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Volée de bois vert de Zbigniew Brzezinski

L’Italie figure au banc des accusés

jeudi 1er juillet 2010

L’ancien conseiller de Carter pense que l’OTAN doit se méfier de Rome qui s’est ménagé un espace diplomatique autonome. Nouvelle manifestation, ce week-end, dans la capitale.

Pour l’OTAN, l’Italie n’est plus fiable.

C’est ce qu’estime Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller à la sûreté des Etats-Unis. Dans une interview au quotidien italien Corriere della Sera, le politicien américain, dont l’opinion n’est pas à prendre à la légère, estime que « la guerre des Balkans est devenue un test décisif pour comprendre quels sont les pays fiables et ceux qui ne le sont pas. Et l’Italie appartient malheureusement à cette dernière catégorie. »
Plus menaçant encore, Brzezinski a ajouté : « L’Alliance atlantique survivra, même sans les pays faibles, tandis que je ne crois pas que ces Etats faibles pourront survivre sans l’alliance. » Pour lui, qui critique par ailleurs l’OTAN, qui a opté « pour une stratégie prudente et graduelle au lieu d’intervenir de façon intensive et massive », les alliés se reconnaissent dans les moments de crise. « France, Angleterre et Allemagne ont passé l’examen haut la main, d’autres ont échoué misérablement. »

Fidélité à toute épreuve

L’Italie n’a pourtant rien à se reprocher pour sa fidélité atlantique, qui l’expose en première ligne avec les nombreuses bases militaires d’où partent les incursions aériennes. C’est une fidélité à toute épreuve, puisque l’Italie a accepté de participer à l’intervention militaire de l’OTAN, tout en ignorant - selon la déclaration du ministre des Affaires étrangères italien Lamberto Dini au Luxembourg (voir « 24 Heures » du 10 avril) - le contenu des annexes ajoutées au pacte de Rambouillet par la délégation de l’UCK est jugé irrecevable par Belgrade.

Aux yeux de Brzezinski, l’Italie est probablement peu fiable parce qu’elle s’est ménagée un espace diplomatique autonome, où Rome essaie de trouver une solution politique à la guerre : par des contacts entre le premier ministre d’Alema et Moscou, par exemple, et par une multitude d’initiatives non officielles.
Peu fiable également parce que, au sein du gouvernement italien deux formations, celles des Verts et celle des communistes étaient opposées à une intervention militaire de l’OTAN. Et peu fiable parce que, depuis le début de la guerre, l’on assiste en Italie aux plus imposantes manifestations pacifistes qui aient lieu dans un pays de l’OTAN.

Manifestation à répétition

Chaque samedi, plus de 100 000 personnes manifestent à Rome contre la guerre. Avant-hier, parmi les orateurs, le père Benjamin, le moine franciscain qui avait filmé les effets sur les nouveau-nés de la guerre en Irak, a dénoncé l’usage en Yougoslavie des mêmes bombes renforcées par de l’uranium appauvri qui provoque une hausse dangereuse de radioactivité. Après Rome, c’est directement devant la base d’Aviano qu’ont manifesté hier après-midi les pacifistes qui ont été chassés à coup de bombes lacrymogènes.M.-D. B.

Voir en ligne : Archives 1999 - 24heures de Lausanne

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