. Or, une lecture exclusivement géopolitique ne nous permet pas de saisir la signification profonde des événements, leur aboutissement et leur sens historique. S’essayer à un exercice de prospective géopolitique implique de revenir aux causes de la déstabilisation de cette partie du monde musulman.

L’intervention américaine post 11 Septembre en Afghanistan, puis la guerre contre l’Irak en 2003, ont ouvert la voie à ce qui a suivi quelques années plus tard, à savoir l’hémorragie terroriste qui a terminé ce que le « printemps arabe » a commencé.
Cette subversion du monde musulman par la guerre et le terrorisme est la concrétisation du plan Bernard Lewis élaboré entre 1975 et 1978 et du plan Oded Yinon datant de 1982. Ces deux plans, ne formant qu’un seul et même projet, visaient à subdiviser les pays musulmans, et plus particulièrement le Proche-Orient, en petits états ethno-confessionnels. L’éclatement des états étant la condition préalable à leur division, le plan Lewis/Yinon prévoyait d’y parvenir en provoquant des conflits intercommunautaires ; à quoi s’ajouterait la stimulation de mouvements séparatistes et la création d’états autonomes comme le Kurdistan ou le Baloutchistan.

La finalité du plan Oded Yinon est l’établissement du Grand Israël d’après les frontière bibliques : du Nil à l’Euphrate. L’expansion de l’état hébreu n’étant possible que par la préalable dislocation de tous les états environnants et la création d’un foyer de purulence qui justifierait à terme une grande guerre de conquête territoriale sous le prétexte d’une guerre défensive et de la stabilisation de la région.
Oded Yinon était un fonctionnaire du ministère des affaires étrangères israélien ; il a rédigé en 1982 le plan pour le Moyen-Orient appelé « A Strategy for Israël in the 1980’s »(une stratégie pour Israël dans les années 1980) [2].
Après avoir dressé un état du monde musulman du Maroc à l’Afghanistan – en prenant soin pour chacun de ces pays de tracer les lignes de fractures ethnico-religieuses – il établit les objectifs que doit se fixer Israël de la manière suivante :

  • Il commence par la Palestine et écrit : « Après la Guerre de Six Jours, nous aurions pu nous préserver de tout conflit amer et dangereux si nous avions donné la Jordanie aux palestiniens vivant à l’ouest du Jourdain. En faisant cela, nous aurions neutralisé le problème palestinien auquel nous faisons face aujourd’hui. ».
  • En ce qui concerne le Sinaï, il écrit que « récupérer » la péninsule du Sinaï avec ses ressources (pétrole) est une priorité politique pour Israël qui a été obstrué par l’accord de paix de Camp David (1978).
    Yinon précise que l’Égypte doit procurer un prétexte à Israël pour qu’il puisse occuper une nouvelle fois le Sinaï. Je pense que dans un avenir plus ou moins éloigné, la présence de groupes terroristes dans le Sinaï pourrait offrir ce prétexte.
  • Il décrit l’Égypte comme un cadavre et ajoute que l’objectif politique d’Israël est d’exploiter le « fossé » existant entre chrétiens et musulmans pour diviser l’Égypte en deux régions géographiquement distinctes.
    Yinon précise que l’éclatement de l’Égypte provoquerait aussi l’éclatement de la Libye et du Soudan ainsi que d’autres pays plus éloignés de l’Égypte selon une sorte d’effet domino.
  • Puis, il décrit le plan pour ce qu’il appelle le Front de l’Est. Il explique que la dissolution du Liban en 5 états servira de précédent pour tout le monde arabe, incluant l’Égypte, la Syrie, l’Irak et la Péninsule arabique. Il écrit que : « La dissolution de la Syrie et de l’Irak en régions ethniques ou religieuses comme au Liban, est le premier objectif d’Israël sur le front de l’Est dans le long terme, tandis que la dissolution de la force militaire de ces états sert de premier objectif sur le court terme. »
    A l’heure actuelle, l’état irakien n’existe plus, le pays est dans une situation chaotique et est occupé par un état créé de toute pièce : Daech.
  • La Syrie, qui tient encore debout tant bien que mal, fait face à un problème dont l’origine est évidemment la même. D’ailleurs, il écrivait au sujet de la Syrie qu’elle devra être divisée de la manière suivante : « Il y aura le long de sa côte un état chiite alaouite, un état sunnite dans la région d’Alep, un autre état sunnite à Damas hostile à ses voisins du nord et les druzes qui vont installer un état, peut être dans notre Golan et certainement dans le Hauran et dans le nord de la Jordanie. Cette situation sera la garantie de la paix et la sécurité dans la région sur le long terme, et cet objectif est déjà à notre portée aujourd’hui.  »
  • A propos de l’Irak, Yinon écrit sans ambiguïté : « L’Irak, riche en pétrole d’un côté et déchirée de l’autre, est garantie en tant que candidate comme cible d’Israël. Sa dissolution est même plus importante pour nous que celle de la Syrie. Sur le court terme c’est la puissance irakienne qui constitue la plus grande menace pour Israël. Une guerre Iran-Irak fera éclater l’Irak de l’intérieur avant même qu’il soit possible d’organiser un front large contre nous. Toute sorte de confrontation interarabe nous assistera dans le court terme et nous raccourcira le chemin pour le plus important objectif de démembrement de l’Irak comme en Syrie et au Liban. En Irak, la division en provinces ethniques et religieuses est possible comme en Syrie durant la période ottomane. »

