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Projet One Health : Le passe vaccinal va se muter en passe écologique

lundi 31 janvier 2022

Olivier Véran veut retirer l’hôpital du code de santé publique pour lui donner plus de latitudes, même si c’est contraire au droit européen. C’est ce qu’il a affirmé lors du sommet médical CHAM en 2021.
La question qui se pose est comment Macron va-t-il privatiser la santé des français ?
Tout simplement en réformant le statut de la santé publique et en augmentant l’autonomisation des hôpitaux.
Comme un discours en cache un autre, c’est par le biais du passe vaccinal que s’opèrera la mutation. Il suffit de fusionner santé humaine, santé vétérinaire et écologie pour obtenir le passe climatique.

Le Covid touche à sa fin et le transhumanisme prend fait et causes pour le changement climatique, qui deviendra la star des rédactions journalistiques.

Le concept « One Health » ou « une seule santé » en français, est mis en avant depuis le début des années 2000, avec la prise de conscience des liens étroits entre la santé humaine, celle des animaux et l’état écologique global. Il vise à promouvoir une approche pluridisciplinaire et globale des enjeux sanitaires. Les travaux de l’Anses s’inscrivent dans le concept One health. L’Agence coordonne plusieurs projets basés sur ce concept. (Anses)

CQFD : si nous tombons malades, c’est de notre faute, et si nous ne remplissons pas les critères fixés par le code de santé publique, nous pourrons nous retrouver confinés, pour baisser notre impact sur la nature.
Après les non vaccinés contre les vaccinés, il y aura les gens normaux contre les déviants.

Au moins 60% des maladies humaines infectieuses ont une origine animale. De nombreuses pandémies, comme la covid-19, les virus Zika et Ebola, la grippe aviaire ou encore le Sida, ont en commun de venir des animaux.

Le nombre de grandes épidémies au niveau mondial a augmenté depuis un siècle, à mesure de l’accroissement de la population mondiale, de l’intensification des transports de la dégradation de l’environnement et du développement des villes.

L’activité humaine joue ainsi un rôle majeur dans la propagation de maladies infectieuses :
la déforestation a par exemple mis en contact les animaux sauvages et ceux d’élevage, facilitant le passage de nouvelles maladies à l’homme. L’exemple du virus Nipah, en Asie du Sud-Est est emblématique : ce virus proche de celui de la rougeole a été transmis par des chauves-souris frugivores au porc, qui l’a ensuite passé à l’homme. Ces mammifères volants avaient trouvé refuge dans des élevages porcins suite à des incendies colossaux ayant détruit la forêt tropicale malaysienne. Le virus Nipah a provoqué près de 40 % de mortalité chez l’homme. L’épidémie a heureusement pu être contenue grâce à l’abattage d’un million de cochons. Il en est de même du déclin des vautours en Inde ayant un impact majeur sur la propagation de la rage humaine.
Par ailleurs, le changement climatique permet notamment l’adaptation d’animaux vecteurs de maladies, comme les moustiques, les moucherons piqueurs ou les tiques, à de nouvelles zones géographiques, ce qui augmente la propagation des pathogènes.

Encourager une vision globale

C’est dans ce contexte que s’est développé le concept One Health. Il incite à prendre en considération tous les facteurs d’émergence des maladies. L’enjeu est d’encourager la collaboration effective des organismes de recherche œuvrant en santé humaine et vétérinaire ainsi qu’en environnement. Le concept est promu par les institutions internationales que sont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO). Un accord triparti a été signé en 2010 entre ces trois organisations pour collaborer sur cette thématique.
Le concept One health à l’Anses

Par leur approche transversale de la sécurité sanitaire, aussi bien pour l’Homme, l’animal et les végétaux, les travaux de l’Anses s’inscrivent fondamentalement dans le concept One health. Ceci s’illustre notamment par la participation de l’agence à deux projets collaboratifs sur cette thématique. L’un, le projet DIM (domaine d’intérêt majeur) One health, financé par la région Ile-de-France de 2017 à 2021, rassemble de nombreuses équipes de recherche en santé animale et humaine de la région.

L’agence coordonne également le programme conjoint européen EJP one health (2018-2023), qui rassemble 39 partenaires de 19 pays européens. Il a pour objectif l’acquisition de connaissances nouvelles dans les domaines des zoonoses alimentaires, de l’antibiorésistance et des risques infectieux émergents. L’Anses assure la coordination du projet en lien privilégié avec le partenaire belge Sciensano pour la coordination des activités scientifiques de l’EJP « One Health », Les équipes de recherche des laboratoires de l’Anses participent à 17 des 23 projets de recherche retenus dans le cadre des deux appels à projets de l’EJP.

