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Vie et mort de la Catholicité

lundi 25 février 2013

Il est des signes avant-coureurs. Des signes qui ne trompent pas. Ainsi la « renonciation » du souverain pontife, successeur de l’apôtre Pierre, mais également héritier du Pontifex Maximus [1] de la première Rome, sonne-t-elle le glas d’une Église entrée en agonie avec la désacralisation, du sommet jusqu’à la base, de la fonction sacerdotale. Cela s’entend au sens large. Non seulement un exemple détestable nous est donné par Celui qui, en principe, doit constituer la source première de la Foi vivante, mais force nous est de constater que la corruption a gagné l’ensemble de l’édifice ecclésial… rongé par diverses véroles, lesquelles ne sont d’ailleurs que l’expression - au sein du bas clergé lorsqu’il existe encore - des maux qui accablent et désorientent nos sociétés.

« Tous n’en mourraient pas, mais beaucoup se trouvèrent atteints » !

Qui en effet, des clercs ou des laïcs, peut se déclarer totalement indemne des idéologies mortifères qui sévissent et se répandent autour de nous si abondamment ? À ce titre que dire des prêtres qui, avant même l’institution par la Loi du « mariage pour tous », bénissent déjà clandestinement des couples d’invertis ? L’Église anglicane pourtant réputée pour son libéralisme se cabre à son tour en mettant l’accent sur d’inaperçus aspects de la question [2] car au Royaume-Uni c’est tout l’édifice social qui se trouve remis en cause. Bref reconnaître ce bouleversement comme « normal », « juste », « légitime » et finalement « moral et démocratique » – la démocratie serait-elle d’ailleurs en soi « morale » ? – revient ou reviendrait à le fonder dans l’ordre naturel et politique [3] des choses… tout autant que surnaturel ? Mais n’est-ce pas en vérité une inversion de polarité qui fait glisser le Nord au Sud et vice versa ? Le calendrier aurait-il eu raison et la « fin du monde » serait-elle en train d’advenir, sous nos yeux, sans fracas ? Quels séismes cachés faut-il alors en attendre ? Car nous voyons bien que cette « fin d’un monde » ne déferle pas dans les hurlements et le hourvari spectaculaires de la tempête ni dans les vagues déchaînées submergeant la ville d’Ys… Gageons que la vacance à la tête du Saint Siège constitue l’un de ces redoutables glissements de terrain, l’un parmi les plus visibles.

La dette s’accumule… le retour au réel sera mortel

Notons ici que les conséquences de ces errements – niées et moquées par les dénégateurs qui usurpent les différentes strates du pouvoir - se feront immanquablement sentir, mais plus tard, en différé. Au contraire de la chute des corps dans le vide, les lois de la physique humaine et sociétale n’ont pas d’effets immédiatement perceptibles. Il faut attendre. Mais alors le retour de bâton est généralement cinglant… En attendant, les trucages statistiques et la chape hermétique mis en place par les terroristes de la pensée et les médias serviles, empêchent de voir distinctement le réel présent et plus encore celui qui nous attend. Par exemple qui sait encore que 2+2 font quatre et non cinq, comme il semble d’un usage récent de le croire ?

Ainsi tous les magistrats dotés d’un peu de jugeote ont depuis belle lurette constaté que les « enfants du divorce » ont une propension supérieure à l’instabilité voire à la délinquance. Mais chut… silence, il ne faut pas troubler le désordre établi de la bien-pensance. Autre tabou, la relation de cause à effet entre la violence sociale et celle déversée à flot continu par les écrans de toutes dimensions. Une violence souvent aussi abjecte que gratuite… pas toujours aussi « innocente » pourtant puisqu’elle diffuse et incruste dans l’inconscient collectif des stéréotypes de violence, des appels à la haine et à la guerre, diffuse des mythes agressifs qu’il est difficile de combattre au moyen des seuls outils de la raison ou du bon sens [4].

Quand les mots sont des choses

L’empire des mots permet tout. Quand les mots sont les choses, il suffit de changer les mots pour changer le monde. Ou encore l’on peut faire disparaître les concepts - passez muscade - le mot effacé, la réalité se referme sur le vide. Supprimez la « vérité » et le mensonge cessera d’exister. L’inversion n’est plus un « vice », elle devient Une, et même La nouvelle normalité ! Au moins jusqu’à ce que le réel nous rappelle à l’ordre. L’épidémie sidaïque fut un avertissement dont il ne fut pas tenu compte : on ne peut jouer avec la nature que dans les limites étroites. En tout cas nous voyons naître et s’accomplir devant nous la vision prophétique de George Orwell – « 1984 » - qui avait vu avec acuité ce que seraient les amputations existentielles et ontologiques liées à l’assomption d’une « Novlangue », carcan de la pensée…