Pour donner un autre exemple de cette stratégie israélienne nous citerons Ze’ev Schiff, le correspondant militaire du journal israélien Haaretz – et qui était un des plus grands spécialistes en Israël dans ce domaine – qui écrivit : « Le mieux qui pourrait arriver pour les intérêts d’Israël en Irak est la dissolution de l’Irak en un état chiite, un état sunnite et la séparation de la partie kurde. » (Haaretz, le 02/06/1982).

Le plan pour la Jordanie selon Yinon est le suivant : « La Jordanie est une cible stratégique immédiate dans le court terme mais pas pour le long terme, parce qu’elle ne constitue pas une vraie menace sur le long terme après sa dissolution, la fin du long règne du roi Hussein et le transfert de pouvoir aux palestiniens dans le court terme.  »
Le « problème » palestinien pour Israël, ne se réglera que par le transfert de la population palestinienne vers la Jordanie (et la population de Gaza vers le Sinaï), ce qui passera par la chute de la monarchie jordanienne au profit du Hamas-Frères Musulmans.

C’est dans cette perspective que nous pouvons comprendre les bombardement régulier à 2 ou 3 ans d’intervalle sur la population de Gaza, le but étant de les pousser vers la Jordanie et/ou le Sinaï.
Ceci apparaît clairement lorsque Yinon écrit : « Il n’y a aucune chance que la Jordanie continue d’exister dans sa présente structure sur le long terme, et la politique d’Israël, qu’elle soit en paix ou en guerre, devrait aller dans la direction de la liquidation de la Jordanie sous le présent régime et le transfert de pouvoir à la majorité palestinienne. »

Oded Yinon ajoute que la population juive doit être moins dense en Israël ; qu’est-ce que cela implique ? Premièrement, l’expulsion de la population palestinienne et deuxièmement, l’expansion du territoire israélien « au-delà du Jourdain », comme l’écrit Yinon, pour pouvoir disperser la population israélienne.
Le 28 septembre 2013, le New York Times a publié une « nouvelle » carte du Moyen Orient correspondant au plan Oded Yinon. Cette carte était titré « How 5 Countries Could Become 14 »i (comment 5 pays peuvent devenir 14) [3] .

Je tiens à préciser que le plan Oded Yinon préconisait aussi l’éclatement de l’Arabie Saoudite en sous-région tribale ; ainsi il écrivait : «  La Péninsule arabique entière est candidate à la dissolution en raison de ses pressions internes et externes, et la chose est inévitable, spécialement en Arabie Saoudite. Indépendamment du fait que ses ressources pétrolières restent intactes ou diminuent dans le long terme, les fractures internes et les ruptures sont une évidence et un naturel développement à la lumière de la présente structure politique. ».
Les dirigeants saoudiens semblent ignorer l’existence de ce plan, alors qu’ils sèment le chaos près de leurs frontières et dont ils subiront sans nulle doute le contre-feu. En tentant d’éteindre ce feu révolutionnaire yéménite qui menace de se répandre en Arabie, les Saoud ne font que l’alimenter, et accélère ainsi l’écroulement de leur maison d’ores et déjà en ruine.
Nulle besoin de préciser que la déstabilisation de la péninsule Arabique aurait des répercussions considérables sur l’économie mondiale, avec des réactions en chaîne d’une grande ampleur, en particulier en Europe.

