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Comment Gilead influence les politiques français.

mercredi 1er avril 2020

Le lobbying est faiblement évoqué voire murmuré parmi les journalistes et les politiques lorsque l’on demande la provenance des financements et des stratégies pour gouverner notre pays.
On peut même dire que c’est un secret de Polichinelle puisque cette activité s’exerce depuis le début des années 1990.

Les décisions se prennent souvent à l’arrière des banquettes de taxi new yorkais ou dans certains lieux de détente.
Le lobbying est une stratégie d’influence plus qu’une démarche de marketing, c’est le carnet d’adresses qui fait la différence.
C’est ce qu’il se passe en France avec les « aller retour » des fonctionnaires du public au privé et vice versa.
Nous vous proposons de jeter un œil sur les bouleversements occasionnés par la lutte entre le professeur Raoult et le laboratoire Gilead.
Les actions de lobbying sont surtout menées à destination des décideurs politiques.

Les pères du lobbying français ont tous l’âge de prendre la retraite. Leur longévité leur a permis de se constituer un superbe carnet d’adresses.
Les plus connus sont Paul Boury et Anne Méaux 64 ans, Olivier Le Picard, 66 ans, Capucine Fandre, 62 ans…

Paul Boury, gentleman entremetteur

Il tutoie les ministres, déjeune avec les parlementaires, textote avec les journalistes. Son métier ? Lobbyiste. Autrement dit : il joue les médiateurs entre ses clients - la moitié des patrons du CAC 40 - et la gauche de François Hollande, un ami de trente ans. Et monnaye son impressionnant carnet d’adresses avec un dilettantisme apparent.

Au début des années 1990, sur la banquette arrière d’un taxi jaune qui remonte Manhattan vers Central Park. Vacances « normales » entre deux potes. Un inoffensif baronnet du PS et un lobbyiste balbutiant. Et Paul Boury assène le Jugement dernier : « François, tu seras président. » Autant miser sur un canasson à 100 contre 1 dans la cinquième à Tulle. Paul Boury ne sait plus très bien ce que lui a répondu François Hollande, c’était il y a un bout de temps, mais finalement, ça s’est goupillé à merveille. Le 6 mai 2012, c’est la chance d’une vie qui rugit à 20 heures, l’aboutissement insensé d’une amitié désintéressée. Pile un an plus tard, Paul Boury invite au Laurent, entre les Champs et l’Elysée. Le centre culinaire, névralgique et déambulatoire du « triangle d’or », celui du gratin politique, du business haut de gamme et du journalisme notoire. Paul Boury y déjeune depuis vingt-cinq ans. Mais il n’avait pas encore connu une telle transhumance des regards. Pas parce qu’il ressemble à Jack Nicholson. Plutôt pour célébrer sa fulgurante mise en lumière chez les incontournables de la République. Mais qu’on ait l’outrecuidance d’insinuer qu’il vend sa proximité présidentielle pour faire tourner sa boutique lui arrache la moue douloureuse d’un saumon surgelé : « Hollande-Boury... La ritournelle circule depuis un an. J’ai cent clients et seulement trois de plus depuis la présidentielle ! Je n’ai pas attendu que François soit élu pour bien travailler. » Il ne revendique rien. « On ne se voit plus. » Et alors ? L’essentiel, c’est que tout le monde croit savoir qu’il a le président trois fois par jour au téléphone, qu’il peut grimper dans les bureaux de l’Elysée sans pied de biche et qu’il lui fait passer des messages sans lui flanquer un couteau sous la gorge.