À Brighton, dans le sud du Royaume-Uni, la municipalité, suite aux « problèmes rencontrés par les individus transgenres », entend désormais effacer les différences entre les sexes en installant des toilettes unisexes, autrement dit de « genre neutre ». Courteline et Alphonse Allais sont enfoncés. En Suède, un couple particulièrement romantique élève son enfant de deux ans sans lui révéler son sexe. Peut-être croient-ils avoir mis au monde un ange ? Grand bien leur fasse ! « Nous voulons que Pop grandisse librement, et non dans le moule d’un genre déterminé. Il est cruel de mettre au monde un enfant avec un timbre bleu ou rose sur le front. Aussi longtemps que le genre de Pop restera neutre, il ne sera pas influencé par la façon dont les gens traitent les garçons ou les filles » [5]

Stupidité cruelle et dévastatrice

S’il suffisait en effet d’abolir certains termes et notions pour transformer le monde et réformer la nature humaine, peut-être s’en serait-on aperçu depuis quelque temps ? Mais nos sociétés déliquescentes, ivres du pouvoir apparent de changer la face des choses en jouant sur les mots – une forme contemporaine du « nominalisme » ! - n’a de toute évidence aucune conscience de l’abîme de grotesque où elle est en train de sombrer. Abîme de cruauté aussi, si l’on évoque l’affaire exemplaire du canadien David Reimer5 né en 1965 de sexe masculin et en bonne santé. Une circoncision sagouinée lui valut l’ablation du pénis. S’enfonçant dans la sottise et pensant qu’ils agissaient pour le mieux, ses parents décidèrent, sur les conseils d’ « experts » médicaux et de « psychologues » adeptes de la théorie du genre [6], de pratiquer une « réassignation sexuelle », autrement dit de transformer un garçon en fille avec castration à la clef et traitements hormonaux. Jusqu’à l’adolescence de David, le psychologue John Money se plut à considérer cette réassignation comme une pleine réussite y voyant la preuve que l’identité sexuelle est essentiellement due à l’éducation. Dès la fin des années 1960 les milieux universitaires américains, riches en super « Bouvard et Pécuchet », avaient développé la thèse selon laquelle les différences psychologiques et de comportement entre garçons et filles seraient uniquement le résultat d’un conditionnement social qu’il serait loisible de modifier à sa convenance ! Las, à la puberté, David devenu entre-temps Brenda, voulut reprendre son identité masculine. Ce conte de fées se solda par le suicide de l’impétrant – au changement de sexe - à l’âge de 38 ans. Ici se poserait la question de savoir si la sottise peut-être considérée dans certaines circonstances comme un crime et si de ce point de vue, quelques idéologues ne devraient pas être mis définitivement hors d’état de nuire ?
Une question se pose cependant, comment des gens réputés normaux peuvent-ils massivement souscrire à de tels délires ? Sans doute ont-ils perdu de vue les rives lointaines du réel. Mais le réel est toujours là, prêt à se manifester… or le réel est ce qui est dur et ce qui fait mal ! Le « retour au réel » sera de toute évidence sans amortisseur. Notons que l’actuelle transgression extensive de l’ordre naturel accompagne une guerre sans merci contre les fondements spirituels de ce qui constitue jusqu’à aujourd’hui notre Civilisation. Religion, transcendance et nature, lois physiques – le mot désignant la nature en grec étant φυσις - ne sont non seulement pas exclusives les unes des autres mais procèdent d’une même essence ! L’ordre spirituel correspond à l’ordre cosmique. Or la nouvelle religion qui s’efforce de faire table rase du christianisme est aussi celle, négatrice, de la bipolarité biologique. Depuis la naissance de la vie sur cette planète, la reproduction sexuée est la règle intangible, et d’un coup de baguette magique, par un simple décret, d’un coup de gomme et au prix de quelques ratures sur le Code civil, nos guignols entendent changer l’ordre primordial.

Une religion chasse l’autre

Nous voyons donc une religion chasser l’autre. Le culte de l’homme, sans devoir, sans contrainte et sans limite, s’installe. À telle enseigne qu’au moment où le souverain Pontife se détournait du trône de Pierre, M. Lanzman, impérissable auteur de « Shoah » ce monument mémoriel qu’il estime « libérateur pour les Allemands », voyait son œuvre justement « couronnée » à Berlin où lui était décerné, un « Ours d’or d’honneur » ! Cérémonie qui s’est accompagnée de la projection de « Sobibor, film montrant une révolte des Juifs réussie dans un camp d’extermination, un film dans lequel les Juifs tuent les Allemands, c’est plein de classe, de panache, et presque de fair play [d’avoir projeté cette œuvre merveilleusement constellée de mort, de bruit et de fureur]. Je trouve que dans l’ensemble, les Allemands ont bien travaillé, plus que les Français, d’une certaine façon ». Merci M. Lanzman pour cette appréciation et pour le reste [7].