Exemples de thématiques

De nombreuses thématiques de recherche et d’expertise de l’Agence entrent dans la thématique One Health. Parmi celles-ci, certaines sont particulièrement représentatives :

- Les maladies transmises par les vecteurs, notamment elles transmises par les tiques, les culicoïdes (moucherons piqueurs) et les moustiques.
- La propagation d’insectes vecteurs de maladies pour les végétaux à cause du changement climatique.
- Les facteurs environnementaux pesant la santé des abeilles.
- L’étude des zoonoses, maladies transmises de l’animal à l’homme : grippes du porc et aviaire, brucellose, tuberculose, coronavirus…
- Les parasites transmis par la consommation de viande insuffisamment cuite, comme la toxoplasmose ou la trichinellose.
- L’antibiorésistance, qui concerne à la fois les animaux d’élevage et l’homme et peut être étendue à la résistances aux autres anti-infectieux.
- L’impact du changement climatique sur la santé, notamment celle des travailleurs.

ANSES

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Le concept « One Health », une seule santé : réalité et perspectives

« … Un préjugé non moins barbare, ou si l’on veut, une fausse et puérile délicatesse avait séparé jusqu’à présent la médecine des animaux domestiques d’avec la médecine de l’homme… »
(Etienne Pariset, séance inaugurale de l’Académie royale de médecine, le 6 mai 1824)

L’apparition de la pandémie COVID-19 a plongé notre monde dans une crise sanitaire et économique sans précédent. Provoquée par un virus, le SARS-Cov-2, très probablement dérivé d’un virus d’origine animale, c’est un nouvel épisode des risques permanents que les perturbations imposées à notre environnement naturel font peser sur la santé de l’Homme. Ces dernières décennies ont ainsi vu l’émergence du SIDA, du SRAS, du MERS, du Chikungunya, de la fièvre Ebola ou encore des différents épisodes d’influenza d’origine aviaire. Chaque fois, une intervention humaine, favorisant le passage à l’Homme d’agent infectieux animaux, a pu être démontrée ou fortement suspectée [1].

Au cours des quatre dernières décennies le monde a connu, en moyenne, une pandémie émergente chaque année. Depuis 1970, plus de 335 maladies nouvelles ou occasionnées par de nouveaux agents pathogènes sont apparues. Soixante-quinze pour cent d’entre elles sont d’origine animale ; ce sont les zoonoses ou anthropozoonoses selon le terme créé par Rudolph Virchow.

Ces faits ne sont pas nouveaux. Depuis les origines de l’humanité et notamment avec la domestication animale, de nombreux agents pathogènes des animaux – virus, bactéries, parasites et plus récemment prions – se sont adaptés à un environnement plus favorable et ont franchi la « barrière d’espèce » pour infecter l’Homme.

Le constat de relations et d’analogies entre médecine de l’Homme et médecine des animaux n’est pas récent. C’est à l’épidémiologiste nord-américain Calvin Schwab que l’on doit, en 1984, le terme « une seule médecine » (One medicine) [2]. Initialement centré sur la médecine comparée et les modèles animaux de maladies de l’Homme, ce concept s’est ensuite étendu à celui « d’une seule santé ».

C’est en 2004 que la World Conservation Society (WCS), une des grandes organisations non gouvernementales internationales sur la biodiversité, promeut l’initiative « One World One health » et les Douze Principes de Manhattan.

Le premier de ces principes insiste sur la nécessaire reconnaissance des liens entre santé humaine, santé animale et environnement [3].

La prise en considération de facteurs environnementaux sur l’émergence de nouvelles maladies infectieuses devait être affirmée en 2008 à l’issue de la 6e Conférence ministérielle internationale sur l’Influenza aviaire et la pandémie d’Influenza à Sharm El-Cheikh en octobre 2008 [4]. Considérant la santé de l’Homme comme un bien publique, six organisations internationales de premier plan, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Bureau du coordonateur du système des Nations unies pour l’enfance et la Banque mondiale ont élaboré un cadre de référence fondé sur ce concept en 2008 [5]. En 2009, le terme « One World, One Health » sera consacré et protégé [6].

Que recouvre ce terme ?

Définis par les « pères fondateurs » du concept, les objectifs de la démarche « One Health » sont orientés vers plusieurs directions opérationnelles [7].

