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Le nudge : un outil de la CIA pour aider Macron à manipuler le covid

lundi 22 février 2021

Frank Babetski, un analyste à la CIA fait grand cas des livres de Kahneman et en impose la lecture à ses étudiants. « Tromper efficacement repose au fond sur les biais inconscients de la cible, ce qui rend celle-ci particulièrement sensible à ce qu’elle est disposée à croire ; ».
Steve Tatham, un ancien officier de la British Navy raconte – toujours dans Books – comment les forces britanniques présentes dans ce pays ont travaillé à gagner la population des zones qu’elles y contrôlaient en utilisant des « techniques de persuasion dérivées de l’économie comportementale et adaptées au théâtre d’opération ». Ces techniques avaient été envisagées par Kahneman et Tversky dans un article de 1995, intitulé « Résolution des conflits : une approche cognitiviste ».

Notre perception de notre propre intérêt, en particulier, est défectueuse. Et c’est pourquoi il est si facile de nous manœuvrer. Nous sommes victimes de toute sorte d’effets d’optique intellectuels, dont certains commencent à être bien connus.

C’est là que le halo recoupe le biais de confirmation. Celui-ci consiste en une manière de se débarrasser des informations gênantes, qui risqueraient de remettre en cause ce que nous croyons savoir en les invalidant. Or, c’est l’un de ceux qui sont le plus sollicités par l’économie numérique. Les « bulles de filtrage » des moteurs de recherche et des sites d’achats en ligne nous aiguillent systématiquement vers des informations ou des sites susceptibles de nous confirmer dans nos habitudes de pensée.
Google, Apple, Facebook, Twitter etc, sont des créations de la CIA, sans oublier Bill Gates, et bien sur des politiciens...

France Culture https://www.franceculture.fr/emissi...

Le nudge, outil de lutte contre le covid

Cette théorie économique peut se résumer par les expressions simplistes de « petit coup de pouce décisif » ou encore « inciter quelqu’un à faire quelque chose ». A mi-chemin entre les des sciences comportementales, la théorie politique et l’économie, le nudge s’emploie à étudier les conséquences de la mise en place de « subterfuges vertueux »

HOMO NUMERUS.

La future application StopCovid est en préparation. Destinée à inciter chacun à signaler sa condition sanitaire, encore faudra-t-il que cet outil numérique soit massivement téléchargé. Pour cela, des mesures incitatives seraient à imaginer. Par Philippe Boyer, directeur de l’innovation de Covivio.

Il aura fallu une pandémie pour que les ennemis du numérique unissent leurs forces : aux Etats-Unis, Apple et Google ont décidé de faire alliance pour proposer une application commune, disponible courant mai, qui devrait permettre de retracer les rencontres entre individus, et cela afin de lutter contre le coronavirus[1]. Ce seront les capteurs Bluethooth[2] embarqués dans la quasi-totalité des smartphones qui joueront le rôle de mouchards. Dans les faits, dès lors que deux personnes se seront côtoyées pendant plusieurs minutes, et cela à une distance d’environ 1 à 2 mètres l’une de l’autre - on imagine aisément le cas des transports en commun -, cette technologie permettra d’enregistrer cette rencontre dans les mémoires de chacun des appareils. Si, dans les jours qui suivent, l’une des deux personnes est diagnostiquée positive au covid-19, alors l’autre recevra une alerte l’incitant à prendre les devants pour se faire diagnostiquer à son tour. Basée sur le principe du volontariat, tant pour télécharger l’application que pour ensuite signaler son état de santé, les concepteurs de cette application se sont engagés à ne pas conserver les données personnelles enregistrées, notamment celles relatives à la géolocalisation.