Évidemment rien d’anecdotique dans cet apparent coq à l’âne, surtout si l’on sait entendre Lanzman, lequel nous livrait naguère sa conception du monde post apocalyptique, apocalypse signifiant étymologiquement « dévoilement » ou mieux, « révélation »… « Si Auschwitz est autre chose qu’une des horreurs de l’Histoire, s’il échappe à la “banalité du mal“, alors le christianisme tremble sur ses bases. Le Christ est fils de Dieu dans la mesure où il est allé jusqu’au bout de l’humain, où il a subi les souffrances les plus atroces [...]. Si Auschwitz est vrai, alors il y a une souffrance humaine à laquelle celle du Christ ne se peut mesurer... Dans ce cas, le Christ est faux, et il n’est pas celui par qui le salut viendra... Auschwitz est la réfutation du Christ »7.

Nous voilà avertis, si le Crist est « réfuté », s’il est devenu « falsifiable », pourquoi l’ordre cosmique et biologique ne le seraient-ils pas à leur tour ? Comprenons que « L’Holocauste, en tant que symbole ultime, maître étalon de toute souffrance, de toute intolérance et discrimination représente le martyre central et, par conséquent, l’épicentre religieux non seulement de l’histoire juive moderne, mais aussi, sinon de l’histoire du monde, en tout cas certainement de l’histoire de l’Amérique et de l’Europe. [Reste que] plus on s’éloigne des vrais événements plus grande est leur sacralisation » ([Paul Eisen [8] « La guerre pour l’esprit »). Religion de « tolérance », d’ « égalité » et de « liberté », où tout se vaut, tout entre dans l’indistinction, la norme grise de l’indiscriminé, sans sexe, sans race, sans classe, sans Dieu ni maître, sans obligation ni sanction. Le seul crime définitivement punissable étant de ne pas souscrire à la nouvelle vulgate et d’avoir l’outrecuidance de le faire savoir.

Crime contre la pensée

Le 9 juin 1999 à Lausanne, au cours d’une conférence intitulée « Les assassins de la mémoire » l’historien Pierre Vidal-Naquet déclarait « la mémoire n’est pas l’histoire, et celui qui impose sa vision du passé est en mesure de contrôler le présent et le futur »… D’ailleurs « les faits historiques ne sont pas des choses, ils sont vivants et ils évoluent et l’Histoire reste une notion fragile… ». Propos qui rappelle bigrement le « dialogue aux enfers » entre deux initiés [9] de la Maison-Blanche [10] : « Nous Américains, nous sommes maintenant un Empire et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité. Et pendant que vous étudiez studieusement cette réalité, nous ne perdons pas de temps, nous agissons et nous créons d’autres réalités nouvelles qu’il vous est loisible d’analyser… C’est ainsi que les choses se passent, pas autrement. Nous sommes les acteurs et les producteurs de l’histoire… À vous, vous tous, il ne vous reste qu’à étudier ce que nous créons ». Plasticité de genres interchangeables, l’hermaphrodisme biologique et intellectuel est assurément l’avenir de l’homme dépouillé de son identité physique comme de son passé… et par conséquent sans futur parce que sans Vérité !

Les réalités tangibles s’effacent peu à peu de l’horizon humain, elles rejoignent le royaume des ombres tandis que le mort saisi le vif. L’hologramme shoatique, religion universelle d’un Occident qui s’est perdu dans le labyrinthe des fausses-semblances, s’efforce de nous convaincre irréversiblement que tout se vaut – à cette exception près - et que le monde s’est dissout face au grand traumatisme de la Seconde Guerre mondiale… Événement nous condamnant pour toujours à l’errance dans les limbes du doute. Mais grâce au ciel, la Foi et le sacré ne sont pas encore tout à fait morts, et lorsque l’arbre se creuse et pourri en son centre, des rameaux continuent et continueront sans doute à fleurir à sa périphérie… en Afrique, en Asie, en Amérique latine, qui sait ?

Notes

[1L’Empereur Constantin, avant sa conversion au christianisme, tout comme ses successeurs - même baptisés - assurèrent la charge de Grand pontife - Gardien du Pont sacré - né avec la religion romaine archaïque sept siècle avant notre ère. En 382, l’empereur Gratien renonce à cette fonction sacerdotale que le pape Théodore Ier réendosse en 642. De nos jours le St Père est réputé « Pontifex maximus » soit « Souverain pontife » ou Summus pontifex, le règne d’un pape étant appelé « pontificat ».