Le premier objectif est la vigilance à l’égard de maladies infectieuses émergentes. Il s’agit d’une mission d’épidémiosurveillance aux plans local, national et international. Elle mobilise les agents des différents organismes avec la charge d’établir un diagnostic précoce en cas d’apparition d’une maladie, connue ou inconnue.

Le second objectif est la lutte contre la résistance aux anti-infectieux. Chaque année 60 000 tonnes d’antibiotiques sont utilisées au niveau mondial, dont 50 % en médecine humaine et 50 % chez l’animal s’agissant tant de traitements vétérinaires que de leur usage en productions animales (à noter que cette utilisation à des fins zootechniques comme facteurs de croissance est interdite dans la Communauté européenne depuis 2006). Les instances médicales nationales veillent à la pratique d’un usage raisonné des antibiotiques et au renforcement des mesures visant au contrôle des infections telles que l’hygiène et la vaccination.

Le troisième objectif, sans doute le plus nouveau, est de reconnaître les perturbations qui surviennent dans notre environnement et qui sont de nature à favoriser l’émergence de nouvelles maladies, infectieuses ou non, ou l’aggravation d’affections existantes. Cet environnement encore dénommé récemment « exposome », englobe notamment, le réchauffement climatique, les altérations de la biodiversité liées aux activités humaines telles que la déforestation, la conversion des habitats naturels en terres agricoles, l’expansion des zones urbaines, l’introduction de certaines espèces animales et végétales invasives, la surexploitation de ressources naturelles, certains nouveaux produits alimentaires. Une revue récente dresse un bilan des observations faisant état des relations entre altérations de la biodiversité et émergence de maladies transmissibles [8].

Qu’en est-il aujourd’hui de la réalisation de ces objectifs ?

En terme d’épidémiosurveillance, l’OMS, l’OIE et la FAO ont signé en 2010 une note tripartite The joint FAO-OIE-WHO Global early Warning System (GLEWS) visant à coordonner leurs activités en vue d’une évaluation des risques à l’interface animal–Homme–écosystème, de lancer des alertes rapides et mettre en place, dès la perception d’un risque d’émergence d’une maladie animale de type enzootique, des mesures préventives et de contrôle appropriées. Cette note a été renouvelée en 2014 entre l’OMS et l’OIE sous la forme d’un accord cadre opérationnel fixant les termes communs d’une bonne gouvernance à l’interface Homme–animaux.

La lutte contre la résistance aux antibiotiques a progressé. En 2015, l’OMS a adopté un plan mondial d’intervention visant à améliorer notre compréhension du processus de résistance aux antibiotiques, à renforcer la vigilance et les recherches et à optimiser l’usage des antimicrobiens. Dans un rapport de janvier 2018 elle a installé le système mondial de surveillance de la Résistance aux antibiotiques ou Global Antimicrobial Resistance Surveillance System (GLASS) lequel vise à traiter ce danger aussi bien chez l’Homme que chez l’Animal ainsi que dans l’alimentation et l’environnement » [9].

L’OIE qui a reconnu la résistance aux antibiotiques comme un problème de santé publique et de santé animale, recommande l’usage responsable et prudent des antibiotiques de manière à sauvegarder leur efficacité aussi bien chez les malades humains qu’animaux.

La Commission européenne développant les principes du concept One Health a installé un réseau de laboratoires et instituts de recherche européens, l’European Joint programme on Foodborne Zoonoses « One Health EJP » conduisant le développement de programmes communs de recherche portant sur la lutte contre les zoonoses d’origine alimentaire et la résistance aux antibiotiques.

Les programmes français EcoAntibio 2017 et 2021 à travers des orientations en faveur du développement de traitements et de mesures alternatives propres à réduire l’usage des antibiotiques chez les animaux, ont obtenu des résultats supérieurs aux objectifs dans la réduction de l’exposition aux antibiotiques.

À l’inverse des deux objectifs précédents, le troisième est loin d’avoir progressé.

Si chacun des partenaires, OMS et OIE notamment, ont affiché des déclarations allant dans le sens de la prise en compte des altérations des écosystèmes dans l’apparition de nouveaux dangers d’ordre sanitaire, aucune résolution commune n’est apparue. Le concept One Health est resté peu intégrateur dans ce domaine, sans capacité véritable de traiter les dimensions environnementales. « L’écologie de la santé et sa version Ecohealth, restent encore trop centrées sur l’analyse des facteurs de risques environnementaux pour la santé humaine sans proposer de démarche intégratrice des modèles de gestion sanitaire, vétérinaire et écologique » [3].