Jean-Noël Tassez, conseiller de grands patrons : « Evidemment que son influence a progressé. Paul connaît tous les rouages de décision. Tout le monde le sait. Ça favorise le rendez-vous. C’est devenu une évidence qu’il faut recevoir Paul Boury. La Comédie humaine... Tout est dans Balzac. Le matin même, Nonce Paolini, le président de TF1, a reçu Paul Boury. Un peu paumé, Nonce Paolini. »J’ai un gros problème. Tous mes bénéfices partent directement au CNC. Il faut que je voie qui pour changer tout ça ?" La vie est une forêt de lianes. Paul Boury lui montre la bonne, la même qu’avait agrippée Henri Proglio. Il y a un peu plus d’un an, le PDG d’EDF se consumait dans un puits de souffrance, déjà décapité par un Hollande en campagne. Anticipant l’alternance, Henri Proglio a finalement misé gros sur le rose, tout sur Paul Boury.
Le Monde

Paul Boury a reçu de l’argent du Laboratoire Gilead
Sa société M et M Conseil a perçu la somme de 18 000 euros le 25 mai 2019.
M&M Conseil est spécialisé dans l’organisation d’événements et dans le conseil en affaires publiques depuis 1990, il a organisé avec plus de 800 événements : conférences, débats, forums, assises, opérations caritatives, déjeuners débats, inaugurations, vœux, expositions, voyages de presse, assemblée générale, remises de prix…
Nous organisons chaque année près d’une vingtaine de rencontres institutionnelles, « rendez-vous majeurs où se réunissent les décideurs politiques, publics et économiques autour de grands enjeux d’actualité et en amont d’échéances politiques et « réglementaires ».

Quant à Macron il ne se cache pas de sa proximité avec les lobbys qui se félicitent d’un contact qui n’a jamais été aussi facile.
« Emmanuel Macron n’a pas la colonne vertébrale ni la volonté » pour résister aux lobbys, Benoît Hamon 2017
« Macron n’a qu’un sujet, c’est plaire aux lobbys », Yannick Jadot
Macron assume que dans son entourage il y a des personnes qui sont passées par le monde de l’entreprise et ayant travaillé pour des lobbys.

La question pour le Coronavirus serait de savoir si Agnés Buzyn, comme Karine Lacombe, a des liens avec le Laboratoire Gilead ?

Gilead sponsorise la Fondation Hôpital Saint Joseph à hauteur de 32 000 euros en 2019, comme la Fondation Paris Diderot et ce ne sont que les sommes déclarées à la base de données publiques de l’organisme d’Etat Base Transparence Santé

Ces fondations comptent parmi leur membres des médecins praticiens et nous pouvons nous interroger sur leur rôle dans la politique de santé du pays.
Pour rafraîchir leur base de données, les cabinets de lobbying recrutent d’ex-collaborateurs de parlementaires ou de ministres.
La pratique ne s’arrête pas aux politiques, elle cible aussi les syndicats professionnels. « Le directeur général du LEEM (Les Entreprises du médicament), Philippe Lamoureux, est un ancien des cabinets Aubry et Kouchner. Claude Bougé, autre cadre du LEEM, fut notamment conseiller au cabinet de Philippe Séguin, alors ministre des Affaires sociales. »
On a aussi le « club Hippocrate », qui entre 2010 et 2011 réunissait toutes les six semaines, Gérard Bapt (PS) et Jean-Pierre Door (UMP), déjeunaient au restaurant Chez Françoise, à côté de l’Assemblée nationale, pour y entendre des experts des questions de santé. La Générale de santé, Malakoff Médéric et GSK n’étaient pas en reste sur la question « Traiter les maladies ou soigner les systèmes ? »
Et sans oublier les laboratoires qui sont récompensés par des prix remis par le Prix Galien :
« Nous sommes fiers d’avoir obtenu ce prix qui reconnait la révolution thérapeutique et le formidable espoir qu’apportent les CAR T pour les patients et les professionnels de santé. La mise à disposition de cette innovation est le fruit du travail sans relâche de toutes les équipes de recherche et de production pour développer les CAR T le plus vite possible mais aussi de toutes nos équipes en France qui ont permis aux patients français d’être les premiers en Europe à pouvoir bénéficier de ce traitement  » a déclaré Michel Joly, Président de Gilead France.

Le Groupe Profession Santé, organisateur du Prix Galien en France, déploie autour du prix historique, une série de dispositifs célébrant l’innovation en santé sous le label INNOVATION & GALIEN.

Le Groupe Profession Santé, est sponsorisé par les laboratoires Gilead.

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