[2En Angleterre, comme en Italie, un couple marié par l’Église anglicane, religion d’État dont la reine est le chef, ne contracte pas de mariage civil. Un quart des mariages sont célébrés à l’Église en Angleterre soit 54.700 mariages en 2010. Or « du fait de la place unique de l’Église anglicane dans la législation actuelle en Angleterre, la légalisation du mariage homosexuel aurait un impact terriblement négatif sur la capacité de l’Église anglicane à sceller les unions pour le compte de l’État ». Autrement dit qu’il ferait voler en éclat l’équilibre existant entre monarchie, pouvoirs civils et ecclésiaux. Raison pour laquelle l’Église anglicane déclarait en juin dernier qu’elle « ne pouvait soutenir la proposition d’autoriser tous les couples, quel que soit leur sexe, à accéder à une cérémonie de mariage ne serait-ce que civile… car changer la définition du mariage changera immanquablement la nature des mariages religieusement consacrés ».

[3La « Nature » de l’homme est « sociale » : Aristote « l’Homme est un animal politique » !

[4Récemment le film américain du sieur Quentin Tarentino, coqueluche des « beautiful peoples », « Django unchained » a été qualifié d’« appel à la guerre raciale » par le leader suprématiste musulman noir, président de « Nation of Islam », révulsé par la profonde abjection de cette production. Notons que des lois répriment sévèrement en Europe l’apologie de la violence, du terrorisme, de l’excitation à la haine intercommunautaire, mais que les autorités délivrent sans barguigner des visas d’exploitation – œuvre cependant déconseillé au moins de « dix ans » – à d’authentiques appels aux meurtres raciaux en série contre des représentants du « type caucasien ». Tueries perpétrées il est vrai par un « Allemand » du troisième type et son acolyte afro-américain… Il est aussi vrai que la viande de boucherie ainsi débitée est généreusement décrite comme un ramassis de tueurs sadiques et de tortionnaires sanguinaires. Le grand tragique de la chose réside au final en ce que les « jeunes » spectateurs ne voient dans ce genre de sous-produit sous-culturel qu’un divertissement sans conséquence, un western spaghetti sauce ketchup qui renseigne cependant précisément sur l’histoire du grand Sud américain. La confusion entre histoire et phantasme est ici intégrale… et passablement inquiétante. Ajoutons l’absence radicale de sens moral chez ces jeunes hommes qui trouvent naturel d’abattre à vue tout criminel supposé et surtout pas en état de légitime défense. Visiblement l’État de droit n’est pas leur fort. Vision idyllique d’une œuvre esthétiquement réussie mais parfaitement infernale aux yeux avertis. Imaginons un instant et à l’inverse, celui qui se risquerait à parsemer une œuvre cinématographique des cadavres d’individus de race noire présentés comme les pires racailles psychopathes, celui-là serait déféré illico presto devant la juridiction ad hoc, laquelle s’empresserait de le dépouiller de sa dernière chemise.

[5lefigaro.fr 18&17 fév13

[6Rappelons que la théorie du genre (du gender) dont il est question ici a été « inventée » par une lesbienne américaine, Ann Oakley. Nicolas Sarkozy étant président et Luc Chatel ministre de l’Éducation prétendue nationale, cette théorie avait été introduite dans les manuels scolaires. Avec les socialistes au pouvoir, elle est en train de se développer. En visitant une crèche de Saint-Ouen dans laquelle cette théorie qui veut effacer différences entre les sexes pour laisser à chaque enfant de choisir son sexe, est mise en application, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des Femmes, et Dominique Bertinotti, Ministre Déléguée à la Famille, ont estimé que « [cette démarche devait devenir un réflexe naturel dans l’ensemble des crèches} ». (sic) Dans notre prétendue démocratie, on formatera bientôt les bébés dès le berceau ... Deux députés UMP, Virginie Duby-Mullier et Xavier Breton, avaient demandé en décembre dernier une Commission d’Enquête sur l’introduction et la diffusion du gender à l’Ecole de la République. Que n’avaient-ils protesté lorsque cette satanique théorie avait été introduite alors que leur parti était au pouvoir. Trop tard, le ver est déjà dans le fruit et rien n’arrête la gauche quand elle est aux affaires. La droite gouvernementale et la gauche semblent rivaliser en matière de pollution des mœurs et des esprits, pour uniformiser les Français et en faire des êtres asexués dont des gens venus d’ailleurs, et qui auront gardé leurs instincts naturels de prédateurs, ne feront qu’une bouchée ! Jean-Claude Thialet

[7AFP-14 fév 13

[9« Les Temps modernes » déc.1993 - cité par Israël Shamir in « Pardès ».

[10« Le magicien de la Maison Blanche » Le Monde diplomatique déc.2007.

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