Quelles perspectives ?

Créé sur le constat de la nécessité d’unir les instances nationales et internationales en charge de la santé publique, de la santé animale et de la sauvegarde de l’environnement, en vue de la prévention et de la correction éventuelle d’évènements préjudiciables à la santé globale, le concept « One Health » a souvent été invoqué sans pour autant déboucher sur des mesures concrètes.

Alors que les fondateurs du concept, OMS, OIE, FAO ont réaffirmé l’importance du partage des responsabilités et de la coordination des actions globales en vue de gérer les risques sanitaires aux interfaces animal–Homme–écosytèmes, sur le terrain cette approche se heurte à de multiples difficultés, techniques, financières et aussi humaines. À tous les niveaux, opérationnel, mais aussi dans le domaine de la recherche et dans celui de la formation des futurs acteurs, médecins et vétérinaires notamment, chacun reste, trop souvent encore, enfermé dans sa discipline ou son domaine d’action. Des mesures à prendre en vue de permettre une mise en œuvre effective du concept ont été proposées [10]. Au nombre d’entre elles, figure la mise en place, au niveau international, d’un groupe à haut niveau d’experts médicaux et vétérinaires, à l’instar de ce qui a été fait pour le changement climatique avec le Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (GIEC).

Il revient à notre pays, en la personne de notre ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, d’avoir proposé la création d’un « Haut Conseil Une Seule Santé » sur le modèle du GIEC. Publiée au journal officiel du 10 novembre 2020, la proposition de résolution a reçu une réponse rapide et appropriée d’une vingtaine de députés signataires. Selon les termes du ministre « ce Haut Conseil Une Seule Santé sera chargé d’agréger et de diffuser des informations scientifiques fiables et indépendantes sur les liens entre la santé humaine, la santé animale et l’évolution des écosystèmes ». Les missions dHaut Conseil seront de « fournir dès la première alerte, les données et les recommandations dont les responsables politiques ont besoin pour enrayer les pandémies naissantes et fournir à chacun des points de repère objectifs et factuels pour couper court aux contagions infodémiques qui sèment la confusion dans les opinions publiques et risquent de faire perdre du temps dans la mise en œuvre des mesures sanitaires nécessaires ». La troisième édition du Forum de la Paix, initiée par la Président Emmanuel Macron, a été l’occasion d’officialiser ce « Haut Conseil, Une seule Santé ».

Très récemment, le 5 avril, les « pères fondateurs » du concept, FAO, OIE et OMS, auxquels s’est joint le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP pour United Nations Environnement Programme), se sont associés pour former le Panel d’Experts de Haut niveau One Health (OHHLEP pour One Health High-Level Exprt Panel). Cette entente sollicite des personnalités en tant qu’experts de haut niveau en vue de mettre leur expérience au service du domaine « très large » des disciplines relevant du concept One Health et des missions de l’OHHLEP.

Ainsi, l’assise opérationnelle internationale qui faisait défaut au Concept semble en voie de construction. Cette même recherche de caution internationale apparaît à la lecture de la déclaration commune de 24 chefs d’État, dont le Président Macron, et du directeur général de l’OMS, publiée dans le journal Le Monde le 31 mars 2021, revendiquant la création d’un « nouveau traité international sur la préparation et la riposte aux pandémies » qui ferait sien le principe « une seule santé qui relie la santé des humains, des animaux et de notre planète ». Notons au passage que la France devra assurer la présidence de l’Union européenne à compter du 1er janvier 2022.

Conclusion

Le concept « One Health » vérifie l’application des « Principes de Manhattan » de la Wildlife Conservation Society qui préconisait l’abolition du cloisonnement entre les instances et les individus en charge de la prévention de l’émergence ou de la ré-émergence de maladies qui menacent, à l’échelle planétaire, la santé de l’Homme, la santé des animaux tant domestiques que sauvages, ainsi que l’intégrité des écosystèmes. Il proclamait que seules des solutions communes, multidisciplinaires, anticipées et capables d’évoluer sont à même d’affronter les menaces présentes et à venir. Force est de reconnaître que peu d’actions réellement coordonnées ont été lancées jusque là. La répétition de crises sanitaires en est la sanction. Sans doute à la faveur de la crise sanitaire COVID-19, une action concertée semble enfin se dessiner avec l’annonce d’un traité international sur la préparation et la riposte aux pandémies. Porté par plusieurs chefs d’État dont celui de la France et le directeur général de l’OMS, il devrait faire entrer le concept dans une phase réellement opérationnelle.

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