Le déclenchement de la guerre en Irak fut la première étape de ce grand redécoupage du Moyen-Orient, qui n’est, si l’on se place sur le plan historique, que la suite logique du premier découpage que la région a subi après la guerre de 14-18, conformément aux accords secrets Sykes-Picot datant de juin 1916, entérinant la négociation d’octobre 1915 entre Mc Mahon et Hussein, le Chérif de la Mecque.
Le redécoupage du Moyen-Orient qui est en cours est la conséquence, non de l’influence du lobby pétrolier américain, mais de celui du lobby pro-israélien sur la politique étrangère américaine (je renvoie ici aux travaux des deux éminents universitaires américains Stephen Walt et John Mearsheimer [4]). Ajoutons que Bernard Lewis, idéologue détenteur des nationalités britannique, israélienne et américaine, qui est bien implanté au sein de l’establishment étasunien, joua un rôle important dans le déclenchement de la guerre contre l’Irak en persuadant Dick Cheney, alors vice-président des États-Unis, de se prononcer en sa faveur.
Toutefois, il reste une puissance régionale qui n’a pas été atteinte par ce plan de redécoupage, c’est l’Iran, qui, à défaut de pouvoir jouer un rôle de stabilisateur dans la région, représente un mur pour lui-même limitant l’expansion apparemment inéluctable du chaos. A la suite ou durant l’éclatement de l’Arabie Saoudite qui pourrait résulter de la guerre au Yémen, l’affrontement des deux puissances régionales, Israël et l’Iran, pourraient bien entraîner les puissances mondiales – les États-Unis et la Russie, ainsi que leurs alliés – dans un affrontement dépassant de loin le seul Proche-Orient.

Depuis plus d’une dizaine d’années, le lobby pro-israélien milite aux États-Unis simultanément en faveur d’une guerre contre l’Iran et d’un changement de régime (à défaut de celle-ci). Par une politique subtile, les dirigeants iraniens – tout particulièrement l’Ayatollah Khameneï (je renvoie à mon analyse dans mon livre Occident et Islam) – l’Iran à su maintenir, avec la Russie, la menace à bonne distance. L’allié Russe met à l’abri l’Iran d’une attaque directe des États-Unis ; Israël qui en a pleine conscience pourrait, le cas échéant, forcer la main des américains en prenant l’initiative seul d’une guerre contre l’Iran. La réplique des iraniens – qui possèdent des missiles supersoniques que le dôme de fer israélien n’est pas en mesure d’intercepter, à quoi il faut ajouter les missiles défensifs S-300 russes livrés à l’Iran – frapperait Israël en plein cœur. Dans ce cas de figure, les États-Unis seraient contraints d’entrer en guerre aux côtés de leur pesant allié, et la Russie s’interposerait très certainement, menant ainsi à une conflagration à l’échelle mondiale.

Le monde devrait être plus attentif à l’évolution de la situation au Yémen et plus largement à celle du Proche-Orient car l’Histoire nous a appris que le destin de l’Humanité et celui de cette région sont intimement liés. En 1905, l’écrivain palestinien de confession chrétienne, Negib Azoury, écrivait à ce propos : « Deux phénomènes importants, de même nature et pourtant opposés, qui n’ont encore attiré l’attention de personne, se manifestent en ce moment dans la Turquie d’Asie : ce sont le réveil de la nation arabe et l’effort latent des Juifs pour reconstituer sur une très large échelle l’ancienne monarchie d’Israël. Ces deux mouvements sont destinés à se combattre continuellement, jusqu’à ce que l’un deux l’emporte sur l’autre. Du résultat final de cette lutte entre ces deux peuples représentant deux principes contraires dépendra le sort du monde entier. Ce n’est pas la première fois, du reste, que les intérêts de l’Europe dans la Méditerranée sont agités dans les pays arabes ; car ce territoire, qui met en communication trois continents et trois mers, a été, à des époques différentes, la scène où se sont déroulés des événements politiques ou religieux qui ont renversé le cours des destinées de l’univers. »

Nous sommes assurément à la veille d’un grand renversement à l’échelle planétaire. La confrontation géopolitique des puissances régionales et mondiales au Proche-Orient et ailleurs, notamment en Ukraine, n’est qu’un des effets apparents des bouleversements profonds provoqués par des mouvements historiques sous-terrain – une étude détaillée sur ces mouvements est présenté dans mon ouvrage Occident et Islam (septembre 2015) – qui ont mué durant de longs siècles.

Youssef Hindi, écrivain et historien marocain

Notes

[1D’après Deff Smith, qui est physicien nucléaire et ancien inspecteur de l’AIEA, la bombe larguée au Yémen serait une bombe à neutron. Voir : http://reseauinternational.net/une-...

[2Paru en hébreu dans KIVUNIM, A Journal for Judaism and Zionism ; Issue N°, 14-Winter, 5742, February 1982, Editor : Yoram Beck. Editorial Committee : Eli Eyal, Yoram Beck, Amnon Hadari, Yohanan Manor, Elieser Schweid. Published by the Department of Publicity/The World Zionist Organization, Jerusalem.
Édité en français par les éditions Sigest, 2015.

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