Protocole PEPP-PT

Dans cette lutte contre le virus, le recours à la technologie s’avère aujourd’hui une évidence même si de nombreuses voix se sont élevées pour pointer les risques de surveillance de masse[3]. Sur ce sujet, l’Europe n’est pas en reste. Même si certains ont choisi de faire cavalier seul pour développer leurs propres outils numériques de « contact tracing », 8 pays, dont la France et l’Allemagne, ont décidé d’unir leurs ressources pour bâtir un protocole commun connu sous l’acronyme PEPP-PT[4] pour Pan European Privacy Preserving Proximity Tracing. Tout le défi consistant à respecter la vie privée des utilisateurs tout en ayant la certitude que le système d’échanges d’informations entre appareils sera efficient pour identifier les chaînes de transmission du virus. Pour l’heure, ce sont plus d’une centaine de scientifiques, dont ceux de l’Inria en France[5], qui travaillent sur StopCovid[6], la future application de traçage voulue par le gouvernement. Celle-ci devant d’ailleurs être au cœur d’un débat parlementaire programmé les 28 et 29 avril prochains en attendant sa sortie prévue courant mai (sera-t-elle prête 11 mai, jour du début du déconfinement ?) une fois que les choix technologiques (Bluethooth ...) auront été définitivement validées.

Au-delà de ces points techniques, il conviendra ensuite que « StopCovid » recueille l’assentiment et la confiance du plus grand nombre, surtout dans un contexte où il ne sera pas obligatoire de l’installer. Or, pour qu’une telle application devienne un allié sanitaire réellement efficace, encore faudra-t-il qu’elle soit téléchargée puis largement utilisée. Pour cela, et outre un indispensable effort de communication, il faudra aussi compter sur le civisme et la responsabilisation individuelle. Mais ces composantes-là seront-elles suffisantes ?

Théorie du Nudge

Quand on sait que la tendance est grande à toujours utiliser les mêmes applications, en l’occurrence celles qui nous servent à nous informer, commander, voyager, se déplacer ... et à délaisser, voire désinstaller, toutes les autres[7], celles dont l’ergonomie ou l’usage ne sont pas avérés, il faudra donc se montrer persuasif pour arriver à ce que « StopCovid » devienne un quasi-reflexe citoyen. Pour en accélérer l’adoption, au moins au tout début de son lancement, un recours à la « théorie du nudge[8] » pourrait s’avérer utile. En partie issue des travaux de Richard H Thaler[9], prix Nobel d’économie en 2017, cette théorie économique peut se résumer par les expressions simplistes de « petit coup de pouce décisif » ou encore « inciter quelqu’un à faire quelque chose ». A mi-chemin entre les des sciences comportementales, la théorie politique et l’économie, le nudge s’emploie à étudier les conséquences de la mise en place de « subterfuges vertueux ». Que cela soit en matière d’épargne financière ou pour inciter à des comportements spécifiques en matière de propreté de lieux publics ou de sécurité routière..., le nudge fait valoir que des suggestions indirectes peuvent influencer des décisions individuelles autrement que par l’injonction. Exactement ce dont aura besoin StopCovid pour que cet outil numérique puisse être massivement adopté dès sa sortie.

Aussi, et pour faire en sorte que cette application soit adoptée, des nudges spécifiques seraient à inventer. Imaginons pour cela la mise en place d’incitations qui, par exemple, encourageraient les plus jeunes générations à adopter StopCovid. Pour ces derniers, le « coup de pouce » pouvant consister à assortir le téléchargement de cette application à une gratuité limitée (pendant quelques heures, jours ?) pour des services de musique ou de cinéma en streaming. Autre exemple, et celui-ci pour des personnes peu familières avec le numérique qui certes possèdent un smartphone mais qui ne savent pas ce que l’expression « télécharger une application » signifie, et encore moins la façon concrète de le faire. Pour elles, et afin que StopCovid soit à coup sûr installé sur leurs appareils, l’idée pourrait être de faire appel à des « volontaires » en charge de l’installation de l’application. Ces derniers, incités à cette forme de bénévolat grâce à des avantages ponctuels : passes culture, sportifs...

Si l’on pense que la technologie peut aider à sortir de l’épidémie, alors il faut se donner tous les moyens pour que StopCovid réussisse et fasse partie de ces outils numériques qui comptent. Pour cela, l’économie comportementale pourrait s’avérer être un allié utile à considérer.

Philippe Boyer

[1] https://www.apple.com/newsroom/2020...

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Bluetooth

[3] https://www.forbes.fr/politique/cor...

[4] https://www.pepp-pt.org/

[5] https://www.inria.fr/fr/contact-tra...

[6] https://www.franceculture.fr/numeri...

[7] https://www.axiocode.com/statistiqu...

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3...

[9] https://livre.fnac.com/a4117345/Ric...

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